Créer un site internet

Méditation du 27 mars 2020

Marc 4,35-41

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples: «Passons sur l’autre rive.» Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était; et d’autres barques le suivaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d’eau. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient: «Maître, nous sommes perdus: cela ne te fait rien?» Réveillé, il interpella le vent avec vivacité et dit à la mer: «Silence, tais-toi.» Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit: «Pourquoi avoir peur? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi?» Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux: «Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent?»

Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ?

Les disciples étaient pourtant des marins expérimentés. Ils savaient qu’il était possible de faire face à une tempête redoutable,  mais ils ne l’attendaient pas ce soir-là. Surpris, ils n’ont pas été capable de prendre des dispositions pratiques et se sont mis à crier après Jésus : « cela ne te fais rien que nous périssons ? »

La tempête, nous la voyons aussi se préparer dans notre monde, nous savons qu’elle est possible, mais nous ne l’attendons pas. Chacun.e est préoccupé.e par la course à l’argent, aux plaisirs, à la domination. On détruit les valeurs de la vie, on justifie les excès sur tous les plans, même ceux qui transforment l’humain en objet, en robot ; on pousse ses fantasmes à l’extrême, les guerres sont perçues comme des jeux vidéo tournées et retransmises en temps réel, et certains humains s’en régalent comme s’ils n’étaient pas concernés ; on fait et fabrique tout ce qu’on veut, il n’y a plus de limite. Sur tous les plans, on pousse aveuglement son audace à l’extrême en se préoccupant seulement des sensations recherchées, et on ne réalise pas que la tempête se pointe à l’horizon. Surpris, on panique, on hurle, on s’agite.

Le monde a-t-il jamais eu besoin de tranquillité, de s’arrêter un peu? A-t-on jamais eu besoin de se poser un peu, de réfléchir encore, par exemple sur le sens et l’utilité du sabbat, ce moment consacré à Dieu pour se recentrer afin de donner une orientation constructive à la manière selon laquelle on s’occupe de sa création et de ses créatures?

Distrait et ailleurs, l’humain est alors surprit par une tempête inévitable. La parole de Jésus peut encore retentir pour nous aujourd’hui, et nous ranimer: « pourquoi avoir peur ?»  Si Dieu est avec nous, il gardera nos âmes dans le calme ; Les tempêtes, Jésus ne nous les épargne pas, elles sont aussi un moyen de nous réveiller de notre distraction et de maintenir la force de notre foi. Le croyant dans la tempête est tranquille, parce qu’il vit du mystère chrétien. Jésus, qui se fait obéir de la grande tempête, est le Fils de Dieu.

PRIERE

Seigneur, la crainte de Toi, est le commencement de la Sagesse. Que cette vérité ne me quitte jamais, afin que je puisse apporter ma contribution à la gestion de ta création, et entrer en relation avec mon prochain, selon ta volonté.  Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.

Pasteure Priscille Djomhoué