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... Et moi je vous dis: aimez !!!
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
« Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. 39 Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. 40 A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. 41 Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. 42 A qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos. 43 « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. 44 Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. (Mt5, 38-44)
« Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». Cette parole a retenti depuis plusieurs millénaires (Ec1,9), elle reste actuelle. Les guerres ne sont donc pas nouvelles : toutes les sociétés, ont toujours entretenu la guerre comme moyen de s’implanter, et d’étendre leur hégémonie, de se développer en prenant de force ce qui appartient à l’autre, ou de protéger ce que l’autre voudrait lui arracher etc. Il y a eu des guerres familiales, des guerres tribales, des guerres religieuses, des guerres civiles, des guerres inter-Etats, des guerres mondiales. Les guerres n’ont jamais cessé, et elles sont le fruit de la volonté humaine : si les catastrophes naturelles nous tombent souvent dessus, les guerres sont toujours initiées et entretenues par les humains : ceux-ci ont donc le choix de faire, ou de ne pas faire la guerre.
Toutes les guerres ont toujours été dévastatrices au point où il serait malhonnête de ne pas reconnaître qu’elles ne se soldent pas par des victoires. Même lorsque certains se déclarent vainqueurs et travaillent à soumettre ceux qu’ils pensent être vaincus, Jésus qui a très bien vu les choses sait bien que rien de ce qu’on obtient par la violence ne peut être considéré comme victoire, tellement les dégâts de part et d’autres sont énormes : pertes humaines énormes, dégâts matériel et environnemental, récession économique, traumatismes de tous ordres (séquelles physique, psychologique et psychique). Pour avoir séjourné à Hiroshima, je mesure combien les traumatismes de la 2eme guerre mondiale encore aujourd’hui sont présents…..
Jésus comprend parfaitement l’inutilité de la violence ; c’est pourquoi, interprétant la Torah ( Loi) dans un contexte de débats et de disputes fréquentes avec les scribes et les pharisiens, il enseigne ses disciples dans le sermon sur la montagne, juste au début de son ministère public, en accordant un point d’honneur à la nécessité de pratiquer la non-violence dans la gestion des conflits : l’expression « il vous a été dit » qui reprend une exhortation à la violence, suivie de « mais /et moi je vous dis » qui y oppose une attitude non violente, est redondante à souhait.
L’appel à la réplique non-violente n’est cependant pas un encouragement à la lâcheté : Jésus qui est jaloux de la dignité de l’être humain, et qui a travaillé contre vents et marrées à redonner leur dignité aux faibles et aux forts rejetés, appelle à se mobiliser face à tout ce qui atténue la vie, mais en s’éloignant de la méthode qui reproduit la violence, qui atténue ou supprime la vie sous toutes ses formes. Autrement dit, en reproduisant la violence, on rentre incontestablement dans une dynamique cyclique de la violence.
Il faut défendre sa dignité, se mobiliser contre la violence, contre l’agression, en utilisant un moyen sans failles. La violence braque les belligérants qui, à un moment donné s’essoufflent et sentent inconditionnellement le besoin d’arrêter : mais l’arrêt est dû à l’essoufflement, et non à la résolution du conflit. Autrement dit, parce que les guéguerres ne sont pas désactivées à cause du cycle de la violence, la fatigue impose un tempo, mais pour avoir l’occasion de souffler et de se préparer à nouveaux à la violence. Voilà pourquoi les guerres ne finissent pas ; elles sont au cœur de la vie des humains, dans les familles, dans les couples, parmi les enfants, les amis, en milieu professionnel, et même à l’église. La propension à la violence se trouve d’abord dans l’être des humains, en moi ; et c’est depuis ma personne, que commence la résolution du conflit, quel qu’il soit. Je dois d’abord me désactiver de la violence que j’ai en moi, et dont l’origine est parfois floue (raison pour laquelle on a besoin d’aide pour comprendre et en prendre conscience). Dans la résolution du conflit, on pense toujours que c’est l’autre qui doit se plier ; c’est exactement le contraire. Jésus enseigne qu’à l’occasion d’une provocation, c’est ma personne qui change/s’adapte et qui change tout ; c’est mon attitude à moi qui envenime ou qui étouffe le conflit dans l’œuf.
Il y a des méthodes qui entretiennent, et des méthodes qui transforment la violence. Voilà, entres autres, ce qu’il faut comprendre de l’enseignement de Jésus dans le sermon sur la montagne. La violence doit être transformée en bienveillance, par la force de l’amour.
Jésus met lui-même en pratique ses enseignements. L’illustration parfaite se trouve dans la grande expérience qui l’a mené de la passion à la résurrection : on a craché sur lui, on l’a insulté, il a été flagellé et crucifié. Il ne s’est pas défendu physiquement, il ne l’a même pas fait de manière psychologiquement violente. Mais il a répondu sincèrement et courageusement aux questions par lesquelles une phrase attendue (et qu’il n’a pas prononcé volontairement), lui aurait épargné la crucifixion. En plus, il a pardonné à ses bourreaux : « Père pardonne-leur… » (Luc 24,34). Contrairement à ce qu’on croit gagner en exerçant la violence, Jésus a gardé sa dignité, et sa vie en exerçant la non-violence : il est Ressuscité et il vit pour toujours.
Nous cheminons vers Pâques, et je nous exhorte à prendre la place des disciples, c’est à dire des élèves. Cheminons aux côtés du Christ, en apprenant à transformer nos violences en bienveillance, pour surmonter les tribulations dont nous sommes l’objet. La guerre commence là où disparaît l’amour. Et la vie renaît lorsque l’amour reprend sa place.
Christ est Ressuscité, il est vraiment Ressuscité alléluia !
Priscille Djomhoué, Pasteure
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Se réformer sans cesse… Impossible sans l’aide de l’Esprit Saint !
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Nous célébrons la Réformation dont l’une des valeurs fondamentale est, se réformer sans cesse. Se réformer sans cesse signifie autrement que, ce qui s’est passé au XVIe siècle avec la grande contestation de Luther qui a fini par chambouler la configuration de l’Eglise ne fut pas un acte définitif, mais un processus qui se poursuivra jusqu’à ce qu’arrive la Jérusalem céleste que nous attendons. La Réforme est un chemin nécessaire et même obligé, sur lequel évolue l’Eglise au jour le jour, et qui l’emmène à se débarrasser progressivement de ce qui l’encombre, pour mettre en place ce qui lui permet de faire la volonté de Dieu contenu dans cette réponse donné par Jésus à un légiste qui un jour lui posait la question de savoir quel est le plus grand commandement: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Matthieu 22, 37-38
Il faut se réformer sans cesse, il faut se remettre en question continuellement, il faut à chaque moment de l’histoire, face aux questions qui surgissent, se poser la question de savoir quelle est la volonté de Dieu, et obéir ! Même si elle nous coûte un changement dans nos pensées et dans nos pratiques. Ainsi, la parole de Dieu ne change pas, l’Evangile ne change pas, la volonté de Dieu ne change pas, mais nos pratiques sont appelées à changer lorsqu’elles ne répondent pas à la volonté de celui pour qui nous sommes Eglise : nos pratiques doivent varier en se conformant à la volonté de Dieu.
Or, il y a une instance qui permet le renouvellement de l’Eglise, cette 3e personne de la trinité dont la fonction est de régénérer : c’est l’Esprit Saint. Malheureusement, en tant qu’églises historiques, nous ne lui accordons plus suffisamment la place qu’il doit occuper dans nos vies et dans celle l’Eglise de Jésus-Christ. En célébrant la Réformation, il faut aussi célébrer et l’Esprit Saint et lui redonner sa place car il est le paracletos, celui que Jésus nous a laissés pour continuer l’œuvre de son Père.
Pour nous aider, essayons donc de comprendre qui est l’Esprit Saint, sa place et sa fonction dans les Actes des apôtres, ce live du Nouveau Testament qui présente l’âge d’or du christianisme.
Que l’Esprit Saint soit la force qui nous anime, et qui nous propulse dans son Eglise.
Priscille Djomhoué, Pasteure
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"Se réformer sans cesse"
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
En octobre nous pensons à la Réforme Protestante. La réforme s’entend comme le changement que l’on apporte afin d’obtenir de meilleurs résultats. Pour les protestants, c’est la conséquence qui a suivi l’audace de nombreux chrétiens depuis la nuit des temps, lequel consistait à se lever contre les dérives des lectures des Saintes Ecritures et du gouvernement de l’institution religieuse. Malheureusement ou heureusement, elle s’est soldée non pas par un changement à l’intérieure mais par la séparation d’avec l’église catholique romaine, et la naissance de ceux qu’on a appelé protestants.
En effet, la grogne des fidèles (silencieuse ou exprimée) qui ne s’est jamais arrêtée a connu son point culminant le 31 octobre 1517, lorsque Martin Luther affiche 95 thèses sur les portes de la chapelle du château de Wittenberg. Nous n’oublions pas tous les pré-réformateurs, et tous les chrétiens qui ont payé de leur vie, leur courage de contester un ordre à leurs yeux contraire à la parole de Dieu.
Dieu merci, l’un des principes des protestants, c’est « se réformer sans cesse ». Les confusions que l’on observe dans un monde en pleine mutation ont des répercussions importantes dans l’Eglise qui elle aussi passe par des crises. Est-ce que le moment n’est pas venu pour l’Eglise de Jésus-Christ, de se reposer des questions sur les fondamentaux de la foi chrétienne, avant de réfléchir sur la manière selon laquelle elle doit les reformuler de manière à apporter une réponse adéquate à la crise qu’elle traverse aussi bien sur le plan spirituel qu’institutionnel?
Plusieurs approches sont développées:
- On part de l’évolution de la société pour adapter la foi chrétienne et le gouvernement de l’église, en essayant de mimer l’organisation structurelle du monde séculaire: le risque, c’est de s’éloigner de l’objectif et surtout de présenter une foi qui n’a plus d’intérêt. Les enfants, les hommes et les femmes accablés par un monde rude viennent chercher refuge dans l’Eglise. Ils viennent surtout chercher dans l’église, ce que le monde ne leur donne pas.
- On part d’une lecture littérale des Ecritures, et on veut faire appliquer à la lettre ce qui est écrit. Le risque est encore plus grand, d’essayer d’appliquer ce qui n’est pas compris, car plus de 2000 ans nous séparent de ce qui est écrit, et qui est perçu littéralement. L’effort de lecture et de compréhension de la Parole est une nécessité si on la veut saisir. Il faut alors se poser la question de savoir ce qu’on recherche : la lettre de l’écrit, ou la Parole de Dieu ?
- On part aussi de ses désirs personnels, et on choisit des extraits de textes coupés de leurs contextes pour faire valider ce qu’on voudrait pour soi-même : on essaie d’ « adapter »; la Bonne Nouvelle doit s’appliquer à tous, et pour la gloire de Dieu. La dimension communautaire de la foi chrétienne n’est pas optionnelle, et ce qui est Bonne Nouvelle pour moi l’est aussi pour mon prochain. Il n’y a pas d’églises et de chrétiens privilégiés ; les assemblées qui se constituent au nom de Jésus-Christ rassemblent des personnes qui s’acceptent mutuellement, comme le fait Christ dont ils sont des disciples.
Comment poursuivre la réformation de l’Eglise de Jésus-Christ pour qu’elle travaille efficacement à promouvoir le Royaume promis auquel nous aspirons?
Il n’y a pas de recette miracle. Mais l’importance de revenir aux fondamentaux de la foi chrétienne, et de réfléchir sur sa reformulation est signalée. L’enjeu est l’obéissance : l’obéissance et la fidélité à un engagement de suivre le Christ et de faire SON œuvre. Si nous devons reformuler la Bonne Nouvelle, c’est pour qu’elle reste Bonne Nouvelle, pas pour une élite, mais pour tout le monde, pour la création toute entière. Voilà pourquoi l’Eglise de Jésus-Christ, en ce siècle de confusion est plus que jamais interpelée.
Que nos lectures de la Parole de Dieu nous poussent, avec l’éclairage de l’Esprit Saint, à agir pour que notre communauté, notre église et le monde soit le reflet du Royaume que nous attendons.
Bonne fête de la Réformation
Pasteure Priscille Djomhoué
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Quel beau cadeau!
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Quel beau cadeau!
N’avons-nous pas besoin aujourd’hui plus qu’hier, de nous approprier ce beau cadeau ?
N’avons-nous pas besoin d’entendre une AUTRE NOUVELLE, une Bonne Nouvelle, dans la grisaille des journées monotones du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver ? Depuis quelques années, quelle que soit la saison, le symbole spécial auquel elle renvoi ne semble plus emballer ou porter les humains : le soleil ne dissipe plus nécessairement l’anxiété ; les lumières des bougies multicolores et parfumées n’arrivent plus à camoufler la grisaille hivernale et enivrer riches, moyens ou pauvres ; les villes sont comme d’habitude déjà parées, mais le climat médiatique particulièrement anxiogène l’emporte et contamine pratiquement tous les secteurs de la vie.
Pourtant il y a une possibilité, celle de s’assurer que pour soi, un climat de sérénité est possible : il est possible de ménager pour soi, un climat de joie, de paix et d’espérance à partager pour faire revivre la magie de noël. Il manque alors juste deux ingrédients : la motivation et l’engagement qui permettent de retrouver dans les fondements de noël, cette petite chose, aussi petite que le grain de poussière, qui a été rejeté ou négligé. Les fastes, les manières, les programmes ménagés, les grandes organisations sont des ingrédients, mais pas cet élément déterminant. Les humains imaginatifs et talentueux savent organiser de grandes célébrations, mais l’effet s’estompe aussi rapidement parce qu’il manque cet élément immuable et permanent, qui illumine de l’intérieur en transformant la vie à l’extérieur. Jean parlait déjà de la situation du monde qui refuse de recevoir la lumière :
La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré l'obscurité à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de crainte que ses œuvres ne soient démasquées. (Jean 3,19-20)
Le Christ est cette Lumière qui enjolive toutes les personnes qui se laissent habiter par Elle : il leur permet aussi de dompter efficacement, comme la lumière englouti les ténèbres, les défis oh combien immenses du monde présent.
Le Christ nous invite à nous approprier Sa lumière, il nous invite à la fête, une fête qui dure plus que le temps de noël. Le 17 décembre 2023 à 10h, il nous convie tous et toutes à Gembloux, à une célébration dont il est le maître de cérémonie. Il y aura beaucoup de lumière et de parfum, il y aura aussi beaucoup de chaleur autour de la raclette communautaire arrosée de boisson de noël, et accompagnée de contes, de scénettes et de jeux.
Venez avec beaucoup d’amour à partager, et avec la disposition d’en recevoir pour toute l’année 2024 et bien plus !
JOYEUX NOËL !!!
Priscille Djomhoué, Pasteure
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Au contraire, le Seigneur use de patience envers nous.
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
2 Pierre3, 8-9
8 Il y a une chose en tout cas, mes amis, que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. 9 Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu'il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion.
Trente ans environ après la Résurrection et l’Ascension du Christ, les premiers chrétiens commencèrent à se fatiguer de l’attente promis de son retour. Certains étaient décédés, et beaucoup se posaient des questions sur leurs sorts (1Thessalonissiens 4,13-18). Pendant que le doute et l’incertitude gagnaient les cœurs, l’ennemi en profita pour gagner du terrain, en enseignant que ce retour a déjà eu lieu (2Thessaloniciens 2,1-2).
Pierre dans cet extrait répond pour exhorter et fortifier la foi des chrétiens qui a été ébranlé par un faux enseignement qui a profité de leur faiblesse. Sa méthode consiste à éclairer les chrétiens en exposant d’abord en amont, des indices qui permettent de reconnaître les faussaires, et par conséquent à se détourner de leurs enseignements : il accuse ses adversaires d’avoir « les yeux remplis d’adultère » ; de ne pas pouvoir « cesser de pécher » ; d’« attirer les âmes troublées » ; d’avoir « le cœur exercé à la cupidité » ; et d’être « des enfants de malédiction » (2 Pierre 2,14-15). Pierre les qualifie de « moqueurs », « marchant selon leurs propres convoitises » (2 Pierre 3,3).
Il appelle alors les chrétiens à attendre avec impatience « le jour du Seigneur, qui viendra comme un voleur dans la nuit ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée » (2 Pierre 3,10). Les chrétiens doivent alors se préparer pour ce jour par « une vie sainte et pieuse » (2 Pierre 3,11).
Pour dévoiler l’enseignement des faux docteurs au sujet de la seconde venue du Christ, Pierre appelle les chrétiens à se souvenir que « devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (v 8). Il fait ainsi allusion à un psaume 90,4 qui dit : « Car mille ans sont à tes yeux comme le jour d’hier, quand il est passé, comme une veille dans la nuit ».
En effet Dieu voit le temps autrement, et il nous est parfois difficile de comprendre son timing. La Bible est pétrie d’histoire qui mettent à rude épreuve notre entendement du temps, par rapport à celui de Dieu : Abraham et Saraï n’ont-ils pas naturellement eu un enfant à un âge qui pour nos calculs est impossible ?
Au regard des évènements nous plongent dans l’incertitude aujourd’hui, nombreux se posent aussi la question du retard de cette seconde venue du Christ, en raison de la souffrance physique, morale et psychologique qu’endurent les humains, et surtout du fait que cette situation démoralisante soit répandue sur toute notre planète. Dieu a-t-il oublié les humains ?
« Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il est patient (en grec: makrothymeo) envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous parviennent à la repentance » (v 9). Le retard que nous ressentons est dû au makrothymeo de Dieu : sa patience, sa tolérance. Dieu prend du temps pour donner aux humains l’occasion d’entendre l’Évangile, de se repentir, et d’être sauvés. Le « retard » n’est donc pas dû à l’échec de Dieu à tenir sa promesse, mais plutôt à son amour.
Le sentiment de retard, explique tout simplement que nous ne sommes pas à l’œuvre, nous avons laissé de côté notre vocation de dire et vivre l’Evangile, et plus précisément de faire des disciples, les aidant ainsi à obtenir le salut, et leur donnant l’occasion d’aider les autres à faire de même. Cette lassitude, comme toute lassitude rallonge le temps.
Le moment n’est-il pas venu d’entendre cette parole et de nous mettre à l’œuvre pendant que nous nous préparons à célébrer la venue de l’enfant Roi, celui qui nous fait goûter aux prémices du Royaume auquel nous aspirons ?
Que l’Esprit de Dieu nous conduise pendant ce temps de préparation de la célébration de l’Enfant Roi qui vient.
Priscille Djomhoué, Pasteure
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L'esclave qui sauve
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Revisitons l’Ancien Testament ce mois-ci, en nous appesantissant sur le livre des Rois. En relisant un texte qui à plusieurs reprises a fait l’objet d’exercice pratique lors de mes enseignements de narratologie, j’apprécie encore davantage deux caractères, en ce moment particulier où se rivalisent « forces et puissances » au grand dam des petits, des impuissants, des faibles que sont le petit peuple de tous les pays du monde presque, écœurés, apeurés et confus devant une situations fortement médiatisée dans laquelle la plus haute attention semble portée non pas sur la sécurité humaine, mais sur la « sécurité militaire ». Pourtant, c’est bien la sécurité humaine qui est la préoccupation de Dieu qui décide ou non de la victoire des israélites, indépendamment de leur situation ou de leur grandeur militaire: le regard attendri de Dieu caresse les moments où son peuple des humains, qu’Il a disséminé sur sa création, partagera des moments de paix et de concorde. Voilà pourquoi pour sauver « le puissant » qui dans la réalité est impuissant, il se sert de « la faible », de « l’impuissante » : c’est l’une des leçons fortes qui me parle en ce moment, dans l’histoire du général d’armée syriens Naaman et de la petite esclave israélite: 2 Rois 5, 1-27.
Naaman est un général d’armée de la Syrie antique, qui jouit de tout ce qu’un humain peut matériellement désirer pour être heureux : une belle famille, de la richesse, de la puissance, des esclaves et servants, de la considération, de l’admiration et l’amour et du soutien du roi. Tout s’aligne pour lui réussir, car même son nom signifie gracieux. Il donne des ordres dans sa maison, dans l’armée et dans la société. Pourtant, il est faible, et impuissant face à un être invisible à l’œil nu: le bacille Mycobacterium leprae, puisqu’il est lépreux. Pour son époque, il dispose des armes de guerre efficaces, et de la bénédiction du roi ; mais il la lèpre lui colle à la peau, car les médecins n’ont pas de traitement. Face à une bactérie, son argent, sa puissance, ses commandements ne servent à rien.
La Bible nous apprend qu’Israël a très souvent été en guerre avec les syriens. Lors d’une guerre, les syriens capturèrent une petite israélite. Cette déportée et étrangère, fait partie des personnes que Naaman soumet, puisqu’elle est servante de sa femme. La captive anonyme est cette personne qui va indiquer la voie de la guérison du puissant. Autrement dit, la personne perçue comme impuissante vole au secours du puissant ! Dans cette histoire, qui est vraiment dépendant de qui ? Qui ne dépend pas de qui ?
Dans ce monde où Dieu a placé les humains, qui n’est pas dépendant de qui ? Avons-nous intérêt à ce que certains disparaissent ? Il n’y a pas un monde des importants et un monde des inutiles ; il n’y a pas un monde de bons et un monde de mauvais, mais il y a en chaque être humain une part de « bon » et une part de « mauvais ». Et Christ est mort sur la croix, il est Ressuscité pour que nous voyions et que nous comprenions que dans le plan de Dieu le bon, la lumière prends le dessus sur l’obscurité, même si l’obscurité est fonctionnelle et garde sa place : « Et Dieu vit que cela était bon » (voir Genèse1, 2-5). Christ est mort pour que les humains entretiennent la lumière, pour qu’ils brillent de telle manière que l’obscurité assume sa fonction sans toutefois être nuisible.
L’obscurité à sa place, mais elle ne doit pas être nuisible, elle ne doit pas non plus semer la confusion : la nuit succède au jour, et le jour à la nuit, dans une danse harmonieuse et bien coordonnée par Dieu, pour le bien de sa création : les plantes grandissent la nuit en rejetant en petite quantité le CO2 utile à d’autres êtres en ce moment-là, et vivent une autre vie le jour en épurant l’air par le rejet de l’oxygène et l’absorption du CO2 rejeté par les humains. Tout se tient en équilibre ! Par la volonté de Dieu.
Les humains aussi ont été créés différemment, diversement, ayant chacun au moins une richesse que l’autre ne possède pas, et c’est le plan de Dieu, pour garder sa création en équilibre. La prétention de certains de se prendre pour Dieu, alors qu’ils ne sont qu’une pièce du puzzle, voilà le péché qui rompt l’harmonie que Dieu attend de notre dépendance mutuelle, et de notre stimulation mutuelle.
En tant qu’humain sur la terre, chacun, chacune a un devoir pour le bien de tous.tes, celui d’assurer aux limites de sa personne, le lien qui maintient le puzzle de Dieu en équilibre, pour son propre équilibre aussi.
Dieu aujourd’hui nous met en garde : notre équilibre, dépend de l’équilibre des autres.
Priscille Djomhoué, Pasteure
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Un Mandat, et puis quoi?
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28,18) »
Telle est la dernière parole que le Christ ressuscité laisse à ses disciples rassemblés, au moment de s’en aller vers le Père. Cette parole est reprise par Marc16, 15, Luc 24,48, et reformulée dans Actes1,8.
Elle n’apparait pas pour la première fois à la fin des évangiles, mais elle rejoint en effet, la toute première que Jésus leur adresse, au moment où il les appelle: « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » (Matthieu 4,19 ; Marc 1, 17 ; Luc 5, 10) : ce n’est pas une aventure pascalienne, ni un moment de vacances. Jésus appelle ses disciples pour une raison particulière, et il le fait savoir d’entrée de jeu, afin que ceux qui répondent positivement à son invitation en soient conscients.
Du début jusqu’à la fin du ministère terrestre de Jésus, tout est indiscutablement clair, il y a une constance dans son objectif : ses disciples le suivent pour comprendre sa vocation, et surtout pour la perpétuer en appelant, jusqu’aux extrémités de la terre, les hommes et les femmes à le suivre, et à faire de même. Si Jésus quitte son ministère terrestre, c’est pour continuer autrement, par le truchement du Saint Esprit qu’il leur donne à la Pentecôte comme accompagnateur : il les rassure donc, de sa présence continue.
L’évangéliste Matthieu, dans le sermon sur la Montagne (chapitres 5 à 7) définit les disciples de manière plus large: le disciple, ce n’est pas seulement celui qui appartient au cercle des douze, mais c’est celui qui le suit, et qui l’écoute. Autrement dit, les auditeurs du sermon sur la montagne, aussi nombreux soient-ils, ainsi que tous ceux qui, même au détour d’un chemin, prêtent attention à son enseignement et y adhèrent, sont des disciples ! L’Eglise est donc faite de disciples ; et l’Eglise, ce n’est pas un bâtiment, un édifice ou une cathédrale. L’Eglise, ce ne sont pas les dirigeants, ce n’est pas le pasteur, ni encore moins le consistoire ; mais ce sont les personnes qui se rassemblent en un lieu parce que convoqués par le Christ pour faire des disciples et promouvoir le règne qu’il a annoncé. Voilà le mandat qui fonde et caractérise la vocation de ces personnes qui ont suivi Jésus dès le début de son ministère, qui se sont engagés à cheminer avec lui fidèlement, et qui nous ont rallié : nous sommes l’église ! Tu es l’église.
Jésus donne l’Esprit Saint à ses disciples que nous sommes; c’est une force pour nous accompagner parce que la tâche n’est pas facile, et elle doit être faite. Jésus nous demande d’être des pécheurs d’homme, des faiseurs de disciples, et cette tâche réclame de l’engagement, et de l’audace. L’audace de parler, et l’audace d’appeler. Que faisons-nous, particulièrement à ce sujet ? Après l’Ascension et la Pentecôte, j’aimerais nous inviter à réfléchir sur notre vocation en tant qu’église ou paroisse: pourquoi sommes-nous dans l’Eglise de Jésus-Christ ? L’Eglise est-elle tout simplement un cadre de convivialité où on vient seulement se faire du bien à soi et à nos amis? Et le mandat du Christ, qu’en faisons-nous?
Priscille Djomhoué, Pasteure.
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Bonne Année !!!
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
C’est ici un vœu que nous allons nous souhaiter tout le long du mois de janvier 2025. Est-ce un slogan que l’on se donne tout simplement le devoir de répéter au moment venu, ou alors un souhait derrière lequel se dresse une invitation, un engagement, un appel à un déplacement parfois douloureux des habitudes et des attitudes qui empêchent que notre année soit vraiment bonne?
Pouvons-nous prendre quelques minutes pour réfléchir sur la signification des vœux que nous nous adressons ? Pouvons-nous oser une autre formulation ? Par exemple, as-tu déjà identifié des choses de ta vie qui sont un frein à ton épanouissement, et par ricochet à celui du groupe, de la famille, de la communauté, et que tu peux changer si tu le veux?
Il y a des choses qui dépendent de moi comme pardonner, et celle qui ne dépendent pas de moi comme l’acceptation du pardon que j’offre. Mais la question est bien à mon niveau car c’est le lieu de ma libération : puis-je moi, avoir la volonté de demander l’aide de Dieu pour inverser les situations qui ne m’épanouissent pas? Il ne s’agit pas de scruter les autres, mais moi-même ; les freins des autres, ils s’en occupent.
En effet, Jésus à travers sa parole nous fait comprendre que lorsque les choses ne fonctionnent pas comme nous l’entendons, il faudrait d’abord faire un travail sur soi, car très souvent c’est le regard que nous portons sur les choses qui fait problème, et non les choses en elles-mêmes. Très souvent aussi, ce ne sont pas les personnes que nous incriminons qui sont le problème, mais le regard que nous portons sur elles. C’est pourquoi Jésus demande à son interlocuteur de faire le premier pas lorsqu’il constate, mieux lorsqu’il se souvient qu’il y a un problème avec le frère ou la sœur : « Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande » (Matthieu 5, 23-24). C’est à moi de réfléchir si tout va bien. L’évangéliste fait état d’une situation qui brise l’harmonie personnelle, indépendamment de qui est responsable. Si l’harmonie est brisée, il faut trouver la solution. Et la meilleure solution, c’est de se libérer d’abord soi-même en pardonnant. Il n’y a pas meilleure libération que celle-là, car elle dépend entièrement de soi-même, et ne nécessite même pas l’approbation de l’autre. Le pardon est un DON. Pardonner, c’est donner de l’amour dans toutes les situations : Jésus sur la croix, à ses persécuteurs (Luc 23,34) ; au brigand (Luc 23,43).
Je nous recommande, au début d’une nouvelle année, cette exhortation de l’apôtre Paul : Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour : c’est lui qui fait l’unité dans la perfection. Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. Vivez dans l’action de grâce (Colossiens 3, 13-15)
Que cette année soit vécue dans l’obéissance à notre Seigneur,
Quelle soit favorable à chacune et à chacun.
Priscille Djomhoué, Pasteure