Méditation du 23 avril 2020

Luc 2, 27-31

27 Il vint alors au temple poussé par l'Esprit ; et quand les parents de l'enfant Jésus l'amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, 28 il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : 29 « Maintenant, Maître, c'est en paix, comme tu l'as dit, que tu renvoies ton serviteur. 30 Car mes yeux ont vu ton salut, 31 que tu as préparé face à tous les peuples.

 

La louange, encore et encore.

 

La Bible nous enseigne que l’Esprit de Dieu se meut sur toute sa création : Il est omniscient et omniprésent. Il n’est donc pas absent au monde qu’il a créé,  Il n’est pas indifférent à tout ce qui s’y passe et Il nous mène, par le biais d’un un renouvellement permanent, vers un achèvement dont les signes sont visibles, et que nous découvrirons parfaitement au moment qu’Il a prévu. Cet achèvement, est le Royaume que son Fils Jésus-Christ est venu annoncer, et les prémices apparaissent et se succèdent tous les jours.

Mais d’autres événements de la vie humaine, ainsi que ceux de notre environnement, qui sont peintes ou présentés de manière essentiellement sombre et sinistre, nous conditionnent à nous poser la question de savoir s’il se passe quelque chose de nouveau et de bien. Les humains du XXIe s ne sont pas les premiers à s’apitoyer: L’auteur de l’ecclésiaste, à l’ouverture de son livre a déclaré Vanité des vanité, tout est vanité, avant de renchérir en ces termes : Ce qui a été, c'est ce qui sera, ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera : rien de nouveau sous le soleil ! (1,9)

Y a-t-il réellement des signes qui préfigurent un Royaume promis, est-ce qu’il existe des garanties que nous ne courons pas à la perdition ?

Il me semble que les questions ne devraient pas se poser en ces termes. La question qui semble judicieuse serait celle de savoir si l’humain sait voir le signes que Dieu ne cesse de multiplier dans ce sens-là : autrement dit, est ce que conditionnés par nos attentes, et précisément par une manière d’attendre, nous ne sommes pas suffisamment bornés et bloqués pour voir ce qui se passe en réalité? Est-ce que ce n’est pas plutôt notre perception, notre vue qui nous empêche de voir des prodiges quotidiens, signes d’un monde meilleur en devenir ?

Il  y a une personne dont l’espérance et  la confession font école: Siméon attendait, et il a vu, et il dit : maintenant, Maître, tu laisses ton esclave aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut (Lc 2,29-30a).

Siméon est une personne à qui la vie n’a pas épargné et soucis et souffrance. Au soir de sa vie, une réponse comme celle-là peut être étonnante : affirmer une paix profonde, une espérance sans faille et un optimisme pour le monde, parce qu’un enfant est né, puis présenté au temple est le résultat d’un parcours psychologique et spirituel. Au cœur des ennuis et des soucis de santés liés à la vieillesse, il a pu voir son espérance se réaliser dans la venue d’un enfant. Siméon a vu, et il fut heureux.

Sommes-nous en mesure de voir ? Notre monde ces jours-ci, est envahi de mauvaises nouvelles: les média ne racontent plus que de mauvaises nouvelles et de complots, au point où on se demande s’il se passe encore de choses qui puissent nous faire rire. Le monde semble organisé à nous équiper de lunettes de lecture, mieux de vision à unique réglage, et qui ne montre qu’obscurité. Il nous faut donc nous débarrasser de ces lunettes qui ne nous montre qu’illusion, parce qu’il se passe beaucoup d’autres choses dans ce monde.

Un seul médicament pour ce mal est nécessaire : ce ne sont pas des masques, parce qu’il s’agit bien de démasquer. Le médicament nécessaire n’est pas rare, il n’est pas couteux, il est à disposition à temps et à contre temps. Il s’agit de la louange. Les signes du monde nouveau que Jésus a inauguré sont présents, et une autre école nous attend, celle de la louange. Il y a milles raison de louer Dieu ; chaque humain a une pléthore de raisons de louer à chaque réveil déjà : commençons par affirmer que nous voyons : mes yeux ont vu ! Puis, que nous respirons. Oui, Dieu renouvelle pour chacun.e, son souffle de vie au quotidien. Si nous nous réveillons déjà, c’est que nous avons vu : il faut apprendre à s’en émerveiller, et louer Dieu qui est à l’œuvre.

Débarrassons-nous des lunettes qui ne voient que du négatif, et louons Dieu !

 

PRIERE

Seigneur, les jours se succèdent, avec leurs obscurités, mais aussi, avec leurs lumières, leurs joies et leurs nouveautés : permet que nous puissions les voir, les admirer, et te louer continuellement. Par Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.

Pasteure Priscille Djomhoué