Méditation du 18 avril 2020
- Par priscille-djomhoue
- Le 28/03/2025 à 08:44
Col 2,8-11.15
8 Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l'enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l'univers et non plus du Christ. 9 Car en lui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement, 10 et vous vous trouvez pleinement comblés en celui qui est le chef de toute Autorité et de tout Pouvoir. 11 En lui vous avez été circoncis d'une circoncision où la main de l'homme n'est pour rien et qui vous a dépouillés du corps charnel : telle est la circoncision du Christ. (…) 15 Il a dépouillé les Autorités et les Pouvoirs, il les a publiquement livrés en spectacle, il les a traînés dans le cortège triomphal de la croix.
Appartenir au Christ
Chrétien.ne engagé.e, on n’est pas à l’abri des enseignements non conformes à sa foi. Comment faire pour ne pas se perdre? L’apôtre Paul voit le danger des hérésies, et il en a fait l’expérience; dans son souci de voir les chrétiens de Colosse s’épanouir dans l’ordre et la concorde, il les mets en garde, en leur montrant le lien inaltérable qui les unit au Christ, et qui fait d’eux des enfants de Dieu.
Les chrétiens de Colosse ne doivent pas entrer dans l’esclavage de la philosophie et la tromperie vide. Paul ne condamne pas ici, la philosophie en tant que catégorie, mais une philosophie particulière qui circulait, menaçant d'éloigner les Colossiens du Christ. Selon lui, la plénitude entière de la nature de Dieu habite corporellement en Christ, contrairement à cet enseignement qui prétend que les dieux grecs sont la plénitude de Dieu. Jésus est Dieu devenu homme pour le salut de l’humanité; se laisser emprisonner par une autre doctrine c’est autrement s’éloigner de Dieu et de son salut.
Les Colossiens ne doivent pas se laisser tromper car «… vous avez été comblé par Celui qui est le chef de chaque souverain et autorité.» Les Colossiens trouvent leur accomplissement spirituel en Christ. Par conséquent l'abandonner, c'est se détourner de tout ce que Dieu désire accomplir en eux. Christ accomplit en eux une œuvre spirituel par la circoncision.
Ils sont spirituellement circoncis, dans la circoncision de Christ. De quelle circoncision est-il question? Pour comprendre, il faut savoir que dans l'Ancien Testament, la circoncision avait à la fois une connotation négative et positive. Les Juifs pourraient être coupés de Dieu en fonction de leur obéissance ou de leur désobéissance à l'alliance. La circoncision était alors le signe physique d'un engagement spirituel. Le Seigneur bénissait l'obéissance et maudissait la désobéissance. S'ils désobéissaient, les Juifs étaient coupés du Seigneur, et dans la plupart du temps étaient envahis ou soumis en esclavage. Paul explique alors que Christ a été coupé de Dieu à cause de notre désobéissance. Dans sa circoncision, nous faisons également l'expérience de la circoncision, mais dans le sens positif: nous pouvons être coupés de Dieu parce que Jésus a été coupé de Dieu, non pas à cause de son propre péché mais à cause du nôtre. En relevant son Fils, Dieu a aussi relevé les chrétiens.
Comment le Seigneur accomplit-il ce relèvement spirituel chez les Colossiens ? Ils sont rendus spirituellement purs, car bien qu'ils soient spirituellement «morts dans les offenses… Il vous a fait vivre avec lui» (v. 13a) en pardonnant toutes leurs offenses, en payant le certificat de dette.
Dans le monde romain, celui qui commettait un crime était emprisonné, et un certificat de dette énumérant son infraction ainsi que le prix à payer pour cette infraction était affiché au-dessus de la porte de sa cellule. Paul explique donc que ce certificat de dette a été pris par-dessus la tête des croyants Colossiens et placé sur la tête du Christ qui a payé la dette de leur péché en entier, permettant ainsi à Dieu de leur accorder le pardon. Dieu peut pardonner les péchés de ceux qui étaient spirituellement morts parce que Jésus a payé la peine de leur péché à leur place. Dieu ne décide pas simplement de pardonner sans frais. Il paie plutôt le prix de leur pardon lui-même. Le pardon des péchés, qui est nécessaire pour être rendu spirituellement vivant, est le résultat de la croix.
La grâce que reçoit le chrétien a coûté, nous sommes pardonnés parce que Jésus est mort comme substitut. Personne d’autre ne peut nous condamner, personne ne peut prétendre nous faire payer ; veillons donc à ne pas nous-mêmes nous placer en esclavage en nous liant avec des diseurs de bonne aventures, ou encore en nous laissant spolier par les nouveaux messies qui essaient de nous faire payer d’une manière ou d’une autre, le prix de notre libération. Le chrétien a une seule chose à faire, se donner au Christ, croire et produire des fruits de l’Esprit qui sont les signes visibles de sa foi (Ga 5,22-23).
PRIERE
Seigneur, ce monde veut nous imposer d’autres dieux, et il nous laisse entendre que notre bonheur dépend d’eux: l’argent, le pouvoir, la renommée et bien d’autres. Je veux laisser ton Esprit me conduire, afin que je sache discerner ce qui t’es agréable, et utile pour moi. Par Jésus-Christ qui a déjà payé pour mon salut et pour ma joie. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué