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  • Méditation du Jeudi saint, 1er avril 2021

    Jean 13, 1-15

    (…) 4 Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint. 5 Il verse ensuite de l'eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. 6 Il arrive ainsi à Simon-Pierre qui lui dit : « Toi, Seigneur, me laver les pieds ! » 7 Jésus lui répond : « Ce que je fais, tu ne peux le savoir à présent, mais par la suite tu comprendras. » 8 Pierre lui dit : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi. » (…) 14 Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; 15 car c'est un exemple que je vous ai donné : ce que j'ai fait pour vous, faites-le-vous aussi.

     

    Si je ne te lave pas, tu n'as aucune part avec moi

    Ce n'est pas un poisson d'avril, Jésus a lavé les pieds de ses élèves

     

    Pourquoi Simon - Pierre ne veut pas se faire laver les pieds par Jésus ? Pourquoi Jésus insiste-t-il? Le milieu de vie de Jésus et ses disciples est un monde très complexe où il y a des groupes, des castes et beaucoup de clichés. Il y a même des personnes qui n’existent pas bien qu’existant. Les femmes et les enfants ne sont pas comptés, et lorsqu’il faut absolument parler d’elles, beaucoup prennent le nom d’un cliché qui leur est collé à la peau, comme la femme adultère, la femme hémorroïsse… et cette femme anonyme de notre texte de méditation. Cette situation n’est pas propre seulement aux femmes et aux enfants ; les hommes qui de la même manière n’existe pas sont nommés de leur cliché : l’homme à la main sèche. D’un côté il y a les puissants et d’autre les faibles ; les maîtres et les esclaves. Et le regard porté par les plus forts sur les plus faibles est dégradant.

    Le lavage des pieds d'une autre personne est considéré comme une tâche dégradante qui ne peut être réalisée que part des personnes qui en sont « dignes » : les esclaves et les femmes païennes. Les disciples peuvent à l'occasion laver les pieds de leur maître de leur propre gré, mais sans obligation. Cet acte gracieux d’hospitalité est rarement posé personnellement, par celui qui invite.

    Jésus est identifié par ses disciples comme un didascalos, c’est-à-dire un maître. Même s’il met tout en œuvre pour montrer qu’il est un maître différent en étant proche des pauvres et des riches, des croyants et des pécheurs, des juifs et des non juifs, les disciples n’ont pas fait le déplacement intérieur qui leur permet de se libérer des barrières et des clichés. Voilà ce qui explique la réaction de Pierre : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! »

    A l’époque, on chaussait des sandales et marchait à pied, en prenant du sol, toute sorte d’impureté. Jésus le maître et le Seigneur finira par se baisser, puis avec des mains nues car non protégées par des gans, entrera en contact avec la saleté et l’impureté des pieds des disciples y compris Pierre, pour les laver et les essuyer. Ce faisant, il brise ce type de rapport dégradant qui existait entre le maître et l’élève, les puissants et les faibles, ainsi que le regard conflictuel qui existait entre diverses catégories de personnes. Luc dans son évangile a rapporté un incident au cours duquel les disciples se disputaient entre eux, cherchant à déterminer qui était le plus grand. Jésus répondit en disant : Les rois des nations agissent avec elles en seigneurs, et ceux qui dominent sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel. Mais que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert. (Luc 22, 24-27). 

    En lavant les pieds à ses disciples, Jésus leur donne une leçon de service mutuelle, et indique pour l’humanité une nouvelle manière d’être, et une nouvelle façon de concevoir le rapport à autrui.  Les relations maître/élève ; maître/esclave ; fort/faible ; riche/pauvre telle que conçues par les humains doivent évoluer, et changer pour que ces catégories très souvent en antagonisme dans leurs fonctionnements redeviennent humaines. La joie, l’harmonie et la paix dépendent d’une véritable rencontre qui élève celui qui est abaissé, qui remet en cause les clichés et qui réhausse la dignité des autres :  si je ne te lave pas (si je ne m’abaisse pas vers toi et que tu ne t’élèves pas vers moi), tu n’as aucune par avec moi.

     

    PRIERE

    Seigneur apprends-nous à RENCONTRER les autres, et à mieux aimer, évitant de tomber dans la tentation de mépriser ou d’exploiter le faible et le pauvre. Donne-nous d’être aujourd’hui des serviteurs et des servantes dont tu as besoin pour rendre à la création ses lettres de noblesse. Par Jésus-Christ, ton fils qui a pris le poids de nos fardeaux. Amen

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 1er avril 2020

    Genèse 1,1.31

    La terre était un chaos, elle était vide ; il y avait des ténèbres au-dessus de l’abîme, et le souffle de Dieu tournoyait au-dessus des eaux (…) Dieu vit alors que tout ce qu’il avait fait : c’était très bon.

    Genèse 2,15

    Le Seigneur Dieu prit l’humain et le plaça dans le jardin pour le cultiver et pour le garder.

     

    Il créa un monde harmonieux !

    Ce n’est pas un poisson d’avril, la Bible le dit : du désordre originaire, Dieu a créé un monde harmonieux dans lequel tous les éléments se tiennent. Les mathématiciens et les physiciens l’affirment aussi même s’ils n’utilisent pas le vocabulaire biblique, et ils essaient de découvrir les lois qui régissent cet équilibre pour s’en servir. Mais il arrive que les découvertes soient utilisées comme des manettes de jeu vidéo, pour manipuler la création, en oubliant que leur non maitrise parfaite pourrait plutôt générer des catastrophes.

    Regardant cet équilibre qui fait du bien et qui apaise comme cette danse organisée des poissons colorés dans un aquarium, comme des notes bien organisées d’une musique, Dieu se réjoui, et caresse toujours et toujours le désir de la maintenir.

    L’humain qui est un élément, un maillon de la chaine en équilibre, reçoit donc de Dieu, la responsabilité de maintenir cette harmonie, tout en jouissant. Mais très vite, ces humains que Dieu a créés dans la joie et l’amour sont en proie aux jalousies et aux déchirements, et Dieu décide de repartir à zéro, en préservant chaque élément de sa création sur terre, y compris la famille de Noé. Une alliance est nouée et Dieu s’engage à ne plus intervenir de manière radicale.

    Plus tard, son peuple l’ayant oublié est réduit en esclavage en Egypte, et Dieu repart à nouveau : « J’ai entendu, dit Dieu, la plainte de mon peuple et je t’envoie, toi, Moise, pour le délivrer ». Les dérives du peuple de Dieu l’emmènent en exil, Dieu le ramène et permet une reconstruction totale.  Abraham essaie en vain de sauver Sodome et Gomorrhe, et Dieu propose une perspective de salut. Crucifié par des humains, Dieu ressuscite son Fils qu’il a envoyé en renfort, pour rééquilibrer sa création.  Contre vents et marrées, Dieu refait toujours d’une manière ou d’une autre, le monde. Et nous découvrons comme humain après coup la méthode utilisée. Chaque fois que dans ses limites, l’humain qui essaie de se prendre pour Dieu créé un déséquilibre, Dieu intervient pour de maintenir l’harmonie. Et l’humain apeuré créé une organisation comme garde-fou (la Société des Nations, l’Organisation des Nations Unies, Union Européenne, Union Africaine etc.). Mais très rapidement, ces organisations deviennent les lieux à partir desquels se développent aussi des replis sur soi, et des protections contre les autres, instituant ainsi des barrières dans la Vigne du Seigneur et retombant dans le déséquilibre.

    Dans notre siècle, la vie est dure : le chômage, la drogue, l’alcool, les accidents de la route, les armes et les guerres ne font pas partie du registre des mots liés à l’harmonie de la création. Les nouvelles maladies on nous le dit, peuvent passer de l’animal à l’humain, lorsque prenant la décision par exemple de vivre avec un lion ou un serpent dans sa maison, ce dernier essaie de remettre comme dans un jeu vidéo, les choses sens dessous-dessus. Les virus s’échappent des mains des chercheurs: avec la volonté des humains, à leur insu? Nous n’avons pas de réponse, mais nous devons en subir les conséquences. N’oublions cependant que le plan de Dieu, c’est le maintien de l’harmonie de sa création.

    Que dans les réflexions, les travaux et les idées engagées pour nous sortir de la pandémie au COVID 19, nous n’oublions pas d’engager la volonté de Dieu, surtout lorsque les découvertes qui pointent, déjà au lieu de mettre ensemble les chercheurs, créent des discordes perçues par beaucoup comme des conflits d’intérêts.

    PRIERE

    Tu es vraiment Seigneur, et tu voudrais que nous jouissions de ta création: donne-nous par ton Esprit, la force de te chercher, et la joie de te trouver dans tous nos engagements à promouvoir un monde meilleur. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • 03 novembre 2021

    Matthieu 5, 17-24 ©TOB

    « N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger, mais accomplir. 18Car, en vérité je vous le déclare, avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l’i ne passera de la loi, que tout ne soit arrivé. 19Dès lors celui qui transgressera un seul de ces plus petits commandements et enseignera aux hommes à faire de même sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux ; au contraire, celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. 20Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Meurtre et réconciliation 21« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal. 22Et moi, je vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère : “Imbécile” sera justiciable du Sanhédrin ; celui qui dira : “Fou” sera passible de la géhenne de feu. 23Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, 24laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande.

    Notre texte est précédé de celui qui donne une identité aux disciples, c’est-à-dire à toutes celles et tous ceux qui suivent Jésus. Le disciple est le sel de la terre et la lumière du monde, le chrétien est cette personne qui a la capacité comme le sel, de donner du goût à la vie, et comme la lumière d’en illuminer les moments obscurs. Dieu a créé le jour, et il a aussi créé la nuit. Puis il a fait les astres pour que la nuit ne soit pas toute noire. Lorsque la vie devient fade, lorsque l’obscurité menace, le disciple est le juste. La justice dans l’évangile de Matthieu caractérise le vrai croyant.

    La parole de Dieu, dont nous avons entendu la lecture dans l’évangile de Matthieu met en rapport la loi et la justice. Est-ce que la loi, l’application de la loi, ou encore le respect de la loi disparaissent avec la venue de Jésus-Christ ? Quelle est la place de la Loi et en quoi consiste la véritable justice ? Voilà des questions qui méritent une réponse, face aux déclarations très fortes du monde moderne, qui disent que Dieu est miséricordieux, que nous sommes sauvés par la foi et non par la Loi. Est-ce-que la Loi est encore valable ?

    Pour répondre à cette question, il faut comprendre le contexte social et religieux dans lequel l’évangéliste parle. En effet, l’évangile de Matthieu répond à un problème historique réel, une situation difficile qui a menacé la paix: la communauté de Matthieu se trouve au cœur d’un débat sur la Loi, débat dont les indices sont visibles, à travers deux fronts polémiques identifiés dans les chapitres 5 à 7 (le sermon sur la montagne).

    A l’extérieur de sa communauté, il y a le premier front, qui est constitué par la tradition des pharisiens représentant du judaïsme. Pour ce front, la justice consiste en l’observation ritualiste des préceptes de la Loi (5,20). Le deuxième front se trouve à l’intérieur de la communauté de Matthieu : il est constitué par un cercle de croyants qui affichent une distance par rapport à la Loi (5,17). On est sauvé par la grâce, la Loi n’a plus sa place.

    Jésus se positionne contre ces deux fronts qui, pris isolément ne peuvent conduire ni à une véritable spiritualité, ni au « Royaume des cieux ». Il répond alors au verset 17 : Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi et les prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir.

    Jésus montre la justice, la véritable spiritualité par la démonstration de l’erreur des pharisiens et des croyants rebelles: Il s’inscrit en faux contre ceux qui pensent que sa venue supprime la Loi. Le verbe accomplir exprime la conviction qu’il est celui en qui s’accomplit la Loi. Jésus est celui qui nous donne l’impulsion, la capacité, la possibilité de suivre et de respecter 3 la Loi sans que cela ne soit pour nous, un fardeau, mais un chemin de salut.

    Jésus n’a rien supprimé, mais il interpelle à vivre avec une conviction qui vient du cœur, il invite à se laisser motiver par l’Esprit saint afin de ne plus être préoccupé par ce formalisme extérieur. En déclarant qu’il est venu accomplir, la Loi, Jésus s’adresse aux scribes et aux pharisiens qui en avaient fait un rite, une forme sans contenu, d’où le développement de l’hypocrisie, et la persistance de l’injustice et de la souffrance. La loi ne disparaît pas parce qu’elle est au service de la vie, et son application devient possible lorsqu’on se laisse guider par l’Esprit Saint. D’où la nécessité pour chaque chrétienne, pour chaque chrétien, de se poser cette question : quelle est l’importance de la loi de Dieu dans ma vie, quel degré d’importance j’attache à l’obéissance à Dieu? Jésus va prendre plusieurs exemples dans ce texte pour illustrer, pour montrer concrètement et simplement ce qu’est un véritable disciple, un juste. En effet, Jésus n’est pas dans les complications, Il fait des choses simples. Je vais garder pour aujourd’hui un seul de ces exemples. Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. (Mt5, 23-24)

    Cette injonction de Jésus: « d’abord te réconcilier » ne l’oublions pas, vient immédiatement après une mise au point qui comporte deux éléments principaux : la validation de la totalité de la Loi (5,17) et le rejet de la justice des scribes et des pharisiens (5,20) qui n’est qu’un rituel. Selon la tradition rabbinique, pratiquer la justice c’est présenter son offrande à l’autel. Mais Jésus montre qu’il y a des impératifs ou des conditions préalables à la validation de cet « acte de justice ».

    Il faut que celui qui doit apporter son offrande s’assure d’abord que cette offrande est appréciée de Dieu. Autrement dit, la justice que l’on manifeste à l’extérieur doit émerger de l’intérieur de la personne comme un écho d’une harmonie multidimensionnelle ; une harmonie du donneur avec lui-même, l’harmonie du donneur d’offrande avec son entourage et son harmonie avec Dieu. La réconciliation que l’on trouve au verset 24 est la remise en accord, ou en harmonie des personnes qui étaient brouillées avec elles-mêmes, avec les autres et avec Dieu. Ce verbe est utilisé à la deuxième personne du singulier de l’impératif, et traduit dans le texte une nécessité, un impératif. « Si donc tu présentes ton offrande sur l’autel et là, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse- là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère. » (5,23-24a).

    La réconciliation est donc une nécessité et une condition préalables à toute adoration. Ici, le désaccord qui intervient dans la vie du croyant ne peut pas permettre une foi épanouie. La réconciliation est une urgence, elle est radicale, non discutable et se situe à trois niveaux: Il y a d’abord la réconciliation avec soi-même : Cette dimension de la réconciliation est introduite dans le texte par « si tu te souviens ». Cette expression renvoie le croyant à lui-même. Le processus de la réconciliation ne doit pas être déclenché par une plainte, ou par une démarche engagée par l’autre. C’est au croyant de déterminer, en regardant à l’intérieur de lui-même si son frère n’est pas content de lui. Je recommence : Si un chrétien, une chrétienne doit prendre connaissance de son désaccord avec son frère sans entrer en contact avec ce frère, c’est que ce désaccord prend sa source en lui-même. En effet, selon Matthieu, c’est au croyant de s’auto-examiner pour voir au tréfonds de lui-même s’il n’y a pas de sa part une attitude ou un agissement qui ait porté préjudice à l’autre.

     Partir de soi-même, de son comportement, de ses pensées, de ses actes pour savoir si on n’est pas soi-même responsable du désaccord avec l’autre, est une démarche qu’on n’entreprend pas le plus souvent. Le verbe se souvenir dans « si tu te souviens » renvoie le croyant à lui-même : et la conjonction « si » traduit l’urgence d’une réconciliation préalable avec soi-même, comme  condition de l’harmonie avec les autres. Dit autrement, lorsqu’on n’est pas réconcilié avec soi-même, on se brouille et on casse avec les autres. Lorsqu’on n’ose pas se regarder soi-même, on en accuse toujours les autres, on est porté à projeter sur les autres ses problèmes personnels. C’est ce regard sur soi-même qui peut amener le croyant à se convertir, à changer de point de vue sur soi et à porter un regard favorable sur les autres. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre cette parole de Jésus « si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi » (5,29). Nous n’avons pas à faire ici, à un appel à la mutilation, mais à une exhortation à s’accorder avec soi-même comme garant de l’accord avec les autres.

    Ensuite, il y a la réconciliation avec l’autre, le frère, la sœur : si le croyant a pris conscience de la rupture avec son frère, il y a urgence de rétablir la relation. « Laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ». Une fois encore, c’est celui qui veut donner son offrande, c’est le chrétien ou la chrétienne qui veut adorer, qui doit prendre l’initiative de la démarche, qui le conduit vers celui à qui le tort est infligé. Il doit tout abandonner, même s’il était sur le point d’accomplir son acte: « laisse - là devant l’autel ». Dans la tradition juive, il était permis à un croyant laïc d’entrer dans la cour des prêtres où se trouvait l’autel. « Pour interrompre un acte si solennel, il fallait un motif très important ». En demandant au croyant qui est en désaccord avec son frère de suspendre son adoration, Jésus place la réconciliation comme un préalable à l’adoration. Le croyant doit être capable de redresser la situation avant d’adorer son Dieu. Jésus exige le pardon de la part de ceux qui recherchent le pardon de Dieu (6,14s ; 18,21-36). Si le croyant n’est pas en accord avec son vis-à-vis, il ne peut prétendre entrer en communion avec Dieu. « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». Les chrétiens ne retiennent pas souvent la deuxième partie de ce verset du Notre Père. Nous sommes pardonnés lorsque nous pardonnons.

    Pardonner, c’est aimer par-dessus l’offense que nous avons subie. Je suis offensée, je montre l’amour, je donne l’amour. Enfin, il y a la réconciliation avec Dieu. La démarche de la réconciliation avec Dieu ne peut être déclenchée que si le croyant est en harmonie avec son semblable : mais, le croyant ne peut être en accord avec les autres que s’il est en règle avec lui-même. La réconciliation avec Dieu, la véritable adoration, la justice « supérieure » se présente ici comme une finalité. Elle est un don de Dieu et ne peut être reçue que par ceux qui se laissent guider par Jésus-Christ. La réconciliation se présente ici, sous les couleurs de la justice « supérieure » car sa finalité, comme cette dernière, est la perception de soi-même et des autres comme des êtres toujours en relation : « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : c’est la Loi et les prophètes » (7,12). La réconciliation avec soi-même, avec l’autre et avec Dieu produisent des effets visibles, ce que Matthieu a appelé la paix. Frères et sœurs, nous voulons la paix, et nous sommes appelés à promouvoir la paix : il n’y a pas deux solutions : la relation. Jésus est ce lien qui nous met en relation les uns, les unes avec les autres. Oserions-nous couper ce lien ? La Justice supérieure, la paix ici se comprend comme le maintien des relations interpersonnelles : tout chrétien, sel de la terre et lumière du monde, dépasse les différences culturelles, religieuses et personnelles pour entrer en dialogue avec les autres, pour les aimer et les respecter. AMEN

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 30 mars 2021, Mardi saint

    Jean 13, 21-33.36-38

    Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé intérieurement et il déclara solennellement : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un d'entre vous va me livrer. » 22 Les disciples se regardaient les uns les autres, se demandant de qui il parlait. 23 Un des disciples, celui-là même que Jésus aimait, se trouvait à côté de lui. 24 Simon-Pierre lui fit signe : « Demande de qui il parle. » 25 Se penchant alors vers la poitrine de Jésus, le disciple lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » 26 Jésus répondit : « C'est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. » Sur ce, Jésus prit la bouchée qu'il avait trempée et il la donna à Judas Iscariote, fils de Simon. 27 C'est à ce moment, alors qu'il lui avait offert cette bouchée, que Satan entra en Judas. Jésus lui dit alors : « Ce que tu as à faire, fais-le vite. » 28 Aucun de ceux qui se trouvaient là ne comprit pourquoi il avait dit cela. 29 Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensèrent que Jésus lui avait dit d'acheter ce qui était nécessaire pour la fête, ou encore de donner quelque chose aux pauvres. 30 Quant à Judas, ayant pris la bouchée, il sortit immédiatement : il faisait nuit. 31 Dès que Judas fut sorti, Jésus dit : « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié par lui ; 32 Dieu le glorifiera en lui-même, et c'est bientôt qu'il le glorifiera. 33 Mes petits-enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j'ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez venir”, à vous aussi maintenant je le dis. (…) 36 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. » 37 « Seigneur, lui répondit Pierre, pourquoi ne puis-je te suivre tout de suite ? Je me dessaisirai de ma vie pour toi ! » 38 Jésus répondit : « Te dessaisir de ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, trois fois tu m'auras renié avant qu'un coq ne se mette à chanter.»

    Le calme, la méditation et la prière

    Jésus sait que les heures qui arrivent seront très difficiles à vivre, et il connaît comment les choses se passeront : le projet de son père va s’accomplir, mais l’un des siens se laissera utiliser pour se faire. Il y a donc ici deux situations douloureuses qui pourtant ne le déstabilisent véritablement pas. Au-delà du fait que l’évangéliste Jean dise que « Jésus fut troublé », il faut retenir qu’il le fut intérieurement. En temps qu’humain, il a aussi éprouvé les sentiments que tout être humain normal peut expérimenter : l’empathie, la tristesse (il a pleuré lorsque son ami Lazare était mort, il fut triste lorsque face à lui il voyait des foules misérables etc.). En précisant que le trouble de Jésus était intérieur à lui, l’évangéliste attire naturellement l’attention du lecteur sur le fait que ce trouble n’était pas visible, il n’était pas perceptible par ceux qui étaient face à lui. Autrement dit, nous ne le saurions pas s’il ne l’avait pas mentionné afin que nous qui lisons, nous en soyons informés. Ce faisant, ce que l’évangéliste voudrait aussi souligner, c’est ce que les disciples qui étaient en sa compagnie en ce moment particulier où il dit ces choses « solennellement », n’auraient pas constaté sa tristesse.

    Jésus qui était aussi un humain, a donc développé une maitrise de soi devant une tempête foudroyante qu’il voyait venir. On peut bien mentionner cette maîtrise de soi, parce que même lorsqu’il annonce que l’un des siens le trahira, c’est avec sérénité qu’il le fait : d’abord, il indique sans émotions la personne qui va le trahir, au point que les disciples ne s’en rendent même pas compte, et ne sont finalement pas au courant de la gravité de ce que Judas va faire : « Aucun de ceux qui se trouvaient là ne comprit pourquoi il avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensèrent que Jésus lui avait dit d'acheter ce qui était nécessaire pour la fête, ou encore de donner quelque chose aux pauvres » (v28-29). Puis, avec la même sérénité, il informe Pierre qui manifeste un zèle plutôt maladroit, qu’il le reniera.

    Voilà une attitude qui permettra à Jésus de faire face à son épreuve avec dignité : il voit venir les choses, il a devant lui le traite, il a devant aussi, lui le disciple qui dit l’aimer le plus et qui va bientôt le renier à plusieurs reprises, et il ne s’agite pas, il ne les maudit pas, il n’en fait pas un drame. Il n’en fait pas un drame parce qu’il sait que l’heure est grave et que ces disciples eux- aussi vont souffrir à leur manière de cette grande épreuve. Il y a dans sa maîtrise de soi, une volonté de les ménager ; il y a derrière son attitude la manifestation d’un amour fort qui est soucieux de protéger ses amis en ce moment crucial. Les disciples ont besoin de cet amour qui leur procurera beaucoup de force pendant la période difficile dont l’intensité va s’augmenter progressivement jusqu’au vendredi.

    En quoi est ce que pareille attitude peut nous concerner, nous ses disciples d’aujourd’hui ?

    Les événements que nous expérimentons à l’instar de la pandémie à la Covid 19, et de tous nos problèmes les plus personnels, nous déstabilisent au plus haut point. Il n’ y a pas un seul pays aujourd’hui qui ne passe pas par des moments particulièrement difficiles sur tous les plans, avec des conséquences directes sur la vie des êtres humains, sur les animaux et sur la nature. Devant l’incertitude, plusieurs s’abandonnent ou se laissent aller, en développant beaucoup de stress, en maudissant les autres, en jetant l’opprobre sur les institutions, et même sur Dieu. Or cette attitude, loin de nous aider nous éloigne de la solution, puisqu’elle nous empêche de nous concentrer sur la recherche des voies possibles, en nous mobilisant plutôt vers la gestion des intrigues et des conflits que notre attitude crée en nous-même, et avec les autres.

    Le calme ou la maîtrise de soi, la méditation et la prière sont nos alliées lorsque surviennent les moments difficiles, pour nous aider à y faire face dans la dignité, sans tomber dans des accusations sans fins, au moment où il faut être positif pour se concentrer avant tout sur la recherche des moyens de s’en sortir.

    Que l’Esprit du Christ nous habite pendant nos moments obscurs, pour nous apporter de l’assurance, la maîtrise de soi et la lumière, car sa mort annoncée pointe sur sa Résurrection et sur la nôtre.

    Prière

    Seigneur Jésus-Christ, prends sur ta croix ce qui me gêne, ce qui me peine, ce qui m’inquiète et m’accable. Prends soin de mon lendemain. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 20 avril 2020

    Ac 4, 23-26 ; 29-31

    23 Une fois relâchés, Pierre et Jean rejoignirent leurs compagnons et leur racontèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. 24 On les écouta ; puis tous, unanimes, s'adressèrent à Dieu en ces termes : « Maître, c'est toi qui as créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve, 25 toi qui as mis par l'Esprit Saint ces paroles dans la bouche de notre père David, ton serviteur : Pourquoi donc ces grondements des nations et ces vaines entreprises des peuples ? 26 Les rois de la terre se sont rapprochés et les chefs se sont assemblés pour ne faire plus qu'un contre le Seigneur et contre son Oint. (…) 29 Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces et accorde à tes serviteurs de dire ta Parole avec une entière assurance. 30 Etends donc la main pour que se produisent des guérisons, des signes et des prodiges par le nom de Jésus, ton saint serviteur. » 31 A la fin de leur prière, le local où ils se trouvaient réunis fut ébranlé : ils furent tous remplis du Saint Esprit et disaient avec assurance la parole de Dieu.

     

    A Pâques, Christ a remporté la victoire sur la mort, et sur les forces des ténèbres. Mais les forces du mal ne veulent pas reconnaître leur défaite, et reviennent sans cesse à la charge en créant par des menaces, la peur afin d’empêcher cette victoire d’être éclatante dans la vie des humains. Si de manière claire le chrétien sait que cette victoire est acquise, il demeure vrai qu’il faut veiller pour ne pas se la laisser voler.

    Les disciples à la suite de leur maître vont expérimenter des épreuves dont le point commun est le complot: Pierre et Jean, après avoir annoncé le Christ et guérit un infirme, sont arrêtés et menacés par les membres du Sanhédrin: nous allons donc les menacer pour qu’ils ne mentionnent plus ce nom devant qui que ce soit. (Ac 4,17).

    Une fois relâchée, les disciples reviennent dans la communauté et racontent leur épreuve, après avoir déclaré devant les chefs qu’ils ne se tairont pas : Nous ne pouvons donc pas quant à nous, taire ce que nous avons vu et entendu. (Ac 4,20)

    La réponse de la communauté, si éclairante mérite d’être relevée : de manière unanime, les membres de la communauté se réunissent autour de la prière dans laquelle ils notent clairement que les chefs se liguent encore contre le Christ. Ils présentent cette menace devant Dieu et prie pour que les apôtres puissent continuer à assumer leur vocation avec audace et assurance, évoluant de succès en succès, de guérisons en guérisons. Pas question de céder aux menaces.

    Devant les foules désemparées comme Matthieu le décrit si bien: Voyant la foule, Jésus fut pris de pitié pour elle, parce qu’elle était fatiguée et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger (Mt9, 36), la communauté chrétienne est face à sa responsabilité. Pour celle des Actes des apôtres, où la puissance de l’Esprit Saint s’est manifestée de façon extraordinaire, l’heure est à la prière et à l’action : prier, annoncer le Christ et poser des actes concrets.

    Des barrières énormes se dressent pourtant contre le Christ et la foi des chrétiens, au moment où les humains n’arrivent pas à placer une parole claire sur cette  pandémie qui leur tombe sur la tête: face à ce drame par lequel nous sommes tous.tes affecté.es sans exception, il y a des révoltés qui s’insurgent contre Dieu. On a même entendu sur les réseaux sociaux, des accusations qui essaient de lui imputer ce qui arrive, tentant ainsi une fois encore de le taire, ou d’empêcher son œuvre de se poursuivre. Même si « le loup est dans la bergerie », Dieu ne change pas ; Il   est Vérité et amour, il  est à l’œuvre; il tient le gouvernail de sa création, et son Esprit se meut  inlassablement sur tout l’étendu sa création. Nul ne peut l’arrêter, c’est Lui qui donne l’impulsion pour que son œuvre se poursuive sur terre.

    La victoire sur la souffrance, et sur la pandémie aussi a été remportée par le Christ, Lui dont le Père s’est donné des humains, comme instrument entre ses mains. Les disciples, les chrétiens, les croyants connaissent dès lors ce qu’il faut faire, ils doivent assumer leur mission: avec la force, le dynamisme, l’impulsion, le courage, l’inspiration et le discernement que nous accorde notre Dieu, faisons monter nos prières, et mettons en œuvre ce qu’il convient de faire. Prions, et agissons.

     

    PRIERE

    Seigneur, que valent nos prières si nous ne nous levons pas, que valent nos connaissances de ta parole si le courage de Pierre et de Paul nous manque? Mobilise tes enfants, tes créatures comme tu le fis autrefois pour que guérisons , transformations et joie remplacent le vocabulaire de la maladie, de la mort et de la peur qui nous hante depuis l’apparition du Covid 19. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et sauveur, le Vivant. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoue

  • N'oublie pas le principal!

    N’OUBLIE PAS LE PRINCIPAL !

     L'histoire raconte la légende d'une femme pauvre avec un garçonnet dormant dans le dos qui, passant devant une caverne, entendit une voix mystérieuse qui venait de l'intérieur lui dire : « Entre et prend tout ce que tu désires, mais n'oublie pas le principal. Souviens-toi d'une chose : dès que tu seras sortie, la porte se refermera à tout jamais. Cependant, profite de l'opportunité, mais n'oublie pas le principal. » La femme entra dans la caverne et trouva beaucoup de richesses. Fascinée par l'or et les bijoux, elle dépose son enfant à terre et commence à amasser, anxieusement tout ce qu'elle pouvait déposer dans son tablier. La voix mystérieuse lui rappela « tu as seulement huit minutes » Les minutes épuisées, la femme chargée d'or et de pierres précieuses, courut hors de la caverne et la porte se referma. Elle se rappela alors que le garçonnet était resté à l'intérieur et la porte était fermée à tout jamais. La richesse dure peu, et le désespoir toujours.

     La même chose parfois nous arrive. Nous avons quelques 80 ans pour vivre en ce monde et toujours une voix nous rappelle « De ne pas oublier le principal » Le principal, ce sont les valeurs spirituelles, la foi, la vigilance, la famille, les amis, la vie, la Vérité, l'amour, le Don de soi. Mais l'appât du gain, la cupidité, la richesse et les plaisirs matériels nous fascinent tellement que le principal reste toujours de côté. Ainsi nous épuisons tout notre temps ici-bas à nous occuper des choses peu importantes ; et nous laissons de côté l'essentiel : LES TRÉSORS DE L'AME.

     Nous ne devons jamais oublier que la vie en ce monde passe rapidement et que la mort arrive de façon inattendue. Et lorsque la porte de cette vie se fermera pour nous, comme sur ce garçonnet, les lamentations ne serviront à rien. Nous vivons dans un monde rempli de problèmes, d'angoisses, de corruptions, de vandalismes, d'accidents mortels, de crimes de sang, de débauche, d'injustices, où chaque jour, meurent des petits innocents, des parents de famille stressés, et finalement terrassés par des maladies cardio-vasculaires. Mais tout cela arrive parce que nous avons oublié le principal : l'amour, le simple fait d'être en vie, la Paix, l'humilité, la Sincérité, la Pureté, l'amitié, la Tendresse et l'innocence des Enfants.

     Pose-toi une seule question : De Quoi As tu Réellement Besoin pour VIVRE? S'il te plaît, sois Heureux à Chaque Instant, à Chaque Moment de ta Vie, quelle que soit la Gravité ou la Difficulté d'un Problème. La Vie, nous en avons Seulement Une. Profites en, Soigne la, Eprend toi d'elle, pour que tu n'es jamais à te repentir de rien, même si tu as manqué ou n'a pu faire quelque chose !!! Dans quelques heures : Une autre semaine s'ouvrira pour toi, (Rends Grâce ! Car certains ne verront peut-être pas demain) Tu seras certainement au travail (Rends Grâce ! Tout le monde n’en a pas) Bien habillé(e) maquillée et Parfumé(e) (Rends grâce ! Tout le monde ne peut pas se le permettre) Très occupé(e) par ton gagne-pain (Rends Grâce ! Et ais une Pensée pour les chômeurs) Sollicité(e) de toute part (Rends Grâce ! Beaucoup s'ennuient au travail) Tes téléphones n'arrêteront pas de sonner (Rends Grâce ! Car Il y en a qui ne connaissent même pas la sonnerie de leur téléphone. Tellement ca sonne Peu !)

    Ce texte est beau et plein d'enseignements. N’est-ce pas ? Ne te fis pas à sa beauté ! Elle est superficielle, et ce n'est pas là le principal ! Fis toi aux vérités qui s’y trouvent ! C'est là où se trouve l'essentiel, Le PRINCIPAL ! Mais tu peux encore faire mieux : Médite-le ! Aime-le ! Partage-le !

     QUE LE TOUT PUISSANT T'ASSISTE ! GUIDE TES PAS ! ET T'AIDE A NE PAS OUBLIER LE PRINCIPAL !

     Auteur inconnu

     

  • Méditation du vendredi saint, 2 avril 2021

    Jean 18, 1-19, 40

    29 Pilate vint donc les trouver à l'extérieur et dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » 30 Ils répondirent : « Si cet individu n'avait pas fait le mal, te l'aurions-nous livré ? » 31 Pilate leur dit alors : « Prenez-le et jugez-le vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Il ne nous est pas permis de mettre quelqu'un à mort ! » (…) 38 Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? » Sur ce mot, il alla de nouveau trouver les Juifs au-dehors et leur dit : « Pour ma part, je ne trouve contre lui aucun chef d'accusation. 39 Mais comme il est d'usage chez vous que je vous relâche quelqu'un au moment de la Pâque, voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » 40 Alors ils se mirent à crier : « Pas celui-là, mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un brigand.

     

    Pas celui-là, mais Barabbas !

    A l’occasion des festivités de la Pâque juive, il était de tradition qu’un prisonnier soit libéré. Cette année-là Jésus de Nazareth, celui que les foules suivaient même à la tombée de la nuit pour bénéficier de ses enseignements, de ses soins sanitaires, et de ses prises en charge alimentaire était arrêté par les autorités juives. C’est lui qui lors d’une entrée à Jérusalem est solennellement accueilli par les foules. Il y avait aussi Barabbas que l’évangéliste prend le soin de décrire comme étant un brigand. Un bienfaiteur et un malfaiteur, mais le malfaiteur sera libéré, et le bienfaiteur pendu.

    Les paradoxes d’une justice ignominieuse n’ont pas cessé de nous surprendre et de nous déstabiliser. Qu’est ce qui n’a pas marché en l’an plus ou moins 30 après Jésus-Christ ? L’expérience du Christ qui garde son calme et sa dignité me parle beaucoup : en effet, il connaît très bien le genre de dirigeants auxquels il s’est opposé durant son ministère public, précisément dans sa lutte pour la dignité des faibles et des rejetés. Il est conscient de ce qui va lui arriver, mais dans la confiance et avec assurance, il passe son interrogatoire et garde sa dignité.

    Les dés sont pipés dès le départ, car derrière l’arrestation de Jésus se joue non pas une réparation de tort, mais une rancune contre celui qui a apporté de la lumière. Dans l’empire romain, les dirigeants juifs avaient une autorité sur les affaires civile et pénale, mais Rome conservait un contrôle total sur les crimes capitaux, à l’instar de ceux de Barabbas. Ils ne pouvaient donc « faire mourir » qui que ce soit : voilà pourquoi ces juifs vont vers Pilate. Or ce dernier ne peut faire mourir Jésus que s’il est coupable de sédition ou de révolte contre l’autorité établie. Pilate interroge les accusateurs sur la faute de Jésus, et leur réponse est celle-ci : « Si cet individu n'avait pas fait le mal, te l'aurions-nous livré ? » (18,30).  C’est une réponse boiteuse qui ne dit rien, mais invite Pilate à leur faire confiance et à condamner Jésus sur la base des allégations. Pilate atteste l’innocence de Jésus : « Je ne trouve aucun fondement pour une accusation contre lui », et propose alors de s’en référer à la coutume juive pour libérer Jésus. Mais il butte sur un choix gênant : Il faut plutôt libérer Barabbas le voleur.

    Pilate déclare Jésus innocent, mais il honore finalement la demande du grand prêtre pour la condamnation et l'exécution de Jésus. Et cette attitude de celui qui décide, face à une vérité judiciaire claire et indiscutable ? Et nos silences craintifs ou complices d’aujourd’hui, face aux injustices multiformes et connues, qui ruinent l’humanité et l’environnement ?

    Prière

    Seigneur, tu as dit : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira ». Comment serons-nous affranchis si la vérité connue n’est pas dite ? Que ton Esprit vienne en nous pour qu’aucune situation d’injustice ne soit perpétrée avec notre silence complice, aussi bien sur les humains que sur ta création. Par Jésus-Christ qui s’est donné pour que nous travaillions courageusement et audacieusement, à promouvoir la venue de ton Royaume. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • BONNE ANNEE 2022 !

    BONNE ANNEE 2022 !

    Désormais ce n'est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour, ce n'est plus la lune, avec sa clarté, qui sera pour toi la lumière de la nuit. C'est le SEIGNEUR qui sera pour toi la lumière de toujours, c'est ton Dieu qui sera ta splendeur. (Es 60,19)

    Si en ce début d’année nous formulons de bons souhaits pour les personnes que nous aimons bien, c’est en étant conscient que les joies côtoierons les peines, et que toute chose ne se passera pas toujours comme nous le souhaitons, car c’est ce qu’il y a de plus normal dans ce monde : les défis, anciens et nouveaux continueront à faire partie de notre vie. Mais ce qui fait la différence d’une personne à l’autre, c’est la manière selon laquelle nous expérimentons les différents moments de la vie. Pour les chrétiens,  la Nativité que nous venons de célébrer nous apporte une joie  imprenable, et une espérance qui ne faillit pas malgré les épreuves.

    Le prophète Esaïe qui a annoncé l’Emmanuel encourageait autrefois les israélites à se laisser guider par le Seigneur qui est lumière. Son message s’adressait alors à un peuple pour le moins divisé. En effet, après un exil qui a duré environ 50 ans, les juifs sont de retour, mais leur unité n’est plus assurée, parce que ceux qui étaient en exil n’ont pas gardé intacte leur culture : leur manière de parler l’hébreu a évolué, et leur pratique cultuelle a dû s’adapter pour palier à l’absence du Temple. Ceux qui sont restés cependant ont gardé la nostalgie du Temple de Salomon détruit par les Babyloniens et ils s’estimaient plus juifs que les autres.

    Esaïe intervient alors dans le chapitre 60, pour apporter de l’espérance au peuple de Dieu, face à une situation qui risque compromettre son unité. Il faudrait alors se laisser guider par Dieu qui est lumière et splendeur. Ce Dieu s’est révélé en Jésus-Christ dont nous venons de célébrer la naissance : Il vient comme Lampe à nos pieds et Lumière sur notre sentier. Sa force, c’est l’Amour.

    Les citoyens ne sont pas responsables de la venue de la pandémie. Mais cette épreuve sanitaire prend des tournures qui risquent de diviser le peuple et surtout créer en son sein une haine qui ne se justifie pas. Les décisions prises pour éradiquer la pandémie sont reçues de manières différentes: pour certains, c’est tout à fait normal de se vacciner alors que pour d’autres il n’en est pas question. Il y a aussi des personnes qui ne savent quoi faire. La persistance du virus mutant, engendre une colère  qui emmène les uns à se laisser tenter par l’idée que les autres sont responsables de l’échec des solutions proposées. Aux portes de notre société apparaît ainsi l’ombre d’une haine qu’il nous faut exorciser avant qu’elle ne s’installe pour mettre en mal les relations entre citoyens, entre membres d’une même famille, et entre amis.  Les chrétiens ne doivent pas tomber dans le piège de la haine justifiée par l’une ou l’autre  position construite autour des différentes solutions dans cette situation d’urgence: comment continuer à aimer l’autre, de cet amour que nous recommande le Christ quelle que soit sa position, même si on ne la partage pas? Comment  vivre ensemble de telle sorte que des idées et des situations qui ne sont pas partagées ne deviennent pas le prétexte de clivages sociaux ?

    Au début d’une nouvelle année, pour nous guider et nous accompagner, relisons le message d’Esaïe qui annonce l’espérance et le moyen de se sortir d’épreuve: désormais ce n'est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour, ce n'est plus la lune, avec sa clarté, qui sera pour toi la lumière de la nuit. C'est le SEIGNEUR qui sera pour toi la lumière de toujours, c'est ton Dieu qui sera ta splendeur.

    Que le Seigneur vous accompagne tout au long de cette nouvelle année !

    Pasteure Priscille Djomhoué

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