Au contraire, le Seigneur use de patience envers nous.

2 Pierre3, 8-9

8 Il y a une chose en tout cas, mes amis, que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. 9 Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu'il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion.

Trente ans environ après la Résurrection et l’Ascension du Christ, les premiers chrétiens commencèrent à se fatiguer de l’attente promis de son retour. Certains étaient décédés, et beaucoup se posaient des questions sur leurs sorts (1Thessalonissiens 4,13-18). Pendant que le doute et l’incertitude gagnaient les cœurs, l’ennemi en profita pour  gagner du terrain, en enseignant que ce retour a déjà eu lieu (2Thessaloniciens 2,1-2).

Pierre dans cet extrait répond pour exhorter et fortifier la foi des chrétiens qui a été ébranlé par un faux enseignement qui a profité de leur faiblesse. Sa méthode consiste à éclairer les chrétiens en exposant d’abord en amont, des indices qui permettent de reconnaître les faussaires, et par conséquent à se détourner de leurs enseignements : il accuse ses adversaires d’avoir « les yeux remplis d’adultère » ; de ne pas pouvoir « cesser de pécher » ; d’« attirer les âmes troublées » ;  d’avoir « le cœur exercé à la cupidité » ;  et d’être « des enfants de malédiction » (2 Pierre 2,14-15). Pierre les qualifie de « moqueurs », « marchant selon leurs propres convoitises » (2 Pierre 3,3).

Il appelle alors les chrétiens à attendre avec impatience « le jour du Seigneur, qui viendra comme un voleur dans la nuit ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée » (2 Pierre 3,10). Les chrétiens doivent alors se préparer pour ce jour par « une vie sainte et pieuse » (2 Pierre 3,11).

Pour dévoiler l’enseignement des faux docteurs au sujet de la seconde venue du Christ, Pierre  appelle les chrétiens à se souvenir que «   devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (v 8). Il fait ainsi allusion à un psaume 90,4 qui dit : « Car mille ans sont à tes yeux comme le jour d’hier, quand il est passé, comme une veille dans la nuit ».

En effet Dieu voit le temps autrement, et il nous est parfois difficile de comprendre son timing. La Bible est pétrie d’histoire qui mettent à rude épreuve notre entendement du temps, par rapport à celui de Dieu : Abraham et Saraï n’ont-ils pas naturellement eu un enfant à un âge qui pour nos calculs est impossible ?

Au regard des évènements nous plongent dans l’incertitude aujourd’hui, nombreux se posent aussi la question du retard de cette seconde venue du Christ, en raison de la souffrance physique, morale et psychologique qu’endurent les humains, et surtout du fait que cette situation démoralisante soit répandue sur toute notre planète. Dieu a-t-il oublié les humains ?

 « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il est patient (en grec: makrothymeo) envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous parviennent à la repentance » (v 9). Le retard que nous ressentons est dû au makrothymeo de Dieu : sa patience, sa tolérance. Dieu prend du temps pour donner aux humains l’occasion d’entendre l’Évangile, de se repentir, et d’être sauvés. Le « retard » n’est donc pas dû à l’échec de Dieu à tenir sa promesse, mais plutôt à son amour.

Le sentiment de retard, explique tout simplement que nous ne sommes pas à l’œuvre, nous avons laissé de côté notre vocation de dire et vivre l’Evangile, et plus précisément de faire des disciples, les aidant ainsi à obtenir le salut, et leur donnant l’occasion d’aider les autres à faire de même. Cette lassitude, comme toute lassitude rallonge le temps.

Le moment n’est-il pas venu d’entendre cette parole et de nous mettre à l’œuvre pendant que nous nous préparons à célébrer la venue de l’enfant Roi, celui qui nous fait goûter aux prémices du Royaume auquel nous aspirons ?

Que l’Esprit de Dieu nous conduise pendant ce temps de préparation de la célébration de l’Enfant Roi qui vient.

Priscille Djomhoué, Pasteure