L'esclave qui sauve
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025 à 08:51
Revisitons l’Ancien Testament ce mois-ci, en nous appesantissant sur le livre des Rois. En relisant un texte qui à plusieurs reprises a fait l’objet d’exercice pratique lors de mes enseignements de narratologie, j’apprécie encore davantage deux caractères, en ce moment particulier où se rivalisent « forces et puissances » au grand dam des petits, des impuissants, des faibles que sont le petit peuple de tous les pays du monde presque, écœurés, apeurés et confus devant une situations fortement médiatisée dans laquelle la plus haute attention semble portée non pas sur la sécurité humaine, mais sur la « sécurité militaire ». Pourtant, c’est bien la sécurité humaine qui est la préoccupation de Dieu qui décide ou non de la victoire des israélites, indépendamment de leur situation ou de leur grandeur militaire: le regard attendri de Dieu caresse les moments où son peuple des humains, qu’Il a disséminé sur sa création, partagera des moments de paix et de concorde. Voilà pourquoi pour sauver « le puissant » qui dans la réalité est impuissant, il se sert de « la faible », de « l’impuissante » : c’est l’une des leçons fortes qui me parle en ce moment, dans l’histoire du général d’armée syriens Naaman et de la petite esclave israélite: 2 Rois 5, 1-27.
Naaman est un général d’armée de la Syrie antique, qui jouit de tout ce qu’un humain peut matériellement désirer pour être heureux : une belle famille, de la richesse, de la puissance, des esclaves et servants, de la considération, de l’admiration et l’amour et du soutien du roi. Tout s’aligne pour lui réussir, car même son nom signifie gracieux. Il donne des ordres dans sa maison, dans l’armée et dans la société. Pourtant, il est faible, et impuissant face à un être invisible à l’œil nu: le bacille Mycobacterium leprae, puisqu’il est lépreux. Pour son époque, il dispose des armes de guerre efficaces, et de la bénédiction du roi ; mais il la lèpre lui colle à la peau, car les médecins n’ont pas de traitement. Face à une bactérie, son argent, sa puissance, ses commandements ne servent à rien.
La Bible nous apprend qu’Israël a très souvent été en guerre avec les syriens. Lors d’une guerre, les syriens capturèrent une petite israélite. Cette déportée et étrangère, fait partie des personnes que Naaman soumet, puisqu’elle est servante de sa femme. La captive anonyme est cette personne qui va indiquer la voie de la guérison du puissant. Autrement dit, la personne perçue comme impuissante vole au secours du puissant ! Dans cette histoire, qui est vraiment dépendant de qui ? Qui ne dépend pas de qui ?
Dans ce monde où Dieu a placé les humains, qui n’est pas dépendant de qui ? Avons-nous intérêt à ce que certains disparaissent ? Il n’y a pas un monde des importants et un monde des inutiles ; il n’y a pas un monde de bons et un monde de mauvais, mais il y a en chaque être humain une part de « bon » et une part de « mauvais ». Et Christ est mort sur la croix, il est Ressuscité pour que nous voyions et que nous comprenions que dans le plan de Dieu le bon, la lumière prends le dessus sur l’obscurité, même si l’obscurité est fonctionnelle et garde sa place : « Et Dieu vit que cela était bon » (voir Genèse1, 2-5). Christ est mort pour que les humains entretiennent la lumière, pour qu’ils brillent de telle manière que l’obscurité assume sa fonction sans toutefois être nuisible.
L’obscurité à sa place, mais elle ne doit pas être nuisible, elle ne doit pas non plus semer la confusion : la nuit succède au jour, et le jour à la nuit, dans une danse harmonieuse et bien coordonnée par Dieu, pour le bien de sa création : les plantes grandissent la nuit en rejetant en petite quantité le CO2 utile à d’autres êtres en ce moment-là, et vivent une autre vie le jour en épurant l’air par le rejet de l’oxygène et l’absorption du CO2 rejeté par les humains. Tout se tient en équilibre ! Par la volonté de Dieu.
Les humains aussi ont été créés différemment, diversement, ayant chacun au moins une richesse que l’autre ne possède pas, et c’est le plan de Dieu, pour garder sa création en équilibre. La prétention de certains de se prendre pour Dieu, alors qu’ils ne sont qu’une pièce du puzzle, voilà le péché qui rompt l’harmonie que Dieu attend de notre dépendance mutuelle, et de notre stimulation mutuelle.
En tant qu’humain sur la terre, chacun, chacune a un devoir pour le bien de tous.tes, celui d’assurer aux limites de sa personne, le lien qui maintient le puzzle de Dieu en équilibre, pour son propre équilibre aussi.
Dieu aujourd’hui nous met en garde : notre équilibre, dépend de l’équilibre des autres.
Priscille Djomhoué, Pasteure