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Méditation du 25 mai 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Jn 17, 9-17
9 Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi, 10 et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et j'ai été glorifié en eux. 11 Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous sommes un. 12 Lorsque j'étais avec eux, je les gardais en ton nom que tu m'as donné ; je les ai protégés et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, en sorte que l'Ecriture soit accomplie. 13 Maintenant je vais à toi et je dis ces paroles dans le monde pour qu'ils aient en eux ma joie dans sa plénitude. 14 Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. 15 Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais. 16 Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. 17 Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité.
Jésus prie pour moi, Il prie pour toi.
Jésus l’Envoyé, s’adresse à son Père dans une prière d’adieu qu’il articule en trois étapes : il prie pour lui-même (v1-8), pour les disciples qui l’ont connu directement (v 9-19), et pour les disciples qui ont cru par le témoignage des premiers (v20-26).
Après avoir évalué son œuvre comme le lieu de la manifestation de Dieu, Jésus parle de sa mort non pas comme un échec de Dieu, mais comme l’aboutissement de Sa volonté : l’envoyé est crucifié et glorifié pour le salut des êtres humains.
Ce texte est placé juste avant la crucifixion dans l’évangile de Jean. Mais le calendrier liturgique le programme entre l’Ascension et la Pentecôte. Ce qu’il faudrait comprendre, c’est que dans les deux cas, l’enjeu est celui des adieux : les disciples seront privés de la présence physique de leur maître. La mort tout comme l’Ascension justifie l’envoie du Paraclet (Pentecôte) qui est le consolateur.
Si la prière de Jésus est d’abord adressée à Dieu, elle rassure le croyant qui en prend connaissance: en effet, les disciples ne sont pas orphelins, ils ne sont pas abandonnés à eux-mêmes dans un monde qui leur est hostile.
Après avoir prié pour lui-même, Jésus prie pour ses disciples, compris globalement comme ceux qui l’ont reçu. La prière pour les disciples se justifie par le fait que ces derniers évoluent dans un monde qui leur est hostile. Le monde dans l’évangile de Jean a un sens tout à fait particulier: le monde, c’est ce qui se caractérise par le refus de l’Envoyé. Le monde, c’est la surdité, c’est ce qui ne peut pas entendre, et qui ne peut pas recevoir. Jésus ne prie donc pas pour le monde mais pour eux, pour ses disciples, pour ceux qui ont cru, ceux qui l’ont reçu comme parole du Père, et qui doivent s’en sortir face à la surdité et au rejet, sans toutefois succomber. A bien lire les versets 11 à 16, on comprendra mieux, lorsqu’il qu’il précise: « …ils sont dans le monde et ils ne sont pas du monde ».
Si les disciples naissent dans le monde, le fait pour eux de croire en le Fils de Dieu ou de l’envoyé de Dieu et de le recevoir change tout. Ils arrivent dans le monde, mais leur origine c’est Dieu, c’est-à-dire « ceux qui sont nés non pas de la chair et du sang mais de Dieu » (Jn1,13).
La distinction entre le monde et les siens qui sont dans le monde ne signifie pas qu'il y a une catégorie d’humains qui sont les siens et une autre catégorie qui ne sont pas les siens. Le monde, c'est ce qui fait souffrir et qui donne la mort. Il ne s’agit donc pas de faire un tri entre les humains. Par conséquent, il peut avoir en chaque être humain, ce qui fait souffrir et ce qui refoule la souffrance. Le chrétien par essence, puisque né de Dieu, n’est pas assujetti à ce qui fait souffrir, et à ce qui donne la mort.
Ayant conscience de son départ imminent, Jésus confie ses disciples à Dieu, pour les protéger, et les accompagner de telle sorte qu’ils ne se retrouvent pas seuls face à l’hostilité après son départ physique: pour cela leur unité qui se présente comme une autre intention de prière, laquelle trouve sa signification dans la relation entre le Père et le Fils, se concrétise dans l’amour mutuel qu’ils manifestent. Ils affronteront alors cette hostilité (qui peut se retrouver aussi en eux-mêmes) sans y succomber.
Jésus prie aussi pour la sanctification de ses disciples. Cette sanctification n’est pas le fruit d’un ensemble de rites ou de choses à faire ou à ne pas faire, mais le résultat d’une relation avec Dieu. Bien entendu, la relation avec Dieu change notre penser et notre agir, de telle sorte que le disciple (qui n’est pas du monde, qui n’est pas de ce qui fait souffrir, qui n’est pas de ce qui donne la mort) puisse ventiler ce que l’apôtre Paul appelle les fruits de l’Esprit (Ga 5,22).
Dans ce contexte de difficulté, de souffrance, de crise multidimensionnelle, et même de mort omniprésente, Jean invite le disciple, le chrétien, le croyant à se laisser pénétrer par cette prière de Jésus, à laisser ces paroles entrer dans son cœur : Jésus prie pour ses disciples, il prie pour moi et pour toi : il demande à son Père de me/te protéger. Je peux alors faire confiance, être tranquille car enveloppée par cette prière de Jésus le Christ.
PRIERE
Seigneur, c’est auprès de Toi que je cherche la tranquillité, car c’est Toi qui me donne espoir et qui me rassure. Merci de te soucier de moi, merci de prier pour moi. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 18 mai 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Jean 3,16
Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
La Vie, un don de Dieu
Il y a plusieurs bonnes raisons pour lesquelles la Bible se veut la parole de Dieu. Mais il faut se garder de vouloir entrer dans des démonstrations, parce que Dieu ne se laisse pas cerner. Ce qui ne me laisse pas indifférente, c’est une parole qui indique tout le monde comme objet de l’amour de Dieu: chaque être humain quel qu’il soit reçoit sur lui un regard particulièrement aimant.
La parole de Dieu ne dit pas qu’Il a aimé un pays, une nation ou un continent particulier, mais le monde. L’amour de Dieu n’est pas destiné aux bons, et seulement à ceux qui l’aiment, mais au monde entier : aux Noir, Blanc, Rouge, Jaune etc., aux bons et aux mauvais, aux personnes seules qui n’ont personne pour les aimer, à celles qui craignent Dieu ainsi qu’à celles qui ne le craignent pas. L’objectif de cet amour est que la terre entière, au lieu d'être le lieu d’inégalité entre riches et pauvres, champ de bataille, terre de réfugiés et de miséreux, devienne, peu à peu, le reflet de l’amour de Dieu.
La Science fait des prouesses énormes, mais elle n’a pas encore créé ex nihilo, ou encore à partir de rien. Dieu qui est à l’initiative de toute chose, est aussi à l’initiative de tout salut lorsque les choses vont mal. Il est amour entre autres, et devrait être l’objet de nos quêtes lorsque la haine et le mal nous dominent et menacent de nous ruiner. L’humain se comporte comme si c’est exclusivement par sa force et part son intelligence qu’il arrive à faire fonctionner les choses, et à faire continuer la vie. Pourtant les respirateurs, les médicaments, les vaccins, les grandes technologies, etc., aussi pratiques, importants et utiles soient-ils, nous rappellent sans cessent notre incapacité à créer le souffle de vie destiné et distribué sans contrepartie financière et matérielle, à TOUT LE MONDE.
L’amour, tout comme le souffle de vie nous est donné à tous, gratuitement. Et les humains, qui reçoivent tout gratuitement se comportent comme s’il faut toujours les persuader de faire ce qu’il a de plus naturel et normal : aimer et donner. Selon Jn3,16, tout part de Dieu: c’est Dieu qui a envoyé son Fils, et il l’a envoyé pour que les êtres humains soient sauvés gratuitement. La seule chose qu’il attend, c’est que nous acceptions, que nous croyions en la réalité de ce don. Dieu n’a pas besoin que nous lui fassions allégeance, il ne voudrait pas que nous devenions des esclaves ou des objets pour recevoir son amour, car notre dignité a du prix à ses yeux ; il n’a même pas besoin de nos dons pour nous aimer. Il n’a pas l’intention de nous montrer qu’il est fort et puissant, il voudrait simplement nous aimer, et nous apprendre à aimer.
Il y a des humains, des puissants, et des monarques qui aujourd’hui travaillent plutôt pour que tout ce qui est donné gratuitement, devienne payant. L’amour n’est pas payant! Il est donné comme soutien de la vie. S’il y a une leçon à tirer des catastrophes, des guerres, et des pandémies qui menacent la vie, c’est que tout ce qui au premier plan travaille à préserver la vie devrait être gratuit, et soutenu par l’amour. L’amour manifesté et donné gratuitement est le socle de toute recherche (scientifique, économique, politique, socio-culturel) fructueuse dont le but est d’entretenir la vie. La santé ne devrait pas s’acheter.
PRIERE
Seigneur, apprends-nous le sens de la vie, afin que nous vivions. Par Jésus-Christ, qui s’est donné pour la Vie. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 11 mai 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Luc 18,2-8
1Jésus leur dit une parabole sur la nécessité pour eux de prier constamment et de ne pas se décourager. 2 Il leur dit : « Il y avait dans une ville un juge qui n'avait ni crainte de Dieu ni respect des hommes. 3 Et il y avait dans cette ville une veuve qui venait lui dire : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” 4 Il s'y refusa longtemps. Et puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu ni ne respecte les hommes, 5 eh bien ! parce que cette veuve m'ennuie, je vais lui rendre justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me casser la tête.” » 6 Le Seigneur ajouta : « Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice. 7 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? Et il les fait attendre ! 8 Je vous le déclare : il leur fera justice bien vite. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
Faible, et forte
Jésus raconte une parabole pour montrer qu’il faut toujours prier, sans désespérer. C’est l’histoire d’un juge et d’une veuve : le juge a de l’argent, le pouvoir et des alliés pour couvrir ses arrières. Il refuse de dire la justice face à une veuve abusée parce qu’il ne craint personne, même pas Dieu. Sur le plan professionnel il bafoue toutes les règles déontologique et éthique. Parce qu’il se croit puissant, il ne respecte pas lui-même les lois qui régissent son métier. Son cahier des charges, il s’en fiche, il fait autre chose ; il semble n’avoir de compte à rendre à personne.
L’image de la veuve dans l’antiquité n’a pas tellement changé, même si on note une nette amélioration des conditions de vie pour beaucoup aujourd’hui: le droit n’est pas toujours dit, et la corruption n’est pas seulement subtile, elle prend aussi diverses facettes. La veuve du texte est seule, pauvre, abandonnée à elle-même, et ignorée sans pitié.
Elle réclame ses droits et reçoit comme réponse le silence, mais elle n’abandonne pas, elle insiste, revient à la charge et refuse de se laisser faire, même si sa situation la fait descendre au plus bas de l’échelle sociale. Puis, en raison de la demande insistante de la femme, le juge décide de lui rendre justice.
Ce qui fait la force de cette femme face à un juge amoral, c’est qu’elle refuse de se laisser abattre par une situation qui semble sans issue : elle espère, et elle continue à réclamer sans se fatiguer.
Pour Jésus, un juge amoral fini par céder, or Dieu est amour par essence et ne peut abandonner ses créatures. La veuve, c’est l’image de tout humain qui se sent seul, et abandonné face à l’injustice, ou à la crise qui s’en suit. Avons-nous donc comme chrétien.nes de bonnes raisons de désespérer face aux situations qui nous semblent impossibles à dénouer? Rien n’est impossible à Dieu ; espérons et prions activement sans nous arrêter, et sans désespérer.
PRIERE
Seigneur, que ton regard s’abaisse sur les personnes et sur les peuples qui vivent une insupportable absence, sur les veufs et les veuves, sur les femmes abandonnées, et sur les maris délaissés; sur ceux qui sont pris en haine par des clans, parce qu'ils se battent pour plus d'amour, plus de justice, et plus de liberté. Qu’Ils trouvent force et courage en Toi, à travers ta Parole, et dans la solidarité des justes. Par Jésus-Christ, le prince de paix. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditations du 2 mai 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Proverbe 3,5-8
5 Confie-toi au SEIGNEUR de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ton intelligence. 6 Dans toute ta conduite sache le reconnaître, et lui dirigera tes démarches. 7 Ne sois pas sage à tes propres yeux, crains plutôt le SEIGNEUR et détourne-toi du mal. 8 Ce sera un remède pour ton corps, un rafraîchissement pour tes membres.
Ma foi en Dieu, mon assurance
Il me semble nécessaire pour clore cette série de méditations consacrées à la période du confinement, d’indiquer le livre des proverbes. C’est le livre de base de la sagesse qui, comme l’affirme les bonnes introductions, aborde de manière ouverte, les questions cruciales comme celle de la souffrance du juste ou de la condition humaine. Il est indiqué pour enseigner d’une part la personne jeune ou naïve qui manque encore d’expérience : Pour donner aux naïfs un esprit avisé, au jeune homme de la connaissance et de la réflexion (Pr1,4), et d’autre part l’adulte pétrit d’expérience et de sagesse : Que le sage écoute, il augmentera sa sagesse. (Pr1, 5)
Salomon, que le premier verset du livre reconnaît comme auteur est identifié dans la Bible comme ce roi sage dont le règne glorieusement décrit sur différents plans, fut présenté comme exemplaire.
L’être humain pense d’une certaine manière avec raison, que la véritable sagesse repose sur la somme des expériences accumulées, et les proverbes peuvent s’entendre comme leur formulation. Voilà l’une des raisons pour lesquelles, dans toutes les sociétés, la manipulation des proverbes a toujours été la spécialité des personnes d’un certain âge (voilà ce qui explique dans certaines cultures, le respect dû aux vieux et aux vielles), au point où jusqu’à nos jours, dans l’Afrique qui garde encore forte la culture de l’oralité, lorsqu’un proverbe est prononcé, on cherche dans les parages la présence d’un vieux ou d’une vielle pour s’assurer de l’exactitude de son décryptage, parce que malheureusement ce mode de communication et d’enseignement est disparaissant: il est temps de le raviver. Pour Salomon, il n’y a pas de sagesse sans crainte de l’Eternel: la crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse (Pr1,7).
Salomon s’est distingué par une sagesse remarquable, et sa vie tout comme son règne fut bénie sur tous les plans. Comment ne pas comprendre que Sagesse générée par la crainte de Dieu et bénédictions vont ensemble?
Nous voulons être bénis, nous voulons pour nous et pour nos descendances, un monde dans lequel les humains sont marqués par leur capacité à être à la fois heureux et faiseurs de bonheur ; pourquoi ne pas écouter cette personne dont l’extrême richesse s’est harmonieusement articulée avec modestie et bonheur ?
Dans l’extrait qui inspire cette méditation conclusive, Salomon formule de manière résumée pour ses lecteurs et pour nous, le secret de sa réussite. Il ne s’agit pas de considérer et d’appliquer son enseignement pour en tirer des fruits dans une vie future; les retombées de cet enseignement sont profitables dans cette vie terrestre, d’où sa nécessité en ce moment de crise: mettre de tout cœur sa confiance en Dieu assure une direction pratique de la vie. La foi n’est donc pas seulement au service d’une vie dans l’au-delà, elle permet sur la terre déjà, de garantir un cheminement qui comble la vie du croyant. Nous commettons des erreurs, et en subissons les conséquences à partir du moment où nous sommes déconnectés de l’origine de la sagesse. Placer sa confiance en Dieu plutôt que sur notre propre intelligence, c’est se défaire d’un esprit égoïste pour s’abandonner à l’Esprit de Dieu qui est ouverture et dépassement de soi. Être sage, c’est se référer à Dieu, d’abord en cherchant à le connaître dans toutes ses voies, et en l’impliquant dès la conception de tout projet. Dans 1Samuel 2, 12, il est dit que les fils d’Eli étaient mauvais et injustes parce qu’ils ne connaissaient pas Dieu. Chercher également dans chaque action la volonté de Dieu nous évite égarement et trébuchement.
La crainte de l’Eternel est source de santé dans toutes les dimensions de la vie de l’humain: la santé physique par la promotion de bonnes aptitudes physiques, et la santé spirituelle et psychique en garantissant une organisation nerveuse qui soit saine dans le corps. Ces deux dimensions assurent l’harmonie du reste, en l’occurrence le matériel : honorer l’Éternel en reconnaissant, par sa libéralité, que tout bien d’ici-bas vient de Lui et doit retourner à Lui, relève de la sagesse, laquelle est récompensée par celui qui a multiplié les richesses terrestres de Salomon.
PRIERE
Il existe toute sorte d’assurances, même les plus chères entendues comme tout risque, ou vie; mais elles n’assurent pas contre la souffrance, contre le mal être et contre la mort. Seigneur, tu es l’Assurance parce que tu me conduis au cœur de mes souffrances, tu te tiens à mes côtés lorsque je vais mal, et tu chemines avec moi, même dans la vallée de l’ombre de la mort. Tu es l’Assurance qui vaut la peine: je reste auprès de Toi, pour ne pas passer à côté de la Vie. Par Jésus Christ, la Résurrection et la Vie. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 14 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Ac 4,32-35
32 La multitude de ceux qui étaient devenus croyants était un seul cœur et une seule âme. Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était commun entre eux. 33Avec une grande puissance, les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce était sur eux tous. 34Parmi eux, en effet, personne n’était dans le dénuement ; car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu 35et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on distribuait à chacun selon ses besoins.
Vie de zombie, ou vie admirable ?
Le XXIe siècle naissant a vu se développer les nouvelles technologies considérées comme plus hautes que celles du siècle précédent. En se déployant dans tous les domaines de notre vie que sont l’information, les Sciences, l’économie, l’éducation, la santé etc., cette technique très évolutive s’est donné le mandat de rendre plus accessible les rapports entre les humains, et avec les machines.
Innovation est le nouveau mot qui s’est greffé à tout ; mais, l’accessibilité prétendue entre les humains a fait naître un éloignement encore jamais vu dans les rapports entre ces derniers, au point où même la vie dans la famille en a pris un grand coup : se parler, communiquer en famille, sous un même toit, est une habitude à réapprendre.
Sur le plan économique, il y a eu une énorme création des richesses : les budgets des Etats ont connu depuis lors une hausse exponentielle, les autoroutes se sont multipliées, les gattes ciel ont poussé comme des champignons. Mais très rapidement, on a vu une classe de nouveaux riches émerger, et se caractérisant par un effectif très réduit, une classe moyenne disparaître progressivement, et une classe très pauvre se déployer comme nouveau visage de l’humanité.
Même le rapport avec Dieu a pris un grand coup, conformément à cette prédiction attribuée à tort ou à raison à Malraux, et comprise de la manière suivante: Dieu n’est plus forcément celui avec qui il faut entrer en communion, mais celui qui désormais est utilisé même par le non croyant, comme moyen de s’enrichir (l’argent) et de gagner des élections (le pouvoir).
Devant l’image d’un monde post-moderne marqué par une pauvreté extrême, un monde où la dignité humaine semble reléguée au second plan, se place encore celle de l’antiquité où les rapports humains venaient en premier, où la famille était sacrée, et où les mots partage et solidarité et don n’avaient rien à voir avec l’endettement, la soumission et la paupérisation programmée jusqu’à disparition des affaiblis.
Les Actes des apôtres dresse l’image d’une communauté de vie admirable, dans laquelle l’action du Saint Esprit est visible dans la qualité de vie des membres : il est dit que ces membres avaient tout en commun, il n’y avait pas d’indigent parmi eux, et une grande grâce était sur eux tous.
Ce qu’il convient de comprendre dans ce texte, c’est que le style de vie de la communauté ne consiste pas à niveler les niveaux de richesse, il n’est pas question de supprimer la propriété privée, mais de réaliser l’unité des cœurs et des âmes : concrètement, ceux qui ont beaucoup vendent leur surplus, ou leur superflus et remettent le montant aux apôtres qui organisent une redistribution aux membres de la communauté en tenant compte des besoins de chacun.
On expérimente dès lors un monde dans lequel chaque personne est visible et considérée, où la vie de chacun.e compte et a du prix, un monde où personne n’est indifférent à la présence et à la détresse de l’autre, un monde où l’autre est regardé, non pas comme objet ou moyen d’obtenir un intérêt quelconque, mais comme l’humain avec lequel on partage cœur et âme.
Comment donc comprendre ce texte qui laisse échapper une telle énergie de vie et une admiration sans pareilles, à l’heure où le spectre de la mort plane sur l’humanité toute entière? Comment entendre aujourd’hui les mots don, partage et solidarité? Pour quelle vie rêvons-nous maintenant : une vie admirable, ou une vie de zombies et de zombifiées?
PRIERE
Eternel Dieu tout puissant et miséricordieux, nous devons réapprendre à Te connaître, et à communier avec Toi. Que ton Esprit Saint dans le monde, soit accueilli, pour réaliser l’unité des cœurs, et l’unité des âmes. Par Jésus-Christ, le Ressuscité. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 6 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Esaïe 40,21-23 ;27-31
21 Ne le savez-vous pas? Ne l'avez-vous pas appris? Ne vous l'a-t-on pas révélé dès le début? N'avez-vous jamais réfléchi aux fondations de la terre? 22 C'est l'Eternel qui siège au-dessus du cercle de la terre; ses habitants sont, pour lui, pareils à des sauterelles. Il déroule le ciel comme une étoffe légère, il le déploie comme une tente pour en faire son lieu d'habitation. 23 C'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. 24 Ils ne sont même pas plantés, même pas semés, leur tronc n'a pas encore développé de racine en terre qu'il souffle sur eux; ils se dessèchent alors, le tourbillon les emporte comme un brin de paille. (…) 27 Pourquoi dis-tu, Jacob, et pourquoi affirmes-tu, Israël: «Ma situation échappe à l'Eternel, mon droit passe inaperçu de mon Dieu»? 28 Ne le sais-tu pas? Ne l'as-tu pas appris? C'est le Dieu d'éternité, l'Eternel, qui a créé les extrémités de la terre. Il ne se fatigue pas, il ne s'épuise pas. Son intelligence est impénétrable. 29 Il donne de la force à celui qui est fatigué et il multiplie les ressources de celui qui est à bout. 30 Les adolescents se fatiguent et s'épuisent, les jeunes gens se mettent à trébucher, 31 mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer.
Il faut se souvenir !
Aux informations de 19h30 hier soir, une infirmière en unité de soins intensifs a témoigné s’être surpris en train de faire le signe de croix avant d’entrer dans la toute première salle où elle devait s’occuper d’un malade du Covid 19 : « Je me suis surpris à faire le signe de croix; c’est quelque chose que je ne fais pas spécialement depuis, à l’habitude ». C’est naturel, c’est humain de réaliser sa finitude devant ce qui est incompréhensible. C’est humain, de reprendre sa place et de reconsidérer celui qui peut tout, dès lors que nous ne pouvons pas, encore faut-il avoir en soi le souvenir d’une éducation qui n’a pas manqué de nous l’enseigner auparavant, ce point d’appui sur lequel s’accrocher au moment critique: le salut commence aussi lorsque réalisant ses limites, on pense à Dieu.
En effet, face à ce qui se présente comme conséquence d’une défaillance humaine, laquelle est inévitable même si Dieu pardonne et relève, le livre d’Esaïe qui est centré sur l’exil du peuple juif en appelle au souvenir, au retour à ce que l’on a appris de Dieu et sur Dieu: en effet, L'exil babylonien a commencé en 586 Av JC lorsque Nabuchodonosor II de Babylonie a détruit le temple de Jérusalem et asservi le peuple juif, et s'est terminé en 539 Av JC, quand Cyrus de Perse a permis aux Juifs de retourner à Jérusalem et de reconstruire leur temple. Le livre d'Isaïe indique clairement que Nabuchodonosor était l'instrument de Yahweh (Dieu) pour punir le peuple juif pour ses péchés, et Cyrus sera l'instrument de Yahweh pour les libérer - pour les racheter.
Même si le monde post moderne essaie de rejeter complètement le mot péché, il est indiscutable que nous aurons beaucoup de la peine à l’éradiquer tant que les conséquences qu’il entraine nous font souffrir. Le mot péché sera toujours prononcé avec légitimité s’il n’est pas utilisé pour culpabiliser et juger les autres : c’est une question de logique. Comment soigner un mal sans l’appeler ? Comment exorciser ce qui nous dérange si on ne l’appelle pas par son nom ? Il faut bien nommer le Covid 19, il faut aussi en nommer la cause. Aucun médecin ne nous dira qu’il donne des médicaments sans passer par un diagnostic au cours duquel il nomme clairement le coupable.
De l’extrait qui nous sert de méditation ce matin, je retiens seulement deux choses. Au moment où nous comptons nos morts, au moment où nous assistons meurtris et impuissants aux souffrances et aux départs de nos proches innocents dans des conditions spéciales où nous n’avons même pas la permission de leur dire un adieu, il faut se souvenir.
Il faut se souvenir que la faute humaine participe de la situation. Il faut se souvenir aussi, du propriétaire de la création (v22), celui-là même qui donne et retire son souffle: c'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. C’est aussi lui qui répare, lorsque les conséquences du péché menace de détruire sa création : mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer (v31).
Toute l’humanité a besoin de se souvenir, car même ceux qui n’ont pas été atteint par le virus sont affectés d’une manière ou d’une autre : il faut se souvenir.
PRIERE
Seigneur, nous te demandons pardon pour cette tendance à t’oublier lorsque tout semble aller pour le mieux, cette tendance à t’oublier en prenant toutes les commandes, sans recourir à toi qui en est le mode d’emploi. Permet que le souvenir de Toi, ne nous quitte en aucun instant de notre vie. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 27 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Mt 11,25-26;28-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. 26 Oui, Père, c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. (…) 28 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. 30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.»
Se laisser guider par l’Esprit
"Nous vivons actuellement une période particulière ». Depuis le début du mois de mars, cette phrase est prononcée chaque jour sur les antennes des télévisions belges; de manière litanique elle revient, pour indiquer le basculement de l’ordre des choses. Quelque chose de très fort, de surprenant et d’étonnant est advenu, qui a déstabilisé la vie des peuples. Pratiquement deux mois après l’apparition des cas de Covid 19 et du décret qui confine les humains, les conversations téléphoniques aussi débutent par la même remarque, le même étonnement. On y revient toujours, pour la simple raison qu’on n’a toujours pas compris.
Il faut peut-être commencer par évoquer le passé. Il fut un moment où le discours des autorités était suffisant pour apaiser les peuples. C’était des discours d’autorité qui, parce que prononcés par des autorités, faisaient foi. Mais depuis le début du confinement et même avant, quelle confusion! Quelle confusion des voix autorisées sur un seul sujet à travers le monde? Les politiciens, le personnel soignant, les économistes, les citoyens etc. Chacun a son mot à dire, et les paroles s’entrecroisent, se contredisant les unes les autres, plongeant ainsi les citoyens dans une confusion sans pareille.
Comment donc s’en sortir lorsque tout est si confus? La science aujourd’hui, a pourtant atteint une vitesse de croisière, l’intelligence humaine s’est doté d’outils qui accélèrent et la réflexion, et la publication des résultats, et les fabrications. Mais face au covid, s’il y a un discours qui réunit l’assentiment de tous, c’est celui de l’incertitude, un discours qui montre clairement que même si on planifie une sortie progressive du confinement, c’est en étant conscient qu’on ne maîtrise pas encore la situation, qu’on n’y voit pas clair, qu’on reste encore confus.
C’est dans ce contexte de confusion et d’incertitude que retentit une fois de plus cette parole de Jésus : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits (…) Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos.
Face à nos éruditions, il y a cette humiliation du covid 19, et bien d’autres d’ailleurs; le temps n’est–il pas venu de redevenir comme des enfants ? Faut-il réduire un tant soit peu la vitesse avec laquelle nous sommes engagés dans tout, pour prêter une oreille attentive au créateur, à l’exemple du petit enfant qui écoute tous les jours, sagement et attentivement l’histoire que lui raconte sa maman ou son papa avant qu’il ne s’en dorme? Ne vaudrait-il pas la peine d’écouter Dieu? Tu as caché tes secrets aux sages et aux habiles et tu les as révélés aux enfants.
Les enfants, scandalisés par les adultes aujourd’hui ne se fatiguent pas à leur dire qu’ils sont allés très loin avec leur intelligence qui fait beaucoup de prouesse, mais qui aussi, détruit tout au passage. Et le dérèglement de l’environnement, ainsi que l’apparition de nouvelles maladies en sont des signes.
A un adulte qui est sage et savant du nom de Nicodème, Jésus a dit: il faut naître de nouveau. Oui, il est possible de naître de nouveau, de redevenir enfant pour avoir accès à la vérité, à la connaissance des choses salutaires qui ne sont révélées qu’aux enfants, si et seulement si on se laisse guider par l’Esprit de Dieu. Il est possible de renaître et avoir un cœur d’enfant si la Science, la médecine, la politique, l’économie etc. se laissent inspirer par l’Esprit de Dieu, qui est Esprit d’amour et de vie.
Nous nous levons chaque jour, et nous expérimentons chaque journée avec lourdeur, le cœur inquiet face à un avenir confus ; tournons-nous vers celui qui attend nos inquiétudes et nos fardeaux pour les porter, et laissons son Esprit illuminer nos chemins obscurs et incertains.
PRIERE
Père, aujourd’hui nous voyons de manière confuse : aide-nous à devenir comme des enfants, pour entrer dans ta Vérité. Apprends-nous à comprendre que la vie véritable, est celle qui tend à nous spiritualiser. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 3 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Ephésiens 5, 8-14
Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière — or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité — et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte d'en parler. Mais quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité apparaît grâce à la lumière, et tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C'est pourquoi l'on chante : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.
Le texte de méditation de ce jour est un véritable appel à la vie, qui s’adresse à des personnes en vie, au sens propre du terme. C’est une parole d’encouragement de l’apôtre Paul qui est donnée pour être entendue, par les éphésiens qui sont bien entendus engagés dans la foi. En s’adressant à des personnes qui « autrefois étaient dans les ténèbres » et qui maintenant sont « devenues lumière », l’apôtre laisse entendre que ses destinataires sont en chemin. Ils ont entrepris un parcours qui doit mener à bon port sûrement, mais qui visiblement comprend des obstacles à braver, d’où l’appel à la vigilance. Le mot réveille-toi (se réveiller) prend ainsi tout son sens : rester éveillé, prendre conscience ou se prendre en main, parce qu’il y a de l’espoir en l’avenir, et surtout parce que les éphésiens sont cet espoir-là.
Les chrétiens d’Ephèse ne doivent pas rester inertes, indifférents comme des morts qui se caractérisent par leur inertie face à tout ce qui se déroule autour d’eux. Être éveillé ici, fait appel à un regard sur soi, et sur autrui: ayant été rachetés, les éphésiens ne sont pas parfaits en soi, et ne peuvent pas se poser comme juges des autres, mais comme sentinelles ou « bien-veilleurs ».
Sentinelles pour nous-mêmes, pour autrui et pour l’environnement comme chrétien.nes, nous sommes alors instrument entre les mains de Dieu, pour promouvoir la lumière là où les ténèbres apparaissent, l’espoir là où le désespoir essaie de supprimer la vie.
Le fait pour nous d’avoir été racheté nous engage à un travail dont l’objectif est de dupliquer la lumière que nous avons reçue. Il s’agit donc d’être attentif à tout ce qui se passe dans le monde, et à s’engager à donner à ce monde en souffrance, une forme qui rende justice à ce qui nous caractérise désormais : la lumière, l’espoir.
L’exhortation de Paul aujourd’hui invite à développer une attitude positive et amicale face à la vie, à nous relever de façon toujours renouvelée de la mort et de l’indifférence, en nous engageant , en brisant le silence là où la destruction et l’absurdité se répandent dans le monde, là où la vie de l’être humain en proie aux épreuves telles que l’injustice, la méchanceté et le mensonge, est menacée.
PRIERE
Seigneur, nous te prions
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pour ces personnes qui se mettent joyeusement à ton service, en ayant un regard de veilleuses sur elles-mêmes, sur leurs frères et sœurs et sur ta création.
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Pour que nous communautés chrétiennes au cœur de cette pandémie, restent des lieux d’échanges chaleureux, et que nous demeurions attentifs aux isolés.
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Pour qu’une véritable solidarité émerge de la communauté internationale, et que les pays riches évitent le repli sur soi, pour soutenir les plus faibles, au cœur de ce mal que nous partageons sans discriminations, et que nous devons solutionner dans le partage de nos moyens.
Que ton Esprit transforme nos cœurs, pour que nous apprenions à partager dans la joie, avec tous nos semblables, sans distinction. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué