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Méditation du 31 mars 2020
Méditation du 31 mars 2020
Ps 22, 2-3 ; 22b-25
2 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Pourquoi restes-tu si loin, sans me secourir, sans écouter ma plainte ?
3 Mon Dieu, le jour je t'appelle au secours, mais tu ne réponds pas ;
et la nuit encore, je suis sans repos.
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22 (…) Oui, tu m'as répondu !
23 Je veux parler de toi à mes frères et à mes sœurs,
je veux t'acclamer parmi les fidèles assemblés :
24 « Acclamez le Seigneur, vous qui reconnaissez son autorité.
Honorez-le, vous tous descendants de Jacob.
Tremblez devant lui, vous tous descendants d'Israël !
25 Car le malheureux qui est accablé, il ne l'a pas méprisé, il ne l'a pas rejeté ;
il ne s'est pas détourné de lui, il a entendu son appel. »
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?
Nous nous posons beaucoup de question sur Dieu, sur ce qu’Il fait devant cette souffrance, et nous nous sommes en colère. Nous essayons même, de lui imputer l’entière responsabilité de ce qui nous arrive. Notre révolte s’exprime dans une tournure paradoxale: « S’il existe, pourquoi a-t-il permis que cela arrive?»
Nous nous posons toujours beaucoup de questions face à ce que nous ne comprenons pas, et nous essayons de chercher le coupable face au traumatisme que nous cause ce qui arrive. C’est normal, parce que nous pensons que trouver le coupable, c’est trouver la solution. Seulement, faute de désigner ou de se faire entendre du vrai coupable, on se révolte en se retournant vers celui qui est au-dessus de toute intelligence, et qui est par définition aimant. C’est futé, mais il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin.
Il faut commencer par cerner le problème. D’une part, il y a cette question : vers qui orienter notre courroux ? Vers ce Dieu dont on dit qui n’existe pas? Comment donc attendre quoi que ce soit de ce qui n’est pas, comment s’enflammer contre ce qui n’est pas, comment rendre ce qui n’est pas responsable de nos malheurs ?
D’autre part, on voudrait bien comprendre si c’est vers ce Dieu qui existe, et qui est resté fidèle à lui-même en respectant cette liberté qu’Il nous a donnée et qui nous semble si chère ; cette liberté à laquelle nous sommes si attachés que nous la confondons avec ce libertinage qui nous pousse à vouloir rouler jusqu’ à 500km/h sur terre alors qu’il a placé en nous donnant des avertissements de danger, la limite à 100 km/h?
Que dire donc de Toyota, Renauld, Hyundai, Pford (la liste est très longue) qui ont fabriqué des voitures qui roulent jusqu’à 260km/h pour aller sur des autoroutes ou la limitation est de 120km/h? Pourquoi comprenons-nous que nous ne devons pas aller au-delà de 120km/h, et n’admettons pas que tout est permi, mais tout n’est pas utile (1Co 10,23)? Et surtout que la crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse (Ps 111,10) pour ce qui est de sa création à Lui?
Face à la pandémie qui nous traumatise et qui est absurde, il est normal de dire notre colère, parce que même sur une autoroute, l’erreur consciente ou inconsciente d’une seule personne, peut être à l’origine d’un carambolage qui cause des dégâts énormes pour beaucoup d’innocents à la fois, au même moment. Mais, vers qui orienter notre colère exactement ?
Nous avons raison d’être en colère, parce qu’en réalité c’est notre douleur que nous crions, et le véritable coupable soit n’est pas facilement abordable, soit est très endurci et ne peut malheureusement pas nous entendre. C’est notre mal que nous essayons d’évacuer, et nous faisons bien de ne pas le laisser nous étouffer, nous voyons juste, de le déverser sur Dieu qui a la capacité d’y faire face. Mais rassurons-nous de ne pas nous arrêter en chemin, de nous battre jusqu’à l’évacuer complètement dans une attitude qui nous fait passer de la révolte à l’apaisement.
Dans ce sens, ce Dieu se tient à nos côtés, Il est Amour, Il est miséricordieux, Il entend notre douleur, Il est prêt à nous apaiser, donnons-Lui la possibilité de le faire. Il a les bras ouverts, Il nous laisse la liberté de venir à Lui, ou de ne pas le faire. C’est à nous de le faire nous-mêmes, c’est une démarche personnelle. Il nous attend.
Le psalmiste aussi s’est adressé à Dieu, C’est sur Lui qu’Il a déversé sa colère lorsqu’il était persécuté par de multiples personnes et situations : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné (Ps 22,2).
Jésus, devant cette souffrance extrême à lui infligée par des humains aux attitudes paradoxales et incapables de comprendre, s’est senti seul, et s’est déchargé sur Dieu son père, en utilisant aussi le mot accusateur, pourquoi: Eli, Eli, lamasabachthani (Mt 27,46. Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné.
Seulement, le psalmiste, tout comme Jésus ne s’est pas figé sur sa colère, sur sa révolte ; il n’a pas pris du plaisir à l’entretenir, il a fait le pas qui a retourné sa révolte en reconnaissance: « Le Seigneur m’a répondu (…) Je veux t'acclamer parmi les fidèles assemblés.»
PRIERE
Seigneur nous te disons merci, parce qu’au cœur de cette dure épreuve, tu te tiens prêt pour nous accueillir, pour nous consoler et pour nous relever. Ne permet pas que l’intensité de notre douleur nous tétanise au point de nous faire perdre toute possibilité de faire le pas décisif, et de nous en débarrasser auprès de toi. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué