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Méditation du 11 mai 2020

Luc 18,2-8

1Jésus leur dit une parabole sur la nécessité pour eux de prier constamment et de ne pas se décourager. 2 Il leur dit : « Il y avait dans une ville un juge qui n'avait ni crainte de Dieu ni respect des hommes. 3 Et il y avait dans cette ville une veuve qui venait lui dire : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” 4 Il s'y refusa longtemps. Et puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu ni ne respecte les hommes, 5 eh bien ! parce que cette veuve m'ennuie, je vais lui rendre justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me casser la tête.” » 6 Le Seigneur ajouta : « Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice. 7 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? Et il les fait attendre ! 8 Je vous le déclare : il leur fera justice bien vite. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

 

Faible, et forte

 

Jésus raconte une parabole pour montrer qu’il faut toujours prier, sans désespérer. C’est l’histoire d’un juge et d’une veuve : le juge a de l’argent, le pouvoir et des alliés pour couvrir ses arrières. Il refuse de dire la justice face à une veuve abusée parce qu’il ne craint personne, même pas Dieu. Sur le plan professionnel il bafoue toutes les règles déontologique et  éthique. Parce qu’il se croit puissant, il ne respecte pas lui-même les lois qui régissent son métier. Son cahier des charges, il s’en fiche, il fait autre chose ; il semble n’avoir de compte à rendre à personne.

L’image de la veuve dans l’antiquité n’a pas tellement changé, même si on note une nette amélioration des conditions de vie pour beaucoup aujourd’hui: le droit n’est pas toujours dit, et la corruption n’est pas seulement subtile, elle prend aussi diverses facettes. La veuve du texte est seule, pauvre, abandonnée à elle-même, et ignorée sans pitié.

Elle réclame ses droits et reçoit comme réponse le silence, mais elle n’abandonne pas, elle insiste, revient à la charge et refuse de se laisser faire, même si sa situation la fait descendre au plus bas de l’échelle sociale. Puis, en raison de la demande insistante de la femme, le juge décide de lui rendre justice.

Ce qui fait la force de cette femme face à un juge amoral, c’est qu’elle refuse de se laisser abattre par une situation qui semble sans issue : elle espère, et elle continue à réclamer sans se fatiguer.

Pour Jésus, un juge amoral fini par céder, or Dieu est amour par essence et ne peut abandonner ses créatures. La veuve, c’est l’image de tout humain qui se sent seul, et abandonné face à l’injustice, ou à la crise qui s’en suit. Avons-nous donc comme chrétien.nes de bonnes raisons de désespérer face aux situations qui nous semblent impossibles à dénouer? Rien n’est impossible à Dieu ; espérons et prions activement sans nous arrêter, et sans désespérer.

 

PRIERE

Seigneur, que ton regard s’abaisse sur les personnes et sur les peuples qui vivent une insupportable absence, sur les veufs et les veuves, sur les femmes abandonnées, et sur les maris délaissés; sur ceux qui sont pris en haine par des clans, parce qu'ils se battent pour plus d'amour, plus de justice, et plus de liberté. Qu’Ils trouvent force et courage en Toi, à travers ta Parole, et dans la solidarité des justes. Par Jésus-Christ, le prince de paix. Amen.

Pasteure Priscille Djomhoué