Méditation du 1er mai 2020

Gn 11,1-9

La terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots. 2 Or en se déplaçant vers l'orient, les hommes découvrirent une plaine dans le pays de Shinéar et y habitèrent. 3 Ils se dirent l'un à l'autre : « Allons ! Moulons des briques et cuisons-les au four. » Les briques leur servirent de pierre et le bitume leur servit de mortier. 4 « Allons ! dirent-ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. » 5 Le SEIGNEUR descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils d'Adam. 6 « Eh, dit le SEIGNEUR, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur première œuvre ! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible ! 7 Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres ! » 8 De là, le SEIGNEUR les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. 9 Aussi lui donna-t-on le nom de Babel car c'est là que le SEIGNEUR brouilla la langue de toute la terre, et c'est de là que le SEIGNEUR dispersa les hommes sur toute la surface de la terre.

 

 

Quand l’orgueil accompagne la réussite, l’humiliation s’en suit.

 

Plusieurs sociétés en ce XXIe siècle s’entendent comme laïques. Ce mot est quelque peu complexe ; pour beaucoup, derrière le mot se hisse une volonté de minoriser, voire de faire disparaître tout ce qui est religieux, tout ce qui est religion, et particulièrement le nom qui légitime l’existence même des religions à savoir Dieu. Dieu, ce nom ne doit plus être prononcé dans certains espaces, dans certains milieux. D’ailleurs dans son CV, il vaut mieux ne pas mentionner comme activité associative, son appartenance religieuse même si la religion est classée comme association.

Cette propension à écarter Dieu de sa création et à le remplacer n’est pas nouvelle, elle se manifeste dans l’histoire de l’humain chaque fois que la réussite ou le succès arrivent: l’orgueil et l’ostentation lui donne alors un sentiment de grandeur et de supériorité pas seulement par rapport aux autres humains, mais aussi, vis-à-vis du créateur. Plus l’humain découvre ses potentialités à innover et à trouver des solutions, plus le désir de comploter contre Dieu devient grand.

L’orgueil des humains, se coalisant pour se faire un centre, et un nom sans Dieu est biblique. C’est ce que témoigne le récit de la tour de Babel, entendu aussi comme celui de la confusion: en effet ce qui se passe, c’est que le génie des habitants a été à l’honneur dans la découverte des procédés qui permettent d’utiliser des matériaux locaux pour fabriquer des pierres artificielles, dans une région qui n’a pas de Pierre. Cette découverte révolutionne la construction, et favorise le passage de l’habitat précaire au solide. Voilà un succès qui transforme complètement le paysage. Seulement, le succès monte à la tête, et les gens de Babel rêve d’un autre projet énorme, celui de la construction d’une tour dont l’objectif présente deux rêves clairement définis: atteindre le ciel, et prendre la place de Dieu. Le texte en effet précise que dans le projet de construction  des babyloniens, le sommet doit atteindre le ciel. Le ciel est le lieu où habite Dieu ; il s’agira donc de trouver Dieu là où il habite. Le deuxième objectif, est de se faire un nom ensuite. Se faire un nom après avoir atteint le ciel, a le sens de s’identifier sur ce lieu de l’habitation de Dieu, c’est marquer son espace. Deux objectifs: atteindre Dieu, et s’installer à sa place. Il faut se faire un nom pour ne plus quitter, pour ne plus aller ailleurs, pour ne pas être dispersés.  Dans le jargon politique contemporain, on parlera de complot, ou de préparation à un coup d’Etat. Allons ! dirent-ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. (v4).

Les prétentions à l’unité seront donc stoppées, marquant ainsi l’échec de toute tentative humaine à unir ses forces dans le but de tenir tête à Dieu, et surtout de travailler pour sa propre gloire. Le Seigneur brouille le langage des gens de Babel et les disperse : De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville (v8).  Des orgueilleux, le Psaume 2,4 dit : Il rit, celui qui habite le ciel, le Seigneur se moque d’eux.

 

PRIERE

L’épître aux hébreux dit qu’Abraham par la foi, séjourna dans la terre qui lui avait été promise, comme dans une terre étrangère : Seigneur, accorde nous la grâce de suivre les traces du père de la foi. Nous sommes de passage sur cette terre, personne n’est immortel; que la crainte de toi nous rende humble, respectueux de Tes humains que tu as créés libres et de Ta création. Par Jésus Christ à qui revient toute  gloire. Amen.

Pasteure Priscille Djomhoué

 
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