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  • Méditation du 9 avril 2020

         Jean 13,1-3a ; 5a; 9-11 

    13 Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer,Jésus, (…) se mit à laver les pieds des disciples (…) Simon Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête.10 Jésus lui dit: Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous.11 Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs.

     

    Disciple impur?

    Que vient faire l’impureté là où Jésus et les siens partagent un moment de convivialité ? Jésus ne se tait pas, il n’a pas peur de dénoncer le mal et de choquer ses disciples qui doivent affronter courageusement cette vérité insoutenable: il donne un indice, juste un indice.

    Jésus a montré l’amour en lavant les pieds des disciples; c’est aussi pédagogiquement pour leur apprendre le service. Mais Pierre a compris de travers. Il réclame que tout son corps soit lavé, parce que comme toujours, il est le plus juif du groupe, centré sur les rites, prêt à mettre les autres dans la catégorie de ce qu’il considère comme impur pour n’avoir pas respecté par exemple la cacherout ou règles alimentaires (Voir Actes 10). Jésus dois alors apporter de la lumière afin que tous ne se trompent plus : « Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur » ; Autrement dit, ce n’est pas le lavement des pieds qui les rendra purs. Il y a un lavement antérieur qui remplit cette fonction-là, et ce lavement n’a rien à voir avec de l’eau: Celui qui est lavé. Puis il ajoute une affirmation insoutenable : « et vous êtes purs, mais non pas tous ». Aujourd’hui dans l’église, Jésus serait accusé d’avoir jugé, et il serait pour une deuxième fois crucifié. Mais il affirme que son groupe n’est pas si homogène qu’on le pense, car parmi les intimes, il y en a un qui est impur (voir v2). Voilà, pour attirer aussi notre curiosité: c’est quoi l’impureté, qu’est ce qui rend impur, qui est impur ?

    La pureté ou l’impureté de l’humain ne sont pas liées à son appartenance raciale, ethnique, sociale, elles n’ont rien à voir avec une quelconque tâche vue comme désirable ou indésirable. L’impureté paradoxalement n’est pas visible à l’œil nue, elle se cache dans le cœur, partie invisible et insaisissable de l’humain. L’impureté, c’est le fait que pendant que le groupe, la famille, la communauté est réuni autour du repas il y a une personne qui pense le mal. Il y a une personne qui pense à poser un acte qui va nuire à la fois à un membre du groupe, et à tout le groupe. Cette personne-là, seul Jésus la connaît pour le moment; les autres membres du groupe sont incapables de la connaître si elle-même ne se dévoile pas.

    L’humain désigne l’impureté en considérant ce qui est apparent en l’autre. L’impureté comme le montre la cène qui se déroule entre Jésus et les disciples, se trouve dans le cœur de l’humain, elle a une identité : l’impureté, c’est chaque fois que je pense le mal. Chaque fois qu’à l’intérieur de moi-même je pense un projet qui va nuire ou torturer l’autre, je deviens impur. Je suis impur lorsque je pense même sans avoir réalisé mon projet de nuire !

    Voilà pourquoi en réalité, l’impur ce n’est pas l’autre parce que je ne suis pas en mesure de voir dans son cœur. L’impur, c’est moi dans le projet caché que je mûris contre l’autre, dans le but d’en tirer un profit matériel ou psychologique.

    Pour ce jeudi saint, alors qu’il se prépare à célébrer ce qui pour les chrétiens sera désormais l’un des symboles forts du rassemblement, Jésus nous montre en quoi consiste l’amour: l’amour  agit en posant des gestes qui disent l’humilité que les humains se doivent mutuellement. Il nous montre aussi où se trouve l’impureté : en moi, lorsque je pense tirer un intérêt quelconque en l’autre, en lui faisant du mal.

    Deux choses importantes en ces temps de pandémie : je ne peux pas aimer comme je veux, je ne peux pas laver les pieds en raison entre autres du confinement, mais Dieu m’a donné une imagination intarissable pour le faire autrement ; je dois rester connecté à Lui, afin que des idées de nuisance ne me rendent pas impur.

    PRIERE

    Seigneur, que deviendrons-nous, que deviendra le monde si nous ne veillons pas d’abord sur nous-mêmes afin que l’amour soit vrai, pour qu’enfin nous goutions abondamment aux prémices de la joie parfaite que tu prépares pour nous ? Donne-nous de profiter de ce moment de confinement pour travailler sur nous-mêmes, pour nous rapprocher davantage de toi. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 11 avril 2020

    Marc 15,42-47

    42 Le soir était déjà là, et comme c’était le jour de la Préparation - la veille du sabbat - 43 Joseph d’Arimathée, un membre honoré du conseil, qui attendait lui aussi le règne de Dieu, arriva. Il osa se rendre chez Pilate pour demander le corps de Jésus. 44 Etonné qu’il soit déjà mort, Pilate fit appeler le centurion et lui demanda s’il était mort depuis longtemps. 45 Renseigné par le centurion, il donna le corps à Joseph. 46 Celui–ci acheta un linceul, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa avec le linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. 47 Marie–Madeleine et Marie, mère de José, regardaient où on l’avait mis.

     

    S’engager pour la justice

     

    En Palestine, c’était une honte de mourir par pendaison. Le corps du supplicié était soit livré aux bêtes, soit enterré sans soins particulier. Mais, les juifs attachaient une grande importance à l’enterrement des leurs.  Voilà ce qui à première vue motive Joseph d’Arimathée à rencontrer Pilate. Mais Joseph d’Arimathée n’a pas été signalé dans la famille de Jésus. Il est plutôt membre honoré du Conseil, cette institution qui a décidé, et qui a mis à mort l’homme de Nazareth.

    De ce point de vue, on en déduit que Joseph d’Arimathée fait partie du groupe des bourreaux. Il est donc intéressant de s’interroger sur la raison qui emmène l’évangéliste Marc à mentionner qu’il eut le courage d’entrer chez Pilate pour demander le corps de Jésus (v43) ; eh bien comment pouvait-il en ce moment particulier se désolidariser de son groupe ? Parce qu’il s’agit dans l’acte qu’il pose, de désavouer le Conseil dans lequel il fait partie, et qui a pris la décision de se débarrasser de Jésus. Joseph d’Arimathée a certainement été au courant du ministère public de Jésus, et il sait pertinemment que ce dernier n’a rien fait qui réclamait un tel acharnement. S’il revient sur ses pas, c’est bien pour signaler sa reconnaissance de l’injustice qui a été commise, et s’indigner de l’acte odieux qui s’en est suivi. Il essaie alors une réparation, une réparation qui consistera à habiller, à couvrir, à honorer  le corps de Jésus : après avoir acheté un linceul, Joseph descendit Jésus de la croix et l’enroula dans le linceul, et le déposa dans une tombe (v46).

    Contrairement aux personnes qui dans l’empire mourraient par pendaison, Jésus a reçu une sépulture digne (linceul et tombeau), de la main d’un dignitaire qui avait deux casquettes, celle du droit et de la religion.  C’est une injustice reconnue par un membre du Conseil, une réparation courageuse du crime, et un rétablissement humain de la dignité d’un supplicié. Même si la réparation ne ramène pas à l’instant Jésus à la vie, elle a une fonction, celle de témoigner fortement envers et contre tout, de la singularité de Jésus. Témoigner, c’est aussi affirmer un nouveau positionnement idéologique.

    Un pareil geste nous bouscule aujourd’hui, une pareille attitude pointe du doigt nos peurs en église. Combien de fois la peur pour des raisons diverses, et le manque de courage d’affronter des personnes à fort caractère nous empêchent-ils de nous positionner clairement contre  l’injustice, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’église?

    La justice a un prix ; il faut surmonter sa peur et oser. Il faut oser se rapprocher de celui qui subit l’injustice et se détourner des idéaux de celui qui commet l’injustice. La parole de Dieu ce jour pose aussi la question de notre engagement, au sein de l’église et de la société : qu’est-ce qui motive nos positionnements face aux défis qui surgissent dans nos cercles, pour quelle justice nous engageons-nous? Joseph d’Arimathée s’est désolidarisé courageusement et clairement de la décision de son groupe, il a fait volteface, il a suivi Jésus et a signifié à sa manière, son indignation.

    PRIERE

    Seigneur notre monde connaît encore des délateurs, des exécuteurs sans vergogne, et des injustes. Face à eux, nous voulons placer l’humilité, le courage et la dignité des justes : que notre foi repose sur Ta crainte, et que ton Esprit inspire nos pensées et notre agir. Par Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 15 avril 2020

    Méditation du 15 avril 2020

    2Tm1, 1-6

    1 Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie qui est en Jésus-Christ, 2à Timothée, mon enfant bien-aimé : Grâce, compassion et paix de la part de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, notre Seigneur ! 3 Je suis plein de gratitude envers Dieu à qui, à la suite de mes ancêtres, je rends un culte avec une conscience pure, et je fais continuellement mention de toi dans mes prières, nuit et jour ; 4je souhaite vivement te voir – je me souviens de tes larmes – pour être rempli de joie ; 5je me remémore aussi la foi sans hypocrisie qui est en toi : comme elle a d’abord habité en ta grand-mère, Loïs, et en ta mère, Eunice, j’en suis persuadé, elle habite aussi en toi.

     

    Quels parents?

    Celui que l’apôtre appelle  mon enfant bien aimé est jeune et plein de ressources. Conscient de sa jeunesse, Paul sait pouvoir continuer à veiller sur lui, non pas pour scruter ses erreurs et les mettre en évidence, mais parce qu’il l’aime, parce qu’il a le souci que l’engagement de Timothée le conduise à exercer un ministère béni. Paul n’est donc pas le parent/parrain où l’accompagnant qui se limite seulement à accabler son filleul de leçons et d’interdits. Si  Paul exhorte quelques fois son jeune collègue, il y a une chose importante qu’il fait assez régulièrement : il prie pour lui.

    Nuit et jour, Paul fait mention de Timothée dans ses prières. Il sait que celui-ci est d’abord quelqu’un de sérieux, il a une foi solide et sincère qui lui vient de son éducation, et il lui en parle. Dans le propos de Paul, le détail qui explique le type de collaborateur, et même le type de dirigeant que Paul a accompagné mérite d’être relevé: en effet, Timothée ne s’est pas façonné tout seul, il y a derrière le collaborateur bien aimé de Paul, une éducation comme héritage. Il est le fruit de sa grand-mère et de sa maman.

    Derrière le collaborateur admiré, il y a une base spirituelle que lui ont inculquée ses parents. En mentionnant ce détail dans sa salutation à Timothée, Paul  met en lumière la responsabilité des parents dans le devenir de l’enfant : il existe un lien fort entre le type d’éducation reçu dès le sein maternel (c’est à mon avis la raison pour laquelle Paul mentionne la mère et la grand –mère. Nous savons cependant qu’en Israël le rôle du père dans l’éducation et l’instruction de l’enfant est aussi capital) et le profil de l’adulte qui en résulte.

    Si le monde devient de plus en plus impuissant face au décalage, face à la rupture et au manque de communication harmonieux qui marquent les relations  entre parents et enfants, entre élèves/étudiants et enseignants, entre responsables et  collaborateurs, entre les peuples et leurs dirigeants, si le monde gémit sous le poids de certains dirigeants incapables d’empathie, il faudrait aussi voir ce qui se passe dès que le bébé est sortie du ventre de sa maman. Est-ce que le temps n’est pas venu de reposer fortement la question de ma responsabilité de maman et de papa dans l’accompagnement de l’enfant dès le berceau à l’heure où beaucoup de chrétien.nes, par effet de mode ne jugent plus nécessaires de venir à l’église avec les enfants? Dès le berceau, beaucoup d’enfants sont abandonnés à eux-mêmes, où à la conduite des tiers. Pour des motifs de liberté, on évacue en partie les responsabilités de parents chrétien.nes en laissant passer le moment idéal pour placer l’enfant sur les rails ; puis, on répète le slogan, il fera son propre choix à l’âge adulte : quel choix, sur quelle base?

    Le bon choix, on le fait au moins entre deux choses connues ; si je démissionne à montrer à mon enfant ce que je pense être bien pour moi spirituellement, à l’âge adulte il fera le choix parmi des spiritualités et des endoctrinements que je ne connais pas. Tout commence à la maison: J’évoque le souvenir de la foi sincère qui est en toi, qui habita d’abord en Loïs ta grand-mère et en Eunice ta mére, et qui, j’en suis convaincu, réside aussi en toi.

    PRIERE

    Tu nous demandes Seigneur d’éduquer l’enfant dans la voie qu’il doit suivre, pour que devenu grand, il ne s’en détourne pas : replace en nous, le désir de renouer avec les admirables traditions qui nous ont portées, et incline nous à reprendre nos responsabilités de parents, dans la promotion du règne que nous attendons. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Vers la célébration de la passion et la Résurrection du Christ

     

    Le 2 mars 2022 commence le Carême ; nous entrons ainsi dans la période qui prépare la célébration de la passion et la Résurrection du Christ. Que faut-il savoir, pour quelle implication pratique dans notre spiritualité?

    La mort de Jésus est interprétée comme un sacrifice, « car le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Marc 10,45). Voir aussi (Galates 1,4:Romains4,25;5,8; 8,32; Ephésiens5,2; 1Corinthiens15,3: Matthieu20,28; Marc14,24; 1Pierre2,21-24. 

    Jésus est alors perçu pour le chrétien, comme le sacrifice ultime qui met fin aux sacrifices d’animaux. Dans ces conditions, peut-on encore parler de sacrifice après que les chrétiens se soient séparés de la synagogue ? Autrement dit y a -t-il une dimension sacrificielle dans la vie du chrétien aujourd’hui? Si oui quel est son sens ?

    L’Eglise est faite des disciples du Christ ; le disciple c’est l’élève, c’est quelqu’un qui reçoit et qui adhère aux enseignements d’un maître pour les appliquer. Le chrétien en tant que disciple a vocation à suivre les pas de son maître, à poursuivre sa mission. Or la mission du Christ, fondamentalement est basée sur le don de soi, une matérialisation de l’Amour qu’il incarne. Aucune vocation chrétienne ne peut donc de départir de l’amour, et surtout du don de soi, du sacrifice. Seulement, comment comprendre le sacrifice auquel doit consentir le chrétien, après le sacrifice ultime que Jésus a fait de sa vie ?

    Le sacrifice sans lequel toute vie de chrétien n’est pas accomplie ne s’entend ni comme un masochisme ni comme un sadisme : il ne s’agit pas de se faire souffrir ou encore de faire souffrir l’autre, au contraire il est question en pratique, de vivre les enseignements du maître de manière à garantir ou à se redonner sa dignité, ainsi que celle du prochain quel qu’il soit. Voilà pourquoi dans l’église et dans la vie du chrétien, aucune raison ne peut justifier une souffrance perpétrée ou occasionnée volontairement sur soi ou sur l’autre, comme condition à une quelconque communion avec Dieu.

    Par la foi, par le baptême, les chrétiens deviennent « participants du Christ » (Hébreux 3,14). Ils sont un peuple sacerdotal chargé de faire de leur vie un « sacrifice spirituel » (1 Pierre 2,4-10). Le sacrifice est donc cette vie de foi et de témoignage rendu au Christ au quotidien (Philippiens 2,17 ; Hébreux 13,15). C’est une vie de partage et d’entraide avec les frères et sœurs qui sont dans le besoin (Hébreux 13, 16), à l’exemple de Paul qui organise la collecte en faveur des frères de Jérusalem qui souffrent de la famine.

    En demandant aux frères de s’offrir comme sacrifice [«  Offrez-vous vous-même en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu (Romains 12,1)], Paul  voudrait simplement dire que la vie du chrétien doit produire ce qu’il a appelé les « fruits de l’Esprit » : l’amour, la qualité du rapport à l’autre, le pardon, la réconciliation, la justice sur les plans (y compris les justices économique, sociale, culturelle, raciale, tribale etc.)

    Faire de sa vie une pratique de la justice et de la miséricorde est possible grâce à l’action de l’Esprit Saint qui est à l’œuvre dans la vie du chrétien. Si pendant le carême le chrétien prie, jeûne, partage et pardonne, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas de le faire seulement pendant cette période qui va du 2 mars jusqu’à la crucifixion. Ce cours temps invite au ressourcement, ce temps de préparation permet au chrétien de réfléchir sur sa vocation, de l’évaluer, et de prier pour que l’Esprit Saint le régénère de telle sorte que sa vie toute entière, au quotidien, soit un carême ou un jeûne au sens du prophète Esaïe : « Voici le jeûne auquel je prends plaisir: détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l'on rompe toute espèce de joug; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. » (Esaïe 58,6-8)

    Que la grâce de Dieu vous accompagne!

    Pasteure Priscille DJOMHOUE

  • Méditation du 17 avril 2020

    Col 1,9-14

    9 Voilà pourquoi, de notre côté, depuis le jour où nous l’avons appris, nous ne cessons pas de prier Dieu pour vous. Nous demandons que vous ayez pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, 10pour que vous meniez une vie digne du Seigneur, recherchant sa totale approbation. Par tout ce que vous ferez de bien, vous porterez du fruit et progresserez dans la vraie connaissance de Dieu ; 11 vous serez fortifiés à tous égards par la vigueur de sa gloire, et ainsi amené à une persévérance et une patience à toute épreuve.

    Avec joie, 12 rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’avoir part l’héritage des saints dans la lumière. 13Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés  dans le royaume de son Fils bien-aimé, 14 en lui nous sommes délivrés, nos péchés sont pardonnés.

     

    Se tourner vers Dieu, même si tout va pour le mieux.

     

    En règle générale, lorsqu’on s’engage à prier pour un tiers, ou encore lorsqu’on demande une prière, c’est parce que les choses ne marchent pas comme on le souhaite : on aimerait alors que la prière soit orientée vers un changement de la situation qui ne nous arrange pas. Mais aujourd’hui, nous apprenons que Paul prie continuellement pour les Colossiens, parce que les signaux sont positifs (v 4-6). Paul prie sans cesse depuis qu’il a appris que les chrétiens de Colosse font des progrès. Sa prière prend alors le sens d’un encouragement, car elle va leur apporter davantage de soutien pour aller de progrès en progrès.

    Paul est le fondateur de plusieurs communautés à problèmes, comme par exemple celle de Corinthe. Mais il ne joue pas au débordé pour faire le tri entre celles qu’il faut soutenir et celles que certains verraient comme inéligibles. Malgré l’énorme responsabilité de ce voyageur infatigable, il doit aussi  à veiller et s’assurer que ce qui fonctionne déjà puisse tenir  dans la durée: le contenu de sa prière alors devient important pour nous qui, comme ses destinataires sommes déjà engagés. Cette prière fortifiera  aussi les personnes qui hésitent encore.

    Paul prie encore et encore, pour que les chrétiens de Colosse soient remplis de connaissances, et qu’ils marchent de manière digne du seigneur. Pour être rempli de connaissance, la lecture des saintes écritures est  le chemin incontournable, puisqu’elles contiennent ce qui est recherché : la volonté de Dieu. C’est déjà une bonne chose si toute seule je m’adonne à la lecture de la Bible. Mais ce serait encore mieux de la lire avec d’autres chrétiens, et de s’enrichir davantage du partage qui en résulte. La parole de Dieu est une lumière sur mon sentier : comment marcher selon la volonté de Dieu sans la connaître ?

    Paul prie pour que les chrétiens marchent de manière digne du Seigneur, et pour savoir comment marcher, il faut se référer à la Parole de Dieu: marcher de manière digne du Seigneur signifie porter du fruit. De la même manière que l'Évangile porte ses fruits et grandit dans le monde, Paul s'attend à ce que les croyants Colossiens portent leurs fruits et grandissent dans les bonnes œuvres et la connaissance de Dieu. Dans cette démarche, ils sont soutenus et fortifiés  par Dieu lui-même. En effet la force qui inspire et qui fait avancer les croyants, la force qui leur donne de l’impulsion vient de Dieu.  Et Dieu la leur donne pour les soutenir  parce qu’ils en ont besoin. Si Paul mentionne cette relation entre l’engagement des chrétiens de Colosse et la nécessité d’une force qui leur vienne de Dieu, c’est parce qu’en effet, les succès cachent toujours un peu de souffrance; succès ne signifient pas absence de difficultés. La force et le soutien de celui qui est Eternel, tout puissant et miséricordieux, garantissent une grande endurance et beaucoup patience. Paul s'attend pleinement à ce que les chrétiens persévèrent dans la foi, ne devenant pas la proie de l'hérésie qui menace l'église ou de toute persécution possible associée à leur fidélité au Christ. Ils doivent non seulement endurer, mais ils doivent le faire avec joie (v.11b) ; la joie est une marque distinctive de la persévérance chrétienne, et elle n’est rendue possible que par l'œuvre  de Dieu.

    Persévérer dans la joie, même en temps de crise et de grands défis, est une caractéristique avec laquelle Dieu est capable d’équiper les croyants. Voilà pourquoi, la louange ne doit pas les quitter. Les Colossiens ont toutes les raisons de louer le Seigneur  qui leur accorde la grâce d’appartenir à son peuple, un peuple qui ne se culpabilise pas, parce que sauvé des ténèbres et placé dans la lumière.

    PRIERE

    Seigneur à travers ta parole, je peux comprendre que c’est lorsque tout va bien qu’il faut préparer les moments de grands défis, en s’assurant de ne pas manquer toutes les forces qui nous permettent de persévérer: je veux rester connectée à toi, pour ne pas sombrer à la moindre alerte. Que ton Esprit soit ma force, pour tenir. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 18 avril 2020

    Col 2,8-11.15

    8 Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l'enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l'univers et non plus du Christ. 9 Car en lui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement, 10 et vous vous trouvez pleinement comblés en celui qui est le chef de toute Autorité et de tout Pouvoir. 11 En lui vous avez été circoncis d'une circoncision où la main de l'homme n'est pour rien et qui vous a dépouillés du corps charnel : telle est la circoncision du Christ. (…) 15 Il a dépouillé les Autorités et les Pouvoirs, il les a publiquement livrés en spectacle, il les a traînés dans le cortège triomphal de la croix.

    Appartenir au Christ

    Chrétien.ne engagé.e, on n’est pas à l’abri  des enseignements non conformes à sa foi. Comment faire pour ne pas se perdre? L’apôtre Paul voit le danger des hérésies, et il en a fait l’expérience; dans son souci de voir les chrétiens de Colosse s’épanouir dans l’ordre et la concorde, il les mets en garde, en leur montrant le lien inaltérable qui les unit au Christ, et qui fait d’eux des enfants de Dieu.

    Les chrétiens de Colosse ne doivent pas entrer dans l’esclavage de la philosophie et la tromperie vide. Paul ne condamne pas ici, la philosophie en tant que catégorie, mais une philosophie particulière  qui circulait, menaçant d'éloigner les Colossiens du Christ. Selon lui, la plénitude entière de la nature de Dieu habite corporellement en Christ, contrairement à cet enseignement qui  prétend que les dieux grecs sont la plénitude  de Dieu. Jésus est Dieu devenu homme pour le salut de l’humanité; se laisser emprisonner par une autre doctrine c’est autrement  s’éloigner de Dieu et de son salut.

    Les Colossiens ne doivent pas se laisser tromper car «… vous avez été comblé par Celui qui est le chef de chaque souverain et autorité.» Les Colossiens trouvent leur accomplissement spirituel en Christ. Par conséquent l'abandonner, c'est se détourner de tout ce que Dieu désire accomplir en eux. Christ  accomplit en eux une œuvre spirituel par la circoncision.

    Ils sont spirituellement circoncis, dans la circoncision de Christ. De quelle  circoncision est-il question? Pour comprendre, il faut savoir que dans l'Ancien Testament, la circoncision avait à la fois une connotation négative et positive. Les Juifs pourraient être coupés de Dieu en fonction de leur obéissance ou de leur désobéissance à l'alliance. La circoncision était alors le signe physique d'un engagement spirituel. Le Seigneur bénissait l'obéissance et maudissait la désobéissance. S'ils désobéissaient, les Juifs étaient coupés du Seigneur, et dans la plupart du temps étaient envahis ou soumis en esclavage. Paul explique alors que Christ a été coupé de Dieu à cause de notre désobéissance. Dans sa circoncision, nous faisons également l'expérience de la circoncision, mais dans le sens positif: nous pouvons être coupés de Dieu parce que Jésus a été coupé de Dieu, non pas à cause de son propre péché mais à cause du nôtre. En relevant son Fils, Dieu a aussi relevé les chrétiens.

    Comment le Seigneur accomplit-il ce relèvement spirituel chez les Colossiens ? Ils  sont rendus spirituellement purs, car bien qu'ils soient spirituellement «morts dans les offenses… Il vous a fait vivre avec lui» (v. 13a) en pardonnant toutes leurs offenses, en payant  le certificat de dette.

    Dans le monde romain, celui qui commettait un crime était emprisonné, et un certificat de dette énumérant son infraction ainsi que le prix à payer pour cette infraction était affiché au-dessus de la porte de sa cellule. Paul explique donc que ce certificat de dette a été pris par-dessus la tête des croyants Colossiens et placé sur la tête du Christ qui a payé la dette de leur péché en entier, permettant ainsi à Dieu de leur accorder le pardon. Dieu peut pardonner les péchés de ceux qui étaient spirituellement morts parce que Jésus a payé la peine de leur péché à leur place. Dieu ne décide pas simplement de pardonner sans frais. Il paie plutôt le prix de leur pardon lui-même. Le pardon des péchés, qui est nécessaire pour être rendu spirituellement vivant, est le résultat de la croix.

    La grâce que reçoit le chrétien a coûté, nous sommes pardonnés parce que Jésus est mort comme substitut. Personne d’autre ne peut nous condamner, personne ne peut prétendre nous faire payer ; veillons donc à ne pas nous-mêmes nous placer en esclavage en nous liant avec des diseurs de bonne aventures, ou encore en nous laissant spolier par les nouveaux messies qui essaient de nous faire payer d’une manière ou d’une autre, le prix de notre libération. Le chrétien a une seule chose à faire, se donner au Christ, croire et produire des fruits de l’Esprit qui sont les signes visibles de sa foi (Ga 5,22-23).

    PRIERE

    Seigneur, ce monde veut nous imposer d’autres dieux, et il nous laisse entendre que notre bonheur dépend d’eux: l’argent, le pouvoir, la renommée et bien d’autres.  Je veux laisser ton Esprit me conduire, afin que je sache discerner ce qui t’es agréable, et utile pour moi. Par Jésus-Christ qui a déjà payé pour mon salut et pour ma joie. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Pensée

     

     

     

    Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l'histoire la Voix de la Vérité et de l'Amour a toujours triomphé.

     Il y a eu dans ce monde des tyrans et des assassins et pendant un temps, ils peuvent nous sembler invincibles. Mais à la fin, ils tombent toujours... Pense à cela ... Toujours.

    Et si parfois il t’arrive de douter que la voie de Dieu est celle qui gouverne le monde, pense à cela. Et ensuite tâche d’agir selon Sa voie. 

    Mahatma Gandhi

     

     

     

     

    When I despair, I remember that all through history the ways of truth and love have always won.

     There have been tyrants, and murderers, and for a time they can seem invincible, but in the end they always fall… Think of it…always.

    And if you sometimes happen to doubt that God's way is the one that governs the world, think of it. And then act according to His way.

      Mahatma Gandhi

     

     

     

  • Me voici envoie-moi - mai 2022

    Me voici, envoie-moi.

    Esaïe 6,8       

    Puis j’entendis la voix du Seigneur, qui disait: qui enverrai-je et qui sera notre messager? Et je dis: Me voici, envoie-moi.

    Quarante jours après Pâques, les chrétiens célèbrent l’Ascension. Cette année, notre église l’organise de manière grandiose, en réunissant à Namur les chrétiens venus des quatre coins du pays. Profest sera alors en un seul lieu au même moment, la préfiguration du Royaume que nous sommes appelés à promouvoir, avec une intégration toujours à parfaire d’une diversité étonnante et voulue par Dieu.

    Si dans le mot Ascension on entend d’abord une montée, et particulièrement une élévation miraculeuse de Jésus-Christ illustrée par des peintures comme disparaissant dans les nuages, la réalité de ce moment n’est pas celle d’un départ stricto sensu. Nous pouvons l’entendre comme la célébration d’un passage, le passage à l’âge d’adulte. Les disciples devront donc poursuivre leur route comme des adultes, mandatés dans une mission qui se décline sous plusieurs aspects, et de manières différentes comme l’indiquent les évangiles, et le témoignent particulièrement les Actes des apôtres.

    Jésus ne quitte ni ses disciples, ni le monde, il est présent dans son Eglise et dans le monde, autrement que lors de son ministère terrestre pour soutenir les envoyés, pour les rassurer et surtout leur donner de manière renouvelée de repartir lorsqu’une crise se présente.

    Le sens de l’Ascension ne se concentre pas seulement sur l’absence physique du Ressuscité, mais sur l’attitude du chrétien face à un appel qui l’invite à s’engager, comme le firent Jadis les prophètes : Me voici, envoie-moi. 

    Au moment où nous préparons cette grande fête, ayons en idée qu’elle pourrait se comprendre aussi comme une sorte de cérémonie de fin d’initiation. Cette édition de Profest suscitera alors des prophètes pour un monde en turbulence, qui plus qu’hier en a besoin.

    Puissions-nous être sensibles à cette dimension de notre vocation.

    Votre pasteure,

    Priscille Djomhoué