Méditation du 16 avril 2020
2Tm 2,2-6
1 Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ. 2 Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des gens dignes de confiance qui seront capables, à leur tour, de l’enseigner encore à d’autres. 3 Prends ta part de souffrance en bon soldat de Jésus-Christ. 4 Personne en s’engageant dans l’ armée, ne s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut donner satisfaction à celui qui l’a enrôlé. 5 L’athlète n’est pas couronné s’il n’a pas combattu selon les règles. 6 Le cultivateur qui se donne de la peine doit être le premier à recevoir sa part des fruits.
Feu de paille, feu de bois dur.
Dans les régions du monde où la cuisine se fait encore au feu de bois, on peut faire cette observation selon le type de combustible qui est utilisé : lorsque le feu est fait avec de la paille ramassée très facilement en vrac et déposée dans l’âtre du foyer, la première étincelle l’enflamme soudainement, et très rapidement la totalité de la paille s’embrase en produisant une flamme épaisse et brulante. Seulement, pour s’éteindre immédiatement, avant même que les aliments ai pu bouillir. Conséquence, une nourriture pas cuite, et un bonheur qui n’arrive pas comme escompté.
A l’inverse, si on a pris du temps pour casser du bon bois, pour le transporter et le ranger de manière bien organisée dans l’âtre du foyer, on peine d’abord à l’allumer, et plusieurs essaies peuvent être nécessaire. Puis, le feu va prendre lentement, réclamant ainsi une patience exemplaire. Mais dès que le feu a pris, il dure et permet de cuire le repas à point, et sans stress.
Notre vie nous laisse la possibilité de choisir toujours entre ces deux possibilités : d’abord, la voie de la facilité caractérisée par le rejet de l’effort ou de la difficulté, et le désir ardent du résultat rapide. Ensuite, la voie exigeante qui prend en compte le labeur, les risques, la souffrance, et le temps de réflexion.
L’apôtre Paul par expérience, sait que la voie de la facilité ne permet pas d’atteindre les objectifs que l’on se fixe, parce que tout le monde veut aboutir à un bon résultat, mais beaucoup, subjugués par les slogans qui précisément font l’apologie de la facilité succombent.
Paul attire l’attention de son poulain bien aimé, sur ce piège : Timothée doit transmettre aux autres l’enseignement reçu, cette connaissance conforme à la Vérité Evangélique. C’est une tâche exaltante que l’apôtre a lui-même expérimentée, mais un travail qui n’épargne pas le labeur et surtout une certaine souffrance, même s’elle est faite pour Dieu et en son nom. Timothée qui s’est engagé doit le savoir, servir le Seigneur n’est pas un fleuve tranquille ; devenir chrétien, n’est pas l’entourloupe idéale pour fuir les défis de la vie, mais c’est courageusement faire face aux défis en comptant sur la grâce divine, pour les transcender.
Les chrétiens aujourd’hui, de plus en plus, apparaissent comme déçus par l’Eglise, parce qu’ils ont l’illusion que l’Eglise est le refuge idéal où tout est facile et beau. C’est une erreur, Jésus et son entourage n’auraient pas expérimenté la passion! L’Eglise, c’est le lieu à partir duquel, on se laisse porter par la grâce divine pour mieux apporter une réponse à ses propres défis (parce que force est de remarquer que très souvent on fait des critiques là où on n’est pas soi-même un exemple à suivre), aux défis des autres chrétiens et ceux de l’humanité, en recevant et en transmettant courageusement la vérité de l’Evangile. L’Eglise, ce ne sont pas les bâtiments, ce n’est pas une institution de pouvoir, ce n’est même pas le ou la pasteure, mais ce sont les chrétiens réunis, chacun avec ses atouts et ses limites, avec ses souffrances et ses joies. Il est donc importants dès à présent de se rappeler de l’exhortation de l’apôtre Paul : en église, l’engagement chrétien qui se veut sérieux et qui débouche sur des résultats durables, n’est pas que facilité, il est même un appel à se dérober de la facilité pour prendre part à la souffrance qui va avec la transmission à la fois théorique et pratique de l’Evangile, parce que tout investissement sérieux est conditionné par l’effort, la persévérance et le sacrifice.
PRIERE
Seigneur, ce monde fait miroiter beaucoup la facilité, et nous sommes devenus friands de la légèreté ; pourtant, nous ne sommes guère satisfaits. Aide-nous à reconsidérer le labeur, et surtout à comprendre notre vocation chrétienne qui ne signifie pas absence de difficultés, mais qui, en nous procurant la joie et la paix compose avec le sacrifice de l’engagement. Par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.
Pasteure Priscille Djomhoué