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  • BONNE ANNEE 2026 !

     

    Désormais ce n'est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour, ce n'est plus la lune, avec sa clarté, qui sera pour toi la lumière de la nuit. C'est le SEIGNEUR qui sera pour toi la lumière de toujours, c'est ton Dieu qui sera ta splendeur. (Es 60,19)

     

    Le consistoire de L’Eglise Protestante Unie de Belgique à Namur, et sa pasteure Priscille Djomhoué, vous souhaitent une année 2026 bénie de Dieu.

     

    Oui, nous avons toujours de bonnes raisons de formuler en débuts d’années, de bons souhaits pour les personnes que nous aimons bien, ainsi que pour nos ennemis, en priant pour que s’effondrent les barrières qui nous séparent. Nos souhaits ont leur place, mais c’est adulte de savoir que les joies côtoierons les peines, et que toute chose ne se passera pas toujours comme nous le souhaitons, car c’est ce qu’il y a de plus normal dans ce monde : les défis, anciens et nouveaux continueront à faire partie de notre vie. Mais ce qui fait la différence d’une personne à l’autre, c’est la manière selon laquelle nous expérimentons les différents moments de la vie. Pour les chrétiens,  la Nativité que nous venons de célébrer nous apporte une joie  imprenable, et une espérance qui ne faillit pas malgré les épreuves.

    Le prophète Esaïe qui a annoncé l’Emmanuel encourageait autrefois les israélites à se laisser guider par le Seigneur qui est lumière. Son message s’adressait alors à un peuple pour le moins divisé. En effet, après un exil qui a duré environ 50 ans, les juifs sont de retour, mais leur unité n’est plus assurée, parce que ceux qui étaient en exil n’ont pas gardé intacte leur culture : leur manière de parler l’hébreu a évolué, et leur pratique cultuelle a dû s’adapter pour palier à l’absence du Temple. Ceux qui sont restés cependant ont gardé la nostalgie du Temple de Salomon détruit par les Babyloniens et ils s’estimaient plus juifs que les autres.

    Esaïe intervient alors dans le chapitre 60, pour apporter de l’espérance au peuple de Dieu, face à une situation qui risque compromettre son unité. Il faudrait alors se laisser guider par Dieu qui est lumière et splendeur. Ce Dieu s’est révélé en Jésus-Christ: Il vient comme Lampe à nos pieds et Lumière sur notre sentier. Sa force, c’est l’Amour.

    Les citoyens du monde ne sont pas responsables des guerres. Mais la situation mondiale actuelle prend des tournures plutôt mitigées, dans lesquelles les peuples à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs territoires respectifs sont divisés et se vouent une haine générée par leur adhésion ou pas au développement de la guerre: pour certains, c’est tout à fait normal de faire la guerre comme solution aux différends, alors que pour d’autres il n’en est pas question. Il y a aussi des personnes qui ne savent quoi faire. La persistance de la violence a des conséquences sur tout le monde. Une colère monte alors, qui emmène les uns à laisser croire que les points de vue des citoyens - qui n’ont aucun pouvoir de décision de guerre-, sont responsables de la souffrance.

    Les choses vont même plus loin, car il se dégage un sentiment qui essaie de culpabiliser l’étranger, en le rendant responsable des souffrances.

    Aux portes des sociétés apparaît ainsi l’ombre d’une haine qu’il faut exorciser avant qu’elle ne s’installe de manière à aveugler tout le monde, et mettre en mal les relations entre citoyens, entre membres d’une même famille, et entre amis. La haine est aveugle et fougueuse, elle détruit tout sur son passage, le bon comme le mauvais. Les chrétiens ne doivent pas tomber dans le piège de la haine justifiée par l’une ou l’autre  position construite autour des différentes solutions dans cette situation: comment continuer à aimer l’autre, de cet amour que nous recommande le Christ quelle que soit sa position, même si on ne la partage pas? Comment  vivre ensemble de telle sorte que des idées et des situations qui ne sont pas partagées ne deviennent pas le prétexte de clivages, de divisions et de haine?

    Au début d’une nouvelle année, pour nous guider et nous accompagner, relisons le message d’Esaïe qui annonce l’espérance et le moyen de se sortir d’épreuve: désormais ce n'est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour, ce n'est plus la lune, avec sa clarté, qui sera pour toi la lumière de la nuit. C'est le SEIGNEUR qui sera pour toi la lumière de toujours, c'est ton Dieu qui sera ta splendeur.

    Que le Seigneur vous accompagne tout au long de cette nouvelle année !

    Votre pasteure Priscille Djomhoué

  • Nous célébrons le Dieu qui nous apporte tendresse et de paix

     

    Ce dernier numéro du journal paroissial, arrive à la fin d’une année marquée par des événements et des émotions de toutes sortes, lesquels nous ont touchés positivement ou négativement, et dont les conséquences continuent à impacter notre vie.

    Au cœur des événements attristants, nous avons aussi expérimenté beaucoup de joie. Si en ce moment particulier nous louons le Seigneur pour les lumières de proportions différentes qui ont jalonnées nos vies, et pour les forces qu’Il nous donne pour faire face aux épreuves, nous restons incertains quant à l’évolution des tensions et des foyers de guerre à travers le monde. Cependant l’Eglise, les chrétiens préparent la venue d’un Roi.

    C’est un Roi singulier, comme on en recherche au quotidien, lorsque nos espoirs s’estompent : il vient briser l’anxiété de celles et ceux qui consentent à recevoir son aide ; il vient accomplir cette parole d’Espérance annoncée par Dieu lui-même, après une punition exemplaire, infligée à une humanité qui s’est détourné de lui : « Les eaux ne deviendront plus jamais un Déluge qui détruirait toute chair » (Gn9,15b)

    Aujourd’hui encore, nous nous posons la question de savoir si l’être humain n’est pas allé très loin dans son égarement, en développant des activités qui détruisent son environnement, en promouvant des idéologies dont la finalité sabote la dignité humaine, en faisant l’apologie de la violence tout en considérant la bienveillance comme étant une faiblesse ? La mort brutale et prématurée d’un humain est devenue banale, la vie aussi semble avoir moins d’importance que la violence, et surtout la violence programmée. Sur tous les plans, nous projetons sur l’avenir, des regards inquiets: y a-t-il des raisons d’espérer en un avenir certain?

    C’est bien au cœur de cette grisaille saisonnière et psychologique que nous allumerons la première, la deuxième, la troisième et la quatrième bougie de l’Avent. Les lumières des bougies et les guirlandes allumées ou installées  par les croyants et les non croyants témoignent de la victoire de la lumière sur les ténèbres : noël, c’est la réponse aux innombrables questions que nous nous posons, c’est le voile levé sur nos inquiétudes ; c’est surtout l’accomplissement de la promesse de Dieu, qui commence depuis son alliance avec Noé (il n’y aura plus de razzia humaine),  et qui est annoncée aussi par le prophète Esaïe: il faut accueillir l’enfant Roi, et nous ouvrir aux nouvelles possibilités qu’il nous apporte.

    Est-ce que la présence d’un « enfant Roi » a un sens au moment où nous sommes confrontés à des forces si violentes? Beaucoup de forces se déchaînent dans le monde : la nature elle-même poussée à nuire par le fait des humains, et les humains contre les humains, par la construction des flottes de guerre de plus en plus performantes, l’imagination des méthodes de destruction rapide et massive. Est-ce donc proportionnel que Dieu mette en rapport ces forces brutes avec un Prince de Paix qui arrive comme un bébé sans défense, sans armes de guerre humaines? Est-ce que ce rapport de force est suffisant pour rassurer les humains, et surtout ceux qui encore nient l’existence même du créateur ? Voltaire comme beaucoup a dit: « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger ».

    Pour Dieu, le rapport entre la puissance apparente « des puissants du monde » et la fragilité de l’enfant Roi est proportionnel, et c’est de cette vision de la proportionnalité très spéciale aux yeux des humains, que découle la paix : Dieu se fait proche des humains qui sont tous et toutes  sans exceptions, faibles et fragiles : les guerres ne font pas de tri, elles n’épargnent pas les puissants, les faibles, et les violents.

    Alors que nous nous enfonçons dans la violence, Dieu se fait proche de nous; il nous dit sa tendresse, son amour, sa miséricorde. Par sa Parole, et par la force de l’Esprit Saint, Il nous arme pour nous en sortir. Mais c’est bien à nous humains de choisir, c’est à nous de décider.

    Pour ce  Noël, je vous exhorte à vous accrocher à cet espoir en priant spécifiquement

    • Pour que l’audace et le courage qu’offre le Saint Esprit viennent remplacer la peur dans votre vie.
    • Pour que le Seigneur indique à chacun.e selon la mission et les moyens qu’Il lui donne, comment devenir un agent de paix pour sa famille, pour son église, pour son pays, pour le monde et l’environnement.

    En cette période de fin d’année, puisse chacun.e ressentir vivement cette proximité de Dieu ! Quelle vous garde dans la paix et dans l’espérance en Jésus- Christ.

    Que l’année 2026 soit pour chacun.e de vous, une année d’espérance et de paix.

    Votre pasteure Priscille Djomhoué

  • Rêver l'Eglise?

    Rêver l’église ?

    Au moment où je réfléchis sur ce numéro de notre bulletin paroissial, la pastorale nationale de l’EPUB qui aura lieu le 30 septembre à Bruxelles se propose de réunir les serviteurs de Dieu autour d’une  question cruciale: « Rêver l’Église : Pourquoi pas ? »

    Le rêve, dans son essence arrive, surprend, ou s’invite à nous, au moment où nous ne nous y attendons pas le plus. En règle générale et pas exclusivement, il advient pendant le sommeil. Pendant le rêve, l’homme est passif, il subit, il ne choisit pas l’expérience par laquelle il doit passer, et qui peut être exaltante ou inquiétante. Or au sujet de la pastorale, les choses ne se passent pas ainsi : les participants sont appelés à rêver, à imaginer, à projeter. Rêver a alors le sens d’aspirer en s’investissant activement à quelque chose de meilleur. Si l’homme doit devenir l’acteur de son rêve, c’est en effet parce que les choses ne se passent pas comme il le souhaite, et il n’en est pas satisfait. Il faut alors poser des jalons du changement ou de l’amélioration de la situation présente.

    Il faut donc repenser, ou rêver l’Eglise. Mais, l’Eglise ne nous appartient pas. L’Eglise n’appartient pas à l’homme, et la Bible dit que Christ est le chef de l’Eglise : ( Ephésiens 1,20-23 ; 5, 23 ; 1Collossiens 1, 15-18) ; Voilà  pourquoi, je pense que pour rêver une Eglise dont celui qui est le fondement , « est vivant », présent et omniscient, il faudrait encore broder avec lui. L’Esprit saint est envoyé par le Père pour demeurer en les disciples et pour  les guider : (Jean 14,26 et 28).

    Je voudrais nous inviter communauté de Namur, et celle de nos sympathisants à réfléchir, et surtout à comprendre comment l’Esprit Saint qui régénère, nous outille pour mieux rêver son Eglise. Je vous propose alors en guise d’introduction, une réflexion tirée d’un livre sur la mission.

    Que le Seigneur fructifie notre lecture à sa gloire

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • Fie-toi au Seigneur

    Fie-toi au Seigneur de tout ton cœur

    C'est la fin des vacances, et nous voilà de retour après avoir pris un temps de pause et de ressourcement chacun à sa manière, profitant aussi d’un soleil dont l’ardeur commence à décliner. Mais les rayons qui ont pénétré gracieusement nos cœurs pendant l’été nous porterons en automne, et pendant l’hiver.

    C’est une rentrée pleine de promesses; elle s’annonce pour notre communauté, sous des couleurs de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences avec le Seigneur et les uns avec les autres, de partage et d’apprentissage, et surtout de découvertes. Voilà des perspectives qui, pour se transformer en réalité invitent à s’ouvrir, à oser, à se lancer dans l’inconnu, tout en ayant la conviction que le Seigneur chemine avec nous. Savoir que le Seigneur est « au cœur de nos vies » ne signifie pas que nous serons exemptes de surprises et de défis à surmonter, mais que nous devons être attentifs, mieux demander du discernement pour prendre Sa main tendue, au moment où nous nous sentons faibles et dépourvus. Notre confiance est placée en Dieu qui connaît ce qui pour nous est inconnu, que ce soit sur les plans scolaire et universitaire, professionnel, familial et communautaire.

    Certains appréhendent la reprise avec inquiétudes, d’autres avec questionnements, d’autres encore avec confiance ; l’inquiétude, les questionnements, la confiance sont des ingrédients dont l’association, sous le regard bienveillant du Seigneur, façonnent la vie de la communauté. Pour ceux qui ont beaucoup d’appréhension, et dont l’inquiétude risque de constituer un frein à l’audace et à la mobilisation, pour ceux dont la confiance risque se transformer en orgueil et constituer  un blocage à l’harmonie qui impose la présence des sentiments diversifiés, à nous tous et toutes membres et sympathisants de l’Eglise Protestant de Namur, nous trouverons notre force dans cette parole: Fie-toi au SEIGNEUR de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ton intelligence. Dans toute ta conduite sache le reconnaître, et lui dirigera tes démarches. (Proverbes3,5-6) 

    Que chaque jour qui suit cetet nouvelle rentrée soit pour chacun et chacune, l'occasion de se rapprocher davantage de dieu, d'apprendre à le connaître mieux à travers lma lecture et le partage de la Parole, la prioère, et un vivre ensemble qui témoigne de notre foi en Lui.  

    Que la paix et la joie que donne l’Eternel nous accompagnent tout au long de cette année.

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • L'esclave qui sauve

    Revisitons l’Ancien Testament ce mois-ci, en nous appesantissant sur le livre des Rois. En relisant un texte qui à plusieurs reprises a fait l’objet d’exercice pratique lors de mes enseignements de narratologie, j’apprécie encore davantage deux caractères, en ce moment particulier où se rivalisent « forces et puissances » au grand dam des petits, des impuissants, des faibles que sont le petit peuple de tous les pays du monde presque, écœurés, apeurés et confus devant une situations fortement médiatisée dans laquelle la plus haute attention semble portée non pas sur la sécurité humaine, mais sur la « sécurité militaire ». Pourtant, c’est bien la sécurité humaine qui est la préoccupation de Dieu qui décide ou non de la victoire des israélites, indépendamment de leur situation ou de leur grandeur militaire: le regard attendri de Dieu caresse les moments où son peuple des humains, qu’Il a disséminé sur sa création, partagera des moments de paix et de concorde. Voilà pourquoi pour sauver « le puissant » qui dans la réalité est  impuissant, il se sert de « la faible », de « l’impuissante » : c’est l’une des leçons fortes qui me parle en ce moment, dans l’histoire du général d’armée syriens Naaman et de la petite esclave israélite: 2 Rois 5, 1-27.

    Naaman est un général d’armée de la Syrie antique, qui jouit de tout ce qu’un humain peut matériellement désirer pour être heureux : une belle famille, de la richesse, de la puissance, des esclaves et servants, de la considération, de l’admiration et l’amour et du soutien du roi. Tout s’aligne pour lui réussir, car même son nom signifie gracieux. Il donne des ordres dans sa maison, dans l’armée et dans la société. Pourtant, il est faible, et impuissant face à un être invisible à l’œil nu: le bacille Mycobacterium leprae, puisqu’il est lépreux. Pour son époque, il dispose des armes de guerre efficaces, et  de la bénédiction du roi ; mais il la lèpre lui colle à la peau, car les médecins n’ont pas de traitement. Face à une bactérie, son argent, sa puissance, ses commandements ne servent à rien.

    La Bible nous apprend qu’Israël a très souvent été en guerre avec les syriens. Lors d’une guerre, les syriens capturèrent une petite israélite. Cette déportée et étrangère, fait partie des personnes que Naaman soumet, puisqu’elle est servante de sa femme. La captive anonyme est cette personne qui va indiquer la voie de la guérison du puissant. Autrement dit, la personne perçue comme impuissante vole au secours du puissant ! Dans cette histoire, qui est vraiment  dépendant de qui ? Qui ne dépend pas de qui ?

    Dans ce monde où Dieu a placé les humains, qui n’est pas dépendant de qui ? Avons-nous intérêt à ce que certains disparaissent ? Il n’y a pas un monde des importants et un monde des inutiles ; il n’y a pas un monde de bons et un monde de mauvais, mais il y a en chaque être humain une part de « bon » et une part de « mauvais ». Et Christ est mort sur la croix, il est Ressuscité pour que nous voyions et que nous comprenions que dans le plan de Dieu le bon, la lumière prends le dessus sur l’obscurité, même si l’obscurité est fonctionnelle et garde sa place : « Et Dieu vit que cela était bon » (voir Genèse1, 2-5). Christ est mort pour que les humains entretiennent la lumière, pour qu’ils brillent de telle manière que l’obscurité assume sa fonction sans toutefois être nuisible.

    L’obscurité à sa place, mais elle ne doit pas être nuisible, elle ne doit pas non plus semer la confusion : la nuit  succède au jour, et le jour à la nuit, dans une danse harmonieuse et bien coordonnée par Dieu, pour le bien de sa création : les plantes grandissent la nuit en rejetant en petite quantité le CO2 utile à d’autres êtres en ce moment-là, et vivent une autre vie le jour en épurant l’air par le rejet de l’oxygène et l’absorption du CO2 rejeté par les humains. Tout se tient en équilibre ! Par la volonté de Dieu.

    Les humains aussi ont été créés différemment, diversement, ayant chacun au moins une richesse que l’autre ne possède pas, et c’est le plan de Dieu, pour garder sa création en équilibre. La prétention de certains de se prendre pour Dieu, alors qu’ils ne sont qu’une pièce du puzzle, voilà le péché qui rompt l’harmonie que Dieu attend de notre dépendance mutuelle, et de notre stimulation mutuelle.

    En tant qu’humain sur la terre, chacun, chacune a un devoir pour le bien de tous.tes, celui d’assurer aux limites de sa personne, le lien qui maintient le puzzle de Dieu en équilibre, pour son propre équilibre aussi.

    Dieu aujourd’hui nous met en garde : notre équilibre, dépend de l’équilibre des autres.

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • "Se réformer sans cesse"

    En octobre nous pensons à la Réforme Protestante. La réforme s’entend comme le changement que l’on apporte afin d’obtenir de meilleurs résultats. Pour les protestants, c’est la conséquence qui a suivi l’audace de nombreux chrétiens depuis la nuit des temps, lequel consistait à se lever contre les dérives des lectures des Saintes Ecritures et du gouvernement de l’institution religieuse. Malheureusement ou heureusement, elle s’est soldée non pas par un changement à l’intérieure mais par la séparation d’avec l’église catholique romaine, et la naissance de ceux qu’on a appelé protestants.

    En effet, la grogne des fidèles (silencieuse ou exprimée) qui ne s’est jamais arrêtée a connu son point culminant le 31 octobre 1517, lorsque Martin Luther affiche 95 thèses sur les portes de la chapelle du château de Wittenberg. Nous n’oublions pas tous les pré-réformateurs, et tous les chrétiens qui ont payé de leur vie, leur courage de contester un ordre à leurs yeux contraire à la parole de Dieu.

    Dieu merci, l’un des principes des protestants, c’est « se réformer sans cesse ». Les confusions que l’on observe dans un monde en pleine mutation ont des répercussions importantes dans l’Eglise qui elle aussi passe par des crises. Est-ce que le moment n’est pas venu pour l’Eglise de Jésus-Christ, de se reposer des questions sur les fondamentaux de la foi chrétienne, avant de réfléchir sur la manière selon laquelle elle doit les reformuler de manière à apporter une réponse adéquate à la crise qu’elle traverse aussi bien sur le plan spirituel qu’institutionnel?

    Plusieurs approches sont développées:

    • On part de l’évolution de la société pour adapter la foi chrétienne et le gouvernement de l’église, en essayant de mimer l’organisation structurelle du monde séculaire: le risque, c’est de s’éloigner de l’objectif et surtout de présenter une foi qui n’a plus d’intérêt. Les enfants, les hommes et les femmes accablés par un monde rude viennent chercher refuge dans l’Eglise. Ils viennent surtout chercher dans l’église, ce que le monde ne leur donne pas.
    • On part d’une lecture littérale des Ecritures, et on veut faire appliquer à la lettre ce qui est écrit. Le risque est encore plus grand, d’essayer d’appliquer ce qui n’est pas compris, car plus de 2000 ans nous séparent de ce qui est écrit, et qui est perçu littéralement. L’effort de lecture et de compréhension de la Parole est une nécessité si on la veut saisir. Il faut alors se poser la question de savoir ce qu’on recherche : la lettre de l’écrit, ou la Parole de Dieu ?
    • On part aussi de ses désirs personnels, et on choisit des extraits de textes coupés de leurs contextes pour faire valider ce qu’on voudrait pour soi-même : on essaie d’ « adapter »; la Bonne Nouvelle doit s’appliquer à tous, et pour la gloire de Dieu. La dimension communautaire de la foi chrétienne n’est pas optionnelle, et ce qui est Bonne Nouvelle pour moi l’est aussi pour mon prochain. Il n’y a pas d’églises et de chrétiens privilégiés ; les assemblées qui se constituent au nom de Jésus-Christ rassemblent des personnes qui s’acceptent mutuellement, comme le fait Christ dont ils sont des disciples.

    Comment poursuivre la réformation de l’Eglise de Jésus-Christ pour qu’elle travaille efficacement à promouvoir le Royaume promis auquel nous aspirons?

    Il n’y a pas de recette miracle. Mais l’importance de revenir aux fondamentaux de la foi chrétienne, et de réfléchir sur sa reformulation est signalée. L’enjeu est l’obéissance : l’obéissance et la fidélité à un engagement de suivre le Christ et de faire SON œuvre. Si nous devons reformuler la Bonne Nouvelle, c’est pour qu’elle reste Bonne Nouvelle, pas pour une élite, mais pour tout le monde, pour la création toute entière. Voilà pourquoi l’Eglise de Jésus-Christ, en ce siècle de confusion est plus que jamais interpelée.

    Que nos lectures de la Parole de Dieu nous poussent, avec l’éclairage de l’Esprit Saint, à agir pour que notre communauté, notre église et le monde soit le reflet du Royaume que nous attendons.

    Bonne fête de la Réformation

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Quel beau cadeau!

    Quel beau cadeau!

    N’avons-nous pas besoin aujourd’hui plus qu’hier, de nous approprier ce beau cadeau ?

    N’avons-nous pas besoin d’entendre une AUTRE NOUVELLE, une Bonne Nouvelle, dans la grisaille des journées monotones du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver ? Depuis quelques années, quelle que soit la saison, le symbole spécial auquel elle renvoi ne semble plus emballer ou porter les humains : le soleil ne dissipe plus nécessairement l’anxiété ; les lumières des bougies multicolores et parfumées n’arrivent plus à camoufler la grisaille hivernale et enivrer riches, moyens ou pauvres ;  les villes sont comme d’habitude déjà parées, mais le climat médiatique particulièrement anxiogène l’emporte et contamine pratiquement tous les secteurs de la vie.

    Pourtant il y a une possibilité, celle de s’assurer que pour soi, un climat de sérénité est possible : il est possible de ménager pour soi, un climat de joie, de paix et d’espérance à partager pour faire revivre la magie de noël. Il manque alors juste deux ingrédients : la motivation et l’engagement qui permettent de retrouver dans les fondements de noël, cette petite chose, aussi petite que le grain de poussière, qui a été rejeté ou négligé. Les fastes, les manières, les programmes ménagés, les grandes organisations sont des ingrédients, mais pas cet élément déterminant. Les humains imaginatifs et talentueux savent organiser de grandes célébrations, mais l’effet s’estompe aussi rapidement parce qu’il manque cet élément immuable et permanent, qui illumine de l’intérieur en transformant la vie à l’extérieur. Jean parlait déjà de la situation du monde qui refuse de recevoir la lumière :

    La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré l'obscurité à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de crainte que ses œuvres ne soient démasquées. (Jean 3,19-20)

    Le Christ est cette Lumière qui enjolive toutes les personnes qui se laissent habiter par Elle : il leur permet aussi de dompter efficacement, comme la lumière englouti les ténèbres, les défis oh combien immenses du monde présent.

    Le Christ nous invite à nous approprier Sa lumière, il nous invite à la fête, une fête qui dure plus que le temps de noël. Le 17 décembre 2023 à 10h, il nous convie tous et toutes à Gembloux, à une célébration dont il est le maître de cérémonie. Il y aura beaucoup de lumière et de parfum, il y aura aussi beaucoup de chaleur autour de la raclette communautaire arrosée de boisson de noël, et accompagnée de contes, de scénettes et de jeux.

    Venez avec beaucoup d’amour à partager, et avec la disposition d’en recevoir pour toute l’année 2024 et bien plus !

    JOYEUX NOËL !!!

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • Un Mandat, et puis quoi?

    « Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28,18) »

    Telle est la dernière parole que le Christ ressuscité laisse à ses disciples rassemblés, au moment de s’en aller vers le Père. Cette parole est reprise par Marc16, 15, Luc 24,48, et reformulée dans Actes1,8.

    Elle n’apparait pas pour la première fois à la fin des évangiles, mais elle rejoint en effet, la toute première que Jésus leur adresse, au moment où il les appelle: « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » (Matthieu 4,19 ; Marc 1, 17 ; Luc 5, 10) : ce n’est pas une aventure pascalienne, ni un moment de vacances. Jésus appelle ses disciples pour une raison particulière, et il le fait savoir d’entrée de jeu, afin que ceux qui répondent positivement à son invitation en soient conscients.

    Du début jusqu’à la fin du ministère terrestre de Jésus, tout est indiscutablement clair, il y a une constance dans son objectif : ses disciples le suivent pour comprendre sa vocation, et surtout pour la perpétuer en appelant, jusqu’aux extrémités de la terre, les hommes et les femmes à le suivre, et à faire de même. Si Jésus quitte son ministère terrestre, c’est pour continuer autrement, par le truchement du Saint Esprit qu’il leur donne à la Pentecôte comme accompagnateur : il les rassure donc, de sa présence continue.

    L’évangéliste Matthieu, dans le sermon sur la Montagne (chapitres 5 à 7) définit les disciples de manière plus large: le disciple, ce n’est pas seulement celui qui appartient au cercle des douze, mais c’est celui qui le suit, et qui l’écoute. Autrement dit, les auditeurs du sermon sur la montagne, aussi nombreux soient-ils, ainsi que tous ceux qui, même au détour d’un chemin, prêtent attention à son enseignement et y adhèrent, sont des disciples ! L’Eglise est donc faite de disciples ; et l’Eglise, ce n’est pas un bâtiment, un édifice ou une cathédrale. L’Eglise, ce ne sont pas les dirigeants, ce n’est pas le pasteur, ni encore moins le consistoire ; mais ce sont les personnes qui se rassemblent en un lieu parce que convoqués par le Christ pour faire des disciples et promouvoir le règne qu’il a annoncé. Voilà le mandat qui fonde et caractérise la vocation de ces personnes qui ont suivi Jésus dès le début de son ministère, qui se sont engagés à cheminer avec lui fidèlement, et qui nous ont rallié : nous sommes l’église ! Tu es l’église.

    Jésus donne l’Esprit Saint à ses disciples que nous sommes; c’est une force pour nous accompagner parce que la tâche n’est pas facile, et elle doit être faite. Jésus nous demande d’être des pécheurs d’homme, des faiseurs de disciples, et cette tâche réclame de l’engagement, et de l’audace. L’audace de parler, et l’audace d’appeler. Que faisons-nous, particulièrement à ce sujet ? Après l’Ascension et la Pentecôte, j’aimerais nous inviter à réfléchir sur notre vocation en tant qu’église ou paroisse: pourquoi sommes-nous dans l’Eglise de Jésus-Christ ? L’Eglise est-elle tout simplement un cadre de convivialité où on vient seulement se faire du bien à soi et à nos amis? Et le mandat du Christ, qu’en faisons-nous?

    Priscille Djomhoué, Pasteure.

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