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Un Mandat, et puis quoi?

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28,18) »

Telle est la dernière parole que le Christ ressuscité laisse à ses disciples rassemblés, au moment de s’en aller vers le Père. Cette parole est reprise par Marc16, 15, Luc 24,48, et reformulée dans Actes1,8.

Elle n’apparait pas pour la première fois à la fin des évangiles, mais elle rejoint en effet, la toute première que Jésus leur adresse, au moment où il les appelle: « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » (Matthieu 4,19 ; Marc 1, 17 ; Luc 5, 10) : ce n’est pas une aventure pascalienne, ni un moment de vacances. Jésus appelle ses disciples pour une raison particulière, et il le fait savoir d’entrée de jeu, afin que ceux qui répondent positivement à son invitation en soient conscients.

Du début jusqu’à la fin du ministère terrestre de Jésus, tout est indiscutablement clair, il y a une constance dans son objectif : ses disciples le suivent pour comprendre sa vocation, et surtout pour la perpétuer en appelant, jusqu’aux extrémités de la terre, les hommes et les femmes à le suivre, et à faire de même. Si Jésus quitte son ministère terrestre, c’est pour continuer autrement, par le truchement du Saint Esprit qu’il leur donne à la Pentecôte comme accompagnateur : il les rassure donc, de sa présence continue.

L’évangéliste Matthieu, dans le sermon sur la Montagne (chapitres 5 à 7) définit les disciples de manière plus large: le disciple, ce n’est pas seulement celui qui appartient au cercle des douze, mais c’est celui qui le suit, et qui l’écoute. Autrement dit, les auditeurs du sermon sur la montagne, aussi nombreux soient-ils, ainsi que tous ceux qui, même au détour d’un chemin, prêtent attention à son enseignement et y adhèrent, sont des disciples ! L’Eglise est donc faite de disciples ; et l’Eglise, ce n’est pas un bâtiment, un édifice ou une cathédrale. L’Eglise, ce ne sont pas les dirigeants, ce n’est pas le pasteur, ni encore moins le consistoire ; mais ce sont les personnes qui se rassemblent en un lieu parce que convoqués par le Christ pour faire des disciples et promouvoir le règne qu’il a annoncé. Voilà le mandat qui fonde et caractérise la vocation de ces personnes qui ont suivi Jésus dès le début de son ministère, qui se sont engagés à cheminer avec lui fidèlement, et qui nous ont rallié : nous sommes l’église ! Tu es l’église.

Jésus donne l’Esprit Saint à ses disciples que nous sommes; c’est une force pour nous accompagner parce que la tâche n’est pas facile, et elle doit être faite. Jésus nous demande d’être des pécheurs d’homme, des faiseurs de disciples, et cette tâche réclame de l’engagement, et de l’audace. L’audace de parler, et l’audace d’appeler. Que faisons-nous, particulièrement à ce sujet ? Après l’Ascension et la Pentecôte, j’aimerais nous inviter à réfléchir sur notre vocation en tant qu’église ou paroisse: pourquoi sommes-nous dans l’Eglise de Jésus-Christ ? L’Eglise est-elle tout simplement un cadre de convivialité où on vient seulement se faire du bien à soi et à nos amis? Et le mandat du Christ, qu’en faisons-nous?

Priscille Djomhoué, Pasteure.

 
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