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Méditation du 9 avril 2020

     Jean 13,1-3a ; 5a; 9-11 

13 Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer,Jésus, (…) se mit à laver les pieds des disciples (…) Simon Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête.10 Jésus lui dit: Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous.11 Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs.

 

Disciple impur?

Que vient faire l’impureté là où Jésus et les siens partagent un moment de convivialité ? Jésus ne se tait pas, il n’a pas peur de dénoncer le mal et de choquer ses disciples qui doivent affronter courageusement cette vérité insoutenable: il donne un indice, juste un indice.

Jésus a montré l’amour en lavant les pieds des disciples; c’est aussi pédagogiquement pour leur apprendre le service. Mais Pierre a compris de travers. Il réclame que tout son corps soit lavé, parce que comme toujours, il est le plus juif du groupe, centré sur les rites, prêt à mettre les autres dans la catégorie de ce qu’il considère comme impur pour n’avoir pas respecté par exemple la cacherout ou règles alimentaires (Voir Actes 10). Jésus dois alors apporter de la lumière afin que tous ne se trompent plus : « Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur » ; Autrement dit, ce n’est pas le lavement des pieds qui les rendra purs. Il y a un lavement antérieur qui remplit cette fonction-là, et ce lavement n’a rien à voir avec de l’eau: Celui qui est lavé. Puis il ajoute une affirmation insoutenable : « et vous êtes purs, mais non pas tous ». Aujourd’hui dans l’église, Jésus serait accusé d’avoir jugé, et il serait pour une deuxième fois crucifié. Mais il affirme que son groupe n’est pas si homogène qu’on le pense, car parmi les intimes, il y en a un qui est impur (voir v2). Voilà, pour attirer aussi notre curiosité: c’est quoi l’impureté, qu’est ce qui rend impur, qui est impur ?

La pureté ou l’impureté de l’humain ne sont pas liées à son appartenance raciale, ethnique, sociale, elles n’ont rien à voir avec une quelconque tâche vue comme désirable ou indésirable. L’impureté paradoxalement n’est pas visible à l’œil nue, elle se cache dans le cœur, partie invisible et insaisissable de l’humain. L’impureté, c’est le fait que pendant que le groupe, la famille, la communauté est réuni autour du repas il y a une personne qui pense le mal. Il y a une personne qui pense à poser un acte qui va nuire à la fois à un membre du groupe, et à tout le groupe. Cette personne-là, seul Jésus la connaît pour le moment; les autres membres du groupe sont incapables de la connaître si elle-même ne se dévoile pas.

L’humain désigne l’impureté en considérant ce qui est apparent en l’autre. L’impureté comme le montre la cène qui se déroule entre Jésus et les disciples, se trouve dans le cœur de l’humain, elle a une identité : l’impureté, c’est chaque fois que je pense le mal. Chaque fois qu’à l’intérieur de moi-même je pense un projet qui va nuire ou torturer l’autre, je deviens impur. Je suis impur lorsque je pense même sans avoir réalisé mon projet de nuire !

Voilà pourquoi en réalité, l’impur ce n’est pas l’autre parce que je ne suis pas en mesure de voir dans son cœur. L’impur, c’est moi dans le projet caché que je mûris contre l’autre, dans le but d’en tirer un profit matériel ou psychologique.

Pour ce jeudi saint, alors qu’il se prépare à célébrer ce qui pour les chrétiens sera désormais l’un des symboles forts du rassemblement, Jésus nous montre en quoi consiste l’amour: l’amour  agit en posant des gestes qui disent l’humilité que les humains se doivent mutuellement. Il nous montre aussi où se trouve l’impureté : en moi, lorsque je pense tirer un intérêt quelconque en l’autre, en lui faisant du mal.

Deux choses importantes en ces temps de pandémie : je ne peux pas aimer comme je veux, je ne peux pas laver les pieds en raison entre autres du confinement, mais Dieu m’a donné une imagination intarissable pour le faire autrement ; je dois rester connecté à Lui, afin que des idées de nuisance ne me rendent pas impur.

PRIERE

Seigneur, que deviendrons-nous, que deviendra le monde si nous ne veillons pas d’abord sur nous-mêmes afin que l’amour soit vrai, pour qu’enfin nous goutions abondamment aux prémices de la joie parfaite que tu prépares pour nous ? Donne-nous de profiter de ce moment de confinement pour travailler sur nous-mêmes, pour nous rapprocher davantage de toi. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et sauveur. Amen.

Pasteure Priscille Djomhoué