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  • Vers la célébration de la passion et la Résurrection du Christ

     

    Le 2 mars 2022 commence le Carême ; nous entrons ainsi dans la période qui prépare la célébration de la passion et la Résurrection du Christ. Que faut-il savoir, pour quelle implication pratique dans notre spiritualité?

    La mort de Jésus est interprétée comme un sacrifice, « car le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Marc 10,45). Voir aussi (Galates 1,4:Romains4,25;5,8; 8,32; Ephésiens5,2; 1Corinthiens15,3: Matthieu20,28; Marc14,24; 1Pierre2,21-24. 

    Jésus est alors perçu pour le chrétien, comme le sacrifice ultime qui met fin aux sacrifices d’animaux. Dans ces conditions, peut-on encore parler de sacrifice après que les chrétiens se soient séparés de la synagogue ? Autrement dit y a -t-il une dimension sacrificielle dans la vie du chrétien aujourd’hui? Si oui quel est son sens ?

    L’Eglise est faite des disciples du Christ ; le disciple c’est l’élève, c’est quelqu’un qui reçoit et qui adhère aux enseignements d’un maître pour les appliquer. Le chrétien en tant que disciple a vocation à suivre les pas de son maître, à poursuivre sa mission. Or la mission du Christ, fondamentalement est basée sur le don de soi, une matérialisation de l’Amour qu’il incarne. Aucune vocation chrétienne ne peut donc de départir de l’amour, et surtout du don de soi, du sacrifice. Seulement, comment comprendre le sacrifice auquel doit consentir le chrétien, après le sacrifice ultime que Jésus a fait de sa vie ?

    Le sacrifice sans lequel toute vie de chrétien n’est pas accomplie ne s’entend ni comme un masochisme ni comme un sadisme : il ne s’agit pas de se faire souffrir ou encore de faire souffrir l’autre, au contraire il est question en pratique, de vivre les enseignements du maître de manière à garantir ou à se redonner sa dignité, ainsi que celle du prochain quel qu’il soit. Voilà pourquoi dans l’église et dans la vie du chrétien, aucune raison ne peut justifier une souffrance perpétrée ou occasionnée volontairement sur soi ou sur l’autre, comme condition à une quelconque communion avec Dieu.

    Par la foi, par le baptême, les chrétiens deviennent « participants du Christ » (Hébreux 3,14). Ils sont un peuple sacerdotal chargé de faire de leur vie un « sacrifice spirituel » (1 Pierre 2,4-10). Le sacrifice est donc cette vie de foi et de témoignage rendu au Christ au quotidien (Philippiens 2,17 ; Hébreux 13,15). C’est une vie de partage et d’entraide avec les frères et sœurs qui sont dans le besoin (Hébreux 13, 16), à l’exemple de Paul qui organise la collecte en faveur des frères de Jérusalem qui souffrent de la famine.

    En demandant aux frères de s’offrir comme sacrifice [«  Offrez-vous vous-même en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu (Romains 12,1)], Paul  voudrait simplement dire que la vie du chrétien doit produire ce qu’il a appelé les « fruits de l’Esprit » : l’amour, la qualité du rapport à l’autre, le pardon, la réconciliation, la justice sur les plans (y compris les justices économique, sociale, culturelle, raciale, tribale etc.)

    Faire de sa vie une pratique de la justice et de la miséricorde est possible grâce à l’action de l’Esprit Saint qui est à l’œuvre dans la vie du chrétien. Si pendant le carême le chrétien prie, jeûne, partage et pardonne, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas de le faire seulement pendant cette période qui va du 2 mars jusqu’à la crucifixion. Ce cours temps invite au ressourcement, ce temps de préparation permet au chrétien de réfléchir sur sa vocation, de l’évaluer, et de prier pour que l’Esprit Saint le régénère de telle sorte que sa vie toute entière, au quotidien, soit un carême ou un jeûne au sens du prophète Esaïe : « Voici le jeûne auquel je prends plaisir: détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l'on rompe toute espèce de joug; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. » (Esaïe 58,6-8)

    Que la grâce de Dieu vous accompagne!

    Pasteure Priscille DJOMHOUE

  • Méditation du 17 avril 2020

    Col 1,9-14

    9 Voilà pourquoi, de notre côté, depuis le jour où nous l’avons appris, nous ne cessons pas de prier Dieu pour vous. Nous demandons que vous ayez pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, 10pour que vous meniez une vie digne du Seigneur, recherchant sa totale approbation. Par tout ce que vous ferez de bien, vous porterez du fruit et progresserez dans la vraie connaissance de Dieu ; 11 vous serez fortifiés à tous égards par la vigueur de sa gloire, et ainsi amené à une persévérance et une patience à toute épreuve.

    Avec joie, 12 rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’avoir part l’héritage des saints dans la lumière. 13Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés  dans le royaume de son Fils bien-aimé, 14 en lui nous sommes délivrés, nos péchés sont pardonnés.

     

    Se tourner vers Dieu, même si tout va pour le mieux.

     

    En règle générale, lorsqu’on s’engage à prier pour un tiers, ou encore lorsqu’on demande une prière, c’est parce que les choses ne marchent pas comme on le souhaite : on aimerait alors que la prière soit orientée vers un changement de la situation qui ne nous arrange pas. Mais aujourd’hui, nous apprenons que Paul prie continuellement pour les Colossiens, parce que les signaux sont positifs (v 4-6). Paul prie sans cesse depuis qu’il a appris que les chrétiens de Colosse font des progrès. Sa prière prend alors le sens d’un encouragement, car elle va leur apporter davantage de soutien pour aller de progrès en progrès.

    Paul est le fondateur de plusieurs communautés à problèmes, comme par exemple celle de Corinthe. Mais il ne joue pas au débordé pour faire le tri entre celles qu’il faut soutenir et celles que certains verraient comme inéligibles. Malgré l’énorme responsabilité de ce voyageur infatigable, il doit aussi  à veiller et s’assurer que ce qui fonctionne déjà puisse tenir  dans la durée: le contenu de sa prière alors devient important pour nous qui, comme ses destinataires sommes déjà engagés. Cette prière fortifiera  aussi les personnes qui hésitent encore.

    Paul prie encore et encore, pour que les chrétiens de Colosse soient remplis de connaissances, et qu’ils marchent de manière digne du seigneur. Pour être rempli de connaissance, la lecture des saintes écritures est  le chemin incontournable, puisqu’elles contiennent ce qui est recherché : la volonté de Dieu. C’est déjà une bonne chose si toute seule je m’adonne à la lecture de la Bible. Mais ce serait encore mieux de la lire avec d’autres chrétiens, et de s’enrichir davantage du partage qui en résulte. La parole de Dieu est une lumière sur mon sentier : comment marcher selon la volonté de Dieu sans la connaître ?

    Paul prie pour que les chrétiens marchent de manière digne du Seigneur, et pour savoir comment marcher, il faut se référer à la Parole de Dieu: marcher de manière digne du Seigneur signifie porter du fruit. De la même manière que l'Évangile porte ses fruits et grandit dans le monde, Paul s'attend à ce que les croyants Colossiens portent leurs fruits et grandissent dans les bonnes œuvres et la connaissance de Dieu. Dans cette démarche, ils sont soutenus et fortifiés  par Dieu lui-même. En effet la force qui inspire et qui fait avancer les croyants, la force qui leur donne de l’impulsion vient de Dieu.  Et Dieu la leur donne pour les soutenir  parce qu’ils en ont besoin. Si Paul mentionne cette relation entre l’engagement des chrétiens de Colosse et la nécessité d’une force qui leur vienne de Dieu, c’est parce qu’en effet, les succès cachent toujours un peu de souffrance; succès ne signifient pas absence de difficultés. La force et le soutien de celui qui est Eternel, tout puissant et miséricordieux, garantissent une grande endurance et beaucoup patience. Paul s'attend pleinement à ce que les chrétiens persévèrent dans la foi, ne devenant pas la proie de l'hérésie qui menace l'église ou de toute persécution possible associée à leur fidélité au Christ. Ils doivent non seulement endurer, mais ils doivent le faire avec joie (v.11b) ; la joie est une marque distinctive de la persévérance chrétienne, et elle n’est rendue possible que par l'œuvre  de Dieu.

    Persévérer dans la joie, même en temps de crise et de grands défis, est une caractéristique avec laquelle Dieu est capable d’équiper les croyants. Voilà pourquoi, la louange ne doit pas les quitter. Les Colossiens ont toutes les raisons de louer le Seigneur  qui leur accorde la grâce d’appartenir à son peuple, un peuple qui ne se culpabilise pas, parce que sauvé des ténèbres et placé dans la lumière.

    PRIERE

    Seigneur à travers ta parole, je peux comprendre que c’est lorsque tout va bien qu’il faut préparer les moments de grands défis, en s’assurant de ne pas manquer toutes les forces qui nous permettent de persévérer: je veux rester connectée à toi, pour ne pas sombrer à la moindre alerte. Que ton Esprit soit ma force, pour tenir. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 18 avril 2020

    Col 2,8-11.15

    8 Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l'enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l'univers et non plus du Christ. 9 Car en lui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement, 10 et vous vous trouvez pleinement comblés en celui qui est le chef de toute Autorité et de tout Pouvoir. 11 En lui vous avez été circoncis d'une circoncision où la main de l'homme n'est pour rien et qui vous a dépouillés du corps charnel : telle est la circoncision du Christ. (…) 15 Il a dépouillé les Autorités et les Pouvoirs, il les a publiquement livrés en spectacle, il les a traînés dans le cortège triomphal de la croix.

    Appartenir au Christ

    Chrétien.ne engagé.e, on n’est pas à l’abri  des enseignements non conformes à sa foi. Comment faire pour ne pas se perdre? L’apôtre Paul voit le danger des hérésies, et il en a fait l’expérience; dans son souci de voir les chrétiens de Colosse s’épanouir dans l’ordre et la concorde, il les mets en garde, en leur montrant le lien inaltérable qui les unit au Christ, et qui fait d’eux des enfants de Dieu.

    Les chrétiens de Colosse ne doivent pas entrer dans l’esclavage de la philosophie et la tromperie vide. Paul ne condamne pas ici, la philosophie en tant que catégorie, mais une philosophie particulière  qui circulait, menaçant d'éloigner les Colossiens du Christ. Selon lui, la plénitude entière de la nature de Dieu habite corporellement en Christ, contrairement à cet enseignement qui  prétend que les dieux grecs sont la plénitude  de Dieu. Jésus est Dieu devenu homme pour le salut de l’humanité; se laisser emprisonner par une autre doctrine c’est autrement  s’éloigner de Dieu et de son salut.

    Les Colossiens ne doivent pas se laisser tromper car «… vous avez été comblé par Celui qui est le chef de chaque souverain et autorité.» Les Colossiens trouvent leur accomplissement spirituel en Christ. Par conséquent l'abandonner, c'est se détourner de tout ce que Dieu désire accomplir en eux. Christ  accomplit en eux une œuvre spirituel par la circoncision.

    Ils sont spirituellement circoncis, dans la circoncision de Christ. De quelle  circoncision est-il question? Pour comprendre, il faut savoir que dans l'Ancien Testament, la circoncision avait à la fois une connotation négative et positive. Les Juifs pourraient être coupés de Dieu en fonction de leur obéissance ou de leur désobéissance à l'alliance. La circoncision était alors le signe physique d'un engagement spirituel. Le Seigneur bénissait l'obéissance et maudissait la désobéissance. S'ils désobéissaient, les Juifs étaient coupés du Seigneur, et dans la plupart du temps étaient envahis ou soumis en esclavage. Paul explique alors que Christ a été coupé de Dieu à cause de notre désobéissance. Dans sa circoncision, nous faisons également l'expérience de la circoncision, mais dans le sens positif: nous pouvons être coupés de Dieu parce que Jésus a été coupé de Dieu, non pas à cause de son propre péché mais à cause du nôtre. En relevant son Fils, Dieu a aussi relevé les chrétiens.

    Comment le Seigneur accomplit-il ce relèvement spirituel chez les Colossiens ? Ils  sont rendus spirituellement purs, car bien qu'ils soient spirituellement «morts dans les offenses… Il vous a fait vivre avec lui» (v. 13a) en pardonnant toutes leurs offenses, en payant  le certificat de dette.

    Dans le monde romain, celui qui commettait un crime était emprisonné, et un certificat de dette énumérant son infraction ainsi que le prix à payer pour cette infraction était affiché au-dessus de la porte de sa cellule. Paul explique donc que ce certificat de dette a été pris par-dessus la tête des croyants Colossiens et placé sur la tête du Christ qui a payé la dette de leur péché en entier, permettant ainsi à Dieu de leur accorder le pardon. Dieu peut pardonner les péchés de ceux qui étaient spirituellement morts parce que Jésus a payé la peine de leur péché à leur place. Dieu ne décide pas simplement de pardonner sans frais. Il paie plutôt le prix de leur pardon lui-même. Le pardon des péchés, qui est nécessaire pour être rendu spirituellement vivant, est le résultat de la croix.

    La grâce que reçoit le chrétien a coûté, nous sommes pardonnés parce que Jésus est mort comme substitut. Personne d’autre ne peut nous condamner, personne ne peut prétendre nous faire payer ; veillons donc à ne pas nous-mêmes nous placer en esclavage en nous liant avec des diseurs de bonne aventures, ou encore en nous laissant spolier par les nouveaux messies qui essaient de nous faire payer d’une manière ou d’une autre, le prix de notre libération. Le chrétien a une seule chose à faire, se donner au Christ, croire et produire des fruits de l’Esprit qui sont les signes visibles de sa foi (Ga 5,22-23).

    PRIERE

    Seigneur, ce monde veut nous imposer d’autres dieux, et il nous laisse entendre que notre bonheur dépend d’eux: l’argent, le pouvoir, la renommée et bien d’autres.  Je veux laisser ton Esprit me conduire, afin que je sache discerner ce qui t’es agréable, et utile pour moi. Par Jésus-Christ qui a déjà payé pour mon salut et pour ma joie. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Pensée

     

     

     

    Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l'histoire la Voix de la Vérité et de l'Amour a toujours triomphé.

     Il y a eu dans ce monde des tyrans et des assassins et pendant un temps, ils peuvent nous sembler invincibles. Mais à la fin, ils tombent toujours... Pense à cela ... Toujours.

    Et si parfois il t’arrive de douter que la voie de Dieu est celle qui gouverne le monde, pense à cela. Et ensuite tâche d’agir selon Sa voie. 

    Mahatma Gandhi

     

     

     

     

    When I despair, I remember that all through history the ways of truth and love have always won.

     There have been tyrants, and murderers, and for a time they can seem invincible, but in the end they always fall… Think of it…always.

    And if you sometimes happen to doubt that God's way is the one that governs the world, think of it. And then act according to His way.

      Mahatma Gandhi

     

     

     

  • Me voici envoie-moi - mai 2022

    Me voici, envoie-moi.

    Esaïe 6,8       

    Puis j’entendis la voix du Seigneur, qui disait: qui enverrai-je et qui sera notre messager? Et je dis: Me voici, envoie-moi.

    Quarante jours après Pâques, les chrétiens célèbrent l’Ascension. Cette année, notre église l’organise de manière grandiose, en réunissant à Namur les chrétiens venus des quatre coins du pays. Profest sera alors en un seul lieu au même moment, la préfiguration du Royaume que nous sommes appelés à promouvoir, avec une intégration toujours à parfaire d’une diversité étonnante et voulue par Dieu.

    Si dans le mot Ascension on entend d’abord une montée, et particulièrement une élévation miraculeuse de Jésus-Christ illustrée par des peintures comme disparaissant dans les nuages, la réalité de ce moment n’est pas celle d’un départ stricto sensu. Nous pouvons l’entendre comme la célébration d’un passage, le passage à l’âge d’adulte. Les disciples devront donc poursuivre leur route comme des adultes, mandatés dans une mission qui se décline sous plusieurs aspects, et de manières différentes comme l’indiquent les évangiles, et le témoignent particulièrement les Actes des apôtres.

    Jésus ne quitte ni ses disciples, ni le monde, il est présent dans son Eglise et dans le monde, autrement que lors de son ministère terrestre pour soutenir les envoyés, pour les rassurer et surtout leur donner de manière renouvelée de repartir lorsqu’une crise se présente.

    Le sens de l’Ascension ne se concentre pas seulement sur l’absence physique du Ressuscité, mais sur l’attitude du chrétien face à un appel qui l’invite à s’engager, comme le firent Jadis les prophètes : Me voici, envoie-moi. 

    Au moment où nous préparons cette grande fête, ayons en idée qu’elle pourrait se comprendre aussi comme une sorte de cérémonie de fin d’initiation. Cette édition de Profest suscitera alors des prophètes pour un monde en turbulence, qui plus qu’hier en a besoin.

    Puissions-nous être sensibles à cette dimension de notre vocation.

    Votre pasteure,

    Priscille Djomhoué

  • Meilleurs Voeux 2014!

     

     

    Que la paix de Dieu repose sur vous ainsi que sur ceux et celles qui vous sont cher(es), au nom de Jésus Christ !

    Chaque jour est unique et chaque année est une promesse de bonheur et de découvertes. Qu'en cette année nouvelle, des milliers de joies viennent embellir votre vie.

    Que ces douze mois à venir soient pour vous, au-delà des difficultés incontournables, des mois de toutes les réussites, professionnelle et personnelle.

                                   HEUREUSE ANNEE 2014 !!

                                           Priscille Djomhoué

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  • Méditations du 2 mai 2020

    Proverbe 3,5-8

    5 Confie-toi au SEIGNEUR de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ton intelligence. 6 Dans toute ta conduite sache le reconnaître, et lui dirigera tes démarches. 7 Ne sois pas sage à tes propres yeux, crains plutôt le SEIGNEUR et détourne-toi du mal. 8 Ce sera un remède pour ton corps, un rafraîchissement pour tes membres. 

     

    Ma foi en Dieu, mon assurance

     

    Il me semble nécessaire pour clore cette série de méditations consacrées à la période du confinement, d’indiquer le livre des proverbes. C’est le livre de base de la sagesse qui, comme l’affirme les bonnes introductions, aborde de manière ouverte, les questions cruciales comme celle de la souffrance du juste ou de la condition humaine. Il est indiqué pour enseigner d’une part la personne jeune ou naïve qui manque encore d’expérience : Pour donner aux naïfs un esprit avisé, au jeune homme de la connaissance et de la réflexion (Pr1,4), et d’autre part l’adulte pétrit d’expérience et de sagesse :  Que le sage écoute, il augmentera sa sagesse. (Pr1, 5)

    Salomon, que le premier verset du livre reconnaît comme auteur est identifié dans la Bible comme ce roi sage dont le règne glorieusement décrit sur différents plans, fut présenté comme exemplaire.

    L’être humain pense d’une certaine manière avec raison, que la véritable sagesse repose sur la somme des expériences accumulées, et les proverbes peuvent s’entendre comme leur formulation. Voilà l’une des raisons pour lesquelles, dans toutes les sociétés, la manipulation des proverbes a toujours été la spécialité des personnes d’un certain âge (voilà ce qui explique dans certaines cultures, le respect dû aux vieux et aux vielles), au point où jusqu’à nos jours, dans l’Afrique qui garde encore forte la culture de l’oralité, lorsqu’un proverbe est prononcé, on cherche dans les parages la présence d’un vieux ou d’une vielle pour s’assurer de l’exactitude de son décryptage, parce que malheureusement ce mode de communication et d’enseignement est disparaissant: il est temps de le raviver. Pour Salomon, il n’y a pas de sagesse sans crainte de l’Eternel: la crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse (Pr1,7).

    Salomon s’est distingué par une sagesse remarquable, et sa vie tout comme son règne fut bénie sur tous les plans. Comment ne pas comprendre que Sagesse générée par la crainte de Dieu et bénédictions vont ensemble?

    Nous voulons être bénis, nous voulons pour nous et pour nos descendances, un monde dans lequel les humains sont marqués par leur capacité à être à la fois heureux et faiseurs de bonheur ; pourquoi ne pas écouter cette personne dont l’extrême richesse s’est harmonieusement articulée avec modestie et bonheur ?

    Dans l’extrait qui inspire cette méditation conclusive, Salomon formule de manière résumée pour ses lecteurs et pour nous, le secret de sa réussite. Il ne s’agit pas de considérer et d’appliquer son enseignement pour en tirer des fruits dans une vie future; les retombées de cet enseignement sont profitables dans cette vie terrestre, d’où sa nécessité en ce moment de crise: mettre de tout cœur sa confiance en Dieu assure une direction pratique de la vie. La foi n’est donc pas seulement au service d’une vie dans l’au-delà, elle permet sur la terre déjà, de garantir un cheminement qui comble la vie du croyant. Nous commettons des erreurs, et en subissons les conséquences à partir du moment où nous sommes déconnectés de l’origine de la sagesse. Placer sa confiance en Dieu plutôt que sur notre propre intelligence, c’est se défaire d’un esprit égoïste pour s’abandonner à l’Esprit de Dieu qui est ouverture et dépassement de soi. Être sage, c’est  se référer à Dieu, d’abord en cherchant à le connaître dans toutes ses voies, et en l’impliquant dès la conception de tout projet. Dans 1Samuel 2, 12, il est dit que les fils d’Eli étaient mauvais et injustes parce qu’ils ne connaissaient pas Dieu. Chercher également dans chaque action la volonté de Dieu  nous évite égarement et trébuchement.

    La crainte de l’Eternel est source de santé dans toutes les dimensions de la vie de l’humain: la santé physique par la promotion de bonnes aptitudes physiques, et la santé spirituelle et psychique en garantissant une organisation nerveuse qui soit saine dans le corps. Ces deux dimensions assurent l’harmonie du reste, en l’occurrence le matériel : honorer l’Éternel en reconnaissant, par sa libéralité, que tout bien d’ici-bas vient de Lui et doit retourner à Lui, relève de la sagesse, laquelle est récompensée par celui qui a multiplié les richesses terrestres de Salomon.

     

    PRIERE

     

    Il existe toute sorte d’assurances, même les plus chères entendues comme tout risque, ou vie; mais elles n’assurent pas contre la souffrance, contre le mal être et contre la mort. Seigneur, tu es l’Assurance parce que tu me conduis au cœur de mes souffrances, tu te tiens à mes côtés lorsque je vais mal, et tu chemines avec moi, même dans la vallée de l’ombre de la mort. Tu es l’Assurance qui vaut la peine: je reste auprès de Toi, pour ne pas passer à côté de la Vie. Par Jésus Christ, la Résurrection et la Vie. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 11 mai 2020

    Luc 18,2-8

    1Jésus leur dit une parabole sur la nécessité pour eux de prier constamment et de ne pas se décourager. 2 Il leur dit : « Il y avait dans une ville un juge qui n'avait ni crainte de Dieu ni respect des hommes. 3 Et il y avait dans cette ville une veuve qui venait lui dire : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” 4 Il s'y refusa longtemps. Et puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu ni ne respecte les hommes, 5 eh bien ! parce que cette veuve m'ennuie, je vais lui rendre justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me casser la tête.” » 6 Le Seigneur ajouta : « Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice. 7 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? Et il les fait attendre ! 8 Je vous le déclare : il leur fera justice bien vite. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

     

    Faible, et forte

     

    Jésus raconte une parabole pour montrer qu’il faut toujours prier, sans désespérer. C’est l’histoire d’un juge et d’une veuve : le juge a de l’argent, le pouvoir et des alliés pour couvrir ses arrières. Il refuse de dire la justice face à une veuve abusée parce qu’il ne craint personne, même pas Dieu. Sur le plan professionnel il bafoue toutes les règles déontologique et  éthique. Parce qu’il se croit puissant, il ne respecte pas lui-même les lois qui régissent son métier. Son cahier des charges, il s’en fiche, il fait autre chose ; il semble n’avoir de compte à rendre à personne.

    L’image de la veuve dans l’antiquité n’a pas tellement changé, même si on note une nette amélioration des conditions de vie pour beaucoup aujourd’hui: le droit n’est pas toujours dit, et la corruption n’est pas seulement subtile, elle prend aussi diverses facettes. La veuve du texte est seule, pauvre, abandonnée à elle-même, et ignorée sans pitié.

    Elle réclame ses droits et reçoit comme réponse le silence, mais elle n’abandonne pas, elle insiste, revient à la charge et refuse de se laisser faire, même si sa situation la fait descendre au plus bas de l’échelle sociale. Puis, en raison de la demande insistante de la femme, le juge décide de lui rendre justice.

    Ce qui fait la force de cette femme face à un juge amoral, c’est qu’elle refuse de se laisser abattre par une situation qui semble sans issue : elle espère, et elle continue à réclamer sans se fatiguer.

    Pour Jésus, un juge amoral fini par céder, or Dieu est amour par essence et ne peut abandonner ses créatures. La veuve, c’est l’image de tout humain qui se sent seul, et abandonné face à l’injustice, ou à la crise qui s’en suit. Avons-nous donc comme chrétien.nes de bonnes raisons de désespérer face aux situations qui nous semblent impossibles à dénouer? Rien n’est impossible à Dieu ; espérons et prions activement sans nous arrêter, et sans désespérer.

     

    PRIERE

    Seigneur, que ton regard s’abaisse sur les personnes et sur les peuples qui vivent une insupportable absence, sur les veufs et les veuves, sur les femmes abandonnées, et sur les maris délaissés; sur ceux qui sont pris en haine par des clans, parce qu'ils se battent pour plus d'amour, plus de justice, et plus de liberté. Qu’Ils trouvent force et courage en Toi, à travers ta Parole, et dans la solidarité des justes. Par Jésus-Christ, le prince de paix. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué