Méditation du 6 avril 2020

Esaïe 40,21-23 ;27-31

21 Ne le savez-vous pas? Ne l'avez-vous pas appris? Ne vous l'a-t-on pas révélé dès le début? N'avez-vous jamais réfléchi aux fondations de la terre? 22 C'est l'Eternel qui siège au-dessus du cercle de la terre; ses habitants sont, pour lui, pareils à des sauterelles. Il déroule le ciel comme une étoffe légère, il le déploie comme une tente pour en faire son lieu d'habitation. 23 C'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. 24 Ils ne sont même pas plantés, même pas semés, leur tronc n'a pas encore développé de racine en terre qu'il souffle sur eux; ils se dessèchent alors, le tourbillon les emporte comme un brin de paille. (…)  27 Pourquoi dis-tu, Jacob, et pourquoi affirmes-tu, Israël: «Ma situation échappe à l'Eternel, mon droit passe inaperçu de mon Dieu»? 28 Ne le sais-tu pas? Ne l'as-tu pas appris? C'est le Dieu d'éternité, l'Eternel, qui a créé les extrémités de la terre. Il ne se fatigue pas, il ne s'épuise pas. Son intelligence est impénétrable. 29 Il donne de la force à celui qui est fatigué et il multiplie les ressources de celui qui est à bout. 30 Les adolescents se fatiguent et s'épuisent, les jeunes gens se mettent à trébucher, 31 mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer.

 

Il faut se souvenir !

Aux informations de 19h30 hier soir, une infirmière en unité de soins intensifs a témoigné s’être surpris en train de faire le signe de croix avant d’entrer dans la toute première salle où elle devait s’occuper d’un malade du Covid 19 : « Je me suis surpris à faire le signe de croix; c’est quelque chose que je ne fais pas spécialement depuis, à l’habitude ».  C’est naturel, c’est humain de réaliser sa finitude devant ce qui est incompréhensible. C’est humain, de reprendre sa place et de reconsidérer celui qui peut tout, dès lors que nous ne pouvons pas, encore faut-il avoir en soi le souvenir d’une éducation qui n’a pas manqué de nous l’enseigner auparavant, ce point d’appui sur lequel s’accrocher au moment critique: le salut commence aussi lorsque réalisant ses limites, on pense à Dieu.

En effet, face à ce qui se présente comme conséquence d’une défaillance humaine, laquelle est inévitable même si Dieu pardonne et relève, le livre d’Esaïe qui est centré sur l’exil du peuple juif en appelle au souvenir, au retour à ce que l’on a appris de Dieu et sur Dieu: en effet, L'exil babylonien a commencé en 586 Av JC lorsque Nabuchodonosor II de Babylonie a détruit le temple de Jérusalem et asservi le peuple juif, et s'est terminé en 539 Av JC, quand Cyrus de Perse a permis aux Juifs de retourner à Jérusalem et de reconstruire leur temple. Le livre d'Isaïe indique clairement que Nabuchodonosor était l'instrument de Yahweh (Dieu) pour punir le peuple juif pour ses péchés, et Cyrus sera l'instrument de Yahweh pour les libérer - pour les racheter.

Même si le monde post moderne essaie de rejeter complètement le mot péché, il est indiscutable que nous aurons beaucoup de la peine à l’éradiquer tant que les conséquences qu’il entraine nous font souffrir. Le mot péché sera toujours prononcé avec légitimité s’il n’est pas utilisé pour culpabiliser et juger les autres : c’est une question de logique. Comment soigner un mal sans l’appeler ? Comment exorciser ce qui nous dérange si on ne l’appelle pas par son nom ? Il faut bien nommer le Covid 19, il faut aussi en nommer la cause. Aucun médecin ne nous dira qu’il donne des médicaments sans passer par un diagnostic au cours duquel il nomme clairement le coupable.

De l’extrait qui nous sert de méditation ce matin, je retiens seulement deux choses. Au moment où nous comptons nos morts, au moment où nous assistons meurtris et impuissants aux souffrances et aux départs de nos proches innocents dans des conditions spéciales où nous n’avons même pas la permission de leur dire un adieu, il faut se souvenir.

Il faut se souvenir que la faute humaine participe de la situation. Il faut se souvenir aussi, du propriétaire de la création (v22), celui-là même qui donne et retire son souffle: c'est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. C’est aussi lui qui répare, lorsque les conséquences du péché menace de détruire sa création : mais ceux qui comptent sur l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s'épuiser, ils marchent sans se fatiguer (v31).

Toute l’humanité a besoin de se souvenir, car même ceux qui n’ont pas été atteint par le virus sont affectés d’une manière ou d’une autre : il faut se souvenir.

PRIERE

Seigneur, nous te demandons pardon pour cette tendance à t’oublier lorsque tout semble aller pour le mieux, cette tendance à t’oublier en prenant toutes les commandes, sans recourir à toi qui en est le mode d’emploi. Permet que le souvenir de Toi, ne nous quitte en aucun instant de notre vie. Amen.

Pasteure Priscille Djomhoué