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  • Se réformer sans cesse… Impossible sans l’aide de l’Esprit Saint !

    Nous célébrons la Réformation dont l’une des valeurs fondamentale est, se réformer sans cesse. Se réformer sans cesse signifie autrement que, ce qui s’est passé au XVIe siècle avec la grande contestation de Luther qui a fini par chambouler la configuration de l’Eglise ne fut pas un acte définitif, mais un processus qui se poursuivra jusqu’à ce qu’arrive la Jérusalem céleste  que nous attendons. La Réforme est un chemin nécessaire et même obligé, sur lequel évolue l’Eglise au jour le jour, et qui l’emmène à se débarrasser progressivement de ce qui l’encombre, pour mettre en place ce qui lui permet de faire la volonté de Dieu contenu dans cette réponse donné par Jésus à un légiste qui un jour lui posait la question de savoir quel est le plus grand commandement: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée (…)  Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Matthieu 22, 37-38

    Il faut se réformer sans cesse, il faut se remettre en question continuellement, il faut à chaque moment de l’histoire, face aux questions qui surgissent, se poser la question de savoir quelle est la volonté de Dieu, et obéir ! Même si elle nous coûte un changement dans nos pensées et dans nos pratiques. Ainsi, la parole de Dieu ne change pas, l’Evangile ne change pas, la volonté de Dieu ne change pas, mais nos pratiques sont appelées à changer lorsqu’elles ne répondent pas à la volonté de celui pour qui nous sommes Eglise : nos pratiques doivent varier en se conformant à la volonté de Dieu.

    Or, il y a une instance qui permet le renouvellement de l’Eglise, cette 3e personne de la trinité dont la fonction est de régénérer : c’est l’Esprit Saint. Malheureusement, en tant qu’églises historiques, nous ne lui accordons plus suffisamment la place qu’il doit occuper dans nos vies et dans celle l’Eglise de Jésus-Christ. En célébrant la Réformation, il faut aussi célébrer et l’Esprit Saint et lui redonner sa place car il est le paracletos, celui que Jésus nous a laissés pour continuer l’œuvre de son Père.

    Pour nous aider, essayons donc de comprendre qui est l’Esprit Saint, sa place et sa fonction dans les Actes des apôtres, ce live du Nouveau Testament qui présente l’âge d’or du christianisme.

    Que l’Esprit Saint soit la force qui nous anime, et qui nous propulse dans son Eglise.

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • Bonne Année !!!

    C’est ici un vœu que nous allons nous souhaiter tout le long du mois de janvier 2025. Est-ce un slogan que l’on se donne tout simplement le devoir de répéter au moment venu, ou alors un souhait derrière lequel se dresse une invitation, un engagement, un appel à un déplacement parfois douloureux des habitudes et des attitudes qui empêchent que notre année soit vraiment bonne?

    Pouvons-nous prendre quelques minutes pour réfléchir sur la signification des vœux que nous nous adressons ? Pouvons-nous oser une autre formulation ? Par exemple, as-tu déjà identifié des choses de ta vie qui sont un frein à ton épanouissement, et par ricochet à celui du groupe, de la famille, de la communauté, et que tu peux changer si tu le veux?

    Il y a des choses qui dépendent de moi comme pardonner, et celle qui ne dépendent pas de moi comme l’acceptation du pardon que j’offre. Mais la question est bien à mon niveau car c’est le lieu de ma libération : puis-je moi, avoir la volonté de demander l’aide de Dieu pour inverser les situations qui ne m’épanouissent pas? Il ne s’agit pas de scruter les autres, mais moi-même ; les freins des autres, ils s’en occupent.

    En effet, Jésus à travers sa parole nous fait comprendre que lorsque les choses ne fonctionnent pas comme nous l’entendons, il faudrait d’abord faire un travail sur soi, car très souvent c’est le regard que nous portons sur les choses qui fait problème, et non les choses en elles-mêmes. Très souvent aussi, ce ne sont pas les personnes que nous incriminons qui sont le problème, mais le regard que nous portons sur elles. C’est pourquoi Jésus demande à son interlocuteur de faire le premier pas lorsqu’il constate, mieux lorsqu’il se souvient qu’il y a un problème avec le frère ou la sœur : « Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande » (Matthieu 5, 23-24). C’est à moi de réfléchir si tout va bien. L’évangéliste fait état d’une situation qui brise l’harmonie personnelle, indépendamment de qui est responsable. Si l’harmonie est brisée, il faut trouver la solution. Et la meilleure solution, c’est de se libérer d’abord soi-même en pardonnant. Il n’y a pas meilleure libération que celle-là, car elle dépend entièrement de soi-même, et ne nécessite même pas l’approbation de l’autre. Le pardon est un DON. Pardonner, c’est donner de l’amour dans toutes les situations : Jésus sur la croix, à ses persécuteurs (Luc 23,34) ; au brigand (Luc 23,43).

    Je nous recommande, au début d’une nouvelle année, cette exhortation de l’apôtre Paul : Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour : c’est lui qui fait l’unité dans la perfection. Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. Vivez dans l’action de grâce (Colossiens 3, 13-15)

    Que cette année soit vécue dans l’obéissance à notre Seigneur,

    Quelle soit favorable à chacune et à chacun.

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • Crois-tu cela?

    Le thème de la célébration œcuménique de 2025 est inspiré de cette question de Jésus à Marthe, survenue dans un dialogue qui pour moi apporte de la lumière sur l’une des questions existentielles qui n’a pas cessé de préoccuper l’homme : la mort. Elle est capitale cette question, parce qu’elle touche le au cœur de la croyance : la foi.

    Lazare est mort depuis 4 jours et son corps repose déjà au tombeau. Jésus pose alors à Marthe la question de sa résurrection. Or cette question, comme c’est souvent le cas dans l’évangile de Jean laisse percevoir un quiproquo: de quoi parle Jésus lorsqu’il évoque la résurrection de Lazare ? Evénement à court ou à long terme ? La réponse de Marthe renvoie à un futur lointain.

    L’importance de cette question répétée en leitmotiv dans la liturgie de la célébration œcuménique est signalée. La question est aussi pour nous chrétiens de Gembloux et d’ailleurs ; elle invite à engager une réflexion sur notre perception de la foi chrétienne qui, de plus en plus est marquée par un rationalisme outrancier qui ne laisse plus assez de place à la foi, à l’attente, mieux à l’inattendu.

    Face aux défis, et à l’incertitude dans lesquels le monde est plongé, cette question dois être répétée : crois-tu cela ? Crois-tu que ta foi en Christ est capable de susciter la venue de l’inattendu ? Crois-tu qu’il y a de l’Espérance derrière la confusion du monde qui maintenant se démultiplie jusque dans les communautés chrétiennes ?

    Que le Seigneur nous inspire dans la réponse à ces questions.

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • Au contraire, le Seigneur use de patience envers nous.

    2 Pierre3, 8-9

    8 Il y a une chose en tout cas, mes amis, que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. 9 Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu'il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion.

    Trente ans environ après la Résurrection et l’Ascension du Christ, les premiers chrétiens commencèrent à se fatiguer de l’attente promis de son retour. Certains étaient décédés, et beaucoup se posaient des questions sur leurs sorts (1Thessalonissiens 4,13-18). Pendant que le doute et l’incertitude gagnaient les cœurs, l’ennemi en profita pour  gagner du terrain, en enseignant que ce retour a déjà eu lieu (2Thessaloniciens 2,1-2).

    Pierre dans cet extrait répond pour exhorter et fortifier la foi des chrétiens qui a été ébranlé par un faux enseignement qui a profité de leur faiblesse. Sa méthode consiste à éclairer les chrétiens en exposant d’abord en amont, des indices qui permettent de reconnaître les faussaires, et par conséquent à se détourner de leurs enseignements : il accuse ses adversaires d’avoir « les yeux remplis d’adultère » ; de ne pas pouvoir « cesser de pécher » ; d’« attirer les âmes troublées » ;  d’avoir « le cœur exercé à la cupidité » ;  et d’être « des enfants de malédiction » (2 Pierre 2,14-15). Pierre les qualifie de « moqueurs », « marchant selon leurs propres convoitises » (2 Pierre 3,3).

    Il appelle alors les chrétiens à attendre avec impatience « le jour du Seigneur, qui viendra comme un voleur dans la nuit ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée » (2 Pierre 3,10). Les chrétiens doivent alors se préparer pour ce jour par « une vie sainte et pieuse » (2 Pierre 3,11).

    Pour dévoiler l’enseignement des faux docteurs au sujet de la seconde venue du Christ, Pierre  appelle les chrétiens à se souvenir que «   devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (v 8). Il fait ainsi allusion à un psaume 90,4 qui dit : « Car mille ans sont à tes yeux comme le jour d’hier, quand il est passé, comme une veille dans la nuit ».

    En effet Dieu voit le temps autrement, et il nous est parfois difficile de comprendre son timing. La Bible est pétrie d’histoire qui mettent à rude épreuve notre entendement du temps, par rapport à celui de Dieu : Abraham et Saraï n’ont-ils pas naturellement eu un enfant à un âge qui pour nos calculs est impossible ?

    Au regard des évènements nous plongent dans l’incertitude aujourd’hui, nombreux se posent aussi la question du retard de cette seconde venue du Christ, en raison de la souffrance physique, morale et psychologique qu’endurent les humains, et surtout du fait que cette situation démoralisante soit répandue sur toute notre planète. Dieu a-t-il oublié les humains ?

     « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il est patient (en grec: makrothymeo) envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous parviennent à la repentance » (v 9). Le retard que nous ressentons est dû au makrothymeo de Dieu : sa patience, sa tolérance. Dieu prend du temps pour donner aux humains l’occasion d’entendre l’Évangile, de se repentir, et d’être sauvés. Le « retard » n’est donc pas dû à l’échec de Dieu à tenir sa promesse, mais plutôt à son amour.

    Le sentiment de retard, explique tout simplement que nous ne sommes pas à l’œuvre, nous avons laissé de côté notre vocation de dire et vivre l’Evangile, et plus précisément de faire des disciples, les aidant ainsi à obtenir le salut, et leur donnant l’occasion d’aider les autres à faire de même. Cette lassitude, comme toute lassitude rallonge le temps.

    Le moment n’est-il pas venu d’entendre cette parole et de nous mettre à l’œuvre pendant que nous nous préparons à célébrer la venue de l’enfant Roi, celui qui nous fait goûter aux prémices du Royaume auquel nous aspirons ?

    Que l’Esprit de Dieu nous conduise pendant ce temps de préparation de la célébration de l’Enfant Roi qui vient.

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • ... Et moi je vous dis: aimez !!!

    « Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. 39 Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. 40 A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. 41 Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. 42 A qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos. 43 « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. 44 Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. (Mt5, 38-44)

    « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». Cette parole  a retenti depuis plusieurs millénaires (Ec1,9), elle reste actuelle. Les guerres ne sont donc pas nouvelles : toutes les sociétés, ont toujours entretenu la guerre comme moyen de s’implanter, et d’étendre leur hégémonie, de se développer en prenant de force ce qui appartient à l’autre, ou de protéger ce que l’autre voudrait lui arracher etc. Il y a eu des guerres familiales, des guerres tribales, des guerres religieuses, des guerres civiles, des guerres inter-Etats, des guerres mondiales. Les guerres n’ont jamais cessé, et elles sont le fruit de la volonté humaine : si les catastrophes naturelles nous tombent souvent dessus, les guerres sont toujours initiées et entretenues par les humains : ceux-ci ont donc le choix de faire, ou de ne pas faire la guerre.

    Toutes les guerres ont toujours été dévastatrices au point où il serait malhonnête de ne pas reconnaître qu’elles ne se soldent pas par des victoires. Même lorsque certains se déclarent vainqueurs et travaillent à soumettre ceux qu’ils pensent être vaincus, Jésus qui a très bien vu les choses sait bien que rien de ce qu’on obtient par la violence ne peut être considéré comme victoire, tellement les dégâts de part et d’autres sont énormes : pertes humaines énormes, dégâts matériel et environnemental, récession économique, traumatismes de tous ordres (séquelles physique, psychologique et psychique). Pour avoir séjourné à Hiroshima, je mesure combien les traumatismes de la 2eme guerre mondiale encore aujourd’hui sont présents…..

    Jésus comprend parfaitement l’inutilité de la violence ; c’est pourquoi, interprétant la Torah ( Loi) dans un contexte de débats et de disputes fréquentes avec les scribes et les pharisiens, il enseigne ses disciples dans le sermon sur la montagne, juste au début de son ministère public,  en accordant un point d’honneur à la nécessité de pratiquer la non-violence dans la gestion des conflits : l’expression «  il vous a été dit » qui reprend une exhortation à la violence, suivie de «  mais /et moi je vous dis » qui y oppose une attitude non violente, est redondante à souhait.

    L’appel à la réplique non-violente n’est cependant pas un encouragement à la lâcheté : Jésus qui est jaloux de la dignité de l’être humain, et qui a travaillé contre vents et marrées à redonner leur dignité aux faibles et aux forts rejetés, appelle à se mobiliser face à tout ce qui atténue la vie, mais en s’éloignant de la méthode qui reproduit la violence, qui atténue ou supprime la vie sous toutes ses formes. Autrement dit, en reproduisant la violence, on rentre incontestablement dans une dynamique cyclique de la violence.

    Il faut défendre sa dignité, se mobiliser contre la violence, contre l’agression, en utilisant un moyen sans failles. La violence braque les belligérants qui, à un moment donné s’essoufflent et sentent inconditionnellement le besoin d’arrêter : mais l’arrêt est dû à l’essoufflement, et non à la résolution du conflit. Autrement dit, parce que les guéguerres ne sont pas désactivées à cause du cycle de la violence, la fatigue impose un tempo, mais pour avoir l’occasion de souffler et de se préparer à nouveaux à la violence. Voilà pourquoi les guerres ne finissent pas ; elles sont au cœur de la vie des humains, dans les familles, dans les couples, parmi les enfants, les amis, en milieu professionnel, et même à l’église. La propension à la violence se trouve d’abord dans l’être des humains, en moi ; et c’est depuis ma personne, que commence la résolution du conflit, quel qu’il soit. Je dois d’abord me désactiver de la violence que j’ai en moi, et dont l’origine est parfois floue (raison pour laquelle on a besoin d’aide pour comprendre et en prendre conscience). Dans la résolution du conflit, on pense toujours que c’est l’autre qui doit se plier ; c’est exactement le contraire. Jésus enseigne qu’à l’occasion d’une provocation, c’est ma personne qui change/s’adapte et qui change tout ; c’est mon attitude à moi qui envenime ou qui étouffe le conflit dans l’œuf.

    Il y a des méthodes qui entretiennent, et des méthodes qui transforment la violence. Voilà, entres autres, ce qu’il faut comprendre de l’enseignement de Jésus dans le sermon sur la montagne. La violence doit être transformée en bienveillance, par la force de l’amour.

    Jésus met lui-même en pratique ses enseignements. L’illustration parfaite se trouve dans la grande expérience qui l’a mené de la passion à la résurrection : on a craché sur lui, on l’a insulté, il a été flagellé et crucifié. Il ne s’est pas défendu physiquement, il ne l’a même pas fait de manière psychologiquement violente. Mais il a répondu sincèrement et courageusement aux questions par lesquelles une phrase attendue (et qu’il n’a pas prononcé volontairement), lui aurait épargné la crucifixion. En plus, il a pardonné à ses bourreaux : « Père pardonne-leur… » (Luc 24,34). Contrairement à ce qu’on croit gagner en exerçant la violence, Jésus a gardé sa dignité, et sa vie en exerçant la non-violence : il est Ressuscité et il vit pour toujours.

    Nous cheminons vers Pâques, et je nous exhorte à prendre la place des disciples, c’est à dire des élèves. Cheminons aux côtés du Christ, en apprenant à transformer nos violences en bienveillance, pour surmonter les tribulations dont nous sommes l’objet. La guerre commence là où disparaît l’amour. Et la vie renaît lorsque l’amour reprend sa place.

    Christ est Ressuscité, il est vraiment Ressuscité alléluia !

    Priscille Djomhoué, Pasteure

  • Méditation du 1er mai 2020

    Gn 11,1-9

    La terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots. 2 Or en se déplaçant vers l'orient, les hommes découvrirent une plaine dans le pays de Shinéar et y habitèrent. 3 Ils se dirent l'un à l'autre : « Allons ! Moulons des briques et cuisons-les au four. » Les briques leur servirent de pierre et le bitume leur servit de mortier. 4 « Allons ! dirent-ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. » 5 Le SEIGNEUR descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils d'Adam. 6 « Eh, dit le SEIGNEUR, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur première œuvre ! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible ! 7 Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres ! » 8 De là, le SEIGNEUR les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. 9 Aussi lui donna-t-on le nom de Babel car c'est là que le SEIGNEUR brouilla la langue de toute la terre, et c'est de là que le SEIGNEUR dispersa les hommes sur toute la surface de la terre.

     

     

    Quand l’orgueil accompagne la réussite, l’humiliation s’en suit.

     

    Plusieurs sociétés en ce XXIe siècle s’entendent comme laïques. Ce mot est quelque peu complexe ; pour beaucoup, derrière le mot se hisse une volonté de minoriser, voire de faire disparaître tout ce qui est religieux, tout ce qui est religion, et particulièrement le nom qui légitime l’existence même des religions à savoir Dieu. Dieu, ce nom ne doit plus être prononcé dans certains espaces, dans certains milieux. D’ailleurs dans son CV, il vaut mieux ne pas mentionner comme activité associative, son appartenance religieuse même si la religion est classée comme association.

    Cette propension à écarter Dieu de sa création et à le remplacer n’est pas nouvelle, elle se manifeste dans l’histoire de l’humain chaque fois que la réussite ou le succès arrivent: l’orgueil et l’ostentation lui donne alors un sentiment de grandeur et de supériorité pas seulement par rapport aux autres humains, mais aussi, vis-à-vis du créateur. Plus l’humain découvre ses potentialités à innover et à trouver des solutions, plus le désir de comploter contre Dieu devient grand.

    L’orgueil des humains, se coalisant pour se faire un centre, et un nom sans Dieu est biblique. C’est ce que témoigne le récit de la tour de Babel, entendu aussi comme celui de la confusion: en effet ce qui se passe, c’est que le génie des habitants a été à l’honneur dans la découverte des procédés qui permettent d’utiliser des matériaux locaux pour fabriquer des pierres artificielles, dans une région qui n’a pas de Pierre. Cette découverte révolutionne la construction, et favorise le passage de l’habitat précaire au solide. Voilà un succès qui transforme complètement le paysage. Seulement, le succès monte à la tête, et les gens de Babel rêve d’un autre projet énorme, celui de la construction d’une tour dont l’objectif présente deux rêves clairement définis: atteindre le ciel, et prendre la place de Dieu. Le texte en effet précise que dans le projet de construction  des babyloniens, le sommet doit atteindre le ciel. Le ciel est le lieu où habite Dieu ; il s’agira donc de trouver Dieu là où il habite. Le deuxième objectif, est de se faire un nom ensuite. Se faire un nom après avoir atteint le ciel, a le sens de s’identifier sur ce lieu de l’habitation de Dieu, c’est marquer son espace. Deux objectifs: atteindre Dieu, et s’installer à sa place. Il faut se faire un nom pour ne plus quitter, pour ne plus aller ailleurs, pour ne pas être dispersés.  Dans le jargon politique contemporain, on parlera de complot, ou de préparation à un coup d’Etat. Allons ! dirent-ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. (v4).

    Les prétentions à l’unité seront donc stoppées, marquant ainsi l’échec de toute tentative humaine à unir ses forces dans le but de tenir tête à Dieu, et surtout de travailler pour sa propre gloire. Le Seigneur brouille le langage des gens de Babel et les disperse : De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville (v8).  Des orgueilleux, le Psaume 2,4 dit : Il rit, celui qui habite le ciel, le Seigneur se moque d’eux.

     

    PRIERE

    L’épître aux hébreux dit qu’Abraham par la foi, séjourna dans la terre qui lui avait été promise, comme dans une terre étrangère : Seigneur, accorde nous la grâce de suivre les traces du père de la foi. Nous sommes de passage sur cette terre, personne n’est immortel; que la crainte de toi nous rende humble, respectueux de Tes humains que tu as créés libres et de Ta création. Par Jésus Christ à qui revient toute  gloire. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 24 mars 2020

    Job 19,1.23-27a

    Job répondit :

    Ah si mes propos pouvaient être écrits, s’ils étaient gravés dans un livre !

    Qu’avec un stylet de fer et avec du plomb ils soient pour toujours taillés dans le roc !

    Je sais bien, moi, que mon rédempteur est vivant, et qu’Il se lèvera, le dernier, sur la poussière, après que ma peau aura été détruite ; de ma chair je verrai Dieu.

    Moi, je le verrai.

    Sœurs et frères,

    Il y a des moments où on ne sait quoi dire. On a beau cherché, on ne trouve pas une réponse sans équivoques aux questions qui ne manquent pas de se poser : « pourquoi un tel drame?» Pourquoi des innocents, pourquoi des personnes modestes, pourquoi des médecins qui ne veulent que sauver leurs patients doivent-ils mourir ? On ne comprend pas.

    Est-ce qu’il y a un passage biblique qui puisse me donner de manière claire et définitive une réponse à ma question, à nos questions ?

    Les amis de Job aussi, devant une telle douleur cherchent des explications.

    Dans le fond de sa peine, Job se souvient de la parole du prophète Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. Mes chemins ne sont pas vos chemins.» Devant l’absurdité de certains événements, nous sommes bien obligés d’admettre que le monde de Dieu n’est pas le nôtre, nous ne fonctionnons pas comme Lui.

    Comme Job, nous pouvons crier notre confiance: LE DIEU QUI ME SAUVE EST VIVANT ! Je suis sûr qu’il y a une issue à cette affreuse situation, mais je ne sais comment Dieu peur faire pour réparer l’injustice que sont, la souffrance et la mort des victimes du Coronavirus que nous sommes tous.tes. Simplement, je Lui fais confiance. Je sais qu’il n’y a pas deux issues ; c’est la confiance ou la révolte. Et Job dit moi, j’ai choisi la confiance.

    PRIERE

    Seigneur, tu connais notre peine, soutient notre espérance.

    Pour les familles en deuil, pour ceux dont la douleur brise la vie, fortifies leur espérance.

    Pour les enfants du monde qui doivent relever le défi du confinement, pour les parents qui doivent les contenir, fortifies leur espérance.

    Pour les médecins, les infirmier.es, les aides-soignants, les aides à domicile qui s’exposent et qui donnent leur vie, fortifies leur espérance.

    Pour l’Eglise dont la vocation est de transmettre l’espérance, accorde-lui d’être toujours présente.

    Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Méditation du 30 avril 2020

    Ps 37, 1-9 ; 39-40

    1 Ne t'enflamme pas contre les méchants, ne fais pas de zèle contre les criminels, 2 car ils se faneront aussi vite que l'herbe, et comme la verdure, ils se flétriront. 3 Compte sur le SEIGNEUR et agis bien pour demeurer dans le pays et paître en sécurité. 4 Fais du SEIGNEUR tes délices, il te donnera ce que ton cœur demande. 5 Tourne tes pas vers le SEIGNEUR, compte sur lui : il agira, 6 il fera paraître ta justice comme l'aurore et ton droit comme le plein midi. 7 Reste calme près du SEIGNEUR, espère en lui ; ne t'enflamme pas contre celui qui réussit, contre l'homme qui agit avec ruse. 8 Laisse la colère, abandonne la fureur, ne t'enflamme pas ; cela finira mal, 9 car les méchants seront arrachés, mais ceux qui attendent le SEIGNEUR posséderont le pays (…) 39 Le salut des justes vient du SEIGNEUR : il est leur forteresse au temps du danger. 40 Le SEIGNEUR les aide et les libère ; il les libère des impies et il les sauve, car ils l'ont pris pour refuge.

     

    Face au mal

     

    Il y a des situations qui frustrent et qui déstabilisent, comme par exemple le fait pour un innocent de payer par sa vie ou par une perte,  de subir des conséquences des actes qu’il n’a pas posés, ou encore le fait pour un brave de subir des violences pour le bien qu’il a fait. Ces jours-ci, les médias nous mettent plein la vue, cette situation toute à fait paradoxale qui n’est pourtant pas nouvelle, mais dont on ne parlait pas assez jusqu’alors : la bataille de ces personnes que le langage biblique indiquera en utilisant l’expression serviteur souffrant. Nombreux sont attaqués, dans leur chair et dans leur âme, certains même tués pour avoir fait du bien, pour avoir servi, pour avoir été juste, pour avoir proposé des solutions. Le Covid 19 est un ennemi commun à l’humanité, mais certains semblent interdire aux justes d’aider, de donner, de faire venir le nécessaire pour les oubliés, de proposer des solutions au moment où tous, nous sommes convaincus de la nécessité de "joindre les mains"; les menaces et les intimidations se succèdent pendant que des innocents tombent. Et la méchanceté « prospère », semble prospérer.

    Si nous sommes de cette catégorie de personnes qui souffre de leur volonté de faire du bien, le psaume 37 est une bonne indication. Il expose, et explose  le succès apparent des méchants, et place en bonne position la condition du juste souffrant, qui va retrouver sa paix dans un ensemble de recommandations. Le psaume 37 est cette sagesse de Dieu qui rassure, c’est en même temps un plan d’action pour expérimenter la paix qui dépasse toute compréhension, et surpasse les situations difficilement surmontables.

    Comment être en paix et ne pas succomber dans ces moments d’angoisse qui nous tombent sur la tête?

    Que la souffrance soit causée par ceux qui rejettent Dieu et qui essaient de se substituer à lui en faisant valoir l’anarchie et l’immoralité comme mode de fonctionnement,  qu’elle soit le résultat du péché et de la cupidité de l’Homme, le chrétien n’a rien à craindre.

    La parole de Dieu recommande de ne pas se mettre en colère devant une situation qui est maintenant mise à nue : ceux qui s’acharnent contre ce qui est juste ont fait leur choix, et ils l’assumeront. Le juste, loin de se fâcher, doit plutôt s’en remettre au Seigneur, lui faire confiance et continuer à faire le bien. La foi et la confiance sont un mode de vie qui implique toujours l’action. La foi se matérialise dans l’obéissance à Dieu, et particulièrement dans l’accomplissement de ce que Dieu ordonne. Voilà pourquoi la confiance en Dieu et le bien ne peuvent être séparés.

    Il sera donc nécessaire, au lieu de s’occuper du méchant, de développer sa relation avec Dieu. Voilà une recommandation qui est assortie d’une promesse : Fais du Seigneur tes délices, il te donnera ce que ton cœur demande (v4). S’engager vers le Seigneur signifie chercher sa présence, aller vers Lui dans la prière, déposer nos problèmes à ses pieds et les y laisser dans la confiance, et attendre patiemment, tout en restant actif, en continuant à faire du bien.

    Le psalmiste recommande au juste, d’arrêter de s’inquiéter du méchant, pour profiter de Dieu dans les tempêtes de la vie. C’est au croyant de ne pas laisser son cœur se troubler, en se confiant à Dieu qui lui rend justice : Le salut des justes vient du Seigneur, il est leur forteresse au temps de la détresse (v39).

     

    PRIERE

    Seigneur, la souffrance que l’on m’apporte est une force que ta puissance utilise. Voici, je dépose toutes mes douleurs à tes pieds: je détourne mon regard du méchant, pour me centrer sur Toi. Par Jésus-Christ, qui a remporté la victoire sur la méchanceté. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

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