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  • Méditation du 21 avril 2020

    Mt 19, 16b-17 ; 20-22

    « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » 17 Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur le bon ? Unique est celui qui est bon. Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements. » (…) 20 Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l'ai observé. Que me manque-t-il encore ? » 21 Jésus lui dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi ! » 22 A cette parole, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.

     

    L’argent ou  la vie ?

    A la question de savoir ce qui entrave l’épanouissement de l’être humain, il me semble qu’il n’y a plus de recherche à faire : la réponse est trouvée de plus la nuit des temps, et elle se trouve sous les yeux malvoyants des hommes et des femmes formatés par les conventions sociales, pour regarder ailleurs. Jésus avait lui aussi incriminé l’argent, plus précisément l’obsession de l’argent.

    Jésus a bien compris qu’entre l’être humain et la Vie s’interpose l’argent ou l’avoir. L’argent est un moyen utilisé pour acquérir des biens (il y a eu d’autres moyens à travers l’histoire humaine). Mais il semble plutôt perçu  et considéré comme condition et substitut à la vie. Et c’est cela qui fait problème.

    Un jeune homme était suffisamment riche, mais accablé par un mal être, témoin  d’une vie absente. Il posa donc à Jésus la question au bout de laquelle il espérait retrouver sa vie : Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? La première réponse de Jésus est bien celle que le pasteur reprend lorsqu’il fait face aux cas similaires : Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements (Mt19, 17c). C’est une réponse généralisante, qui ne pointe pas du doigt le problème: et ça ne marche pas pour quelqu’un qui ne veut pas/peut pas trop réfléchir pour chercher dans un ensemble très vaste, une seule chose qui lui manque. Jésus a très bien compris, lorsque ce dernier lui dit avoir déjà tout observé les commandements, et que le résultat escompté ne s’est pas présenté.

    Jésus doit donc nommer le mal : le jeune riche doit se défaire de l’omniprésence de l’argent. Pour voir la vie, il faut se décharger de l’obsession de l’argent. L’argent s’interpose entre l’homme et la vie, l’argent l’obsède, l’argent possède et empêche d’être soi-même et d’exister.

    L’être humain aujourd’hui aussi, manipulé par le pouvoir que les conventions sociales a donné à l’argent en est devenu l’esclave ; un esclave, c’est quelqu’un qui a perdu sa liberté, c’est quelqu’un qui ne vit plus pour lui-même, mais pour son maître. L’humain n’est plus capable de voir la vie en soi ou en réel, car elle est perçue par le prisme de l’argent, une barrière qu’il faudrait lever. Le jeune homme s’en va déçu, refusant ainsi de déposer son fardeau.

    Si l’argent aujourd’hui encore est le moyen d’acquérir les biens, la nourriture, des médicaments, il nous apparaît clair qu’en ce contexte de covid 19, il n’achète pas la vie : combien sont déjà partis, laissant derrière eux une richesse qui n’a même pas pu acheter un médicament? Comment comprendre comme le relaient les médias, les détournements des conteneurs de masques par des nations pourtant riches? Comment comprendre le manque du matériel soignant alors que des sommes énormes reposent dans des banques et des trésors publics? Combien d’argent votent et libèrent les gouvernements aujourd’hui, pour sauver la situation devant une nature qui se montre vainqueur?

    Pour l’heure, c’est encore à l’unanimité que l’on affirme que seule la nature soigne le covid 19 ; il n’y a pas encore de vaccin et de médicaments, et des personnes sont déclarées guéries. Devant beaucoup de diagnostiques positifs, les médecins recommandent aux patients de rentrer à la maison sans ordonnances, de se reposer et de revenir seulement si la situation s’empire; puis des guérisons sont constatées. Le dernier mot revient donc à la nature qui  opère le miracle. En attendant que Dieu ouvre l’esprit des chercheurs, nos vies dépendent de la nature selon les scientifiques, mais en réalité de Dieu.

    Dans un système de gouvernement du monde qui n’accouche que de cris et de gémissement, l’argent a certes un rôle à jouer, mais il n’achète pas la vie. L’heure est donc venue de se décharger de l’obsession de l’argent et de l’avoir, l’heure est venue de redonner un sens à l’argent, afin de donner aux humains la possibilité de vivre. Si nous devons vivre ou exister, il faut résolument se tourner du côté de la vie, en s’arrêtant de courir dans tous les sens, et de manière effrénée, en détruisant tout, jusqu’à la vie, pour s’arracher de l’argent. Si nous sommes confinés, c’est aussi parce que cet arrêt était nécessaire, Dieu nous l’impose pour réfléchir sur le sens de la vie et sur la place de l’argent dans nos vies.

    L’argent doit se démocratiser et être mis d’une manière ou d’une autre suffisamment, à la disposition de tous les êtres humains, afin de leur permettre d’accorder la priorité à la vie, aux valeurs de la vie. La nourriture, la santé, l’oxygène etc. tout nous est donné gratuitement ! La crise actuelle nous interroge aussi sur notre gestion des choses qui nous sont données gratuitement, pour le bien de tous.

     

    PRIERE

    Seigneur, l’argent peut devenir un piège : en ce moment de réflexion, donne aux humains et aux dirigeants de repenser la fonction de l’argent afin qu’il cesse d’être une chose encombrante. Que ton esprit nous guide pour en faire la chose la mieux partagée du monde, afin que son pouvoir cesse de nous posséder. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Méditation du 29 mars 2021, Lundi saint

    Jean 12, 1-11

    Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie où se trouvait Lazare qu'il avait relevé d'entre les morts. 2 On y offrit un dîner en son honneur : Marthe servait tandis que Lazare se trouvait parmi les convives. 3 Marie prit alors une livre d'un parfum de nard pur de grand prix ; elle oignit les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux et la maison fut remplie de ce parfum. 4 Alors Judas Iscariote, l'un de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer, dit : 5 « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ? » 6 Il parla ainsi, non qu'il eût souci des pauvres, mais parce qu'il était voleur et que, chargé de la bourse, il dérobait ce qu'on y déposait. 7 Jésus dit alors : « Laisse-la ! Elle observe cet usage en vue de mon ensevelissement. 8 Des pauvres, vous en avez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'avez pas pour toujours. » 9 Cependant une grande foule de Juifs avaient appris que Jésus était là, et ils arrivèrent non seulement à cause de Jésus lui-même, mais aussi pour voir ce Lazare qu'il avait relevé d'entre les morts. 10 Les grands prêtres dès lors décidèrent de faire mourir aussi Lazare, 11 puisque c'était à cause de lui qu'un grand nombre de Juifs les quittaient et croyaient en Jésus.

    Le texte de méditation de ce premier jour de la semaine sainte fait mention des faits qui se sont déroulé six jours avant la Pâque, cette fête nationale juive à laquelle tout le peuple était convié.  Cette année plus ou moins 30 Ap JC, la fête aura une signification particulière aussi bien pour Jésus que pour ceux qui l’ont suivi, car juste avant elle sera marquée par une crucifixion dont l’une des conséquences sera plus tard sur une scission au sein du judaïsme.

    Jésus jusqu’alors comprend tout seul ce qui l’attend. Il l’a dit et répété à ses disciples, mais ces derniers ne sont pas disposés à intégrer ce qui se situe au-delà de leurs attentes. Il y a donc d’une part un Jésus qui dit des paroles et pose des gestes liés à sa mort et sa Résurrection proche, d’autre part il y a des disciples et des personnes qui n’y comprennent rien, qui posent des actes qui ont un sens pour eux, mais que Dieu utilise pour accomplir sa Volonté en rapport avec l’événement qui attend son Fils. Il en est ainsi de Marie de Béthanie, la sœur de Lazare qui avait été ressuscité par Jésus.

    Cette famille accueille Jésus avec d’autres personnes qui ne sont pas explicitement nommées. En marge du souper, Marie selon l’évangile de Jean, oint les pieds de Jésus avec un parfum de grande valeur et l’essuie avec ses cheveux. Le geste de Marie se présente comme un double scandale : l’extravagance du gaspillage et le geste choquant de défaire ses cheveux et les laisser tomber en présence d’un homme autre que son mari.

    La réaction de Judas est très dure : c’est du gaspillage, il vaut mieux penser aux pauvres ! L’évangéliste Jean nous donne deux informations importantes : Judas est celui des disciples qui trahira Jésus (V4) ; il est un voleur (V6). En nous donnant ces deux informations, il oriente notre interprétation de l’attitude de Judas face à l’utilisation du parfum coûteux : en effet, Judas n’est pas digne de confiance, il n'a aucune compassion pour les pauvres, mais il prend l’argument des pauvres pour justifier ce qu'il veut. 

    Marie quant à elle ne comprend pas elle-même le sens de son geste. Cependant, son onction de Jésus a une signification au-delà de sa compréhension. Son extravagance ponctuelle est appropriée, car elle prépare le corps de Jésus pour l'enterrement. Comment donc comprendre face à cette approbation de Jésus, l’intérêt du geste de Marie aujourd’hui, et surtout dans les rapports que nous entretenons avec nos proches, et même avec les autres humains ? Rien ne doit pouvoir nous freiner lorsque nous sommes spontanément poussés à poser des actes de dignité envers les autres, de la même manière que nous les posons au nom de notre engagement de foi au Seigneur Jésus-Christ.

    Comment honorons-nous nos défunts aujourd’hui ? Nous organisons les enterrements avec respect et enthousiasme. Les jours des funérailles, nous faisons les choses de façon plus grandiose que les autres jours, nous achetons des fleurs les plus coûteuses, tout en sachant qu’elles pourriront si elles sont naturelles, et seront peut-être abandonnées dans un coin si elles sont artificielles. En louant le geste de Marie, Jésus laisse entendre qu’il y a des responsabilités qu’il faudrait assumer au moment opportun, il y a des choses qui n’ont plus tout leur sens et qui ne seraient plus tellement utiles lorsque le moment opportun est passé. Et le moment opportun, c’est du vivant de la personne que nous honorons : il faudrait donc veiller à ce que ce moment opportun ne se passe pas sans que nous ne nous mobilisions, sans que nous ne manifestions d’une manière ou d’une autre notre enthousiasme envers les autres, avec ce qui pour nous est la chose ou l’attitude la plus précieuse.

    Chaque personne a une chose précieuse à donner, une attitude précieuse à manifester.  La meilleure préparation à la sépulture des proches et des personnes que nous aimons bien, commence de leur vivant. S’agiter après la mort d’un proche alors qu’il a été méprisé et abandonné au moment opportun, au moment où il avait besoin de notre affection est insuffisant. Les gens rassemblés autour d'un cercueil souhaitent souvent avoir fait les choses différemment. On regrette de n’avoir pas parlé au défunt de son amour, de ne s’être pas excusé, de n’avoir pas aidé. Le jour des funérailles est trop tard. Marie cependant, a saisi le moment opportun, elle a fait le grand geste pendant que Jésus est encore vivant pour en faire l'expérience.

    Il vaut mieux développer une pensée et une attitude de paix avec nous-même et avec les autres  pendant que nous sommes en vie, car cela nous permettra de mieux faire nos adieux aux autres humains lorsque nous les quittons, ou encore lorsqu’ils nous quittent. 

    Notre opportunité de nous engager et de servir le Seigneur se terminera également. À un moment donné, il sera trop tard. Aujourd’hui, nous pouvons encore saisir le moment opportun pour croire et pour le servir en aimant nos semblables et en devenant des agents de paix pendant que nous sommes encore en vie. Amen.

    Prière

    Seigneur, apprend-nous à mieux nous aimer pendant que nous sommes encore de ce monde, au nom de Jésus-Christ qui est mort pour que nous comprenions ce qu’est l’Amour. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 10 avril 2020 Vendredi Saint

    Jean 19,18-22. 24b

    18 C’est là qu’ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté et Jésus au milieu. 19 Pilate fit aussi un écriteau qu’il plaça sur la croix. Il y était inscrit: « Jésus le Nazoréen, le roi des Juifs.» 20 Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était proche de la ville ; l’inscription était en hébreu, en latin et en grec. 21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Celui-là a dit : Je suis le roi des Juifs. » 22 Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit (…) 24 C’était pour que soit accomplie l’Ecriture : Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort ma robe.

     

    Accompli, mais pas terminé

    A la différence de Matthieu, de Marc et de Luc, l’évangéliste Jean présente la crucifixion de Jésus avec deux informations très importantes qui méritent une attention particulière : une inscription, et une discussion rude entre les religieux et le politique autour de l’inscription.

    A propos de cette inscription, Matthieu écrit : on plaça au-dessus de sa tête une inscription indiquant le motif de sa condamnation (Mt 27,37a) ; chez Marc: L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots (Mc15, 26a) ; pour Luc : Il y avait aussi au-dessus de lui cette inscription (Lc23, 38a). Contrairement à ces trois évangélistes qui ne donnent aucune information sur la provenance de cette inscription, Jean présente clairement celui qui a l’écrite, et qui l’a publiée. Il s’agit en effet c’est Pilate le gouverneur, représentant de l’empereur qui est garant de la légitimité de toute institution sur le plan territorial, et sur le plan politique: Pilate fit aussi un écriteau qu’il plaça sur la croix.

    L’écriteau de Pilate porte une affirmation forte: Jésus le Nazoréen, le roi des juif ». Le français écrira aussi Jésus le Nazoréen est le roi des juif ; et le mathématicien,  Jésus le Nazoréen = roi des juifs. La discussion contradictoire entre Pilate et les sacrificateurs est alors révélatrice. Les sacrificateurs en disant n’écris pas le roi des juifs, s’oppose à Pilate qui a reconnu ou identifié lui aussi Jésus comme étant quelqu’un de particulier, après avoir relevé auparavant qu’il est juste.

    Les disciples ont attesté que Jésus était le Messie, les foules l’on suivi, et le politique le légitime fortement, malgré l’opposition des sacrificateurs : ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. Pilate écrit dans les trois langues reconnues (l’hébreu, le grec et le latin) et publie afin que cela soit connu de tous.

    A la crucifixion s’ajoute l’épisode du partage des vêtements de Jésus pour que ce qui avait été annoncé par les prophètes se réalise : tout est accompli.

    Tout est accompli: Jésus a mené sa mission sur terre jusqu’au bout, il a été reconnu, et légitimé même du politique. Tout est donc accompli, mais tout n’est pas terminé : l’histoire de Jésus de Nazareth ne s’arrête pas avec sa crucifixion, sa mort sur la croix n’est pas la fin d’une aventure, Golgotha n’est plus la colline de la honte, mais le lieu d’un nouveau départ. Le crucifié est le ROI pour l’Eternité !

    PRIERE

    Seigneur, nos rois et nos chefs sont temporaires mais toi, tu règnes aux siècles des siècles: donne-nous donc la sagesse de nous accrocher à Toi qui est Eternel. En ce vendredi sombre, par ces moments tristes de notre histoire humaine, que nos cœurs s’ouvrent à toi qui a mené ton combat jusqu’au bout, toi qui accompli ta mission sans te désavouer, et sans fuir devant tes responsabilités. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 25 avril 2020

    Jn 11,1-45

    (…) Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais crois-tu cela?

     

    Tout le monde est mobilisé autour de Lazare: sa famille, ses amis, et les habitants de Béthanie. Ce qui se passe ce jour-là, Dieu le permet pour que les humains perçoivent ce qui est fondamental: Jésus ne s’incline pas devant la mort, il la combat victorieusement. Désormais, ce que devrait redouter ceux qui décident de le suivre n’est plus la maladie, l’échec, la souffrance ou le retour de la poussière à la poussière, mais essentiellement le fait d’être coupé de celui qui est Résurrection et Vie.

    Lazare qui mobilise tout le monde  est tombé malade en l’absence de l’ami de la famille, Jésus.  Marthe et Marie, ainsi que les juifs, tous dessinent le décor d’une humanité qui va être témoin d’une expérience plutôt réjouissante et rassurante. La nouvelle de la maladie de Lazare est envoyée à Jésus, mais ce dernier tarde à venir. Lazare finit par mourir et ses proches, ainsi que les habitants qui ont constaté la situation sont présents. Pourquoi Jésus tarde-t-il à venir? Pourquoi se dit-il heureux de n’avoir pas été présent dès l’instant où le constat et l’ensevelissement ont été faits ? … afin que vous croyiez.

    A son arrivée, Jésus entame un très long dialogue avec Marthe. Finalement la résurrection, ou plutôt la remise du souffle de vie en Lazare n’occupe que quelques versets à la fin de ce très long texte. L’évangéliste Jean n’insiste pas beaucoup sur le sort de Lazare, précisément le fait que son corps ne soit plus animé, mieux son trépas. Ce qui est véritablement en jeu dans le texte, c’est la douleur et les reproches des sœurs : « Seigneur si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ». Jésus va prendre beaucoup de temps pour s’occuper de cette question. Et ce qui est fondamental pour nous en tant qu’humain, c’est d’expérimenter la démarche qui Jésus va emmener Marthe à faire, pour comprendre ce qui désormais doit nous préoccuper.

    Le retard de Jésus, peut s’éclaircir aussi, avec cette question des chrétiens après pâques : que faire dans cette situation où, bien que l’on soit aimé de Jésus, la mort frappe? Comment expliquer le fait que la mort soit présente lorsque nous croyons en Jésus ?

    Après son reproche à Jésus, Marthe reçois une première réponse : ton frère ressuscitera (v23).  Mais Marthe n’est pas satisfaite de cette réponse, elle renvoie à Jésus ce qu’elle a appris au cours de catéchèse: je sais qu’au dernier jour, il ressuscitera lors de la résurrection; mais cette croyance ne me rendra pas Lazare qui est parti, et qu’on a même déjà enterré. Voilà exactement la préoccupation de Marthe sur laquelle Jésus va placer une parole éclairante et rassurante pour l’humanité toute entière. La réponse de Jésus vient ainsi corriger Marthe qui avait mal compris. Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais crois-tu cela?

    Jésus remet les mots à leur place : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. De la bouche de Jésus, la mort signifie la fin, et cette fin-là viendra au jugement dernier. Ce qui s’est passé avec Lazare n’est pas la mort, mais le trépas : c’est cette situation dans laquelle le corps n’est plus animé, c’est le pourrissement de la chair que nous constatons lorsque Dieu a repris le souffle qu’il nous a donné, c’est le retour de la poussière à la poussière au moment où l’âme s’en retourne vers Dieu, le créateur.

    Dans ces conditions, selon la Genèse, le mot disparition ne me semble pas approprié, car la chair même ne disparaît pas : c’est la poussière qui retourne à la poussière. Le fait que la poussière retourne à la poussière, Jésus ne l’annule pas; de toutes les façons Lazare mourra plutard, il rendra son âme et on ne verra plus que la poussière. Ce que Jésus enseigne à Marthe ce jour-là, est essentiel pour nous aujourd’hui: devons-nous donc arrêter de croire à la mort, pour croire à la vie ? Si nous nous affligeons beaucoup devant le trépas, n’ignorons pas que la véritable mort est ailleurs.

    La véritable mort, c’est cette situation dans laquelle se trouve celui qui n’est pas connecté à la Résurrection et la Vie, c’est celui qui ne connaît pas Jésus, celui qui ne croit pas en notre Seigneur. Ne pas croire, c’est être mort, parce qu’en réalité c’est le Christ qui donne un sens à notre vie, il nous fait passer du trépas à la vie. Notre chair sera détruite, mais nous ne mourrons jamais. L’éternité commence aujourd’hui. Jésus ne supprime pas la mort physique, mais il déploie une vie face à la mort, et les chrétiens qui s’unissent à lui sont passés d’une vie menacée par l’absence de Dieu à une vie que Dieu habite à tout moment. Ne pas croire, c’est choisir de disparaître complètement.

    Le défi de la mort n’est donc pas là où nous avons souvent pensé. Voilà pourquoi Jésus nous fait passer maintenant, du souci du retour de la poussière à la poussière d’autrui, au souci de notre propre mort. La pandémie passe son chemin, et nous sommes loin de prédire l’ampleur de ses dégâts, ni encore moins le moment de sa fin. Jésus nous invite à regarder à ce qui est plus important: et toi-même, crois-tu que la Vie n’est pas un processus biologique, mais une façon d’être avec Dieu? Crois-tu que Christ a vaincu la véritable mort et que c’est à toi de choisir la Vie?

     

    PRIERE (Unissons-nous à cette prière de Marie Henrioud)

    J'ai tout remis entre tes mains :
    ce qui m'accable et qui me peine,
    ce qui m'angoisse et qui me gêne,
    et le souci du lendemain.
    J'ai tout remis entre tes mains.

    J'ai tout remis entre tes mains :
    le lourd fardeau traîné naguère,
    ce que je pleure, ce que j'espère,
    et le pourquoi de mon destin.
    J'ai tout remis entre tes mains.

    J'ai tout remis entre tes mains :
    que ce soit la joie, la tristesse,
    la pauvreté ou la richesse,
    et tout ce qu'à ce jour j'ai craint.
    J'ai tout remis entre tes mains.

    J'ai tout remis entre tes mains:
    que ce soit la mort ou la vie,
    la santé ou la maladie,
    le commencement ou la fin.
    J'ai tout remis entre tes mains.

    Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Méditation du 22 avril 2020

    Ac 5,33-35. 39

    33 Exaspérés par cette déclaration, ils envisagèrent de les faire mourir. 34 Mais un homme se leva dans le Sanhédrin : c'était un Pharisien du nom de Gamaliel, un docteur de la Loi estimé de tout le peuple. Il ordonna de faire sortir un instant les prévenus, 35 puis il déclara : « Israélites, prenez bien garde à ce que vous allez faire dans le cas de ces gens. (…) 38 Alors, je vous le dis, ne vous occupez donc plus de ces gens et laissez-les aller ! Si c'est des hommes en effet que vient leur résolution ou leur entreprise, elle disparaîtra d'elle-même ; 39 si c'est de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. N'allez pas risquer de vous trouver en guerre avec Dieu ! »

     

    Tes soins providentiels en temps de souffrance

     

    La communauté chrétienne des Actes des apôtres est de plus en plus active dans les guérisons, et attractive. Le peuple en admiration s’est rallié, ce qui ne laisse pas les autorités de Jérusalem indifférentes : à l’époque de Jésus, il n’y a pas de séparation entre le religieux, le législatif et le politique. Le Sanhédrin (L’institution juridique) tient la masse des juifs dans la soumission à la Loi (Torah), et tous les cas de justice sont ramenés à une question religieuse. Voilà pourquoi les autorités religieuses, en l’occurrence le Grand prêtre jouit d’une influence dans le fonctionnement politique et religieux.

    Les menaces que les apôtres subissent sans cesse depuis la mort et la Résurrection du Messie ont donc un caractère à la fois politique et religieux. Devant l’impossibilité de les faire taire, ils sont jetés en prison. Lorsque les menaces s’amplifient, le Seigneur envoie des anges au secours, et les apôtres progressent dans leur mission; le peuple alors convaincu par les prodiges dont il est témoin, les suit en masse. Il y a une sorte de bras de fer entre ce qui est considéré comme de la justice (prédication de l’Evangile, rétablissement moral, psychologique, et guérison multidimensionnelle des foules) rétablie par les apôtres (soutenu par Dieu), et la menace des autorités qui sentent leur pouvoir diminuer.

    Les apôtres sont une nouvelle fois arrêtés dans le temple, pendant leur enseignement. Cette fois-ci, l’objectif des chefs est de les faire mourir; un homme alors sort du lot pour intervenir: c’est  Gamaliel, un pharisien et docteur de la Loi estimé de tout le peuple. Gamaliel s’adresse à ses pairs pour leur faire entendre raison, devant ce qu’il voit comme peine perdue. Les autorités, en s’opposant de cette façon aux apôtres s’exposent à la vindicte du peuple, et vont au-devant d’un échec qu’il vaut mieux gérer sagement. Les autorités doivent laisser les apôtres, et le peuple s’exprimer, parce qu’en réalité, elles n’ont aucun pouvoir sur le mouvement qui est en marche: la foule protège les apôtres, comme elle avait protégé Jésus (Lc20,19 ; 22,2) et les autorités face à Dieu, sont incapables de garder la maîtrise des événements. Si ce mouvement est le fait des humains, il s’arrêtera de lui-même, et s’il vient de Dieu, les autorités ne l’arrêteront pas : N’allez pas risquer de vous trouver en guerre avec Dieu (Ac5,39b).

    Dieu déploie des soins providentiels, soit miraculeusement par le moyen des anges, soit en disposant des hommes pour accomplir sa volonté en faveur de son peuple en souffrance. Les chrétiens ne doivent pas s’effrayer devant l’ampleur de la menace, ou de la souffrance quel que soit le nom qu’elle porte parce qu’ils ne sont pas seuls ; Dieu lui-même maintient son témoignage. La parole est libérée, elle se déploie verbalement et activement.

     

    PRIERE : partageons cette prière de Jean-Jacques Maison

    Toi

    Tu es celui qui travaille en nous et sans toi que pourrions-nous faire ?

    Tu es celui qui repose en nous et hors de toi comment trouver la paix ?

    Tu es celui qui parle en nous, et sans ta parole quel sens aurait ce que nous disons ?

    Tu es aussi celui qui se tait et de ton silence nous avons tant à apprendre. Amen.

     

    Pasteure Priscille Djomhoué

     

  • Méditation du 24 avril 2020

    Zacharie 4 ,6-7a

    C'est ici la parole que l'Eternel adresse à Zorobabel : Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Eternel des armées. 7 Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel Tu seras aplanie.

     

    Ce n’est ni par la puissance, ni par la force, mais c’est par mon Esprit.

     

    Zacharie, le prophète vivait une époque particulièrement déprimante. Il faisait partie des israélites qui venaient de rentrer au pays après de longues années d’exils. Après avoir ressenti une grande joie, les anciens exilés étaient à présent perplexes et découragés devant un avenir incertain : ils étaient peu nombreux, disposant des ressources matérielles et financières insuffisantes, leur ville était en ruine et le Temple complètement rasé.  Une grande tâche de reconstruction les attendait et ils n’étaient pas équipés pour ce faire.

    Leur chef Zorobabel avait essayé de rassembler le matériel qui était modeste et presque insignifiant, de quoi décourager les plus vaillants. C’est dans ce contexte que se déploie la vision du prophète Zacharie, laquelle renferme des encouragements adressés aux faibles et à ceux qui hésitent encore. Le message est aussi un défi à ceux les méprisaient et qui s’opposaient ainsi à leur évolution dans le travail.

    Il y avait alors ceux qui, découragés ont abandonné le travail à mi-chemin, et il y  avait aussi des opposants, ceux qui tendaient des pièges pour empêcher les autres d’évoluer. Mais le prophète affirme, Dieu ne méprise pas les petits commencements. Il a promis la présence de son Esprit pour accompagner et soutenir l’engagement de son peuple ; les obstacles et les difficultés qui ne cessent de surgir seront maîtrisés, et la construction ne se terminera pas par la force, ni par la puissance matérielle, mais grâce à l’Esprit de Dieu. Les yeux de Dieu se réjouiront face au résultat des petits efforts.

    Devant les défis du monde post moderne, l’être humain a tendance à calculer d’abord la masse financière déjà à disposition: sommes-nous capables de venir à bout de cette montagne de difficultés qui se dresse devant nous? Le covid 19 est un grand défi pour les pauvres, et les discours des puissants qui pointent du doigt la pauvreté des pays « en voie de développement», en proposant des gestes qui n’ont pour mérite que de renforcer les dettes, n’est pas de nature à mobiliser, mais à tétaniser. Pour beaucoup, l’engagement risque d’être stoppé parce que les comptes bancaires n’existent même pas.

    Mais pour des personnes dont la vie quotidienne est une expérience toujours renouvelée de la grâce divine, pour le chrétien, le pragmatisme compte avec la foi, cette ferme assurance que les montagnes seront aplanies par la puissance de l’Esprit Saint qui outille et mobilise les bonnes volontés. Zacharie s’adressa à son peuple avec assurance: que personne ne vous méprise, que personne ne s’oppose à vos petites initiatives en ce moment où le Seigneur vous invite à vous relever, et à vous prendre en main.

    Les difficultés du temps présent ne doivent pas masquer les joies à venir; la parole de Dieu stimule notre foi. Elle nous encourage à compter avec le Dieu de Jésus-Christ qui nourrit cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons. Avec détermination et fidélité, le chrétien jour après jour, sait compter sur la bénédiction des petits commencements.

    Que le pauvre, qui est représenté dans tous les pays du monde voit en cette période une étape, un bout de chemin qui trouvera son issue en Dieu. Le Seigneur donne pour chaque jour, une provision suffisante de courage, de patience, et de moyens. Restons donc fidèle et persévérant, ne nous décourageons pas par peur ou par paresse.

     

    PRIERE

    Seigneur quand je vois autour de moi tant de honte, de tristesse et de souffrance, rend moi forte spirituellement, pour que je ne te renie pas ; donne-moi le courage, pour que je n’abandonne pas ; multiplie mes moyens, pour que je mette les mains à la pâte. Par Jésus-Christ, Le Ressuscité, et le Vivant. Amen.

     

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 23 avril 2020

    Luc 2, 27-31

    27 Il vint alors au temple poussé par l'Esprit ; et quand les parents de l'enfant Jésus l'amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, 28 il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : 29 « Maintenant, Maître, c'est en paix, comme tu l'as dit, que tu renvoies ton serviteur. 30 Car mes yeux ont vu ton salut, 31 que tu as préparé face à tous les peuples.

     

    La louange, encore et encore.

     

    La Bible nous enseigne que l’Esprit de Dieu se meut sur toute sa création : Il est omniscient et omniprésent. Il n’est donc pas absent au monde qu’il a créé,  Il n’est pas indifférent à tout ce qui s’y passe et Il nous mène, par le biais d’un un renouvellement permanent, vers un achèvement dont les signes sont visibles, et que nous découvrirons parfaitement au moment qu’Il a prévu. Cet achèvement, est le Royaume que son Fils Jésus-Christ est venu annoncer, et les prémices apparaissent et se succèdent tous les jours.

    Mais d’autres événements de la vie humaine, ainsi que ceux de notre environnement, qui sont peintes ou présentés de manière essentiellement sombre et sinistre, nous conditionnent à nous poser la question de savoir s’il se passe quelque chose de nouveau et de bien. Les humains du XXIe s ne sont pas les premiers à s’apitoyer: L’auteur de l’ecclésiaste, à l’ouverture de son livre a déclaré Vanité des vanité, tout est vanité, avant de renchérir en ces termes : Ce qui a été, c'est ce qui sera, ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera : rien de nouveau sous le soleil ! (1,9)

    Y a-t-il réellement des signes qui préfigurent un Royaume promis, est-ce qu’il existe des garanties que nous ne courons pas à la perdition ?

    Il me semble que les questions ne devraient pas se poser en ces termes. La question qui semble judicieuse serait celle de savoir si l’humain sait voir le signes que Dieu ne cesse de multiplier dans ce sens-là : autrement dit, est ce que conditionnés par nos attentes, et précisément par une manière d’attendre, nous ne sommes pas suffisamment bornés et bloqués pour voir ce qui se passe en réalité? Est-ce que ce n’est pas plutôt notre perception, notre vue qui nous empêche de voir des prodiges quotidiens, signes d’un monde meilleur en devenir ?

    Il  y a une personne dont l’espérance et  la confession font école: Siméon attendait, et il a vu, et il dit : maintenant, Maître, tu laisses ton esclave aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut (Lc 2,29-30a).

    Siméon est une personne à qui la vie n’a pas épargné et soucis et souffrance. Au soir de sa vie, une réponse comme celle-là peut être étonnante : affirmer une paix profonde, une espérance sans faille et un optimisme pour le monde, parce qu’un enfant est né, puis présenté au temple est le résultat d’un parcours psychologique et spirituel. Au cœur des ennuis et des soucis de santés liés à la vieillesse, il a pu voir son espérance se réaliser dans la venue d’un enfant. Siméon a vu, et il fut heureux.

    Sommes-nous en mesure de voir ? Notre monde ces jours-ci, est envahi de mauvaises nouvelles: les média ne racontent plus que de mauvaises nouvelles et de complots, au point où on se demande s’il se passe encore de choses qui puissent nous faire rire. Le monde semble organisé à nous équiper de lunettes de lecture, mieux de vision à unique réglage, et qui ne montre qu’obscurité. Il nous faut donc nous débarrasser de ces lunettes qui ne nous montre qu’illusion, parce qu’il se passe beaucoup d’autres choses dans ce monde.

    Un seul médicament pour ce mal est nécessaire : ce ne sont pas des masques, parce qu’il s’agit bien de démasquer. Le médicament nécessaire n’est pas rare, il n’est pas couteux, il est à disposition à temps et à contre temps. Il s’agit de la louange. Les signes du monde nouveau que Jésus a inauguré sont présents, et une autre école nous attend, celle de la louange. Il y a milles raison de louer Dieu ; chaque humain a une pléthore de raisons de louer à chaque réveil déjà : commençons par affirmer que nous voyons : mes yeux ont vu ! Puis, que nous respirons. Oui, Dieu renouvelle pour chacun.e, son souffle de vie au quotidien. Si nous nous réveillons déjà, c’est que nous avons vu : il faut apprendre à s’en émerveiller, et louer Dieu qui est à l’œuvre.

    Débarrassons-nous des lunettes qui ne voient que du négatif, et louons Dieu !

     

    PRIERE

    Seigneur, les jours se succèdent, avec leurs obscurités, mais aussi, avec leurs lumières, leurs joies et leurs nouveautés : permet que nous puissions les voir, les admirer, et te louer continuellement. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué

  • Méditation du 16 avril 2020

    2Tm 2,2-6

    1 Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ. 2 Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des gens dignes de confiance qui seront capables, à leur tour, de l’enseigner encore à d’autres. 3 Prends ta part de souffrance en bon soldat de Jésus-Christ. 4 Personne en s’engageant dans l’ armée, ne s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut donner satisfaction à celui qui l’a enrôlé. 5 L’athlète n’est pas couronné s’il n’a pas combattu selon les règles. 6 Le cultivateur qui se donne de la peine doit être le premier à recevoir sa part des fruits.

     

    Feu de paille, feu de bois dur.

    Dans les régions du monde où la cuisine se fait encore au feu de bois, on peut faire cette observation selon le type de combustible qui est utilisé : lorsque le feu est fait avec de la paille ramassée très facilement en vrac et déposée dans l’âtre du foyer, la première étincelle l’enflamme soudainement, et très rapidement la totalité de la paille s’embrase en produisant une flamme épaisse et brulante. Seulement, pour s’éteindre immédiatement, avant même que les aliments ai pu bouillir. Conséquence, une nourriture pas cuite, et un bonheur qui n’arrive pas comme escompté.

    A l’inverse, si on a pris du temps pour casser du bon bois, pour le transporter et le ranger de manière bien organisée dans l’âtre du foyer, on peine d’abord à l’allumer, et plusieurs essaies peuvent être nécessaire. Puis, le feu va prendre lentement, réclamant ainsi une patience exemplaire. Mais dès que le feu a pris, il dure et permet de cuire le repas à point, et sans stress.

    Notre vie nous laisse la possibilité de choisir toujours entre ces deux possibilités : d’abord, la voie de la facilité caractérisée par le rejet de l’effort ou de la difficulté, et le désir ardent du résultat rapide. Ensuite, la voie  exigeante qui prend en compte le labeur, les risques, la souffrance, et le temps de réflexion.

    L’apôtre Paul par expérience, sait que la voie de la facilité ne permet pas d’atteindre les objectifs que l’on se fixe, parce que tout le monde veut aboutir à un bon résultat, mais beaucoup, subjugués par les slogans qui précisément font l’apologie de la facilité succombent.

    Paul attire l’attention de son poulain bien aimé, sur ce piège : Timothée doit transmettre aux autres l’enseignement reçu, cette connaissance conforme à la Vérité Evangélique. C’est une tâche exaltante que l’apôtre a lui-même expérimentée, mais un travail qui n’épargne pas le labeur et surtout une certaine souffrance, même s’elle est faite pour Dieu et en son nom. Timothée qui s’est engagé doit le savoir, servir le Seigneur n’est pas un fleuve tranquille ; devenir chrétien, n’est pas l’entourloupe idéale pour fuir les défis de la vie, mais c’est courageusement faire face aux défis en comptant sur la grâce divine, pour les transcender.

    Les chrétiens aujourd’hui, de plus en plus, apparaissent comme déçus par l’Eglise, parce qu’ils ont l’illusion que l’Eglise est le refuge idéal où tout est facile et beau. C’est une erreur, Jésus et son entourage n’auraient pas expérimenté la passion! L’Eglise, c’est le lieu à partir duquel, on se laisse porter par la grâce divine pour mieux apporter une réponse à ses propres défis (parce que force est de remarquer que très souvent on fait des critiques là où on n’est pas soi-même un exemple à suivre), aux défis des autres chrétiens et ceux de l’humanité, en recevant et en  transmettant courageusement la vérité de l’Evangile. L’Eglise, ce ne sont pas les bâtiments, ce n’est pas une institution de pouvoir, ce n’est même pas le ou la pasteure, mais ce sont les chrétiens réunis, chacun avec ses atouts et ses limites, avec ses souffrances et ses joies. Il est donc importants dès à présent de se rappeler de l’exhortation de l’apôtre Paul : en église, l’engagement chrétien qui se veut sérieux et qui débouche sur des résultats durables, n’est pas que facilité, il est même un appel à se dérober de la facilité pour prendre part à la souffrance qui va avec la transmission à la fois théorique et pratique de l’Evangile, parce que tout investissement sérieux est conditionné par l’effort, la persévérance et le sacrifice.

    PRIERE

    Seigneur, ce monde fait miroiter beaucoup la facilité, et nous sommes devenus friands de la légèreté ; pourtant, nous ne sommes guère satisfaits. Aide-nous à reconsidérer le labeur, et surtout à comprendre notre vocation chrétienne qui ne signifie pas absence de difficultés, mais qui, en nous procurant la joie et la paix compose avec le sacrifice de l’engagement. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

    Pasteure Priscille Djomhoué