Blog
-
Méditation du 30 mars 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
MEDITATION DU 30 MARS 2020
Jean 11, 23-26 ©TOB
23 Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » 24 « Je sais, répondit-elle, qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » 25 Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie: celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; 26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Non Marthe, c’est ici et maintenant!
Il y a certainement un malentendu ! Oui, depuis le début, il y a un malentendu qui jusqu’aujourd’hui plonge et l’église, et l’humanité dans une certaine confusion, de telle sorte qu’il est difficile de voir ce qui est clairement écrit et d’entendre ce qui est dit sans corruption.
Il y a toujours eu beaucoup de malentendus dans cette histoire de Jésus.
Il a parlé de promouvoir le Royaume de Dieu, ce lieu où le loup même affamé pourra s’asseoir à côté de l’agneau sans que ce dernier ne se sente en danger, et on l’a pris soit pour un dirigeant politique et puissant guerrier venu agir effectivement sur terre en détruisant, en causant du tort, et en faisant du mal ; soit comme Superman qui nous prendrait tous.tes sur ses ailes pour le ciel en abandonnant la terre à elle-même. Non, il y a eu malentendu.
Il a parlé d’un programme dont l’objectif est de promouvoir ce Royaume déjà sur terre, mais l’imagination humaine l’a transporté prématurément ailleurs « au ciel », encourageant ainsi une fuite en avant, par rapport aux responsabilités qui lui incombe ici-bas. On préfère encore rêver dans les églises. Oui, il y a toujours eu des quiproquos.
A Marthe Jésus dit « Ton frère ressuscitera. » Et Marthe de dire je sais, mais ce sera « lors de la résurrection au dernier jour ». Décidément, le langage de Jésus est toujours compris autrement.
Mais ce malentendu, pour Marthe comme pour nous autre est l’une des choses auxquelles nous sommes fréquemment confrontés. L’évangéliste Jean heureusement le met bien en lumière, parce que c’est précisément son élucidation qui nous ouvre les yeux et illumine les voies sur lesquelles il faudrait désormais cheminer.
En ressuscitant Lazare ce jour-là, Jésus a illustré le fait que son projet, celui de promouvoir la VIE, ce projet de créer des conditions de vie meilleures et adéquates pour l’humain et la création toute entière selon la volonté de Dieu, doit se réaliser ici et maintenant. La prise de conscience, et l’engagement réel des humains sont pour cela, tributaires de la confiance que ces derniers placent en sa personne. Le dialogue entre Jésus et Marthe a pour finalité alors, d’emmener Marthe à faire le cheminement nécessaire à sa maturité spirituelle.
Quel intérêt aujourd’hui? Quelle est la responsabilité de l’Eglise (entendue comme l’ensemble des chrétien.nes, le corps du Christ), quelle est la responsabilité de tous.te les croyant.es et leurs dirigeants face à la pandémie au COVID 19 ? Le monde ressuscitera-t-il cette pandémie?
La parole de Jésus ne change pas, le monde ressuscitera, maintenant !
Que l’humanité mette sa confiance en Dieu, que les dirigeants ecclésiastiques et les chrétien.nes cessent de faire de la politique politicienne pour jouer leur rôle prophétique même en politique. Le.la chrétien.ne, le.la croyant.e doit l’être, dans tous les domaines de la vie qui l’engage, même en affaire ! Et les affaires se font selon la volonté de Dieu pour promouvoir la vie dans tous les sens. Doit-on prendre cette pandémie comme une alerte, une alarme très forte à l’endroit de l’Eglise et des religions qui semblent avoir perdu leur rôle prophétique et qui peinent à être, qui peine à dire l’Evangile entendu comme Bonne Nouvelle dans tout ce qu’elle comporte sans oublier l’avertissement, les cris d’alarme non mitigés comme l’ont autrefois lancé ceux que l’on a appelé « les vrais prophètes »?
Quelle est la parole de l’Eglise, quelle est la parole des religions auprès des politiques qui pour la plupart ont fait du capitalisme le dieu qu’il voudrait imposer à toute l’humanité? L’heure est venue pour les humains de se poser la question de savoir sur qui repose la création, et dans quelle direction ce responsable voudrait nous mener : sur Dieu (la Vie) ou sur Mammon (l’argent, le capitalisme)?
Que l’Esprit du Dieu créateur auquel les humains donnent divers noms, nous habite, et nous mobilise MAINTENANT, vers la promotion de ce Royaume annoncé par le Christ.
PRIERE
Seigneur au moment où comme humain, nous nous exhortons mutuellement à respecter les recommandations sanitaires et à pratiquer la solidarité, nous nous remettons entre tes mains, dans la confiance, parce qu’au-delà de tout, tu restes le créateur de l’univers. Donne-nous maintenant, la force, le courage, et la détermination de nous prendre en main, et de faire ce qui est juste et nécessaire.
Incline nous aussi à nous poser des questions sur nos responsabilités humaines, non pas pour nous culpabiliser, mais pour en prendre conscience, et surtout pour savoir désormais nous en remettre à ta sagesse. Par Jésus-Christ notre Seigneur et sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Méditation du 31 mars 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Ps 22, 2-3 ; 22b-25
2 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Pourquoi restes-tu si loin, sans me secourir, sans écouter ma plainte ?
3 Mon Dieu, le jour je t'appelle au secours, mais tu ne réponds pas ;
et la nuit encore, je suis sans repos.
-----------------------
22 (…) Oui, tu m'as répondu !
23 Je veux parler de toi à mes frères et à mes sœurs,
je veux t'acclamer parmi les fidèles assemblés :
24 « Acclamez le Seigneur, vous qui reconnaissez son autorité.
Honorez-le, vous tous descendants de Jacob.
Tremblez devant lui, vous tous descendants d'Israël !
25 Car le malheureux qui est accablé, il ne l'a pas méprisé, il ne l'a pas rejeté ;
il ne s'est pas détourné de lui, il a entendu son appel. »
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?
Nous nous posons beaucoup de question sur Dieu, sur ce qu’Il fait devant cette souffrance, et nous nous sommes en colère. Nous essayons même, de lui imputer l’entière responsabilité de ce qui nous arrive. Notre révolte s’exprime dans une tournure paradoxale: « S’il existe, pourquoi a-t-il permis que cela arrive?»
Nous nous posons toujours beaucoup de questions face à ce que nous ne comprenons pas, et nous essayons de chercher le coupable face au traumatisme que nous cause ce qui arrive. C’est normal, parce que nous pensons que trouver le coupable, c’est trouver la solution. Seulement, faute de désigner ou de se faire entendre du vrai coupable, on se révolte en se retournant vers celui qui est au-dessus de toute intelligence, et qui est par définition aimant. C’est futé, mais il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin.
Il faut commencer par cerner le problème. D’une part, il y a cette question : vers qui orienter notre courroux ? Vers ce Dieu dont on dit qui n’existe pas? Comment donc attendre quoi que ce soit de ce qui n’est pas, comment s’enflammer contre ce qui n’est pas, comment rendre ce qui n’est pas responsable de nos malheurs ?
D’autre part, on voudrait bien comprendre si c’est vers ce Dieu qui existe, et qui est resté fidèle à lui-même en respectant cette liberté qu’Il nous a donnée et qui nous semble si chère ; cette liberté à laquelle nous sommes si attachés que nous la confondons avec ce libertinage qui nous pousse à vouloir rouler jusqu’ à 500km/h sur terre alors qu’il a placé en nous donnant des avertissements de danger, la limite à 100 km/h?
Que dire donc de Toyota, Renauld, Hyundai, Pford (la liste est très longue) qui ont fabriqué des voitures qui roulent jusqu’à 260km/h pour aller sur des autoroutes ou la limitation est de 120km/h? Pourquoi comprenons-nous que nous ne devons pas aller au-delà de 120km/h, et n’admettons pas que tout est permi, mais tout n’est pas utile (1Co 10,23)? Et surtout que la crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse (Ps 111,10) pour ce qui est de sa création à Lui?
Face à la pandémie qui nous traumatise et qui est absurde, il est normal de dire notre colère, parce que même sur une autoroute, l’erreur consciente ou inconsciente d’une seule personne, peut être à l’origine d’un carambolage qui cause des dégâts énormes pour beaucoup d’innocents à la fois, au même moment. Mais, vers qui orienter notre colère exactement ?
Nous avons raison d’être en colère, parce qu’en réalité c’est notre douleur que nous crions, et le véritable coupable soit n’est pas facilement abordable, soit est très endurci et ne peut malheureusement pas nous entendre. C’est notre mal que nous essayons d’évacuer, et nous faisons bien de ne pas le laisser nous étouffer, nous voyons juste, de le déverser sur Dieu qui a la capacité d’y faire face. Mais rassurons-nous de ne pas nous arrêter en chemin, de nous battre jusqu’à l’évacuer complètement dans une attitude qui nous fait passer de la révolte à l’apaisement.
Dans ce sens, ce Dieu se tient à nos côtés, Il est Amour, Il est miséricordieux, Il entend notre douleur, Il est prêt à nous apaiser, donnons-Lui la possibilité de le faire. Il a les bras ouverts, Il nous laisse la liberté de venir à Lui, ou de ne pas le faire. C’est à nous de le faire nous-mêmes, c’est une démarche personnelle. Il nous attend.
Le psalmiste aussi s’est adressé à Dieu, C’est sur Lui qu’Il a déversé sa colère lorsqu’il était persécuté par de multiples personnes et situations : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné (Ps 22,2).
Jésus, devant cette souffrance extrême à lui infligée par des humains aux attitudes paradoxales et incapables de comprendre, s’est senti seul, et s’est déchargé sur Dieu son père, en utilisant aussi le mot accusateur, pourquoi: Eli, Eli, lamasabachthani (Mt 27,46. Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné.
Seulement, le psalmiste, tout comme Jésus ne s’est pas figé sur sa colère, sur sa révolte ; il n’a pas pris du plaisir à l’entretenir, il a fait le pas qui a retourné sa révolte en reconnaissance: « Le Seigneur m’a répondu (…) Je veux t'acclamer parmi les fidèles assemblés.»
PRIERE
Seigneur nous te disons merci, parce qu’au cœur de cette dure épreuve, tu te tiens prêt pour nous accueillir, pour nous consoler et pour nous relever. Ne permet pas que l’intensité de notre douleur nous tétanise au point de nous faire perdre toute possibilité de faire le pas décisif, et de nous en débarrasser auprès de toi. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Méditation du 7 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
1 Pierre 1, 3-9
3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon sa grande compassion, nous a fait naître de nouveau, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour une espérance vivante, 4 pour un héritage impérissable, sans souillure, inaltérable, qui vous est réservé dans les cieux, à vous 5 qui êtes gardés par la puissance de Dieu, au moyen de la foi, pour un salut prêt à être révélé dans les derniers temps.
6 Ainsi vous êtes transportés d’allégresse, quoique vous soyez maintenant, pour un peu de temps, puisqu’il le faut, attristés par diverses épreuves, 7 afin que la qualité éprouvée de votre foi – bien plus précieuse que l’or périssable, quoique éprouvé par le feu – se trouve être un sujet de louange, de gloire et d’honneur à la révélation de Jésus-Christ.
8 Vous ne l’avez pas vu, mais vous l’aimez. Maintenant même vous ne le voyez pas, mais vous mettez votre foi en lui et vous êtes transportés d’une joie indicible et glorieuse, 9 tandis que vous obtenez le salut comme aboutissement de votre foi.
Une espérance qui dure
Parmi les sujets qui nourrissent l’actualité, l’un des plus prisés c’est la guerre : la guerre contre les peuples, la guerre des peuples pour diverses raisons. Tous parlent de guerre, mais tous n’expérimentent pas la guerre : lorsqu’on ne s’est pas retrouvé dans un pays en guerre, lorsqu’on appartient à une génération des personnes nées bien après la guerre, dans un pays qui a expérimenté la guerre, on peut lire des tonnes de livres, mais il sera bien difficile de parler de l’espérance de la même manière que celui qui a été au cœur de la guerre.
Qu’est ce motive des familles qui, après avoir entendu des coups de fusils, après avoir vu leurs maisons incendiées, prennent dans l’urgence, enfants, personnes âgées et même malades pour se mettre en route sans itinéraires?
Lorsque vous avez fait face à un assassinat de votre proche, lorsque vous avez échappé à une balle perdu et continuez à espérer, quelle est la source de cette motivation? Une réponse des plus simples, c’est l’instinct de survie. Mais il y en a qui abandonne.
Lorsqu’on n’a pas expérimenté une situation devant laquelle il n’y a aucun recours, aucun appui humain ou physique, lorsque même les appuis et des solidarités humains ne sont pas en mesure de nous aider, de son salon doré on peut épiloguer sur l’espérance, on peut continuer à orchestrer et à entretenir des guerres, mais on est loin de comprendre ce qu’est l’espérance en temps de guerre.
Pierre écrit cette lettre en temps de persécutions, lorsque les chrétiens pour leur foi sont exclus de la société et éparpillés ailleurs que chez eux. Face à la vie devenue très difficile dans des confinements où il fallait éviter même de tousser pour ne pas se faire entendre, Pierre leur rappelle la grâce de Dieu et la nécessité de rester fidèle. L’endurance est donc un bien à cultiver, parce que l’espoir et la récompense ne sont pas seulement des projections futures, mais bien présentes. Le salut, qui signifie santé et intégrité a déjà commencé, et il est possible dès aujourd’hui d’en profiter.
Au moment où certains sont tentés d’abandonner la loi, Pierre rassure : Dieu est avec eux dans les moments présents, ils vivent avec un espoir qui ne périt pas. Avec un tel espoir ils pourront résister aux difficultés, aux souffrances et aux crises. Seulement, espérer tout seul ne suffit pas, il faut aussi agir. L’espoir est possible, lorsque ceux qui souffrent sont prêts à agir (v 6-7). Il faut y mettre du sien, tout en sachant qu’on n’est pas tout seul; personne ne doit tout seul porter un fardeau, Dieu intervient toujours pour transformer notre espérance et nos petites actions en réalité. L’espérance divine, c’est elle qui propulse la nôtre : elle est durable, et ne disparaîtra pas jusqu’à la fin des temps. L’espoir que Dieu donne se renouvelle éternellement.
PRIERE
Seigneur, prends pitié de tous ceux qui sont malades du corps et de l’âme, du grand nombre de femmes, d’hommes et d’enfants qui souffrent de la vie, qui sont égarés et dépassés ; prends pitié de ceux qui dans cette situation, n’ont ni amis, ni secours humains. Près de toi pointent comme une lumière, l’ordre, la paix, la liberté, la joie parfaite. Au début de cette semaine sainte, sois notre espérance. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Méditation du 27 mars 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Marc 4,35-41
Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples: «Passons sur l’autre rive.» Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était; et d’autres barques le suivaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d’eau. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient: «Maître, nous sommes perdus: cela ne te fait rien?» Réveillé, il interpella le vent avec vivacité et dit à la mer: «Silence, tais-toi.» Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit: «Pourquoi avoir peur? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi?» Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux: «Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent?»Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ?
Les disciples étaient pourtant des marins expérimentés. Ils savaient qu’il était possible de faire face à une tempête redoutable, mais ils ne l’attendaient pas ce soir-là. Surpris, ils n’ont pas été capable de prendre des dispositions pratiques et se sont mis à crier après Jésus : « cela ne te fais rien que nous périssons ? »
La tempête, nous la voyons aussi se préparer dans notre monde, nous savons qu’elle est possible, mais nous ne l’attendons pas. Chacun.e est préoccupé.e par la course à l’argent, aux plaisirs, à la domination. On détruit les valeurs de la vie, on justifie les excès sur tous les plans, même ceux qui transforment l’humain en objet, en robot ; on pousse ses fantasmes à l’extrême, les guerres sont perçues comme des jeux vidéo tournées et retransmises en temps réel, et certains humains s’en régalent comme s’ils n’étaient pas concernés ; on fait et fabrique tout ce qu’on veut, il n’y a plus de limite. Sur tous les plans, on pousse aveuglement son audace à l’extrême en se préoccupant seulement des sensations recherchées, et on ne réalise pas que la tempête se pointe à l’horizon. Surpris, on panique, on hurle, on s’agite.
Le monde a-t-il jamais eu besoin de tranquillité, de s’arrêter un peu? A-t-on jamais eu besoin de se poser un peu, de réfléchir encore, par exemple sur le sens et l’utilité du sabbat, ce moment consacré à Dieu pour se recentrer afin de donner une orientation constructive à la manière selon laquelle on s’occupe de sa création et de ses créatures?
Distrait et ailleurs, l’humain est alors surprit par une tempête inévitable. La parole de Jésus peut encore retentir pour nous aujourd’hui, et nous ranimer: « pourquoi avoir peur ?» Si Dieu est avec nous, il gardera nos âmes dans le calme ; Les tempêtes, Jésus ne nous les épargne pas, elles sont aussi un moyen de nous réveiller de notre distraction et de maintenir la force de notre foi. Le croyant dans la tempête est tranquille, parce qu’il vit du mystère chrétien. Jésus, qui se fait obéir de la grande tempête, est le Fils de Dieu.
PRIERE
Seigneur, la crainte de Toi, est le commencement de la Sagesse. Que cette vérité ne me quitte jamais, afin que je puisse apporter ma contribution à la gestion de ta création, et entrer en relation avec mon prochain, selon ta volonté. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Méditation du 1er avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Genèse 1,1.31
La terre était un chaos, elle était vide ; il y avait des ténèbres au-dessus de l’abîme, et le souffle de Dieu tournoyait au-dessus des eaux (…) Dieu vit alors que tout ce qu’il avait fait : c’était très bon.
Genèse 2,15
Le Seigneur Dieu prit l’humain et le plaça dans le jardin pour le cultiver et pour le garder.
Il créa un monde harmonieux !
Ce n’est pas un poisson d’avril, la Bible le dit : du désordre originaire, Dieu a créé un monde harmonieux dans lequel tous les éléments se tiennent. Les mathématiciens et les physiciens l’affirment aussi même s’ils n’utilisent pas le vocabulaire biblique, et ils essaient de découvrir les lois qui régissent cet équilibre pour s’en servir. Mais il arrive que les découvertes soient utilisées comme des manettes de jeu vidéo, pour manipuler la création, en oubliant que leur non maitrise parfaite pourrait plutôt générer des catastrophes.
Regardant cet équilibre qui fait du bien et qui apaise comme cette danse organisée des poissons colorés dans un aquarium, comme des notes bien organisées d’une musique, Dieu se réjoui, et caresse toujours et toujours le désir de la maintenir.
L’humain qui est un élément, un maillon de la chaine en équilibre, reçoit donc de Dieu, la responsabilité de maintenir cette harmonie, tout en jouissant. Mais très vite, ces humains que Dieu a créés dans la joie et l’amour sont en proie aux jalousies et aux déchirements, et Dieu décide de repartir à zéro, en préservant chaque élément de sa création sur terre, y compris la famille de Noé. Une alliance est nouée et Dieu s’engage à ne plus intervenir de manière radicale.
Plus tard, son peuple l’ayant oublié est réduit en esclavage en Egypte, et Dieu repart à nouveau : « J’ai entendu, dit Dieu, la plainte de mon peuple et je t’envoie, toi, Moise, pour le délivrer ». Les dérives du peuple de Dieu l’emmènent en exil, Dieu le ramène et permet une reconstruction totale. Abraham essaie en vain de sauver Sodome et Gomorrhe, et Dieu propose une perspective de salut. Crucifié par des humains, Dieu ressuscite son Fils qu’il a envoyé en renfort, pour rééquilibrer sa création. Contre vents et marrées, Dieu refait toujours d’une manière ou d’une autre, le monde. Et nous découvrons comme humain après coup la méthode utilisée. Chaque fois que dans ses limites, l’humain qui essaie de se prendre pour Dieu créé un déséquilibre, Dieu intervient pour de maintenir l’harmonie. Et l’humain apeuré créé une organisation comme garde-fou (la Société des Nations, l’Organisation des Nations Unies, Union Européenne, Union Africaine etc.). Mais très rapidement, ces organisations deviennent les lieux à partir desquels se développent aussi des replis sur soi, et des protections contre les autres, instituant ainsi des barrières dans la Vigne du Seigneur et retombant dans le déséquilibre.
Dans notre siècle, la vie est dure : le chômage, la drogue, l’alcool, les accidents de la route, les armes et les guerres ne font pas partie du registre des mots liés à l’harmonie de la création. Les nouvelles maladies on nous le dit, peuvent passer de l’animal à l’humain, lorsque prenant la décision par exemple de vivre avec un lion ou un serpent dans sa maison, ce dernier essaie de remettre comme dans un jeu vidéo, les choses sens dessous-dessus. Les virus s’échappent des mains des chercheurs: avec la volonté des humains, à leur insu? Nous n’avons pas de réponse, mais nous devons en subir les conséquences. N’oublions cependant que le plan de Dieu, c’est le maintien de l’harmonie de sa création.
Que dans les réflexions, les travaux et les idées engagées pour nous sortir de la pandémie au COVID 19, nous n’oublions pas d’engager la volonté de Dieu, surtout lorsque les découvertes qui pointent, déjà au lieu de mettre ensemble les chercheurs, créent des discordes perçues par beaucoup comme des conflits d’intérêts.
PRIERE
Tu es vraiment Seigneur, et tu voudrais que nous jouissions de ta création: donne-nous par ton Esprit, la force de te chercher, et la joie de te trouver dans tous nos engagements à promouvoir un monde meilleur. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.
Pasteure Priscille Djomhoué
-
03 novembre 2021
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Matthieu 5, 17-24 ©TOB
« N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger, mais accomplir. 18Car, en vérité je vous le déclare, avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l’i ne passera de la loi, que tout ne soit arrivé. 19Dès lors celui qui transgressera un seul de ces plus petits commandements et enseignera aux hommes à faire de même sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux ; au contraire, celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. 20Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Meurtre et réconciliation 21« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal. 22Et moi, je vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère : “Imbécile” sera justiciable du Sanhédrin ; celui qui dira : “Fou” sera passible de la géhenne de feu. 23Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, 24laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande.
Notre texte est précédé de celui qui donne une identité aux disciples, c’est-à-dire à toutes celles et tous ceux qui suivent Jésus. Le disciple est le sel de la terre et la lumière du monde, le chrétien est cette personne qui a la capacité comme le sel, de donner du goût à la vie, et comme la lumière d’en illuminer les moments obscurs. Dieu a créé le jour, et il a aussi créé la nuit. Puis il a fait les astres pour que la nuit ne soit pas toute noire. Lorsque la vie devient fade, lorsque l’obscurité menace, le disciple est le juste. La justice dans l’évangile de Matthieu caractérise le vrai croyant.
La parole de Dieu, dont nous avons entendu la lecture dans l’évangile de Matthieu met en rapport la loi et la justice. Est-ce que la loi, l’application de la loi, ou encore le respect de la loi disparaissent avec la venue de Jésus-Christ ? Quelle est la place de la Loi et en quoi consiste la véritable justice ? Voilà des questions qui méritent une réponse, face aux déclarations très fortes du monde moderne, qui disent que Dieu est miséricordieux, que nous sommes sauvés par la foi et non par la Loi. Est-ce-que la Loi est encore valable ?
Pour répondre à cette question, il faut comprendre le contexte social et religieux dans lequel l’évangéliste parle. En effet, l’évangile de Matthieu répond à un problème historique réel, une situation difficile qui a menacé la paix: la communauté de Matthieu se trouve au cœur d’un débat sur la Loi, débat dont les indices sont visibles, à travers deux fronts polémiques identifiés dans les chapitres 5 à 7 (le sermon sur la montagne).
A l’extérieur de sa communauté, il y a le premier front, qui est constitué par la tradition des pharisiens représentant du judaïsme. Pour ce front, la justice consiste en l’observation ritualiste des préceptes de la Loi (5,20). Le deuxième front se trouve à l’intérieur de la communauté de Matthieu : il est constitué par un cercle de croyants qui affichent une distance par rapport à la Loi (5,17). On est sauvé par la grâce, la Loi n’a plus sa place.
Jésus se positionne contre ces deux fronts qui, pris isolément ne peuvent conduire ni à une véritable spiritualité, ni au « Royaume des cieux ». Il répond alors au verset 17 : Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi et les prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir.
Jésus montre la justice, la véritable spiritualité par la démonstration de l’erreur des pharisiens et des croyants rebelles: Il s’inscrit en faux contre ceux qui pensent que sa venue supprime la Loi. Le verbe accomplir exprime la conviction qu’il est celui en qui s’accomplit la Loi. Jésus est celui qui nous donne l’impulsion, la capacité, la possibilité de suivre et de respecter 3 la Loi sans que cela ne soit pour nous, un fardeau, mais un chemin de salut.
Jésus n’a rien supprimé, mais il interpelle à vivre avec une conviction qui vient du cœur, il invite à se laisser motiver par l’Esprit saint afin de ne plus être préoccupé par ce formalisme extérieur. En déclarant qu’il est venu accomplir, la Loi, Jésus s’adresse aux scribes et aux pharisiens qui en avaient fait un rite, une forme sans contenu, d’où le développement de l’hypocrisie, et la persistance de l’injustice et de la souffrance. La loi ne disparaît pas parce qu’elle est au service de la vie, et son application devient possible lorsqu’on se laisse guider par l’Esprit Saint. D’où la nécessité pour chaque chrétienne, pour chaque chrétien, de se poser cette question : quelle est l’importance de la loi de Dieu dans ma vie, quel degré d’importance j’attache à l’obéissance à Dieu? Jésus va prendre plusieurs exemples dans ce texte pour illustrer, pour montrer concrètement et simplement ce qu’est un véritable disciple, un juste. En effet, Jésus n’est pas dans les complications, Il fait des choses simples. Je vais garder pour aujourd’hui un seul de ces exemples. Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. (Mt5, 23-24)
Cette injonction de Jésus: « d’abord te réconcilier » ne l’oublions pas, vient immédiatement après une mise au point qui comporte deux éléments principaux : la validation de la totalité de la Loi (5,17) et le rejet de la justice des scribes et des pharisiens (5,20) qui n’est qu’un rituel. Selon la tradition rabbinique, pratiquer la justice c’est présenter son offrande à l’autel. Mais Jésus montre qu’il y a des impératifs ou des conditions préalables à la validation de cet « acte de justice ».
Il faut que celui qui doit apporter son offrande s’assure d’abord que cette offrande est appréciée de Dieu. Autrement dit, la justice que l’on manifeste à l’extérieur doit émerger de l’intérieur de la personne comme un écho d’une harmonie multidimensionnelle ; une harmonie du donneur avec lui-même, l’harmonie du donneur d’offrande avec son entourage et son harmonie avec Dieu. La réconciliation que l’on trouve au verset 24 est la remise en accord, ou en harmonie des personnes qui étaient brouillées avec elles-mêmes, avec les autres et avec Dieu. Ce verbe est utilisé à la deuxième personne du singulier de l’impératif, et traduit dans le texte une nécessité, un impératif. « Si donc tu présentes ton offrande sur l’autel et là, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse- là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère. » (5,23-24a).
La réconciliation est donc une nécessité et une condition préalables à toute adoration. Ici, le désaccord qui intervient dans la vie du croyant ne peut pas permettre une foi épanouie. La réconciliation est une urgence, elle est radicale, non discutable et se situe à trois niveaux: Il y a d’abord la réconciliation avec soi-même : Cette dimension de la réconciliation est introduite dans le texte par « si tu te souviens ». Cette expression renvoie le croyant à lui-même. Le processus de la réconciliation ne doit pas être déclenché par une plainte, ou par une démarche engagée par l’autre. C’est au croyant de déterminer, en regardant à l’intérieur de lui-même si son frère n’est pas content de lui. Je recommence : Si un chrétien, une chrétienne doit prendre connaissance de son désaccord avec son frère sans entrer en contact avec ce frère, c’est que ce désaccord prend sa source en lui-même. En effet, selon Matthieu, c’est au croyant de s’auto-examiner pour voir au tréfonds de lui-même s’il n’y a pas de sa part une attitude ou un agissement qui ait porté préjudice à l’autre.
Partir de soi-même, de son comportement, de ses pensées, de ses actes pour savoir si on n’est pas soi-même responsable du désaccord avec l’autre, est une démarche qu’on n’entreprend pas le plus souvent. Le verbe se souvenir dans « si tu te souviens » renvoie le croyant à lui-même : et la conjonction « si » traduit l’urgence d’une réconciliation préalable avec soi-même, comme condition de l’harmonie avec les autres. Dit autrement, lorsqu’on n’est pas réconcilié avec soi-même, on se brouille et on casse avec les autres. Lorsqu’on n’ose pas se regarder soi-même, on en accuse toujours les autres, on est porté à projeter sur les autres ses problèmes personnels. C’est ce regard sur soi-même qui peut amener le croyant à se convertir, à changer de point de vue sur soi et à porter un regard favorable sur les autres. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre cette parole de Jésus « si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi » (5,29). Nous n’avons pas à faire ici, à un appel à la mutilation, mais à une exhortation à s’accorder avec soi-même comme garant de l’accord avec les autres.
Ensuite, il y a la réconciliation avec l’autre, le frère, la sœur : si le croyant a pris conscience de la rupture avec son frère, il y a urgence de rétablir la relation. « Laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ». Une fois encore, c’est celui qui veut donner son offrande, c’est le chrétien ou la chrétienne qui veut adorer, qui doit prendre l’initiative de la démarche, qui le conduit vers celui à qui le tort est infligé. Il doit tout abandonner, même s’il était sur le point d’accomplir son acte: « laisse - là devant l’autel ». Dans la tradition juive, il était permis à un croyant laïc d’entrer dans la cour des prêtres où se trouvait l’autel. « Pour interrompre un acte si solennel, il fallait un motif très important ». En demandant au croyant qui est en désaccord avec son frère de suspendre son adoration, Jésus place la réconciliation comme un préalable à l’adoration. Le croyant doit être capable de redresser la situation avant d’adorer son Dieu. Jésus exige le pardon de la part de ceux qui recherchent le pardon de Dieu (6,14s ; 18,21-36). Si le croyant n’est pas en accord avec son vis-à-vis, il ne peut prétendre entrer en communion avec Dieu. « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». Les chrétiens ne retiennent pas souvent la deuxième partie de ce verset du Notre Père. Nous sommes pardonnés lorsque nous pardonnons.
Pardonner, c’est aimer par-dessus l’offense que nous avons subie. Je suis offensée, je montre l’amour, je donne l’amour. Enfin, il y a la réconciliation avec Dieu. La démarche de la réconciliation avec Dieu ne peut être déclenchée que si le croyant est en harmonie avec son semblable : mais, le croyant ne peut être en accord avec les autres que s’il est en règle avec lui-même. La réconciliation avec Dieu, la véritable adoration, la justice « supérieure » se présente ici comme une finalité. Elle est un don de Dieu et ne peut être reçue que par ceux qui se laissent guider par Jésus-Christ. La réconciliation se présente ici, sous les couleurs de la justice « supérieure » car sa finalité, comme cette dernière, est la perception de soi-même et des autres comme des êtres toujours en relation : « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : c’est la Loi et les prophètes » (7,12). La réconciliation avec soi-même, avec l’autre et avec Dieu produisent des effets visibles, ce que Matthieu a appelé la paix. Frères et sœurs, nous voulons la paix, et nous sommes appelés à promouvoir la paix : il n’y a pas deux solutions : la relation. Jésus est ce lien qui nous met en relation les uns, les unes avec les autres. Oserions-nous couper ce lien ? La Justice supérieure, la paix ici se comprend comme le maintien des relations interpersonnelles : tout chrétien, sel de la terre et lumière du monde, dépasse les différences culturelles, religieuses et personnelles pour entrer en dialogue avec les autres, pour les aimer et les respecter. AMEN
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Méditation du 30 mars 2021, Mardi saint
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Jean 13, 21-33.36-38
Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé intérieurement et il déclara solennellement : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un d'entre vous va me livrer. » 22 Les disciples se regardaient les uns les autres, se demandant de qui il parlait. 23 Un des disciples, celui-là même que Jésus aimait, se trouvait à côté de lui. 24 Simon-Pierre lui fit signe : « Demande de qui il parle. » 25 Se penchant alors vers la poitrine de Jésus, le disciple lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » 26 Jésus répondit : « C'est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. » Sur ce, Jésus prit la bouchée qu'il avait trempée et il la donna à Judas Iscariote, fils de Simon. 27 C'est à ce moment, alors qu'il lui avait offert cette bouchée, que Satan entra en Judas. Jésus lui dit alors : « Ce que tu as à faire, fais-le vite. » 28 Aucun de ceux qui se trouvaient là ne comprit pourquoi il avait dit cela. 29 Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensèrent que Jésus lui avait dit d'acheter ce qui était nécessaire pour la fête, ou encore de donner quelque chose aux pauvres. 30 Quant à Judas, ayant pris la bouchée, il sortit immédiatement : il faisait nuit. 31 Dès que Judas fut sorti, Jésus dit : « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié par lui ; 32 Dieu le glorifiera en lui-même, et c'est bientôt qu'il le glorifiera. 33 Mes petits-enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j'ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez venir”, à vous aussi maintenant je le dis. (…) 36 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. » 37 « Seigneur, lui répondit Pierre, pourquoi ne puis-je te suivre tout de suite ? Je me dessaisirai de ma vie pour toi ! » 38 Jésus répondit : « Te dessaisir de ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, trois fois tu m'auras renié avant qu'un coq ne se mette à chanter.»
Le calme, la méditation et la prière
Jésus sait que les heures qui arrivent seront très difficiles à vivre, et il connaît comment les choses se passeront : le projet de son père va s’accomplir, mais l’un des siens se laissera utiliser pour se faire. Il y a donc ici deux situations douloureuses qui pourtant ne le déstabilisent véritablement pas. Au-delà du fait que l’évangéliste Jean dise que « Jésus fut troublé », il faut retenir qu’il le fut intérieurement. En temps qu’humain, il a aussi éprouvé les sentiments que tout être humain normal peut expérimenter : l’empathie, la tristesse (il a pleuré lorsque son ami Lazare était mort, il fut triste lorsque face à lui il voyait des foules misérables etc.). En précisant que le trouble de Jésus était intérieur à lui, l’évangéliste attire naturellement l’attention du lecteur sur le fait que ce trouble n’était pas visible, il n’était pas perceptible par ceux qui étaient face à lui. Autrement dit, nous ne le saurions pas s’il ne l’avait pas mentionné afin que nous qui lisons, nous en soyons informés. Ce faisant, ce que l’évangéliste voudrait aussi souligner, c’est ce que les disciples qui étaient en sa compagnie en ce moment particulier où il dit ces choses « solennellement », n’auraient pas constaté sa tristesse.
Jésus qui était aussi un humain, a donc développé une maitrise de soi devant une tempête foudroyante qu’il voyait venir. On peut bien mentionner cette maîtrise de soi, parce que même lorsqu’il annonce que l’un des siens le trahira, c’est avec sérénité qu’il le fait : d’abord, il indique sans émotions la personne qui va le trahir, au point que les disciples ne s’en rendent même pas compte, et ne sont finalement pas au courant de la gravité de ce que Judas va faire : « Aucun de ceux qui se trouvaient là ne comprit pourquoi il avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensèrent que Jésus lui avait dit d'acheter ce qui était nécessaire pour la fête, ou encore de donner quelque chose aux pauvres » (v28-29). Puis, avec la même sérénité, il informe Pierre qui manifeste un zèle plutôt maladroit, qu’il le reniera.
Voilà une attitude qui permettra à Jésus de faire face à son épreuve avec dignité : il voit venir les choses, il a devant lui le traite, il a devant aussi, lui le disciple qui dit l’aimer le plus et qui va bientôt le renier à plusieurs reprises, et il ne s’agite pas, il ne les maudit pas, il n’en fait pas un drame. Il n’en fait pas un drame parce qu’il sait que l’heure est grave et que ces disciples eux- aussi vont souffrir à leur manière de cette grande épreuve. Il y a dans sa maîtrise de soi, une volonté de les ménager ; il y a derrière son attitude la manifestation d’un amour fort qui est soucieux de protéger ses amis en ce moment crucial. Les disciples ont besoin de cet amour qui leur procurera beaucoup de force pendant la période difficile dont l’intensité va s’augmenter progressivement jusqu’au vendredi.
En quoi est ce que pareille attitude peut nous concerner, nous ses disciples d’aujourd’hui ?
Les événements que nous expérimentons à l’instar de la pandémie à la Covid 19, et de tous nos problèmes les plus personnels, nous déstabilisent au plus haut point. Il n’ y a pas un seul pays aujourd’hui qui ne passe pas par des moments particulièrement difficiles sur tous les plans, avec des conséquences directes sur la vie des êtres humains, sur les animaux et sur la nature. Devant l’incertitude, plusieurs s’abandonnent ou se laissent aller, en développant beaucoup de stress, en maudissant les autres, en jetant l’opprobre sur les institutions, et même sur Dieu. Or cette attitude, loin de nous aider nous éloigne de la solution, puisqu’elle nous empêche de nous concentrer sur la recherche des voies possibles, en nous mobilisant plutôt vers la gestion des intrigues et des conflits que notre attitude crée en nous-même, et avec les autres.
Le calme ou la maîtrise de soi, la méditation et la prière sont nos alliées lorsque surviennent les moments difficiles, pour nous aider à y faire face dans la dignité, sans tomber dans des accusations sans fins, au moment où il faut être positif pour se concentrer avant tout sur la recherche des moyens de s’en sortir.
Que l’Esprit du Christ nous habite pendant nos moments obscurs, pour nous apporter de l’assurance, la maîtrise de soi et la lumière, car sa mort annoncée pointe sur sa Résurrection et sur la nôtre.
Prière
Seigneur Jésus-Christ, prends sur ta croix ce qui me gêne, ce qui me peine, ce qui m’inquiète et m’accable. Prends soin de mon lendemain. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué
-
Méditation du 20 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025
Ac 4, 23-26 ; 29-31
23 Une fois relâchés, Pierre et Jean rejoignirent leurs compagnons et leur racontèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. 24 On les écouta ; puis tous, unanimes, s'adressèrent à Dieu en ces termes : « Maître, c'est toi qui as créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve, 25 toi qui as mis par l'Esprit Saint ces paroles dans la bouche de notre père David, ton serviteur : Pourquoi donc ces grondements des nations et ces vaines entreprises des peuples ? 26 Les rois de la terre se sont rapprochés et les chefs se sont assemblés pour ne faire plus qu'un contre le Seigneur et contre son Oint. (…) 29 Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces et accorde à tes serviteurs de dire ta Parole avec une entière assurance. 30 Etends donc la main pour que se produisent des guérisons, des signes et des prodiges par le nom de Jésus, ton saint serviteur. » 31 A la fin de leur prière, le local où ils se trouvaient réunis fut ébranlé : ils furent tous remplis du Saint Esprit et disaient avec assurance la parole de Dieu.
A Pâques, Christ a remporté la victoire sur la mort, et sur les forces des ténèbres. Mais les forces du mal ne veulent pas reconnaître leur défaite, et reviennent sans cesse à la charge en créant par des menaces, la peur afin d’empêcher cette victoire d’être éclatante dans la vie des humains. Si de manière claire le chrétien sait que cette victoire est acquise, il demeure vrai qu’il faut veiller pour ne pas se la laisser voler.
Les disciples à la suite de leur maître vont expérimenter des épreuves dont le point commun est le complot: Pierre et Jean, après avoir annoncé le Christ et guérit un infirme, sont arrêtés et menacés par les membres du Sanhédrin: nous allons donc les menacer pour qu’ils ne mentionnent plus ce nom devant qui que ce soit. (Ac 4,17).
Une fois relâchée, les disciples reviennent dans la communauté et racontent leur épreuve, après avoir déclaré devant les chefs qu’ils ne se tairont pas : Nous ne pouvons donc pas quant à nous, taire ce que nous avons vu et entendu. (Ac 4,20)
La réponse de la communauté, si éclairante mérite d’être relevée : de manière unanime, les membres de la communauté se réunissent autour de la prière dans laquelle ils notent clairement que les chefs se liguent encore contre le Christ. Ils présentent cette menace devant Dieu et prie pour que les apôtres puissent continuer à assumer leur vocation avec audace et assurance, évoluant de succès en succès, de guérisons en guérisons. Pas question de céder aux menaces.
Devant les foules désemparées comme Matthieu le décrit si bien: Voyant la foule, Jésus fut pris de pitié pour elle, parce qu’elle était fatiguée et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger (Mt9, 36), la communauté chrétienne est face à sa responsabilité. Pour celle des Actes des apôtres, où la puissance de l’Esprit Saint s’est manifestée de façon extraordinaire, l’heure est à la prière et à l’action : prier, annoncer le Christ et poser des actes concrets.
Des barrières énormes se dressent pourtant contre le Christ et la foi des chrétiens, au moment où les humains n’arrivent pas à placer une parole claire sur cette pandémie qui leur tombe sur la tête: face à ce drame par lequel nous sommes tous.tes affecté.es sans exception, il y a des révoltés qui s’insurgent contre Dieu. On a même entendu sur les réseaux sociaux, des accusations qui essaient de lui imputer ce qui arrive, tentant ainsi une fois encore de le taire, ou d’empêcher son œuvre de se poursuivre. Même si « le loup est dans la bergerie », Dieu ne change pas ; Il est Vérité et amour, il est à l’œuvre; il tient le gouvernail de sa création, et son Esprit se meut inlassablement sur tout l’étendu sa création. Nul ne peut l’arrêter, c’est Lui qui donne l’impulsion pour que son œuvre se poursuive sur terre.
La victoire sur la souffrance, et sur la pandémie aussi a été remportée par le Christ, Lui dont le Père s’est donné des humains, comme instrument entre ses mains. Les disciples, les chrétiens, les croyants connaissent dès lors ce qu’il faut faire, ils doivent assumer leur mission: avec la force, le dynamisme, l’impulsion, le courage, l’inspiration et le discernement que nous accorde notre Dieu, faisons monter nos prières, et mettons en œuvre ce qu’il convient de faire. Prions, et agissons.
PRIERE
Seigneur, que valent nos prières si nous ne nous levons pas, que valent nos connaissances de ta parole si le courage de Pierre et de Paul nous manque? Mobilise tes enfants, tes créatures comme tu le fis autrefois pour que guérisons , transformations et joie remplacent le vocabulaire de la maladie, de la mort et de la peur qui nous hante depuis l’apparition du Covid 19. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et sauveur, le Vivant. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoue