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Méditation du 6 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Esaïe 40,21-23 ;27-31
21 Ne le savez-vous pas? Ne l'avez-vous pas appris? Ne vous l'a-t-on pas révélé dès le début? N'avez-vous jamais réfléchi aux fondations de la terre? 22 C'est l'Eternel qui siège au-dessus du cercle de la terre; ses habitants sont, pour lui, pareils à des sauterelles. Il déroule le ciel comme une étoffe légère, il le déploie comme une tente pour en faire son lieu d'habitation. 23 C'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. 24 Ils ne sont même pas plantés, même pas semés, leur tronc n'a pas encore développé de racine en terre qu'il souffle sur eux; ils se dessèchent alors, le tourbillon les emporte comme un brin de paille. (…) 27 Pourquoi dis-tu, Jacob, et pourquoi affirmes-tu, Israël: «Ma situation échappe à l'Eternel, mon droit passe inaperçu de mon Dieu»? 28 Ne le sais-tu pas? Ne l'as-tu pas appris? C'est le Dieu d'éternité, l'Eternel, qui a créé les extrémités de la terre. Il ne se fatigue pas, il ne s'épuise pas. Son intelligence est impénétrable. 29 Il donne de la force à celui qui est fatigué et il multiplie les ressources de celui qui est à bout. 30 Les adolescents se fatiguent et s'épuisent, les jeunes gens se mettent à trébucher, 31 mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer.
Il faut se souvenir !
Aux informations de 19h30 hier soir, une infirmière en unité de soins intensifs a témoigné s’être surpris en train de faire le signe de croix avant d’entrer dans la toute première salle où elle devait s’occuper d’un malade du Covid 19 : « Je me suis surpris à faire le signe de croix; c’est quelque chose que je ne fais pas spécialement depuis, à l’habitude ». C’est naturel, c’est humain de réaliser sa finitude devant ce qui est incompréhensible. C’est humain, de reprendre sa place et de reconsidérer celui qui peut tout, dès lors que nous ne pouvons pas, encore faut-il avoir en soi le souvenir d’une éducation qui n’a pas manqué de nous l’enseigner auparavant, ce point d’appui sur lequel s’accrocher au moment critique: le salut commence aussi lorsque réalisant ses limites, on pense à Dieu.
En effet, face à ce qui se présente comme conséquence d’une défaillance humaine, laquelle est inévitable même si Dieu pardonne et relève, le livre d’Esaïe qui est centré sur l’exil du peuple juif en appelle au souvenir, au retour à ce que l’on a appris de Dieu et sur Dieu: en effet, L'exil babylonien a commencé en 586 Av JC lorsque Nabuchodonosor II de Babylonie a détruit le temple de Jérusalem et asservi le peuple juif, et s'est terminé en 539 Av JC, quand Cyrus de Perse a permis aux Juifs de retourner à Jérusalem et de reconstruire leur temple. Le livre d'Isaïe indique clairement que Nabuchodonosor était l'instrument de Yahweh (Dieu) pour punir le peuple juif pour ses péchés, et Cyrus sera l'instrument de Yahweh pour les libérer - pour les racheter.
Même si le monde post moderne essaie de rejeter complètement le mot péché, il est indiscutable que nous aurons beaucoup de la peine à l’éradiquer tant que les conséquences qu’il entraine nous font souffrir. Le mot péché sera toujours prononcé avec légitimité s’il n’est pas utilisé pour culpabiliser et juger les autres : c’est une question de logique. Comment soigner un mal sans l’appeler ? Comment exorciser ce qui nous dérange si on ne l’appelle pas par son nom ? Il faut bien nommer le Covid 19, il faut aussi en nommer la cause. Aucun médecin ne nous dira qu’il donne des médicaments sans passer par un diagnostic au cours duquel il nomme clairement le coupable.
De l’extrait qui nous sert de méditation ce matin, je retiens seulement deux choses. Au moment où nous comptons nos morts, au moment où nous assistons meurtris et impuissants aux souffrances et aux départs de nos proches innocents dans des conditions spéciales où nous n’avons même pas la permission de leur dire un adieu, il faut se souvenir.
Il faut se souvenir que la faute humaine participe de la situation. Il faut se souvenir aussi, du propriétaire de la création (v22), celui-là même qui donne et retire son souffle: c'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. C’est aussi lui qui répare, lorsque les conséquences du péché menace de détruire sa création : mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer (v31).
Toute l’humanité a besoin de se souvenir, car même ceux qui n’ont pas été atteint par le virus sont affectés d’une manière ou d’une autre : il faut se souvenir.
PRIERE
Seigneur, nous te demandons pardon pour cette tendance à t’oublier lorsque tout semble aller pour le mieux, cette tendance à t’oublier en prenant toutes les commandes, sans recourir à toi qui en est le mode d’emploi. Permet que le souvenir de Toi, ne nous quitte en aucun instant de notre vie. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 27 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Mt 11,25-26;28-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. 26 Oui, Père, c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. (…) 28 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. 30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.»
Se laisser guider par l’Esprit
"Nous vivons actuellement une période particulière ». Depuis le début du mois de mars, cette phrase est prononcée chaque jour sur les antennes des télévisions belges; de manière litanique elle revient, pour indiquer le basculement de l’ordre des choses. Quelque chose de très fort, de surprenant et d’étonnant est advenu, qui a déstabilisé la vie des peuples. Pratiquement deux mois après l’apparition des cas de Covid 19 et du décret qui confine les humains, les conversations téléphoniques aussi débutent par la même remarque, le même étonnement. On y revient toujours, pour la simple raison qu’on n’a toujours pas compris.
Il faut peut-être commencer par évoquer le passé. Il fut un moment où le discours des autorités était suffisant pour apaiser les peuples. C’était des discours d’autorité qui, parce que prononcés par des autorités, faisaient foi. Mais depuis le début du confinement et même avant, quelle confusion! Quelle confusion des voix autorisées sur un seul sujet à travers le monde? Les politiciens, le personnel soignant, les économistes, les citoyens etc. Chacun a son mot à dire, et les paroles s’entrecroisent, se contredisant les unes les autres, plongeant ainsi les citoyens dans une confusion sans pareille.
Comment donc s’en sortir lorsque tout est si confus? La science aujourd’hui, a pourtant atteint une vitesse de croisière, l’intelligence humaine s’est doté d’outils qui accélèrent et la réflexion, et la publication des résultats, et les fabrications. Mais face au covid, s’il y a un discours qui réunit l’assentiment de tous, c’est celui de l’incertitude, un discours qui montre clairement que même si on planifie une sortie progressive du confinement, c’est en étant conscient qu’on ne maîtrise pas encore la situation, qu’on n’y voit pas clair, qu’on reste encore confus.
C’est dans ce contexte de confusion et d’incertitude que retentit une fois de plus cette parole de Jésus : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits (…) Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos.
Face à nos éruditions, il y a cette humiliation du covid 19, et bien d’autres d’ailleurs; le temps n’est–il pas venu de redevenir comme des enfants ? Faut-il réduire un tant soit peu la vitesse avec laquelle nous sommes engagés dans tout, pour prêter une oreille attentive au créateur, à l’exemple du petit enfant qui écoute tous les jours, sagement et attentivement l’histoire que lui raconte sa maman ou son papa avant qu’il ne s’en dorme? Ne vaudrait-il pas la peine d’écouter Dieu? Tu as caché tes secrets aux sages et aux habiles et tu les as révélés aux enfants.
Les enfants, scandalisés par les adultes aujourd’hui ne se fatiguent pas à leur dire qu’ils sont allés très loin avec leur intelligence qui fait beaucoup de prouesse, mais qui aussi, détruit tout au passage. Et le dérèglement de l’environnement, ainsi que l’apparition de nouvelles maladies en sont des signes.
A un adulte qui est sage et savant du nom de Nicodème, Jésus a dit: il faut naître de nouveau. Oui, il est possible de naître de nouveau, de redevenir enfant pour avoir accès à la vérité, à la connaissance des choses salutaires qui ne sont révélées qu’aux enfants, si et seulement si on se laisse guider par l’Esprit de Dieu. Il est possible de renaître et avoir un cœur d’enfant si la Science, la médecine, la politique, l’économie etc. se laissent inspirer par l’Esprit de Dieu, qui est Esprit d’amour et de vie.
Nous nous levons chaque jour, et nous expérimentons chaque journée avec lourdeur, le cœur inquiet face à un avenir confus ; tournons-nous vers celui qui attend nos inquiétudes et nos fardeaux pour les porter, et laissons son Esprit illuminer nos chemins obscurs et incertains.
PRIERE
Père, aujourd’hui nous voyons de manière confuse : aide-nous à devenir comme des enfants, pour entrer dans ta Vérité. Apprends-nous à comprendre que la vie véritable, est celle qui tend à nous spiritualiser. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 3 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Ephésiens 5, 8-14
Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière — or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité — et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte d'en parler. Mais quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité apparaît grâce à la lumière, et tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C'est pourquoi l'on chante : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.
Le texte de méditation de ce jour est un véritable appel à la vie, qui s’adresse à des personnes en vie, au sens propre du terme. C’est une parole d’encouragement de l’apôtre Paul qui est donnée pour être entendue, par les éphésiens qui sont bien entendus engagés dans la foi. En s’adressant à des personnes qui « autrefois étaient dans les ténèbres » et qui maintenant sont « devenues lumière », l’apôtre laisse entendre que ses destinataires sont en chemin. Ils ont entrepris un parcours qui doit mener à bon port sûrement, mais qui visiblement comprend des obstacles à braver, d’où l’appel à la vigilance. Le mot réveille-toi (se réveiller) prend ainsi tout son sens : rester éveillé, prendre conscience ou se prendre en main, parce qu’il y a de l’espoir en l’avenir, et surtout parce que les éphésiens sont cet espoir-là.
Les chrétiens d’Ephèse ne doivent pas rester inertes, indifférents comme des morts qui se caractérisent par leur inertie face à tout ce qui se déroule autour d’eux. Être éveillé ici, fait appel à un regard sur soi, et sur autrui: ayant été rachetés, les éphésiens ne sont pas parfaits en soi, et ne peuvent pas se poser comme juges des autres, mais comme sentinelles ou « bien-veilleurs ».
Sentinelles pour nous-mêmes, pour autrui et pour l’environnement comme chrétien.nes, nous sommes alors instrument entre les mains de Dieu, pour promouvoir la lumière là où les ténèbres apparaissent, l’espoir là où le désespoir essaie de supprimer la vie.
Le fait pour nous d’avoir été racheté nous engage à un travail dont l’objectif est de dupliquer la lumière que nous avons reçue. Il s’agit donc d’être attentif à tout ce qui se passe dans le monde, et à s’engager à donner à ce monde en souffrance, une forme qui rende justice à ce qui nous caractérise désormais : la lumière, l’espoir.
L’exhortation de Paul aujourd’hui invite à développer une attitude positive et amicale face à la vie, à nous relever de façon toujours renouvelée de la mort et de l’indifférence, en nous engageant , en brisant le silence là où la destruction et l’absurdité se répandent dans le monde, là où la vie de l’être humain en proie aux épreuves telles que l’injustice, la méchanceté et le mensonge, est menacée.
PRIERE
Seigneur, nous te prions
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pour ces personnes qui se mettent joyeusement à ton service, en ayant un regard de veilleuses sur elles-mêmes, sur leurs frères et sœurs et sur ta création.
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Pour que nous communautés chrétiennes au cœur de cette pandémie, restent des lieux d’échanges chaleureux, et que nous demeurions attentifs aux isolés.
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Pour qu’une véritable solidarité émerge de la communauté internationale, et que les pays riches évitent le repli sur soi, pour soutenir les plus faibles, au cœur de ce mal que nous partageons sans discriminations, et que nous devons solutionner dans le partage de nos moyens.
Que ton Esprit transforme nos cœurs, pour que nous apprenions à partager dans la joie, avec tous nos semblables, sans distinction. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Séminaire
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
CERCLE DES THEOLOGIENNES AFRICAINES ENGAGEES
Séminaire
Thème: Le phénomène des Femmes sorcières en Afrique: Réflexions Historique, théologique, médicale, sociologique et psychologique pour la transformation des communautés en espace de paix et de sécurité.
Lieu : UPAC - Yaoundé
Dates : Du 15 au 17 mars 2013
Date limite d’inscription: 28 février 2013
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Méditation du 13 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Mt 28, 11-15
11 Pendant qu’elles étaient en chemin, quelques hommes de la garde entrèrent dans la ville et racontèrent aux grands prêtres tout ce qui était arrivé. 12 Ceux-ci, après s’être rassemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d’argent 13 en leur ordonnant : Dites : « Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous étions endormis. » 14 Et si le gouverneur l’apprend, nous userons de persuasion envers lui et nous ferons en sorte que vous ne soyez pas inquiétés. 15 Ils prirent l’argent et agirent selon les instructions qui leur avaient été données. Et cette histoire s’est propagée parmi les Juifs jusqu’à ce jour.
Et la Vérité triompha
La Résurrection de Jésus n’a laissé personne indifférent; ses disciples, tout comme ses adversaires sont marqués d’une manière ou d’une autre, et développent des réactions différentes.
Aujourd’hui, nous nous intéressons aux adversaires de Jésus. Si au soir de sa crucifixion Joseph d’Arimathée identifié par l’évangéliste Jean comme un membre du Conseil s’est singularisé par une reconnaissance de l’injustice et une sympathie agissante, telle n’est pas l’attitude des autres membres de son groupe: les autorités religieuses ne reculent pas par rapport à la dynamique qui a conduit à la crucifixion. Auparavant, ils ont acheté la trahison de Juda (Mt26, 15). Après avoir été informé de la Résurrection, ils tiennent un Conseil et ourdissent un autre complot, donnant de l’argent aux gardes pour acheter deux choses: leur silence sur l’accomplissement des paroles de Jésus et leur mensonge.
Les gardes doivent se taire sur ce qui s’est réellement passé, et empêcher ainsi que la nouvelle de la Résurrection de Jésus ne se propage. Les autorités religieuses ont condamné Jésus, et croyaient ainsi pouvoir être tranquille en « l’absence » de celui qui mettait à nu leur hypocrisie et leur gestion des institutions à des fins égoïstes, tout en abandonnant le peuple dont ils étaient supposés être les bergers à sa pauvreté et à sa misère. Mais le crucifié est ressuscité, et continue à hanter ses bourreaux qui essaient une fois encore de se débarrasser de lui. Malgré la tentative de museler les gardes, la nouvelle de la Résurrection va se répandre à une vitesse incroyable: la vérité ne se laisse pas enfermer, elle outre passe toute sorte d’obstacle et se laisse voir au grand jour. C’est alors aux mercenaires de se remettre en question, de changer d’itinéraire et de se remettre sur le droit chemin, car la vérité est perméable à toute sorte de confinement. Et elle hante.
Les grands prêtres achètent aussi le mensonge des gardes : ces derniers doivent déclarer que les disciples de Jésus sont venus de nuit, et ont dérobé son corps. Là encore, ils seront désagréablement surpris car Jésus se manifestera à plusieurs personnes avant de rencontrer plu tard ses disciples réunis.
Pendant le ministère public de Jésus, il y a eu des attaques, des controverses, des menaces, et des complots. Mais Jésus les a gérés de façon exemplaire. Après sa mort et sa résurrection, un autre complot. Le complot ne marche pas, et se laisse toujours élucidé: tous s’étaient pourtant mis d’accord, tous avaient préservé leurs intérêts et chacun était content. Mais le scénario ne put durer longtemps, parce que Jésus n’a pas tardé à se faire voir, mettant ainsi à nu le mensonge: la Vérité ne reste pas captive des menteurs, elle leur échappe en les laissant dans leur obscurité. En triomphant toujours, la Vérité par nature n’éclaire pas leur lanterne, et ne s’accommode pas de leur fonctionnement.
Que faire donc, puisque la Vérité dérange? S’enfoncer davantage en essayant de l’étouffer et se perdre finalement soi-même, ou se ranger ?
PRIERE
Seigneur, nous essayons toujours de nier ta présence et de masquer la Vérité, pour sauvegarder nos intérêts égoïstes; pourtant tu as dit dans ta parole, « Seule la Vérité vous rendra libre » (Jn8,32). Devant une souffrance qui surpasse notre entendement, incline-nous, incline nos autorités, incline le peuple dont tu es le créateur à rechercher la Vérité que tu as incarnée, au détriment de nos intérêts individuels. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 2 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Que ton règne vienne !
Nous avons bâti des églises, Seigneur,
mais notre histoire est une histoire de guerre sans fin ;
nous avons construit des hôpitaux,
mais nous avons accepté, pour nos frères, la faim.
Pardon Seigneur, pour la nature piétinée,
pour les forêts assassinées,
pour les rivières empoisonnées…
Pardon pour la bombe atomique
le travail à la chaîne
la machine à dévorer l’homme
et les blasphèmes de l’amour.
Nous savons que vous nous aimez
et qu’à cet amour, nous devons la vie.
Arrachez-nous à l’asphyxie des cœurs et des corps.
Que nos jours ne soient plus souillés
par l’envie et l’ingratitude,
par les terribles servitudes du pouvoir.
Donnez-nous le bonheur d’aimer notre devoir.
Il manque des millions de médecins dans le monde :
inspirez à vos fils de soigner.
Il manque des millions d’enseignants dans le monde :
inspirez à vos fils d’enseigner.
La faim torture les trois quart de la terre :
inspirez à vos fils de semer.
Les hommes ont fait depuis cent ans, près de cent guerres :
apprenez à vos fils à s’aimer.
car il n’est pas d’amour, Seigneur,
sans votre amour.
Faites que chaque jour, et la terre entière,
dans le bonheur et dans la douleur,
nous soyons frères, frères sans frontières.
Alors nos hôpitaux seront aussi vos cathédrales
et nos laboratoires, les témoins de votre grandeur.
Comme l’aube devient l’aurore, puis le jour,
veuille votre amour que les enfants de l’An deux mille
naissent dans l’espérance,
grandissent dans la paix
puis s’éteignent dans la lumière
pour retrouver, vous, la Vie.
Raoul Follereau
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Méditation du 8 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Actes 10,34-35
34 Alors Pierre, ouvrant la bouche, dit: En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, 35 mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable.
Jean 13, 21.37-38
Ayant dit ces choses, Jésus fut troublé dans [son] esprit, et rendit témoignage, et dit : En vérité, en vérité, je vous dis que l'un de vous me livrera. (…)
Pierre lui dit : "Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi !" Jésus réplique: "Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis: le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois."
Faut pas se tromper d’ennemi !
Cette troisième journée de la semaine sainte sur le plan liturgique se veut bien triste, en raison de la position très peut honorable que vont prendre inéluctablement les compagnons de Jésus, ceux qu’il a très souvent appelé sa famille : celle de Judas qui va trahir Jésus, et celle de Pierre qui va le renier. En situation de crise, au moment où les autorités décident de s’en prendre au maître, ses alliés se désolidarisent.
Cet extrait de l’évangile de Jean est lu aussi en contexte de crise, au moment où un être vivant invisible à l’œil nu, met à genou, des humains dotés d’une intelligence sans pareil. Une situation très spéciale qui rappelle aux humains dispersés à travers le monde ce qu’ils ont de fondamental, et qu’ils oublient très fréquemment : ils sont tous de la même nature, puisque le virus ne s’attaque qu’à eux. Face à la pandémie menaçante il y a, comme le montre les déclarations et les réactions sur les réseaux sociaux, une tendance à la désolidarisation, ou à l’indexation de celle-ci, alors que plus que jamais les humains sont appelés à se souder les coudes.
Seulement, la crise du Covid 19 révèle une ultime tentative de remettre en cause, et de nier à la fois la création et son créateur, lorsque certains en viennent à refuser l’humanité des autres. Au cœur de la pandémie, définir une partie de la création comme étant habitée par des humains, et une autre partie comme occupée par des sous-humains, c’est remettre en question, et même rivaliser le créateur. Cette tentative n’est pas nouvelle, Pierre dans le chapitre 10 des Actes des apôtres l’a auparavant exprimée, en prétendant que les Gentils étaient impurs. Puis il se ravisera en affirmant qu’il a compris, « que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable » (Ac10, 34b-35).
Il est donc important au cœur de la crise que nous traversons, de ne pas se tromper de la catégorie dont nous devons nous désolidariser, il ne faut pas se tromper d’ennemi. L’ennemi, il n’est pas localisé dans une partie du globe terrestre, il ne se trouve pas dans les pays riches par opposition aux pays en voie de développement. Le véritable ennemi, c’est ce qui motive les humains répartis sur le globe, à catégoriser certains comme humains et d’autres comme sous-humains. L’ennemi, c’est ce qui dans un même pays en Occident et en Afrique, motive le développement d’une catégorie dite pauvre, et d’une catégorie dite riche. Et ce qui motive cette catégorisation, c’est l’appât du fric, c’est la course aux richesses, c’est le désir de puissance: c’est Mammon ! Mammon, il est partout, et ses serviteurs sont malheureusement en Occident, ils sont aussi en Afrique. Si les vaccins doivent être testés sur des africains sans leur accord, ce sera toujours avec l’accord de certains dirigeants africains véreux et serviteurs de Mammon.
Ne nous trompons plus d’ennemi! Jésus a bien compris que de tout temps l’appât du gain a fait de l’homme, « un loup pour l’homme », le détournant ainsi de sa vocation d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. Et il nous a mis en garde : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Luc 13,16).
La déclaration de l’apôtre Pierre est pour nous aujourd’hui, une très forte interpellation à nous retrouver, à mobiliser les talents différents et complémentaires qu’il a répartis dans toute sa création afin de venir à bout de la crise actuelle, ainsi que des anciennes qui l’ont préparée. Chaque peuple, au-delà de sa différence, se révèle être une pièce du Puzzle de Dieu!
PRIERE
Seigneur, brise notre orgueil, et permet que nous redevenions ces humains que tu as créés à ton image. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
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Méditation du 4 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Luc 4,31-35a
En ce temps-là,
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur,
qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus le menaça : « Silence !Matthieu 11, 29
29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.
Prenez mon joug, je suis doux et humble de cœur.
A cheval entre deux siècles, je suis surprise de remarquer combien les choses changent avec une vitesse effroyable au 21ème siècle : peut-être le fait des média et des réseaux sociaux. Mais c’est bien spécial de voir que le cri et la violence l’emportent.
Je n’avais jusqu’alors pas connu une violence aussi effroyable dans le langage. Les campagnes électorales, les campagnes d’évangélisation, les allocutions: on s’exprime violemment, on vote des dirigeants violents au langage dur, criant très fort pour se faire entendre; même l’Eglise affiche le cri, l’hystérie et la violence sur tous les continents, comme si l’Evangile était cri, agitation et violence.
Les cris l’agitation et la violence tendent à devenir un modèle de fonctionnement, et nous récoltons les fruits qui en découlent dans les actes, dans les découvertes, dans les divertissements, etc.
Il y en a qui nous font encore rêver, il y en a qui donnent encore envi et qui ne sont plus tellement entendus. Mais l’attitude de nombreux nous amène à dire, comme cet enfant qui, revenu après sa première journée d’école maternelle demande à son papa : « c’est quoi l’autorité ?»
Si aujourd’hui, un de mes petits-enfants me posait cette question, je serai perplexe, car j’appréhende bien qu’on ne se comprendra même pas. Heureusement il y a encore un guide, et un maître qui ne change pas pour m’aider à répondre. Il y a dans ce livre qui vaut et qui vaudra toujours de l’or, de quoi s’orienter : dans la Bible, Jésus enseignait, et son enseignement était toujours vu par les foules étonnées comme parole d’autorité. Le texte de l’évangéliste Luc illustre ce qu’il entend par autorité. Il y avait un malade, possédé par des esprits impurs et qui ne pouvait s’exprimer qu’en criant très fort. Et la première parole que Jésus prononce: Silence. Le silence, ne signifie pas que le contenu de la parole est fausse nécessairement, parce que Jésus entend bien quel est le problème du malade. Le mot silence est une réponse la manière selon laquelle la parole est prononcée, car en effet derrière le crier se cache ce qui possède. Derrière le crier, il y a le tourment, il y a ce qui rend malade. Face au crier, Jésus oppose le silence, et le récit se termine par la stupéfaction liée à l’apaisement.
Il y a dans le crier quelque chose de malsain, quelque chose qui dit le tourment dans lequel se trouve celui qui parle. Parler en criant, c’est exprimer son tourment. Comment donc de nos jours préférons-nous le crier, la violence dans le langage, la violence dans l’action, la violence dans les films, la violence de l’armée, la violence dans les discours politiques, de la violence dans les discours des chercheurs qui sont réputés comme des travailleurs que l’on n’entendait pas souvent parce que travaillant dans le silence et l’isolement ? Ce qui est le plus vendu dans le monde aujourd’hui, c’est le crier, le bruit, la violence.
Il y en a heureusement qui nous font encore rêver, quoi que n’étant plus physiquement de ce monde. Ils furent des politiques et des religieux: Ghandi, Nelson Mandela, Martin Luther King etc.
En ce moment précis de l’histoire de l’humanité, nous avons besoin de paroles douces et apaisantes. L’heure nous oblige à nous retourner, à changer de modèle, à devenir des imitateurs de Jésus, à savoir être « doux et humble de cœur ».
PRIERE
Seigneur, nous avons besoin plus que jamais, de calme en ce moment: guéri nous de ce qui en nous crie, et donne nous de parler avec douceur car pour toi, l’autorité du parler réside dans la vérité et l’efficacité du contenu de notre propos, et non dans le crier. Par Jésus notre Seigneur et sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué