Blog
-
Méditation du 24 mars 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Job 19,1.23-27a
Job répondit :
Ah si mes propos pouvaient être écrits, s’ils étaient gravés dans un livre !
Qu’avec un stylet de fer et avec du plomb ils soient pour toujours taillés dans le roc !
Je sais bien, moi, que mon rédempteur est vivant, et qu’Il se lèvera, le dernier, sur la poussière, après que ma peau aura été détruite ; de ma chair je verrai Dieu.
Moi, je le verrai.
Sœurs et frères,
Il y a des moments où on ne sait quoi dire. On a beau cherché, on ne trouve pas une réponse sans équivoques aux questions qui ne manquent pas de se poser : « pourquoi un tel drame?» Pourquoi des innocents, pourquoi des personnes modestes, pourquoi des médecins qui ne veulent que sauver leurs patients doivent-ils mourir ? On ne comprend pas.
Est-ce qu’il y a un passage biblique qui puisse me donner de manière claire et définitive une réponse à ma question, à nos questions ?
Les amis de Job aussi, devant une telle douleur cherchent des explications.
Dans le fond de sa peine, Job se souvient de la parole du prophète Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. Mes chemins ne sont pas vos chemins.» Devant l’absurdité de certains événements, nous sommes bien obligés d’admettre que le monde de Dieu n’est pas le nôtre, nous ne fonctionnons pas comme Lui.
Comme Job, nous pouvons crier notre confiance: LE DIEU QUI ME SAUVE EST VIVANT ! Je suis sûr qu’il y a une issue à cette affreuse situation, mais je ne sais comment Dieu peur faire pour réparer l’injustice que sont, la souffrance et la mort des victimes du Coronavirus que nous sommes tous.tes. Simplement, je Lui fais confiance. Je sais qu’il n’y a pas deux issues ; c’est la confiance ou la révolte. Et Job dit moi, j’ai choisi la confiance.
PRIERE
Seigneur, tu connais notre peine, soutient notre espérance.
Pour les familles en deuil, pour ceux dont la douleur brise la vie, fortifies leur espérance.
Pour les enfants du monde qui doivent relever le défi du confinement, pour les parents qui doivent les contenir, fortifies leur espérance.
Pour les médecins, les infirmier.es, les aides-soignants, les aides à domicile qui s’exposent et qui donnent leur vie, fortifies leur espérance.
Pour l’Eglise dont la vocation est de transmettre l’espérance, accorde-lui d’être toujours présente.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Pourquoi la Pentecôte aujourd'hui?
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Pourquoi la Pentecôte pour l’Eglise aujourd’hui ?
L’Eglise comme le monde aujourd’hui traverse de nombreux défis qui l’emmènent à se poser des questions sur son devenir : beaucoup de commissions de travail, très spécialisées les unes les autres, sont créées pour tenter de trouver des solutions. Dans différentes églises, ces commissions portent des noms qui mettent en avant des compétences humaines dans un monde où de plus en plus on croit en la science et en les capacités de l’homme à s’auto suffire ou à pouvoir s’en sortir tout seul. Pourtant une commission n’est pas toujours convoquée, celle qui s’occupe de la prière, celle qui permet à l’Esprit Saint de reprendre sa place dans l’Eglise, mieux encore celle qui permet d’invoquer l’Esprit Saint à l’origine de l’église qui réussit comme dans les Actes des apôtres.
La Pentecôte célèbre la force qui fait fonctionner l’Eglise, et qui lui permet de trouver des solutions lorsque les chrétiens lui accordent sa place. Autrement dit, l’Eglise est propulsée, non pas par les humains, mais par l’Esprit Saint souffle de vie. Voilà l’une des grandes révélations des Actes des apôtres que je me propose de partager avec vous à l’occasion de la Pentecôte. Le sujet fera l’objet d’un développement plus ample lors de l’Etude biblique du mois.
Bonne fête de Pentecôte !
Votre Pasteure
Priscille Djomhoué
-
Méditation du 22 novembre 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Matthieu 25,31-46
L’image contemporaine de la pratique chrétienne, dans un certain nombre de traditions ecclésiastiques laisse perplexe : comme on peut l’observer sur les réseaux sociaux, ce sont des chrétiens torturés, fouettés, à qui ont fait scander des paroles qu’eux-mêmes ne comprennent pas ; ce sont des chrétiens que l’on oblige à se jeter au sol, à qui on apprend à pousser des cris stridents, qui se laissent abusés, qui sont poussés à quitter leurs familles indexées comme étant l’incarnation du diable, des personnes sur le dos desquelles qui on s’enrichit. Il s’est développé depuis des décennies, un christianisme exubérant qui divise pour s’établir, qui développe la haine de l’autre, et qui stigmatise, alors que celui au nom duquel toutes ces exactions sont commises est présenté dans la Bible comme le Prince de la paix. C’est le Christ dont les peuples se préparent à célébrer la Venue, au moment où le monde entier ploie sous les ténèbres d’une pandémie qui n’a pas fini de révéler des surprises.
L’exubérance de certaines traditions et de certains responsables religieux qui entretiennent la misère des chrétiens et des peuples amène à se poser des questions sur la signification profonde de la foi : la foi est-elle quelque chose d’extraordinaire, d’absurde et d-incompréhensible qui n’a rien à voir avec la réalité de la vie ?
En ce dernier dimanche de l’année ecclésiastique, le calendrier liturgique nous propose un texte très particulier (Matthieu 25,31-46) qui se rapporte au jugement dernier. Selon l’évangéliste, le jugement dernier, c’est le moment de l’évaluation où les choses apparaitront au grand jour. On verra alors s'établir clairement, la différence entre ceux qui ont été chrétiens, et ceux qui ne l’ont pas été; ceux qui ont réellement été au service de Dieu de ceux qui ont été des mercenaires. Ce texte de Matthieu est une véritable révélation, dans la mesure où il met en lumière la manière selon laquelle le Seigneur glorieux attend que les chrétiens manifestent leur croyance. En effet, la foi chrétienne est une vie, elle se passe sur terre et non dans les airs ou des lieux inconnus et invisibles, tout se joue dans l’interaction des humains et non le contraire : le christianisme est une vie !
34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. 35 Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli ; 36 nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi.” (…) “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait ! ” 41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. 42 Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; 43 j'étais un étranger et vous ne m'avez pas recueilli ; nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.”
Selon l’évangéliste, Jésus ne demande pas aux humains de réaliser des choses impossibles ou extraordinaires, mais il révèle une pratique religieuse qui se cristallise dans un rapport de personne à personne définit autour de six choses vitales, simples et concrètes : la nourriture, la boisson, l’hospitalité, les vêtements, les soins infirmiers et les visites. Chaque personne a le potentiel d'offrir ce genre de miséricorde. Il n'est pas nécessaire d'être riche pour partager son bout de pain et son verre d’eau avec une personne affamée. On n’a pas besoin nécessairement d'être infirmier pour aider une personne malade. Il ne faut pas nécessairement être consacré pour visiter un prisonnier. Auparavant, Jésus a dit à un homme riche de vendre tout ce qu'il avait et de donner l'argent aux pauvres (19,21), mais il n'y a pas une telle demande ici. Les critères du jugement mettent le salut à la portée de chaque être humain. Ils n'exigent pas de grands sacrifices de la part de celui qui donne, mais ils soulagent une grande douleur pour celui qui reçoit, tout en procurant la paix à celui qui exerce ainsi sa foi.
A quoi bon prier des nuits entières et jeter ses restes de nourriture à la poubelle, ou encore de mourir d’obésité si on est indifférent vis-à-vis du prochain qui passe la nuit affamée ? Où est la foi chrétienne si on ne peut pas se lever et dire sa colère lorsque des peuples entiers, sur le sol desquels coulent de grands fleuves ne peuvent pas avoir de l’eau à boire ?
C’est quoi être chrétien aujourd’hui ? Le Christ n’est-il pas étranger à ce que plusieurs de ses suiveurs ont fait de son Evangile ? Que le Seigneur nous parle dans nos cœurs et nous aide à répondre à son appel.
Par Jésus-Christ, le Prince de la paix qui vient Amen.
Prière
Je ne veux, Seigneur, ni or ni argent.
Donne-moi une foi ferme et inébranlable.
Je ne cherche, Seigneur, ni plaisirs, ni joies de ce monde.
Console-moi et affermis-moi par ta sainte Parole.
Je ne demande pas honneurs et considération du monde.
Ils ne peuvent en rien me rapprocher de toi.
Donne-moi ton saint Esprit.
Qu'il éclaire mon cœur, me fortifie et me console dans mon angoisse et ma misère.
Garde-moi jusqu'à la mort dans la vraie foi et la ferme confiance en ta grâce. Amen
(Prière de Martin Luther 1483 – 1546)
Pasteure Priscille djomhoue
-
Méditation du 1er novembre 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Méditation du 1er novembre 2020
Gn 32, 23-32
23 Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et il passa le gué du Yabboq. 24 Il les prit et leur fit passer le torrent, puis il fit passer ce qui lui appartenait, 25 et Jacob resta seul. Un homme se roula avec lui dans la poussière jusqu'au lever de l'aurore. 26 Il vit qu'il ne pouvait l'emporter sur lui, il heurta Jacob à la courbe du fémur qui se déboîta alors qu'il roulait avec lui dans la poussière. 27 Il lui dit : « Laisse-moi car l'aurore s'est levée. » — « Je ne te laisserai pas, répondit-il, que tu ne m'aies béni. » 28 Il lui dit : « Quel est ton nom ? » — « Jacob », répondit-il. 29 Il reprit : « On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l'as emporté. » 30 Jacob lui demanda : « De grâce, indique-moi ton nom. » — « Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom ? » Là même, il le bénit. 31 Jacob appela ce lieu Peniel — c'est-à-dire Face-de-Dieu — car « j'ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauve ». 32 Le soleil se levait quand il passa Penouël. Il boitait de la hanche.
Méditation Tourment /plaisir, malheur/bénédiction
Comment ne pas rappeler le contexte du combat qui se déroule dans ce récit, lequel se termine par un paradoxe : un handicap et une bénédiction à la fois. Celui qui est connu comme le gagneur de tout temps, lui-même rusé et soutenu par une maman rusée, se présente aussi comme le meilleur perdant car il a besoin à toutes les occasions, des personnes qu’il a vaincu : Jacob est un géant au pied d’argile. C’est le destin de l’humain, dont le bonheur s’acquiert dans une manière d’être et de vivre en perpétuel perfectionnement, est toujours tributaire des autres et surtout de Dieu, au-delà de toute prétention. Malheur et bénédiction se côtoient intimement, mais à quelle condition ?
Jacob veut maîtriser sa vie et son bonheur, et les moyens qu’il utilise ne sont pas toujours correctes moralement, même s’ils aboutissent dans l’immédiat au résultat escompté. Avec la complicité de sa maman, il détourne la bénédiction qui revenait à son frère jumeau Esaü. De nos jours, on parle de « stratégie » au singulier : un moyen qui détruit tout sur son passage, et qui ne laisse finalement que frustrations de part et d’autre. La malhonnêteté vue sous le label de stratégie, s’habille alors d’un visage positif. Mais pour la suite, comme cela se passe dans l’émission intitulée « 4 mariages pour une lune de miel » où s’en sortent mal aussi bien les dames injustes qui gagnent après avoir joué la stratégie et les autres mariées juges, Jacob ne sera jamais en paix, et redoutera toujours la vengeance de son frère.
La bénédiction obtenue par la ruse, au lieu de lui procurer du bonheur va hanter sa vie, au point où il prendra la résolution d’aller vers son frère Esaü pour se faire pardonner, et se libérer de ses tourments. C’est son premier appel à l’aide.
Seulement, Il met encore sa ruse en œuvre et fait avancer en cortège, ses serviteurs en possession des biens précieux : ceux-ci diront donc à Esaü à tour de rôle, que les animaux lui sont destinés de la part de jacob qui arrive à la fin du cortège. Jacob est sûr de séduire son frère de cette manière : il croit en effet l’acheter à coût de richesse. Mais le voilà qui décide quitter le cortège, il s’arrête tout seul et laisse passer une nuit avant la rencontre. Il est alors face à sa conscience, et face à Dieu avec qui il lutte jusqu’au petit matin.
Ayant lutté avec Dieu toute la nuit, Jacob gagne la bataille, mais s’en sort avec une fracture. Il gagne, mais s’incline, s’accrochant à Dieu pour demander pour une deuxième fois de l’aide : « Je ne te laisserai pas, répondit-il, que tu ne m'aies béni. » v 27b.
Il y a quelque chose d’intrigant et de dérangeant chez Jacob, une contradiction qui réclame réflexion. Il est c’est celui qui met tout en œuvre pour orienter son destin, pour le maîtriser. Seulement au lieu d’obtenir ce pourquoi il a bravé jusqu’aux règles morales, il se retrouve à la case de départ. Ses désirs ne sont pas comblés au contraire, il éprouve un manque, un vide qui le conduit vers celui qu’il a déshérité par la ruse. Il veut arranger les choses parce qu’au lieu d’être apaisé, il est troublé. Il a obtenu la succession de leur père, il a des biens, il a des femmes, il a une grande famille, mais il lui manque l’essentiel. Il revient sur ses pas, il n’est plus celui qui mène son destin avec rage, il est demandeur, il est dépendant. Dépendant de son frère, et dépendant de Dieu.
Comme Jacob, nous essayons toujours d’être maître et maîtresse de notre bonheur, par tous les moyens. La stratégie est devenue règle, bien que violant les règles, au point où celles et ceux qui ne la pratiquent pas passent pour anormales.aux. La Science a fait des prouesses par tous les moyens et la technologie est encore très ambitieuse, mais nous sommes reconfiné.es, et confus.es. Pouvons-nous nous en sortir sans état d’âme ? La Science peut- elle nous sauver s’il elle n’a pas de conscience ? Saurons-nous comme Jacob avoir la sagesse de nous retourner vers Dieu ?
Jacob s’en sort boiteux, mais il est béni. Nous avons déjà perdu beaucoup de personnes, prématurément dans cette histoire de Covid, tout comme dans les guerres et les dictatures qui nient la dignité humaine, et nous en perdrons encore sous le regard indifférent de beaucoup. Nous sommes déjà tous.tes blessé.es et affecté.es de ces situations dont les traumatismes nous habiteront encore longtemps; allons-nous continuer à foncer comme des bêtes féroces sans discernement ? Jacob a tout arrêté pour changer de chemin, pour revenir sur ses pas, à la rencontre de son frère et de Dieu.
Le Seigneur nous attend, pour nous bénir, au-delà de nos blessures. Amen.
PRIERE
Seigneur, tu connais le cœur de l’humain ; nous ne pouvons pas nous cacher, nous ne pouvons pas nous-mêmes ignorer qui nous sommes ; nous ne pouvons pas fuir loin de toi, et les conséquences de nos actes nous rattrapent. Ai pitié de nous, béni nous par le nom de Jésus-Christ. Amen.
Pasteure Priscille DJOMHOUE
-
MEILLEURS VOEUX !!!
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Durant l’année 2022 qui s’achève demain, nous n’avons pas vu les choses se dérouler exactement comme nous le souhaitions: sur le plan sanitaire la pandémie ne nous a pas quittés, et nous trainons encore des maux et des bobos physiques et psychologiques ; sur le plan sécuritaire la violence, les discriminations, le repli sur soi et les guerres se multiplient ; sur le plan économique l’inflation augmente la pauvreté et la misère, et la vie ne se déroule plus comme par le passé. Toute cette situation ne nous rassure pas quant à l’avenir. Mais tout n’est pas perdu.
Nous avons célébré Noël pour nous rappeler que le Christ habite parmi nous ; il chemine avec nous et Il partage nos joies et nos peines. Nous avons besoin de discernement pour voir qu’au-delà d’une grande médiatisation de mauvaises nouvelles, il se passe de bonnes choses pour lesquelles nous devons être reconnaissants, concernant des situations qui nous sont étrangères, comme celles qui dépendent de nous: par exemple si la pandémie perdure, la Science et la médecine ont évolué de telle sorte que les cas extrêmement graves ne sont plus légions, et les personnes âgées de plus en plus s’en sortent sans complications. Aussi, en tant que chrétien.nes, des solutions aux mésententes, et aux incompréhensions dépendent de notre volonté personnelle d’avancer, et de notre obéissance au Seigneur qui nous recommande pardon sans fin; Alors Pierre s'approcha et lui dit: "Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je? Jusqu'à sept fois? " Jésus lui dit: " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.(Matthieu 18, 21-22).
Au début de cette nouvelle année, il y a de bonnes raisons d’espérer et de redoubler de bonne volonté dans des gestes et des actions porteurs, tout en se rappelant que dans une certaine mesure, « le succès n’est pas l’absence d’échec, mais consiste à passer d’échec en échec sans perdre d’enthousiasme.» (Winston Churchill)
Il faudrait alors se soustraire à l’habitude d’égrainer uniquement la liste des malheurs - au point de les laisser nous gouverner- en les confiant au Seigneur ; et placer la louange au premier plan de notre vie (Psaume 150). Puis, partager nos petites lumières : des gestes d’amour, de reconnaissance pour ce qui fonctionne tout de même, et de solidarité: Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière (Esaïe 9,1)
Je vous souhaite de tout coeur mes voeux les plus chaleureux pour une année bénie de Dieu: qu ele Seigneur veille sur vous, qu'Il vous accorde pendant ces fêtes la joie et la paix, et qu'elles vous accompagnent tous les jours de l'année nouvelle.
BONNE ANNEE !!!
Pasteure Priscille Djomhoué
J
-
Noël, opportunité de paix sur la terre !
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Noël, opportunité de paix sur la terre !
Avons-nous seulement de bonnes raisons de célébrer noël cette année, au moment précis où nous sommes crispés, frileux, et peureux de mettre la chaudière ou le radiateur en marche, inquiets de ne pas pouvoir festoyer comme autrefois, et ce pour plusieurs raisons qui sont aussi bien d’ordre économique que sécuritaire? Dans un monde en proie aux guerres et à la violence, comment l’enfant Jésus peut-il être le Dieu tout puissant et l’incarnation de la paix?
L’enfant Jésus dont nous préparons la célébration de la naissance, c’est la main tendue de Dieu à l’humanité pour la sauver. Jésus a pris sur Lui la misère du monde, pour nous donner la joie ; par sa venue, Dieu adresse à chaque humain, une invitation à entrer dans une joie qui ne s’acquiert pas comme nous la concevons mais qui est parfaite ; au-delà du chaos apparent qu’expérimente l’humanité, il y a une espérance à saisir (Jean 14,27) : la situation peut changer, si les humains le veulent.
Jésus est né, non pas dans un hôpital, ni encore moins dans une maison, mais dans une étable (on fait avec ce qu’on a sous la main, même si ce n’est pas ce qu’on désire : résilience), et pas de la main d’une sage-femme (face à nos limites, se dresse la présence de Dieu). Joseph et Marie avaient-ils seulement une layette conséquente alors qu’ils se déplaçaient pour un recensement (Luc2, 1-20)? Le froid doit avoir été une épreuve pour le nouveau-né, et pour les parents. Il y avait certainement la tendresse d’une maman et d’un papa, il y avait aussi probablement de la paille, et la chaleur des animaux (la nature pourvoie ; il faut la chérir et la préserver, elle qui est source d’inspiration et de protection immense).
L’enfant Jésus reçoit la visite de deux catégories d’hommes, lesquels représentent deux statuts extrêmes de la société : les bergers et les mages, autrement dit les illettrés et les intellectuels de l’époque. Ils sont pourtant dans leurs statuts respectifs, et face à l’enfant Jésus, le symbole de l’humilité, de la simplicité et de l’obéissance au service d’une fraternité qui déborde leurs contextes, leurs cultures et leurs nations. Ils sont en effet la promesse pour les humains, d’une nouvelle manière de développer les rapports les uns avec les autres.
Ces bergers et mages expérimentent leurs vies quotidiennes faites de joie et de défis, lorsqu’ils entendent un message qu’ils considèrent comme prioritaire: l’enfant qui est né, est une promesse de vie. C’est l’Immanuel, Dieu avec nous. La lumière a jaillit des ténèbres (Jean1, 5), Jésus est le Prince de paix (Esaïe 9,5), celui qui vient établir toute justice (Romains 3,22): la justice et la paix, n’est-ce pas ce à quoi nous aspirons le plus en ce moment?
Les Bergers et les Mages se sont tout de suite mobilisés vers le Prince de paix. Qu’est ce qui nous mobilise en priorité dans notre quête de sens, et qui nous emmène à prendre une pause face à nos préoccupations individualistes, qu’est ce qui nous pousse à mettre nos aspirations quotidiennes personnelles entre parenthèse au profit d’une quête collective et altruiste dont les conséquences sont finalement bénéfiques aussi pour soi? Quelles dispositions de recueillement prenons-nous dès à présent, pour nous enrichir et progresser (Matthieu 5, 3-16) pendant cette période qui va de l’Avent à la célébration, et qui auront un impact sur notre vie ainsi que sur celle de notre prochain? Quel est aujourd’hui pour le chrétien et la chrétienne, le sens de noël que nous ne devons plus nous priver de célébrer, avec le regard tourné vers ce qui nous rapproche (et non ce qui nous éloigne) de l’enfant qui ouvre le chemin de la Paix?
Jésus le Prince de paix appelle l’humanité en proie à la violence, et menacée de destruction, à se lever contre la haine et non contre les humains, et à construire des ponts et des liens de rencontre qui débordent les contextes.
Jésus nous montre une vie remplie d'amour, de joie et de paix, et sa présence en nous produit des fruits (Galates 5,22-23). Lorsque nous sommes en paix avec Dieu et avec nous-mêmes, nos relations avec les autres en sont forcément affectées.
Noël, c’est le manifeste de l’amour de Dieu pour l’humanité
Noël, s’ouvrir à l’amour pour recevoir la joie et la partager
Noël, la lumière qui brille dans les ténèbres.
Paix sur la terre, et joie pour les personnes qui s’ouvrent à la Lumière !
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Joyeuses Pâques 2024 !!!
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
En route vers Pâques : Oser encore parler de sainteté dans l’Eglise ?
S’il y a un mot devenu tabou dans la chrétienté post moderne, c’est celui de sainteté ; pourtant, c’est essentiellement ce pour quoi nous nous engageons lorsque nous devenons chrétiens. Faudrait-il encore se poser la question de savoir si christianisme rime avec sainteté ? La préoccupation ne se situe pas à ce niveau, car tout est si bien dit dans la Bible, Rechercher la sainteté est une recommandation: « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lévitique 19, 2). Cette nécessité est reprise en écho par Jésus: « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mat 5, 48). Le Carême se présente donc comme une période du temps liturgique pendant laquelle le chrétien est invité à réfléchir et à chercher la sainteté. Mais, c’est quoi la sainteté ?
Pour le dire simplement, la sainteté, n’est pas une question de perfection stricto sensus ou de performance, car il me semble que l’humain ne détient ni l’instrument, ni le critère véritable de sa mesure ; Platon aurait donc raison de penser que la perfection se trouve dans un monde qui n’est pas le nôtre, un monde auquel nous n’avons pas accès tant que nous sommes dans cette chair. Par conséquent humainement parlant, nous nous faisons une idée de la perfection, sans en connaître vraiment les contours. Voilà la raison pour laquelle, il faut rester humble et s’en remettre à celui qui est parfait. La sainteté sera donc l’union au Christ à laquelle tous les baptisés sont appelés ; c’est une affaire d’accueil et d’amour, une expérience de la miséricorde et de la grâce divine. C’est un amour reçu du Christ et donné au Christ et au prochain. Les fruits qui témoignent de la sainteté dans la vie du chrétien sont : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » ( Ga 5, 22b et 23a).
Le christianisme institution, comme d’autres institutions humaines est en lutte. Il se bat pour sa survie, pour rester vivant et utile. Mais son véritable défit, c’est de retrouver au cœur des confusions multiples, son essence, cette flamme qui ne s’éteint pas. Mais prononcer le mot sainteté convoque aussi bien de la part du chrétien que du non chrétien, une réaction allergique. « Non, je ne suis pas parfaite, faudrait pas me demander d’être parfaite, je préfère rester comme je suis. » Un discours qui arrive toujours comme une scie, pour couper la branche sur laquelle sont assis les chrétiens, (et par ricochet l’humanité qui ne se réalisera pas parfaitement sans se référer à celui qui est parfait et qui l’a créé). Pourtant l’essence du christianisme c’est bien de courir vers la perfection, même s’il est clair que la perfection est un but que nous atteindrons lorsque nous ne serons plus dans l’enveloppe charnelle qui nous porte :
Non que j'aie déjà obtenu tout cela ou que je sois déjà devenu parfait ; mais je m'élance pour tâcher de le saisir, parce que j'ai été saisi moi-même par Jésus Christ. 13 Frères, je n'estime pas l'avoir déjà saisi. Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, 14 je m'élance vers le but, en vue du prix attaché à l'appel d'en haut que Dieu nous adresse en Jésus Christ. 15 Nous tous, les « parfaits », comportons-nous donc ainsi, et si en quelque point vous vous comportez autrement, là-dessus aussi Dieu vous éclairera. (Philippiens 3, 12-15)
Nous sommes en route vers Pâques, et notre ADN en tant que chrétien c’est de se préparer en prêtant attention à notre sanctification. Comme Jésus qui est conduit au désert pour être testé par le même Esprit qui est tombé sur lui à son baptême (Dès qu'il fut baptisé, Jésus sortit de l'eau. Voici que les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu'une voix venant des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisir. » (…) Alors Jésus fut conduit par l'Esprit au désert, pour être tenté par le diable. (Matthieu 3,17- 4,1) le chrétien a besoin de faire ses preuves, et de revoir la manière selon laquelle il pratique sa foi et fait ses choix dans les méandres d’une vie qui de plus en plus soumet aux épreuves les plus hardis.
Il faut s’assumer, il faut combattre le bon combat qui est d’oser cheminer dans la direction de la perfection, du bien, de l’humanisation, du refus de toute sorte de choses qui rendent esclave d’une promesse de richesse, de biens et de pouvoir gratuits ; esclave des décisions, d’actions qui détruisent au lieu de construire, esclave de ce qui fait du mal au lieu de procurer du bien, esclave de ce qui trouble au lieu d’apporter la paix : c’est une vocation, et c’est un défis que d’aspirer à la sanctification. Ce n’est pas un péché, cela ne relève pas du dogmatisme, mais au contraire de la réalité de la foi chrétienne qui justement n’est ni une idéologie, ni une philosophie mais une vie.
Pendant cette période du carême, que le Seigneur vous mette à coeur de travailler à votre régénération de telle sorte que la célébration de la Résurrection de Jésus à Pâques soit pour vous aussi une résurrection, un renouvellement, un nouveau départ nourrit de l'énergie qui découle des fardeaux que vous avez décidé de déposer pendant votre marche vers la perfection.
Que l’Esprit de Dieu se tienne à vos côté, pour marcher jusqu’à l’aube de Pâques.
Joyeuses Pâques !
Priscille Djomhoué, Pasteure
-
Pour qu'ils soient un!
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
« pour qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jean 17,11b).
La mise en place du mouvement œcuménique au XIXe siècle avait une seul préoccupation, celle de vivre la parole de Dieu en rendant manifeste cette volonté ardente du Christ de garder l’unité de ses disciples qu’Il s’est acquise. La prière du Christ n’est pas une demande qui doit être exaucée dans le futur, car cette unité est une réalité qu’il faut arborer. Il y a dans sa prière une invitation précise adressée à ses disciples, laquelle consiste à faire une démarche concrète, un déplacement physique et psychologique nécessaire pour entrer dans ce projet d’unité pour lequel il a déjà été exaucé par son Père.
Le mouvement œcuménique s’est alors efforcé de rassembler les dénominations sur le plan organisationnel pour rendre visible d’une part leur appartenance au corps du Christ, et d’autre part le témoignage de l'Église. C’est un premier pas. L'unité pour laquelle Jésus prie, cependant, est plus profonde ; il ne s’agit pas de se retrouver physiquement ensemble quelques moments de l’année, autour de quelques préoccupations commune ; les confessions sont conviées par-delà leurs divergences, à une unité de cœur et de but. Il faut alors courageusement ouvrir les yeux sur les désunions au sein des dénominations, dans les communautés et parmi les chrétiens pris individuellement, de telle sorte que les pensées et les pratiques (rituels), si différentes soient-elles, ne soient plus sources d’éloignement. En effet, nos différences sont des couleurs qui égaient, qui surprennent constamment, et nous sortent de la monotonie qui risque de rendre nos pratiques fatigantes. Le même Christ se manifeste dans la diversité.
Les chrétiens de certaines confessions travaillent déjà ensemble sur les plans théologique, spirituel et social : il y a même eu sur le plan structurel et organisationnel des fusions concrètes pour former des Eglises Unies. Mais tout commence au niveau individuel : la semaine de l’unité interpelle aussi les chrétiens, à cesser de se battre les uns contre les autres, pour orienter leur combat vers le mal, la souffrance, la misère, la maladie, la violence, la morosité, l’ennuie etc., « Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. Ephésiens 6,12.
Derrière la semaine de l’unité des chrétiens, il ne s’agit pas de demander à Dieu une unité qui tomberait du ciel, mais de se mobiliser physiquement, psychiquement, socialement, racialement, à la rencontre de l’autre, au nom du Christ dont nous formons le corps. C’est beaucoup plus une question d’obéissance que de spéculation sur la normalité ou pas de ce qui nous différencie, car ce qui nous différencie n’est pas le problème.
La nature ne nous apprend-elle pas beaucoup à ce sujet ? Le psalmiste avait vu juste ! La beauté, c’est dans l’ouverture : nous ne saurions jamais admirer la beauté entière d’une rose ou d’une fleur qui ne s’ouvre pas. C’est lorsque la fleur s’ouvre, qu’elle déballe toute la splendeur de ses couleurs: s’ouvrir et s’épanouir ? Se fermer et se crisper ?
Pasteure Priscille Djomhoué