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  • Méditation du 29 avril 2020

    2 Co 8,12-15

    12 Quand l'intention est vraiment bonne, on est bien reçu avec ce que l'on a, peu importe ce que l'on n'a pas ! 13 Il ne s'agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, mais d'établir l'égalité. 14 En cette occasion, ce que vous avez en trop compensera ce qu'ils ont en moins, pour qu'un jour ce qu'ils auront en trop compense ce que vous aurez en moins: cela fera l'égalité 15 comme il est écrit : Qui avait beaucoup recueilli n'a rien eu de trop, qui avait peu recueilli n'a manqué de rien.

     

    Vivre, recevoir et donner

    Dans les années 47- 49 Ap JC un grand conflit anime l’église primitive, laquelle regroupe à Jérusalem et hors de Jérusalem, deux grands groupes: les chrétiens qui viennent du monde juif, et ceux qui viennent du monde des gentils, encore appelé païens. C’est d’une identification basée sur l’appartenance et le statut, comme on en distingue aujourd’hui : noir/blanc ; riche/pauvre ; Nord/Sud etc. Le conflit dont on a des traces dans Ac 15 et Ga 2 et qui anime ces deux pôles du christianisme s’articule autour de la question du salut, ou de l’appartenance au Christ que certains veulent lier à une identité: faut-il devenir juif pour être chrétien? Pour certains, si on n’est pas né juif, il faut le devenir en subissant les rites comme la circoncision et respecter les règles alimentaires (cacherout). Bref adopter la Loi et les coutumes juives pour s’intégrer au cercle d’Israël.

    A cette époque-là, les chrétiens/prophètes de Syrie à Antioche (cette partie qui regorge en majorité des chrétiens issus du monde des gentils), annoncent une grande famine qui s’étendra dans tout l’empire romain. La partie de l’empire la plus touchée était Jérusalem, où on retrouvait en majorité des chrétiens juifs. Les chrétiens de Syrie, qui étaient avertis organisèrent des cotisations que Paul et d’autres chrétiens portèrent à Jérusalem. C’était des dons, et non des prêts; ce n’était pas de l’aide aux indigents, mais c’était une obéissance à la parole de Dieu, une soumission à Dieu lui-même et surtout un rétablissement de l’égalité.

    Ce geste spontané de solidarité qui déborde les frontières, est ainsi organisé dans une Eglise où le conflit sur les conditions au salut s’est soldé par un accord selon lequel le païen n’a pas besoin de devenir juif pour être sauvé: Dieu rencontre chacun dans ce qu’il est fondamentalement. Pour l’apôtre des Gentils et les autres, le débat sur l’appartenance est un non-sens lorsque la vie est menacée. La volonté de Dieu en tout temps, comme en situation de crise, c’est de s’occuper urgemment de ceux qui sont mal en point, c’est de rétablir la dignité humaine.

    Pendant des moments de difficulté et de souffrance, la solidarité est une urgence qui vise l’égalité : il ne s’agit pas de pitié, il ne s’agit pas de manifester sa puissance par rapport au faible qui fait pitié, mais d’établir l’égalité, la légitimité et la dignité de son autre soi-même.

    Donner, c’est rétablir l’égalité devant Dieu, et les collectes ou les dons ne dépouillent pas les donateurs, parce qu’ils engagent les grâces reçues de Dieu: Dans le cas présent, votre superflu pourvoit à leur dénuement, pour que leur superflu pourvoie aussi à votre dénuement (2Co 8, 14). Tout est grâce et don de Dieu: la richesse dignement gagnée est une grâce de Dieu, et elle doit servir à rétablir l’égalité. Dans l’exode, il est dit au sujet de la manne que celui qui avait beaucoup recueilli n’en avait pas trop, et celui qui avait peu recueilli en avait assez : chacun avait recueilli ce qu’il pouvait manger (Ex 16, 18).

    Le superflu des uns et des autres n’est donc pas fondamentalement le fruit des mérites, mais de la générosité de Dieu. Comme la manne, le superflu qui n’est pas réparti dans ce sens s’auto détruit: lequel des humains emporte avec lui l’argent et les bien accumulés au cours de sa vie? Il y en a qui partent soudainement, sans avoir même eu le temps de penser à leur devenir après.

    J’apprends en ce contexte de Covid 19 que dans plusieurs pays, on est enterré au lendemain de son décès, dans la ville de son décès même si auparavant on s’est construit une tombe monumentale ailleurs. Il y a aussi ce constat cinglant que l’on fait en tout temps, personne n’emporte ses richesses: à quoi sert donc l’accumulation des biens si elle n’est pas au service du rétablissement de l’égalité?

     

    PRIERE

    Seigneur libère-moi, donne-moi la liberté de recevoir lorsque je suis en manque, et la liberté de donner lorsque j’ai un peu plus, car tout t’appartient. Par Jésus-Christ, qui a donné jusqu’à sa vie. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 28 avril 2020

    Psaume 46,2-8a

    Dieu est pour nous un refuge et un fort, un secours toujours offert dans la détresse. 3 Aussi nous ne craignons rien quand la terre bouge, et quand les montagnes basculent au cœur des mers. 4 Leurs eaux grondent en écumant, elles se soulèvent et les montagnes tremblent. 5 Mais il est un fleuve dont les bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut. 6 Dieu est au milieu d'elle ; elle n'est pas ébranlée. Dieu la secourt dès le point du jour : 7 Des nations ont grondé, des royaumes se sont ébranlés ; il a donné de la voix et la terre a fondu. 8 Le SEIGNEUR, le tout-puissant, est avec nous.

     

     

    La foi, pour vaincre la peur

     

    Le dé-confinement est annoncé, et l’inquiétude a envahi les parents, certainement aussi le personnel enseignant ; ce qui est tout à fait normal. C’est pourtant une réalité qu’il va falloir affronter à un moment où à un autre.

    L’inquiétude s’explique, parce qu’après avoir passé à peu près deux mois avec des enfants à l’intérieur, ils doivent devoir maintenant, se lancer tout en apprenant, dans une nouvelle vie à l’école, sur le chemin de l’école, dans les bus etc. A la maison, où ils ont passé tout ce temps, il n’y avait pas de règles de distanciation, il n’y avait pas de masque surtout avec la chaleur qui s’annonce. Mais une fois lâchés dans la cours de l’école, dans les salles de classe, dans le bus pour beaucoup, alors que la pandémie suit encore son bonhomme de chemin, on ne sait pas si les tout petits s’adapteront au premier coup; on redoute alors en ce moment crucial, les conséquences des erreurs de l’apprentissage.

    On redoute aussi une autre situation, l’inquiétude du personnel enseignant qui pourrait s’expliquer de plusieurs manières; comment gérer le moral et les humeurs des enfants qui ne pourront plus jouer comme par le passé pour se défouler lorsque la pression monte, et comment pouvoir passer efficacement leur enseignement aussi, lorsque les pensées sur la pandémie sont présentes?

    Devant cette crainte qui risque immobiliser plusieurs et empêcher de prendre en considération des attitudes salutaires, le psaume 46 apporte réconfort et assurance: Aussi nous ne craignons rien quand la terre bouge, et quand les montagnes basculent au cœur des mers … le Seigneur, le tout puissant est avec nous (V3.8a). Ce psaume célèbre la victoire de Dieu sur toutes les forces qui mettent la vie en danger : les forces naturelles, et les forces humaines se sont inclinées devant Israël, précisément devant Jérusalem. Au moment où la terre est chamboulée, les montagnes secouées, lorsque grondent les flots de la mer (v3-4), Jérusalem est préservée. La ville est érigée sur la montagne de Sion, mais ne bouge pas; elle est dite pleinement confiante, tranquille, parce que Dieu habite en elle (v. 5-6).

    La présence divine au temple de Jérusalem protège toute la ville et garantit sa solidité, et sa stabilité. La sécurité de cette ville fait d’elle un refuge, d’où la confiance absolue du peuple dans les situations les plus dramatiques.

    La présence de Dieu, la prise de conscience qu’Il est à côté évacue la peur, redonne la confiance et motive, pendant les moments traumatisants. Face à l’inquiétude de sortir à nouveau, et de se lancer dans un extérieur devenu hostile par la présence du virus, mettons notre confiance en Dieu qui nous arme pour ressortir avec assurance, et qui nous protège.

     

    PRIERE : Prions avec les sœurs protestantes de Pomeyrol.

    Seigneur,

    Je ne crains rien aujourd’hui.
    Aucun danger, car tu es mon bouclier.
    Aucune perte, car tout t’appartient.
    Aucune souffrance, car tu m’aides à la surmonter.
    Aucune déception, car tu veux me donner mieux.
    Aucun ennemi, car il est aussi aimé de toi.
    Aucune difficulté, car tu m’aides à faire face.

    Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 23 mars 2020

    Eglise Protestante Unie de Belgique

    Paroisse de Liège/Rédemption

    2 Pierre 3,7-9 

    Quant à la terre et aux cieux actuels, ils sont réservés par cette même parole pour être livrés au feu : ils sont gardés en vue du jour du jugement où tous ceux qui n’ont aucun respect pour Dieu périront.

    Mais il y a un fait que vous ne devez pas oublier, mes chers amis : c’est que, pour le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jourLe Seigneur n’est pas en retard dans l’accomplissement de sa promesse, comme certains se l’imaginent, il fait simplement preuve de patience à votre égard, car il ne veut pas qu’un seul périsse. Il voudrait, au contraire, que tous parviennent à se convertir.

    Matthieu 24, 36

    Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. 

    Frères et sœurs,

    Devant les situations que nous ne comprenons pas nous stressons, nous sommes mal dans notre peau, et nous avons tendance à inventer une réponse ou alors le plus facile, à tomber dans le piège de ces personnes qui font peur pour nous contrôler.

    La parole de Dieu qui est Bonne nouvelle par définition se veut rassurante, face à cette épreuve du Coronavirus qui dépasse notre intelligence, et qui met en mal aussi bien la science que la médecine.

    Cette situation est-elle donc suffisante pour en conclure à la fin du monde ? Est-ce suffisant pour s’alarmer ? Jésus, le Fils de Dieu est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est lui qui dit : « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. »

    Qu’avons-nous donc à faire aujourd’hui ?

    C’est mon inquiétude qui va me déstabiliser et me perdre, sans que ce soit le cas pour les autres. Au pire, j’entrainerai certain.es avec moi. Il nous faut donc biens aimés, dans la confiance en notre Dieu, veiller sur nous et sur notre foi en témoignant de l’amour qu’il a manifesté pour nous, en vivant en paix avec nos semblables, en prenant soin les uns des autres, et en prenant soin de la création.

    Martin Luther disait ceci : « Si l’on m’annonçait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier ».

    Nous avons plutôt beaucoup de boulot devant nous ; à chacun de faire exploser son génie en inventant de nouvelles manières d’être présent aux autres en se protégeant, et en les protégeant aussi.

    PRIERE

    Seigneur, par ces temps d’épreuve, apprends-nous le véritable amour; apprends-nous à t’aimer et à nous aimer au-delà de nos faiblesses.

    Apprends-nous à utiliser l’arme de la bénédiction qui bouscule tout obstacle sur son chemin

    Apprends- nous à nous préoccuper à t’obéir plutôt que de nous inquiéter.

    Par Jésus-Christ notre Seigneur et sauveur. Amen

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Méditation du 25 mars 2020

    Jean 9,1-7

    1 Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. 2 Ses disciples lui posèrent cette question: «Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?» 3 Jésus répondit: «Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché, mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient révélées en lui. 4 Il faut que je fasse, tant qu'il fait jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.» 6 Après avoir dit cela, il cracha par terre et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux [de l'aveugle] 7 et lui dit: «Va te laver au bassin de Siloé», nom qui signifie «envoyé». Il y alla donc, se lava et revint voyant clair.

    Depuis quelques jours, des voix s’élèvent pour indexer les coupables qui n’ont pas été capables d’empêcher le développement de la Pandémie au Covi 19, et pour demander des démissions. Il y a des institutions qui se chargent des erreurs professionnelles. Pour nous chrétien.nes, quelle attitude devant ce que nous ne comprenons pas ?

    Dans la culture biblique, la maladie était perçue à un moment donné, comme étant une punition divine; voilà ce qui justifie la question des disciples à Jésus, pour le cas de l’aveugle né: « qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle? ». L’attitude de Jésus qui ne répond pas à cette question-là précisément, est interpellatrice. Ce qui est important et urgent maintenant que la situation est présente, ce n’est pas d’abord de trouver le coupable. Il faudrait plutôt être attentif à la manière selon laquelle Dieu se glorifiera. Ceci n’est nullement pour notre temps, un encouragement à l’erreur ; c’est dire tout simplement que devant un drame, il faut poser les bonnes questions, et se préoccuper de ce qui est essentiel. Dans la situation du Covi 19, le Seigneur se glorifiera lorsque nous serons disposé.es déjà, à lui faire confiance en déployant des attitudes qui travaillent à favoriser la mise en place de la solution.

    La pandémie du Covi 19 est déstabilisante, même pour nos autorités qui ne sont pas épargnés, et qui doivent garder une maîtrise de soi qui leur permette de prendre de bonnes décisions. Tous les humains sont affectés et victimes de la pandémie : s’il y a un coupable, ce n’est pas notre préoccupation pour l’heure. La réalité, c’est que nous sommes tous.tes victimes et embarqué.es dans une situation qui nous dépasse et qu’il faut maîtriser avec l’aide de Dieu.

    Que nos prières pour nos autorités, pour les médecins, pour les Scientifiques et pour nous-mêmes, aillent dans le sens de créer une atmosphère qui permette de travailler dans de bonnes conditions, en évitant un stress déstabilisant.

    Amen.

    PRIERE

    Nous prions :

    • pour que l’Esprit de Dieu qui est esprit d’amour, guide nos autorités dans leurs délibérations, que le Seigneur leur donne courage et sagesse, et intensifie les efforts pour arrêter la propagation de la maladie.  

    • pour que le Seigneur nous dispose à créer des conditions qui favorisent une atmosphère de sérénité autour de nos autorités et de leurs conseillers,

    • pour les entreprises qui doivent en urgence de fabriquer des respirateurs,

    • pour les pays africains afin que le Seigneur parle à ceux des dirigeants qui multiplient encore des maladresses et qui ne prennent pas de bonnes décisions,

    • pour ceux qui sont encore dans le déni de la possibilité pour eux, de contacter la maladie.

    • Accorde-nous un esprit d’amour et affermis notre témoignage de telle sorte que nous soyons des modèles en parole et en compassion

    Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 26 mars 2020

    Luc 11,3   

    Donne-nous, chaque jour, notre pain pour ce jour.

    Dès l’annonce du confinement, nous nous sommes rués dans les supermarchés et les marchés, en appelant nos proches pour nous rassurer que des provisions ont été faites, que « le pain » a été garanti. Le pain a été sécurisé pour soi « seul », dans le confinement, au moment où toute possibilité d’accueillir autour d’un repas devient risque.

    Pendant ce temps tout  près de nous, il y en a pour qui faire des provisions n’a aucun sens car sans abri, sans emploi, sans papiers, et dont la survie était jusque-là possible jour après jour grâce à l’entraide protestante, à l’armée du salut, aux restaurants qui ont fermé, et aux passants qui sont officiellement confinés.

    Pour cette catégorie aussi, cette prière que nous disons chaque dimanche à savoir : « Donne-nous, chaque jour, notre pain pour ce jour » prends tout son sens. Seulement pour répondre à cette demande, Dieu ne dispose que des bras et de la générosité des autres. Chaque fois que nous « donnons du pain », nous réalisons ce que Dieu veut faire pour nous, ses enfants ; chaque fois que nous partageons le pain, nous valorisons la vie.

    Cette prière, loin de faire de nous des personnes qui attendent, et qui reçoivent, nous invite surtout à l’action, au partage. En ce moment, l’action ne consiste pas à envoyer des messages pour donner des leçons comme, demander de faire des provisions, (chacun sait ce qu’il doit faire, c’est un besoin naturel) mais de donner là où le besoin se fait sentir, de partager, de tendre la main pour laisser prendre ce qu’elle contient.

    Et c’est dans ce confinement même qu’il faut donner. Chacun.e a toujours quelque chose à partager, et il y a toujours le moyen de le faire sans prendre de risque, c’est une question d’obéissance.

    Que la peur ne nous tétanise pas au point de nous pousser plutôt à l’inaction. Le plus grand mal, la pandémie la plus répandue et la plus dangereuse, c’est la peur qui favorise le repli sur soi, l’indifférence et l’égoïsme.

    Aujourd’hui le Seigneur se tient devant toi, ne sois pas aveugle, ne sois pas sourd pour éviter une fois de plus de l’accueillir. Amen.

    PRIERE

    Seigneur dans mon retranchement, je te loue parce que ce matin encore, tu as renouvelé mon souffle; donne-moi de reconnaître que c’est une grâce. Apprends-moi  l’obéissance, incline-moi à partager, et donne-moi l’intelligence de le faire en me protégeant, et en protégeant les autres, par Jésus-Christ notre Seigneur et sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 9 avril 2020

         Jean 13,1-3a ; 5a; 9-11 

    13 Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer,Jésus, (…) se mit à laver les pieds des disciples (…) Simon Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête.10 Jésus lui dit: Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous.11 Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs.

     

    Disciple impur?

    Que vient faire l’impureté là où Jésus et les siens partagent un moment de convivialité ? Jésus ne se tait pas, il n’a pas peur de dénoncer le mal et de choquer ses disciples qui doivent affronter courageusement cette vérité insoutenable: il donne un indice, juste un indice.

    Jésus a montré l’amour en lavant les pieds des disciples; c’est aussi pédagogiquement pour leur apprendre le service. Mais Pierre a compris de travers. Il réclame que tout son corps soit lavé, parce que comme toujours, il est le plus juif du groupe, centré sur les rites, prêt à mettre les autres dans la catégorie de ce qu’il considère comme impur pour n’avoir pas respecté par exemple la cacherout ou règles alimentaires (Voir Actes 10). Jésus dois alors apporter de la lumière afin que tous ne se trompent plus : « Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur » ; Autrement dit, ce n’est pas le lavement des pieds qui les rendra purs. Il y a un lavement antérieur qui remplit cette fonction-là, et ce lavement n’a rien à voir avec de l’eau: Celui qui est lavé. Puis il ajoute une affirmation insoutenable : « et vous êtes purs, mais non pas tous ». Aujourd’hui dans l’église, Jésus serait accusé d’avoir jugé, et il serait pour une deuxième fois crucifié. Mais il affirme que son groupe n’est pas si homogène qu’on le pense, car parmi les intimes, il y en a un qui est impur (voir v2). Voilà, pour attirer aussi notre curiosité: c’est quoi l’impureté, qu’est ce qui rend impur, qui est impur ?

    La pureté ou l’impureté de l’humain ne sont pas liées à son appartenance raciale, ethnique, sociale, elles n’ont rien à voir avec une quelconque tâche vue comme désirable ou indésirable. L’impureté paradoxalement n’est pas visible à l’œil nue, elle se cache dans le cœur, partie invisible et insaisissable de l’humain. L’impureté, c’est le fait que pendant que le groupe, la famille, la communauté est réuni autour du repas il y a une personne qui pense le mal. Il y a une personne qui pense à poser un acte qui va nuire à la fois à un membre du groupe, et à tout le groupe. Cette personne-là, seul Jésus la connaît pour le moment; les autres membres du groupe sont incapables de la connaître si elle-même ne se dévoile pas.

    L’humain désigne l’impureté en considérant ce qui est apparent en l’autre. L’impureté comme le montre la cène qui se déroule entre Jésus et les disciples, se trouve dans le cœur de l’humain, elle a une identité : l’impureté, c’est chaque fois que je pense le mal. Chaque fois qu’à l’intérieur de moi-même je pense un projet qui va nuire ou torturer l’autre, je deviens impur. Je suis impur lorsque je pense même sans avoir réalisé mon projet de nuire !

    Voilà pourquoi en réalité, l’impur ce n’est pas l’autre parce que je ne suis pas en mesure de voir dans son cœur. L’impur, c’est moi dans le projet caché que je mûris contre l’autre, dans le but d’en tirer un profit matériel ou psychologique.

    Pour ce jeudi saint, alors qu’il se prépare à célébrer ce qui pour les chrétiens sera désormais l’un des symboles forts du rassemblement, Jésus nous montre en quoi consiste l’amour: l’amour  agit en posant des gestes qui disent l’humilité que les humains se doivent mutuellement. Il nous montre aussi où se trouve l’impureté : en moi, lorsque je pense tirer un intérêt quelconque en l’autre, en lui faisant du mal.

    Deux choses importantes en ces temps de pandémie : je ne peux pas aimer comme je veux, je ne peux pas laver les pieds en raison entre autres du confinement, mais Dieu m’a donné une imagination intarissable pour le faire autrement ; je dois rester connecté à Lui, afin que des idées de nuisance ne me rendent pas impur.

    PRIERE

    Seigneur, que deviendrons-nous, que deviendra le monde si nous ne veillons pas d’abord sur nous-mêmes afin que l’amour soit vrai, pour qu’enfin nous goutions abondamment aux prémices de la joie parfaite que tu prépares pour nous ? Donne-nous de profiter de ce moment de confinement pour travailler sur nous-mêmes, pour nous rapprocher davantage de toi. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 11 avril 2020

    Marc 15,42-47

    42 Le soir était déjà là, et comme c’était le jour de la Préparation - la veille du sabbat - 43 Joseph d’Arimathée, un membre honoré du conseil, qui attendait lui aussi le règne de Dieu, arriva. Il osa se rendre chez Pilate pour demander le corps de Jésus. 44 Etonné qu’il soit déjà mort, Pilate fit appeler le centurion et lui demanda s’il était mort depuis longtemps. 45 Renseigné par le centurion, il donna le corps à Joseph. 46 Celui–ci acheta un linceul, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa avec le linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. 47 Marie–Madeleine et Marie, mère de José, regardaient où on l’avait mis.

     

    S’engager pour la justice

     

    En Palestine, c’était une honte de mourir par pendaison. Le corps du supplicié était soit livré aux bêtes, soit enterré sans soins particulier. Mais, les juifs attachaient une grande importance à l’enterrement des leurs.  Voilà ce qui à première vue motive Joseph d’Arimathée à rencontrer Pilate. Mais Joseph d’Arimathée n’a pas été signalé dans la famille de Jésus. Il est plutôt membre honoré du Conseil, cette institution qui a décidé, et qui a mis à mort l’homme de Nazareth.

    De ce point de vue, on en déduit que Joseph d’Arimathée fait partie du groupe des bourreaux. Il est donc intéressant de s’interroger sur la raison qui emmène l’évangéliste Marc à mentionner qu’il eut le courage d’entrer chez Pilate pour demander le corps de Jésus (v43) ; eh bien comment pouvait-il en ce moment particulier se désolidariser de son groupe ? Parce qu’il s’agit dans l’acte qu’il pose, de désavouer le Conseil dans lequel il fait partie, et qui a pris la décision de se débarrasser de Jésus. Joseph d’Arimathée a certainement été au courant du ministère public de Jésus, et il sait pertinemment que ce dernier n’a rien fait qui réclamait un tel acharnement. S’il revient sur ses pas, c’est bien pour signaler sa reconnaissance de l’injustice qui a été commise, et s’indigner de l’acte odieux qui s’en est suivi. Il essaie alors une réparation, une réparation qui consistera à habiller, à couvrir, à honorer  le corps de Jésus : après avoir acheté un linceul, Joseph descendit Jésus de la croix et l’enroula dans le linceul, et le déposa dans une tombe (v46).

    Contrairement aux personnes qui dans l’empire mourraient par pendaison, Jésus a reçu une sépulture digne (linceul et tombeau), de la main d’un dignitaire qui avait deux casquettes, celle du droit et de la religion.  C’est une injustice reconnue par un membre du Conseil, une réparation courageuse du crime, et un rétablissement humain de la dignité d’un supplicié. Même si la réparation ne ramène pas à l’instant Jésus à la vie, elle a une fonction, celle de témoigner fortement envers et contre tout, de la singularité de Jésus. Témoigner, c’est aussi affirmer un nouveau positionnement idéologique.

    Un pareil geste nous bouscule aujourd’hui, une pareille attitude pointe du doigt nos peurs en église. Combien de fois la peur pour des raisons diverses, et le manque de courage d’affronter des personnes à fort caractère nous empêchent-ils de nous positionner clairement contre  l’injustice, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’église?

    La justice a un prix ; il faut surmonter sa peur et oser. Il faut oser se rapprocher de celui qui subit l’injustice et se détourner des idéaux de celui qui commet l’injustice. La parole de Dieu ce jour pose aussi la question de notre engagement, au sein de l’église et de la société : qu’est-ce qui motive nos positionnements face aux défis qui surgissent dans nos cercles, pour quelle justice nous engageons-nous? Joseph d’Arimathée s’est désolidarisé courageusement et clairement de la décision de son groupe, il a fait volteface, il a suivi Jésus et a signifié à sa manière, son indignation.

    PRIERE

    Seigneur notre monde connaît encore des délateurs, des exécuteurs sans vergogne, et des injustes. Face à eux, nous voulons placer l’humilité, le courage et la dignité des justes : que notre foi repose sur Ta crainte, et que ton Esprit inspire nos pensées et notre agir. Par Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 15 avril 2020

    Méditation du 15 avril 2020

    2Tm1, 1-6

    1 Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie qui est en Jésus-Christ, 2à Timothée, mon enfant bien-aimé : Grâce, compassion et paix de la part de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, notre Seigneur ! 3 Je suis plein de gratitude envers Dieu à qui, à la suite de mes ancêtres, je rends un culte avec une conscience pure, et je fais continuellement mention de toi dans mes prières, nuit et jour ; 4je souhaite vivement te voir – je me souviens de tes larmes – pour être rempli de joie ; 5je me remémore aussi la foi sans hypocrisie qui est en toi : comme elle a d’abord habité en ta grand-mère, Loïs, et en ta mère, Eunice, j’en suis persuadé, elle habite aussi en toi.

     

    Quels parents?

    Celui que l’apôtre appelle  mon enfant bien aimé est jeune et plein de ressources. Conscient de sa jeunesse, Paul sait pouvoir continuer à veiller sur lui, non pas pour scruter ses erreurs et les mettre en évidence, mais parce qu’il l’aime, parce qu’il a le souci que l’engagement de Timothée le conduise à exercer un ministère béni. Paul n’est donc pas le parent/parrain où l’accompagnant qui se limite seulement à accabler son filleul de leçons et d’interdits. Si  Paul exhorte quelques fois son jeune collègue, il y a une chose importante qu’il fait assez régulièrement : il prie pour lui.

    Nuit et jour, Paul fait mention de Timothée dans ses prières. Il sait que celui-ci est d’abord quelqu’un de sérieux, il a une foi solide et sincère qui lui vient de son éducation, et il lui en parle. Dans le propos de Paul, le détail qui explique le type de collaborateur, et même le type de dirigeant que Paul a accompagné mérite d’être relevé: en effet, Timothée ne s’est pas façonné tout seul, il y a derrière le collaborateur bien aimé de Paul, une éducation comme héritage. Il est le fruit de sa grand-mère et de sa maman.

    Derrière le collaborateur admiré, il y a une base spirituelle que lui ont inculquée ses parents. En mentionnant ce détail dans sa salutation à Timothée, Paul  met en lumière la responsabilité des parents dans le devenir de l’enfant : il existe un lien fort entre le type d’éducation reçu dès le sein maternel (c’est à mon avis la raison pour laquelle Paul mentionne la mère et la grand –mère. Nous savons cependant qu’en Israël le rôle du père dans l’éducation et l’instruction de l’enfant est aussi capital) et le profil de l’adulte qui en résulte.

    Si le monde devient de plus en plus impuissant face au décalage, face à la rupture et au manque de communication harmonieux qui marquent les relations  entre parents et enfants, entre élèves/étudiants et enseignants, entre responsables et  collaborateurs, entre les peuples et leurs dirigeants, si le monde gémit sous le poids de certains dirigeants incapables d’empathie, il faudrait aussi voir ce qui se passe dès que le bébé est sortie du ventre de sa maman. Est-ce que le temps n’est pas venu de reposer fortement la question de ma responsabilité de maman et de papa dans l’accompagnement de l’enfant dès le berceau à l’heure où beaucoup de chrétien.nes, par effet de mode ne jugent plus nécessaires de venir à l’église avec les enfants? Dès le berceau, beaucoup d’enfants sont abandonnés à eux-mêmes, où à la conduite des tiers. Pour des motifs de liberté, on évacue en partie les responsabilités de parents chrétien.nes en laissant passer le moment idéal pour placer l’enfant sur les rails ; puis, on répète le slogan, il fera son propre choix à l’âge adulte : quel choix, sur quelle base?

    Le bon choix, on le fait au moins entre deux choses connues ; si je démissionne à montrer à mon enfant ce que je pense être bien pour moi spirituellement, à l’âge adulte il fera le choix parmi des spiritualités et des endoctrinements que je ne connais pas. Tout commence à la maison: J’évoque le souvenir de la foi sincère qui est en toi, qui habita d’abord en Loïs ta grand-mère et en Eunice ta mére, et qui, j’en suis convaincu, réside aussi en toi.

    PRIERE

    Tu nous demandes Seigneur d’éduquer l’enfant dans la voie qu’il doit suivre, pour que devenu grand, il ne s’en détourne pas : replace en nous, le désir de renouer avec les admirables traditions qui nous ont portées, et incline nous à reprendre nos responsabilités de parents, dans la promotion du règne que nous attendons. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

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